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val; le X° C. À., dont le succès est plus disputé, réussit néanmoins à prendre pied sur le plateau. Plus à droite,
sur la rive nord, le reste de la Il° armée re renconire pas
l'ennemi; le X° C. A. R. et le VII C. A., celui-ci s’éche-
lonnant à droite pour se couvrir du côté de Maubeuge, se préparent à passer la Sambre le lendemain. La ligne du général Lanrezac, commandant la 5° armée, s’est repliée en fin de journée sur le front Saint-Gérard, Biesme (10° C. A.), Gerpinnes, Nalinnes (3° C. A.), Gozée, Thuin (18° C. A.), Merbes-le-Château (corps Sordet); les 55° et 69° D. R. sont arrivées à mi-chemin entre Avesnes et Beaumont ; la 51° D. R. a fini de relever sur la Meuse le 1” C. A., qui se rassemble au nord-est de Saint- Gérard. | *
Après avoir donné un peu avant 13 heures l’ordre d’attaque à son aile gauche, Bülow voulut s'assurer le concours immédiat de la ITl° armée et lui télégraphia : « Prière instante II[° armée intervenir rapidement aile droite sur Mettet. Forces ennemies au sud de la Sambre paraissent ne comprendre Jusqu'ici que trois divisions de cavalerie et faibles éléments infanterie. I[° armée continue mouvement jusque ligne Binche-Mettet. »
Ce message ne parvint à destination que vers 23 heures. Hausen n’y comprenait rien. En vue de l'offensive fixée d’un commun accord au lendemain, il avait passé la journée à ranger ses troupes et à masser ses batteries devant la Meuse. Il venait d’expédier des ordres détaillés pour l'action qui devait commencer de bon matin et voilà que tout à coup, à cette heure tardive, on veut lui faire tout bouleverser sans motifexplicable. Pourquoi Bülow revientil sur les dispositions au sujet desquelles on a eu tant de mal à s'entendre et précipite-t-il le mouvement? Pourtant son radio ne mentionne aucune attaque ennemie. Comment alors interpréter l'appel de la 1l° armée et surtout son ton pressant ? Après mûre réflexion, Hausen juge qu'il n’est
plus temps de contremander ses instructions; il se contente de prescrire aux troupes qui font face au point de passage d’Hastière (8 kilomètres en amont de Dinant) de prendre pied avant le jour sur la rive gauche de la Meuse.
Cependant la I" armée, se conformant aux directions données la veille par Bülow, avait infléchi la marche de ses Colonnes vers le sud. Dans la soirée les IV°, II, IX: C. A. se trouvaient respectivement à Silly, Soignies, Mignault, le If C. À., toujours en échelon, à Ninove, le IV°C. A. R. un peu au delà de Bruxelles; le II C. À. R. restait déployé face à Anvers et devait y rester jusqu à sa relève par le IX’ C. A. R., encore concentré alors entre Hambourg et Kiel.
Pendant la journée, le quartier général de la [° armée s'était transporté à Hal. D’utiles renseignements l’y attendaient. Les uns annonçaient, comme les jours précédents, que tout le pays à l’ouest et au nord-ouest était libre; les autres signalaient, dans la direction du front, des partis britanniques nombreux sur le canal de Condé à Mons et dimportantes concentrations plus au sud. La présence du corps expéditionnaire du maréchal French au nord de la Sambre ne faisait donc plus de doute, mais on n’était pas encore fixé sur son dispositif, notamment sur l’extension de sa ligne vers l’ouest. A la [" armée on croyait que son front allait de Maubeuge à Valenciennes, alors que, dans la réalité, les gros s’organisaient plus en avant à hauteur de Mons.
. Entous cas l'opinion de la Il armée, selon laquelle “« l'ennemi n'avait nulle part dépassé la Sambre, se trouvait … en défaut et ses instructions de la veille se révélaient “ maintenant inopérantes, si l’on voulait déborder l’adversaire. Il ne fallait plus, pour la I" armée, continuer dans la direction du sud, mais se redresser de nouveau vers le
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sud-ouest, tant qu'onn’aurait pas déterminéle pointd'appu de la gauche britannique.
Kluck se répétait que depuis sa sibordiitidue à Bilow d celui-ci n'avait cessé de le brider et cela pour l'empêcher
d'agir suivant l’esprit du plan de campagne dont il étañt, par sa situation à l'aile marchante, le principal exécutant. Or la directive de Coblence da 17 août avait dit que fa 1" armée reléverait de la L° pour la durée des opérations au nord de la Meuse et on était arrivé à d'ouest du fleuve. Kluck essaya d'exploiter cet argument pour se soustraire à une tutelle qu’il estimait néfaste. Il réussit àise mettre en relation par téléphone avec le grand quartier général, grâce à un reiai que celui-ci avait établi à Liége. La réponse
fut négative. Non seulement Moltke fit savoir que la
armée continuerait jusqu’à nouvel ordre à dépendre de la Il, mais encore qu'il approuvait pleinement les dispositions de Bülow et qu’on ne chercheraït à s’étendre à droïte qu'après avoir défait l'ennemi. Conception singulière! Livrer bataille de front et tourner ensuite l’armée opposée au moment où elle se dérobe, c’est vouloir jouer la difficulié, c’est surtout méconnaître les préceptes de Schlieffen, le principe de la victoire d’anéantissement par écrasement du flanc. Ce principe, que Moltke représentait encore comme impératif le 17 août, il est conduit cinq jours plus tard, de dérogation en dérogation, à le renier complètement. D'où pouvait provenir ce revirement? On n'y voit qu'une explication plausible. Moltke, enivré par les premiers succès remportés à Liége, sur la Gette, en Lorraine avait acquis la conviction que l’armée allemande
était supérieure à ses adversaires au point de pouvoir 4 considérer toute précaution, toute manœuvre comme superflue. [ suffirait, comme l’avait fait son oncle à Sedan, de à courir sus à ces mauvaises troupes, de les « attaquer partout 4 où on les rencontrerait » pour les disperser ou les détruire. Y
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BATAILLE DE BELGIQUE MA EU eos
Kluck ne partageait pas cet optimisme. C'était le plus | tenace des hommes. N'ayant pu obtenir gain de cause chez Moltke, il tenta encore une fois la fortune auprès de » Bülow «et lui adressa un officier de son état-major qui fut reçu, comme celui chargé la veille de la même mission,
par le général von Lauenstein. [’envoyé de la [°° armée exposa la situation telle qu’elle résultait de l'entrée en ligne des Anglais entre Maubeuge et Mons, puis essaya de convaincre son interlocuteur de la nécessité de faire obliquer l'aile marchante vers la droite. Il n’obtint pas grand chose. Lauenstein autorisa la 1° armée à ne pas investir complètement les fronts nord-est et nord de Maubeuge, mais elle devait diriger son corps de gauche sur Givry, localité située précisément au nord-est du camp retranché. On ne gagnait pour ainsi dire rien à ce changement de formule. Il semblait désormais probable que la ["° armée se heurterait uniquement de front à la ligne britannique, car pour la déborder il eût fallu au moins l’appoint de la cavalerie de Marwitzet Bülow l'avait aiguillée sur Courtrai, le dos tourné au champ dé bataille.
Tandis qu'au centre et à la droïte de la masse allemande ‘on n’en était resté qu'au prologue, la gauche se trouvait engagée depuis le matin dans une action générale, dans PArdenne belge, où elle se heurta à l'offensive des 4° et 3° armées francaises. Notre attaque n’y eut pas meilleure fortune qu’en Lorraine. Entachée des mêmes erreurs, elle ‘échoua de la même manière. Mal éclairés, sans liaison ‘enire éux, nos corps d'armée se laissèrent surprendre … presque tous; puis, à peine rétablie de sa commotion première, l'infanterie se lança en avant avec précipitation, en » aveugle, peu ou point soutenue par l'artillerie. Elle se vit rapidement ramenée par lés retours offensifs des Allemands. À la 4 armée, le C. A. colonial ne put $e retirer qu'au prix de pertes graves en personnel et en
LT PERS pos
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canons. Les unités qui se maintinrent sur leurs A 4
de combat durent céder dans la nuit au recul qui entraîna l'armée entière derrière le Semoy. À la 8° armée la portée : dumouvementrétrograde fut moins prononcée. La journée ne s’en terminait pas moins par un succès complet des
[V° et V° armées allemandes.
Le 23 août devait voir se produire la décision entre la Sambre et la Meuse.
Bülow avait prescrit à la Il armée de reprendre le mouvement en avant à 8 heures sur toute la ligne et s'était porté de sa personne quelques minutes plus tôt à Auvelais, sur la rive droite de la Sambre. Là, on lui remit l’ordre d'opérations du général Lanrezac, trouvé sur le corps d’un
officier français; il apprit ainsi que toute la 5° armée Jui :
faisait face et s’apprêtait à le contre-attaquer. Cette révélation est sans doute pour beaucoup dans la circonspection extrême avec laquelle la Il° armée mena le combat. Pendant toute la matinée ses progrès demeurèrent à peu près nuls. À droite le VII C. A. ne réussit pas à passer la Sambre entre Merbes-le-Château et Thuin, sauf en un seul point, à Lobbes, d’où il ne put déboucher; le X° C. À. R., qui opérait entre Thuin et la route de Charleroi à Philippeville n’avança que lentement à travers les bois qui couvraient la droite du 18° C. À. et la gauche du 3° C. A. Le X° C. À. parvint à atteindre la ligne Biesme-Scry. La FI D. I. de la Garde réalisa aussi des gains de terrain entre
Fosse et Saint-Gérard!, mais en présentant son flane gauche sans protection au 4” C. À, déployé au nord-ouest de Saint-Gérard. Le général Franchet d’Esperey, qui com- . mandait le 1° G. À. se préparait à attaquer l'aile exposée de l'ennemi qu'il débordait complètement; son artillerie était en place, il allait donner le signal de l'offensive lorsqu'il apprit que des ‘troupes saxonnes avaient traversé la Meuse sur ses derrières et occupé le village d'Onhaye. C'était le détachement placé devant Hastière, qui, après avoir combattu presque toute la nuit, s'était rendu maître du passage dans la matinée, avait gagné péniblement deux kilomètres jusqu'à Onhave et pris cette localité, située sur la route de Dinant à Philippeville.
Le général Franchet d’Esperey suspendit aussitôt l’offensive de son corps d'armée et en détacha les éléments les plus à portée d'intervenir pour reprendre Onhaye. De ce côté, à la droite de la ligne française, la fin de la journée ne fut marquée par aucun autre incident etles deux partis conservèrent à peu près leurs positions. Il n’en fut pas de même au centre, où le X° CG. À. R., utilisant habilement les cheminements de la vallée boisée de l’Heure, s’infiltra entre les 18° et 5° C. À., se rabattit sur la gauche de celuici et le rejeta vivement dans la direction de Philippeville. Le 3° GC. À. recula de près de six kilomètres et ne se rallia
tant bien que mal que dans la soirée aux environs de Wal-
court. Ce repli obligea le 18° C. À. à ramener son aile droite. Les Allemands ne poussèrent que mollement. Pourtant, à la tombée de la nuit, leur ligne s’enfonçait
comme un Coin au milieu de la nôtre.
Dés lors la situation de la 5° armée française est devenue
fort critique. Son front figure un angle très aigu, dont le
4, La Ir D.T. de la Garde était restée sur la rive gauche de la Sambre avec le VIIe C. À. R, pour couvrir l’armée contre le front nord-ouest de Namur.
côté gauche s’incarve dangereusement au centre: Le eôté droit tient encore sur la Meuse, le mouvement des Saxons sur Onhaye ayant été promptement enrayé, mais le sommet, ‘Namur, est sur le point de céder. Gallwitz à enlevé les forts du front septentrional et là division belge qui occupe le camp retranché commence à évacuer la ville et à refluer dans les lignes françaises. D'autre part, le général Lanrezac a appris qu'à sa droite la 4° armée est en retraite vers le front Mézières-Verdun et qu’à sa gauche le maréchal French a devant lui des forces considérables. :
D'offensive il ne saurait plus être question pour la 5° armée. Se défendre sur place en saillant, entre Sambre et Meuse, n'offre plus aucune chance d’une heureuse issue. Le seul parti à prendre est d’aller se rétablir à l'arrière pendant qu’on en a encore le temps, sur un front rectiligne, homogène, où on sera mieux à même de recevoir te choc. Le général Lanrezac s’y résigne et donne l'ordre à son armée de se retirer pendant la nuit sur la ligne Givet-Maubeuge.
Pendant toute la journée du 23, la IF armée s'était épuisée en vains efforts devant la Meuse, où, sauf les quelques bataillons qui s’emparèrent d'Onhaye, les troupes saxonnes furent partout arrêtées. D'ailleurs l'attaque méthodique et montée à loisir, dont Fausen $e promettait de si brillants résultats, avait été contrariée dans une certaine mesure par des instructions de Coblence, parvenues un peu après 8 heures.
On se rappelle que le grand quartièr général avait été renseigné dès le 17 août sur l'organisation de la défense française le long de la Meuse; il savait que de Namur à Givet étaïent alignées des forces relativement sérieuses, tandis qu'au contraire en amont de Givet il n’y avait presque personne. Malgré quoi il ordonnait, le 20 août, à. Hausen, d'attaquer entre Namur et Givet. Cette attaque.
venait de commencer et c'était le moment que choisissait
Moltke, avec l'esprit d’à-propos qui caractérisait depuis quelque temps toutes ses décisions, pour « recommander à la TT armée de faire passer la Meuse à ses unités dispo-
nibles au sud de Givet, afin de couper la retraite à l’en-
neMmi ».
Hausen courut à son aile gauche, où les premières
lignes du XIX°C. À. étaient déjà en train de descendre
dans les fonds de la Meuse. Il fit appel aux réserves encores rassemblées sur les hauteurs, réunit 10 bataillons, leur adjoignit 9 batteries, 3 escadrons, pour constituer une division de marche, qu'il dirigea aussitôt vers le sud par la rive droite de la Meuse. Privé de ses soutiens, le XIX° C. À. ne put ni élargir sa tête de pont d'Onhaye, ni traverser la vallée sur les autres points
d’attaque. Les deux autres corps d'armée saxons, quoique
disposant de toutes leurs unités, furent encore moins heureux; pas une compagnie ne toucha la rive gauche. Cet échec des Saxons s'explique par les difficultés du terrain et aussi par la longueur de leurs préparatifs. L’artillerie n’ouvrit le feu qu'à 6 heures, à cause de la brume; l'infanterie mit toute la matinée à se déployer. La lenteur de Hausen exaspérait Bülow qui lui répétait à 18 heures
son télégramme de la veille : « Prière instante à la IF armée de franchir aujourd’hui encore la Meuse ».
De son côté, la ['° armée s'était mise en marche dans la direction dictée par Bülow. L'ordre donné par Kluck
portait que les trois corps de tête passeraient la ligne
. Ath-Roeulx à 8 h 30 et s'empareraient dans la journée des
hauteurs situées au sud du canal de Condé à Mons (canal
. du Centre). Le IT C. A. se rendrait à la Hamaide, le IV: | C. À. R. à Bierghes. Q. G. de l’armée à Soignies à partir de 11 heures.
L'état-major de Ja fe armée allait quitter Hal pour Soignies à 9 heures 30, lorsqu'il reçut de Marwitz un message rendant compte d'importants débarquements ennemis qui s’effectuaient à Tournai. Kluck préoccupé de son flanc droit, arrêta ses colonnes et demanda des éclaireissements à la cavalerie. La ligne britannique s’étendait-elle jusqu'à Tournai ou s’agissai-il d’autres troupes? En arrivant à Soignies vers 11 heures on trouva la réponse de Mar- Witz, d’après laquelle le groupe ennemi aperçu à Tournai n'était qu'une brigade territoriale française qu'on avait refoulée vers Lille. La marche de la [" armée reprit aussitôt. |
Dans l'après-midi, les trois corps d'armée de première ligne se présentèrent successivement de la gauche à la droïte devant le canal du Centre entre Obourg et les abords est de Condé, le IX° C. A. vers midi d'Obourg à Mons, le II!° C. A. un peu après 43 heures entre Jemappes et Saint-Ghislain, le IV: beaucoup plus tard à l’ouest .de Saint-Ghislain jusqu'à la frontière francobelge. |
Le 2° C. A. britannique (général Smith Dorrien) tenait le canal entre Condé et Obourg, d’où la droite de sa ligne s'infléchissait en crochet défensif jusqu’à Villers- Saint-Gislain. Le 1“ C. A. (général Haïg), en échelon refusé à droite, était rassemblé dans les environs de Givry. La cavalerie du général Allenby soutenait la gauche du dispositif à Condé, moins une brigade postée à Binche pour maintenir la liaison avec la gauche de l’armée Lanrezac. À Valenciennes débarquait la 19° brigade et en avant de la ville se tenait la 84° division territoriale française.
1. Cette division avec les 84e, 82°, 88°, constituait un groupement chargé de surveiller la frontière de l'Escaut à Dunkerque, sous les ordres du général d'Amade.
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