‹ Le plan de campagne allemand de 1914 et son exécution 1923Chapitre 46 sur 107 · BATAILLE DE · texte numérisé non relu

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442 ‘ LE PLAN DE | CAMPAGNE ALLEMAND. pe 1914

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l'aile droite allemande.

Dans la soirée, Bülow, en dépit des progrès sensibles

de la Il° armée accomplis sous ses yeux était loin de se croire vainqueur. Nous avons cité l'appel au secours qu'il expédiait, vers 48 heures, à la IIF° armée. Peu après il lui envoyait un officier en automobile pour renouveler sa démarche et la persuader d’aitaquer le 24 sur Mettet. Enfin un aulre message demandait à Kluck l'appui immédiat du IX‘ C. À. et, pour hâter les choses, Bülow s’adressait directement au commandant de ce corps d'armée, fort empêché de soutenir ses voisins puisque toute son unité se trouvait en plein combat avec les Anglais au sud de Mons.

é LA JOURNÉE DU 24 AOUT

Le 2%, au matin, la situation s’éclaircit. Entre Meuse et Sambre, l’armée Lanrezac avait disparu; il ne restait

qu’à la poursuivre. Le 2° C. A. britannique s'était replié à environ » kilomètres au sud du canal sur les hauteurs. Le

maréchal French avait prescrit pour la nuit du 24 au 25

un nouveau repli sur une position reconnue à l'avance entre Jenlain (au sud-est de Valenciennes) et Mau-. beuge; le 1° GC. À. à droite, la cavalerie et la 19° brigade |

à gauche devaient protéger le mouvement rétrograde du 2 EuA.

Desson côté, Kluck, furieux de ne pas avoir trouvé le flanc \

de l’ennemi dans la journée du 23, prétendait réussir mieux le lendemain. Les seules unités encore en mesure

de servir son dessein étaient le corps de cavalerie Marwitz

et le Il° C. A., parvenu dans la soirée à la Hamaïde, localité siluée à 25 kilomètres du champ de bataille; quant au IV° C. À. R. il était à Bierghes, trop loin pour agir; 6n avait même, sur l’ordre de Moltke, dù faire rebrousser chemin à une de ses brigades destinée à former la garnison de Bruxelles. Kluck déploya son énergie habituelle. afin de ne pas laisser échapper la dernière chance qui lui restait d'envelopper l'aile gauche de l'adversaire. À force d'insistance, 11 obtint du commandement suprème que le. corps de cavalerie Marwitz fût placé sous ses ordres et le dirigea, aussitôt sur Denain. Il fit serrer le Il° C. A. sur Condé par une marche de nuit et prescrivit la reprise de l'offensive le long du canal du Cenire pour le 24 à 5 heures; le [V° C. À. R. devait se porter de Bierghes à Ligne en réserve générale. Kluck espérait, grâce à ces dispositions, couper la retraite de l’armée britannique et la refouler sur Maubeuge, comme Alvensleben avait refoulé Bazaine sur Metz le 16. août 1870. |

IL échoua. Les arrière-gardes de Smith Dorrien, appuyées. par Haig et Allenby, opérèrent aisément leur repli. French, qui avait deviné l'intention de l'ennemi,

s’écarta de Maubeuge et orienta ses colonnes vers le sud-

ouest avant que la pression du Il C. À. allemand eût pu

se faire. sentir. Marwitz, retardé à Orchies par les territoriaux du général d’Amade, ne dépassa pas Marchiennes.

. Dans la soirée du 24, l’armée britannique s'était soustraite, momentanément du moins, à l’étreinte qui lamenaçait.

Les. I[° et [IT armées avaient suivi les troupes du géné-

ral Lanrezoc d'assez loin, la I jusqu'à la hauteur de

Beaumont, la II jusqu’à Florennes et Rosée. Plus à l’est, la IV° armée eut à combattre, entre Semoy et Meuse, Les arrière-gardes de la 4° armée française et les refoula. La

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gauche de la 3” armée française se conforma au mouvement

de la 4°; son centre s'établit au sud deLonguyon. En Woëévre, les divisions de réserve du général Pol Durand (54, 55”, 56° D. R.), opérant à droite de la 8° armée, remportèrent un avantage marqué sur une division de réserve et des unités de landwehr, qui, de Metz s'étaient imprudemment aventurées et dont l’ordre d'opérations avait été pris par une de nos reconnaissances de cavalerie. Ces forces allemandes, destinées à couvrir la gauche et les derrières de la V° armée, se virent attaquées à l’improviste en tête et en flanc, près d’Etain. Elles furent rejetées en désordre vers Le nord dans la soirée du 24 et poursuivies vigoureusement le lendemain, mais ce succès local et tardif de nos armes ne pouvait plus exercer aucune influence sur l’ensemble des

événements.

La bataille de Belgique finissait le 24 août comme celle de Lorraine le 20. Les Alliés reculaient sur toute la ligne de combat de Longwy à Condé; les Allemands envahissaient notre territoire à la poursuite de leurs adversaires défaits. Mais, de même qu’en Lorraine nos armées n'avaient pas été broyées entre les branches d’une tenaiile, de même en Belgique notre aile gauche ne s'était pas vue prise de flanc, écrasée, ses débris rejetés sur le centre. Nos troupes rétrogradaient avec des pertes sérieuses, mais en ordre, malgré la déception cruelle et la fatigue qui les éprouvaient. La bataille d’anéantissement, le nouveau Cannes n’avait pas eu lieu.

On a sisouvent répété, depuis 1914, que le plan de campagne allemand à échoué sur la Marne qu'on a fini par le croire. On se trompe. C’est en Lorraine et en Belgique, du 20 au 24 août qui s’est effondré. Le plus grave pour Moltke était qu'il ne s’en doutait pas et se figurait avoir brisé définitivement noire résistance.

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