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tention de l'autorité supérieure ou des armées voisines sur la valeur d'une manœuvre qu'il croit opportune. Il représente le type parfait de l’exécutant soumis et passif. . Lorsque Hausen prendconnaissanceun peuavant{8heures de l'instruction générale du commandement suprême, il se | montre d'autant plus surpris de la direction d'attaque … imposée à son armée, qu'il a envoyé depuis plusieurs jours … à Coblence des rapports de reconnaissances confirmant … tous la présence de forces ennemies sur la Meuse de Namur à Givet et constatant que plus au sud le fleuve n’est pas tenu. Il lui semble donc qu'ileût été logique d'orienter l'axe de sa marche vers le sud-ouest plutôt que vers l’ouest; … la progression, plus facile, eût appuyé tout aussi efficace- - ment l'attaque de Bülow sur la Sambre, puisqu’elle débouchait sur les derrières de l'adversaire. Enfin on eût évité ainsi l'agglomération de deux armées dans l’espace étroit, resserré entre Maubeuge, Namur et Givet, puis le pénible redressement qu’elle occasionnerait.
| Hausen crut bon de garder pour lui ces Judicieuses . observations; il se contenta de faire passer au quartier général de la If armée le radio dont il a été question ci-dessus et d'y dépêcher un capitaine de son état-major. Cet officier, muni de renseignements plus complets sur la * situation des unités, était chargé de régler avec Bülow le - mode de coopération des deux armées, en expliquant claire- “ ment que la III° armée ne se trouverait pas de quelque temps à pied d'œuvre et ne pourrait commencer la prépara- « tion d'artillerie que le 21 au soir.
— De Marche à Jodoigne, il n’y a pas loin de 400 kilo- … mètres; les routes étaient couvertes de convois, en sorte … que le représentant de Hausen n'arriva que tard dans la - soirée. Ne fut-il pas reçu aussitôt? Remit-on la confé- … rence au lendemain? On n'en sait rien. Toujours est-il que le 21 août, à 8 h. 15, parvenait à Marche un radio de la
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{l'arméeannonçant qu’elle avait l'intention d'ouvrir le passage de la Meuse à la Ifl° armée et de pousser à cet effet le jour même à 11 heures le X° C. A. sur Tamines et ja Garde sur Jemeppe. - | À
Cette communication ne manquait pas d’une bonne dose d'hypocrisie. Bülow en effet se souciait fort peu d’aplanir la voie à la IIl° armée, qui ne lui demandait d’ailleurs rien, mais il souhaitait vivement de la voir accélérer son. allure et prendre le plus tôt possible l’offensive sur la Meuse. Le message était fort habilement rédigé, car si Hausen ne pressait pas son entrée en action, il encourrait le reproche de n'avoir pas soutenu un collègue qui s'était jeté dans la bataille afin de lui rendre service.
Bülow avait à peine expédié cet insidieux télégramme qu'il se ravisa, soit qu'il jugeât que ses deux corps d'armée se trouveraient isolés et trop en flèche, soit que l’envoyé de Hausen l’eût convaincu de l'impossibilité où serait ce jour-là la III armée de lui fournir le moindre appui, quelque diligence qu’elle fit pour le satisfaire. Une heure et demie après son premier message à la FII° armée, Bülow {ui en envoya un second le contremandant én ces termes : « IT armée n’attaquera pas aujourd'hui. » Renonçant à son idée primitive de lancer au delà de la Sambreses corps d'armée à mesure qu'ils arriveraient, il se résignait à monter une attaque toutes forces réunies et en prévint Hausen :
« Le X° C A.etle G. A. de la Garde, lui écrivait-il, avanceront aujourd'hui, comme il vous en a déjà été fait part, jusqu'à la Sambre. On n’attaquera cependant pas aujourd'hui. J'ai au contraire l'intention de faire continuer le mouvement de conversion des I" et [l° armées vers le sud, de manière à donner lemaximum de cohésion à l’offensive contre les forces ennemies signalées au sud de la Sambre et à l’ouest de la Meuse,. de concert avec la III armée. Le jour de l'attaque sera déterminé d’après les
informations érieutes qu’on recueillera sur l'ennemi; la
IH armée en sera certainement prévenue en temps ble. »
. Dans la soirée, Bülow arrête la date du 23 eliélégraphie à Hausen : « Attaque Il° armée sur Sambre aura lieu
23 août matin ; aile gauche par Jemeppe-Mettet. »
. En même temps partent les ordres pour les I® et … Ilarmées : « La [l° armée gagnera le 22aoûtla ligne Binche, Fontaine-lEvêque, rive nord de la Sambre, et franchira la Sambre dans la matinée du 23 afin de faciliter à la III° armée le passage de la Meuse.
La [°° armée, tout en se gardant vers Anvers et en assurantl’occupation de Bruxelles, se conformera à ce mouve- … ment de manière à être en mesure d'investir les fronts nord et nord-est de Maubeuge et d’agir par l’ouest de cette place pour soutenir la [Il armée. » | à On notera que Bülow ne tient aucun compte de l’intervention possible de l'ennemi, Français ou Britaniques, au
nord de la Sambre. Dans sa communication à la IIf° armée
il ne mentionne que des forces adverses opérant « au sud
‘de la Sambre et à l’ouest de la Meuse ». L'action commune,
telle qu'il Pa réglée, vise moins à faciliter, comme il le
proclame, le passage de la Meuse à la II armée que celui de la Sambre à la [F°. En effet il attire vers celle-ci Gall- witz d’un côté, Kluck de l’autre, tandis que Hausen fera diversion dans le flanc droit de l'ennemi. Tout le dispositif tend à s’incurver en une ligne sinueuse, dense, serrée, qui doit plaquer sur les deux cours d’eau de Givet à Namur,
puis de Namur par Charleroi jusqu’au delà de Maubeuge.
Que devient dans tout cela la manœuvre de Schlieffen, la grande idée directrice? C’est ce qu’on se demande, à la 1° armée, avec anxiété et presque avec colère. Kluck est le seul qui paraisseencores’en souvenir. Depuis la disparilion de l’armée belge le 49 août, il n’a plus qu’une pensée,
LE
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trouver le flanc de l'adversaire principal et éviter de lui présenter le sien. Avant Lout il faut savoir jusqu'où s'étend l'aile gauche de l'ennemi. Son chef ne lui fournit aucun renseignement ‘ ; il s’informe par ses propres moyens. Le 20, les journaux saisis à Bruxelles donnent l'impression que les débarquements du corps expéditionnaire britannique ont pris fin le 18 et celte impression est confirmée par un coup de téléphone du préfet d’Aix-la-Chapelle, qui a reçu la même nouvelle d'une source « qui semble digne de foi ». Pendant cette même journée du 20 août, les aviateurs de la [°° armée n’aperçoivent aucune colonne sur les routes
dans tout le nord-ouest de la Belgique jusqu’à Ostende.
D'autre part on trouve dans le courrier d’une division belge des documents faisant allusion à une opération des troupes britanniques en liaison avec elle.
En présence de ces indices contradictoires, Kluck estime prudent de conserver une formation échelonnée lui per-
mettant de faire face à toutes les éventualités. Justement
le IL C. À. est resté très en arrière, à Vilvorde. fls’en félicite et veut laisser ce corps d'armée dans une position analogue Ie lendemain par rapport à sa première ligne, alors que Bülow lui prescrit de Le porter à hauteur de ses trois autres corps d'armée enle poussant jusqu’à Ninove. Heureusement Ludendorff, sous-chef d'état-major de la Ilarmée, est venu, dans cet après-midi da 20, en liaison à la l'armée. Kluck lui expose ses raisons et grâceàluiobtient gain de cause; il ne fait avancer le Il[°C. A., le 21, que jusqu’à Ganshoren, (banlieue nord-ouest de Bruxelles) pendant que les [V°, Ill°et IX° C. À. atteignent le front Castre,
Hal, Braine-le-Château. Par l'effet de ces dispositions on
À, Le bulletin de renseignements du 20 août du grand quartier général ne parviendra à Kluck que le 21 au soir, tant les communications sont défectueuses éhtre Coblence et Louvain, où le quartier général de La, I'e armée s'est installé le 19 août,
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peut encore s'orienter soit vers l’ouest, soit vers le sudouest, soit vers le sud.
La journée du 21 libère la 1°° armée de ses inquiétudes. . On y prend d’abord connaissance d’un article du colonel . Repington, le critique militaire anglais bien connu, paru dans le Zimes du 20, après la lecture duquel il ne peut . subsister aucun doute sur la présence du corps expédi- . tionnaire britannique en France. Les reconnaissances aériennes et la cavalerie signalent, comme la veille, que la boucle de l’Escaut est vide d’ennemis. On en déduit que les Anglais sont plus au sud, en liaison avec l’aile gauche française sans doute, et qu’on n’a plus à redouter de voir une offensive déboucher de Gand ou d’Audenarde dans le flanc de l’armée.
Pour être certain de déborder l'adversaire, Kluck veut marcher au sud-ouest en laissant Maubeuge à sa gauche. Il a déjà préparé en conséquence l’ordre d’opérations pour le lendemain 22, lorsque lui parvient celui de Bülow, qui aiguille La [° armée beaucoup plus à l’est. Kluck pré- | voit aussitôt que cette fausse direction fera manquer la manœuvre débordante, si, comme on doit s’y attendre, les Anglais vont prolonger la ligne française à l’ouest de Maubeuge. Il envoie en toute hâte un officier au quartier . général de la [T° armée pour exposer sa manière de voir et faire revenir Bülow sur sa décision. C’est en vain. : . Ludendorff, qui avait, la veille, pris le parti de la F°° armée, n’est pas là pour défendre ses demandes !. L’émissaire de Kluck doit s'aboucher directement avec le chef d’étatmajor, Lauenstein, sur lequel ses objurgations n'ont aucune prise. « Si vous allez au sud-ouest, lui répond-il, vous vous écarterez trop de la [le armée pour pouvoir la
4. Ludendorff assistait ce jour-là à l'engagement de la Garde sur la . Sambre. Il quittait d’ailleurs dès le lendemain matin le quartier ne
de la Ile armée pour celui de Ja VII: en Prusse Orientales
198 LE PLAN DE. (CAMPAGNE ALLEMAND > DE AE AR soutenir. » C est exactement le raisonnement brique que ‘ Schlieffen, dans ses études historiques, reprochait aux lieutenants de Moltke en 1866 et 1870. La mort dans l’âme, |
Kluck obéit et change la direction de ses colonnes.
Il nous reste à résumer, pour en finir avec la journée . du 21 août, les mouvements des troupes et la situation à la tombée de la nuit. :
Le IE° C. C., comme on l’a vu, a battu l’estrade dans la boucle de l'Escaut et va se rassembler le lendemain aux environs de Renaix. Du [* C. C., une division a passé la Meuse à Huy et bivouaque au nord de cette re l'autre est encore sur la rive sud. |
La 1" armée à son I!f° C. A. à Ganshoren, les IV’, IIF et [X° C. A. sur la ligne Castre, Brant se le UT: C. A. R. fait face à Anvers, le IV° C. A. R. est à Lou-. Vain.
À la IF armée, le VII C. AÀ., suivi à une étape du… VII: C. A. R., a avancé jusqu'à Nivelles, le X° C. A. R.jus-. qu’à Frasnes, d’où il oblige le COrps Sordet à reculer après un court engagement. Le X° C. A. aborde la Sambre à. 15 heures et force le passage à Roselies, défendu par des éléments du 3° C.A. français. De même la Garde s’est. emparée de Tamines et d’Auvelais et a refoulé les avant-. postes de notre 10° C. A. du fond de la vallée sur le plateau. En aval, Les ponts restent entre les mains des Français. |
Le détachement Gallwitz a commencé le bombardement. des forts de Namur et des intervalles avec l'artillerie N gros calibre. |
La IIl° armée n’a pas progressé ; elle s’est contentée | d'achever son déploiement sur le front atteint la veille, mettant toutes ses divisions en ligne, y compris celles du. XI C.A.R.,quia pris la place du X{° C. A. à la droite de l’armée.
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La IV° armée se rabat vers la Semoy ; le duc de Wurtemherg dirige une brigade mixte sur Beauraing afin de maintenir quelque peu la liaison avec Hausen. La V° armée poursuit son mouvement de la veille; dans la soirée ses
avant-gardes se heurtent à celles de la 3° armée française aux alentours de Longwy. |
Chez les Alliés on a aussi marché de l'avant sur presque
tout le front.
À la droile, les 5° et 4 armées françaises ont franchi la Chiers et la Semoy; elles vont se trouver face à face, lelendemain, avec les V° et [V° armées allemandes marchant ay-devant d'elles. Ce sera une véritable bataille de
rencontre qui se l'vrera de la Woëvre à la Meuse.
Entre Meuse et Sambre, la 51° D. R. a commencé la relève du 1° C. À. à Givet; les 10° et 3° C. AÀ., en position sur le plateau au sud de la Sambre, ont vu leurs avantpostes ramenés sur les gros. Le 18° CG. À. arrive à Thuin, suivi des 53° et 69° D. R. Le corps Sordet s'est replié sur Merbes-le-Château.
. L'armée britannique, quittant sa zone de concentration, s’est mise en marche, précédée de sa cavalerie, qui tient, dans la soirée la ligne du canal de Condé. Les deux corps d'armée cantonnent aux abords nord du camp retranché de Maubeuge, 1” à droite, 2° à gauche, la 19° brigade (indépendante) à Valenciennes.
Le 22 août, à dix heures, Bülow vint établir son poste de commandement à Fleurus. On s’en explique mal la | 9
raison, Car l'offensive ne Due commencer ex si lendemain. Peut-être subit-il l'attraction de ce lieu historique | où tant de batailles s’étaient livrées. Peut-être même crutil devenir un second Napoléon en y succédant au grand empereur, qui y avait dirigé, du haut du clocher, la bataille de Ligny. Mais de 1815 à 1914 les conditions du commandement avaient changé. Quant on a sous ses ordres treize corps d'armée étalés sur un front de plus de cinquante kilomètres, on ne va pas se fourrer à cinq kilomètres de sa première ligne au point où elle fait le plus saillie. On y risque de se laisser détourner de la marche générale des opérations par le spectacle qu'on a sous les yeux et de prendre des décisions d'ensemble dictées par les péripéties d’une escarmouche d’avant-postes.
C'est ce qui arriva à Bülow. Peu après son arrivée à Fleurus, il apprenait que les villages conquis la veille sur la rive de la Sambre par la Garde et le X°C. A. avaient été attaqués de bonne heure dans la matinée par les Français. Les assaillants, en lignes denses et mal soutenus par une maigre artillerie, avaient échoué partout devant les lisières organisées des localités, puis, décimés par le feu de mousqueterie et surtout par les mitrailleuses, s'étaient retirés en assez grand désordre. Ces nouvelles firent croire à Bülow que les Français ne se irouvaient pas encore en grandes forces au sud de la Sambre; son idée | première se réveilla et se fortifia. Il prit de nouveau la L résolution de profiter des circonstances pour gagner le | plateau et battre successivement les corps ennemis. \
A 12h. 45 il donna à la IF° armée l’ordre d'atteindre … avant le soir la ligne Binche-Mettet. |
Dans l’après-midi, la IF° D. 1. de la Garde et le X° C. A. débouchent des fonds de la Sambre. D'abord arrêtés par « l'artillerie française, ils progressent bientôt en refoulant | notre infanterie. La Garde avance jusqu’à Fosse et Vitri-
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