L'INSTRUCTION GÉNÉRALE DU # SEPTEMBRE
… DepuaisleS septembre, date de ses aonibres instructions, | : le commandement suprême se trouvait plongé dans la plus
grande perplexité. Les renseignements qui lui arrivaient |
devenaient extrêmement troublants par suile de leur |
caractère contradictoire. De source sûre on annonçait que À les Français déplaçaient depuis plusieursjours des unités de leur droite à leur gauche par chemin de fer. Or précisé-M ment devant la droite, qui se dégarnissait, les armées | allemandesne pouvaient avancer d'un pas, tandis quedevant. la gauche, qui se renforçait, elles signalaient que l ennemi. s’enfuyait à toutes jambes. C'était à n’y rien comprendre. On finit par se persuader qu'il n’y avait qu'une explication. plausible à ce singulier état de choses, à savoir que les Alliés, à leur gauche, gagnaient en hâte une position de repli d'où iis voulaient reprendre l'offensive dans des con ditions avantageuses. Sur la Somme ils avaient déjà essayé d'attaquer l'aile marchante germanique, mais. s'élaient vus contraints d'engager leurs divisions l’une”
| après Pire en une action décousue, qui aboutit à un . insuccès. Instruits par l’expérieuce, ils projetaient sans doute maintenant de ne pas se lancer dans une entreprise prématurée, mais d'attendre que leurs forces fussent groupées avant de l’entamer. Le camp retranché de Paris leur . en donnait le moyen. Avec son vaste périmètre d'ouvrages . et malgré la médiocrité avérée de ceux-ci, avec les mul- . liples voies ferrées qui y convergeaient, celte région per- mettait mieux que toute autre la concentration rapide . d'une armée en toute sécurité et avec un secret relatif, même à proximité immédiate de l'adversaire.
L’aile droite allemande, d’après la directive du 2 sep- . tembre, devait couper la ligne alliée de Paris et la rejeter vers le sud-est. Ceci l’obligeait à passer au ras des fortifications des secteurs nord-est et est du camp retranché, puis de leur tourner le dos ou presque. La formation échelonnée, prescrite à la [° armée, devenait insuffisante pour . parer au danger que Paris recélait dans ses flancs. Il eût . fallu, afin de continuer impunément le mouvement vers le . sud-est, détacher plusieurs corps d'armée face à la capitale. | En l’absence de toute réserve conservée par le commandant en chef, c'était aux armées d’aile droite qu’il appartenait À de fournir ces détachements, mais elles ne possédaient . plus assez d'effectifs pour pouvoir s’en démunir et poursuivre en même temps l’offensive.
… Moltke reconnut un peutard l'erreur qu’il avait commise “en adoptant le principe du plan Schlieffen tout en voulant l'appliquer dans un esprit différent de celui de son auteur. … L'affaiblissement progressif de l’aïle droite se faisait main- | tenant cruellement sentir. On lui avait enlevé toutes les d divisions d'ersatz pour les employer en Lorraine, puis … trois corps d'armée occupés à masquer ou assiéger des . places fortes, une brigade destinée à tenir garnison à Bruxelles, enfin deux autres corps d'armée envoyés sur le
front oriental. Après ioutes ces isaignées, V élément de ‘ manœuvre ne gardait plus la vigueur nécessaire à la double tâche qui lui incombait.
Le plan Schlieffen avait échoué dès le 95 août, “he que la première bataille générale ne s'était pas terminée par l’enfoncement du flanc et l’extermination de l'adversaire. Depuis lors on vivait dans l'espoir d’obliger les Français à faire tête sur un terrain où on pourrait reprendre cette manœuvre d’encerclement. On n’y avait pas réussi. Les fautes multipliées depuis le début de la campagne se + payaient en bloc. Le commandement suprême constatart | avec effarement que son flanc s’était mis dans le cas d’être | débordé à son tour. Molitke,si sûr de son triomphe après 4 les batailles d'août, laissait voir à ses confidents le désarroi : de son esprit. Le 4 septembre, il disait à Helfferich : « Il . ne faut pas nous faire d' illusions. Nous avons remporté des | succès, mais pas encore la victoire. La victoire, c'est la | destruction de la force de résistance de l’ennemi. Quand | des millions d'hommes sont en présence, le Vainqueur fait | des prisonniers. Où sont nos prisonniers? Quelque vingt 1 mille à la bataille de Lorraine, ici dix mille autres et là 4 peut-être encore vingt mille. Le petit nombre de canons dont nous nous sommes emparés me démontre aussi que) les Français se sont retirés intentionnellement et en ordre. « Le plus fort de l'ouvrage reste à faire. » Remarques justes, 4 mais tardives. 50
Comment sortir de l’impasse? Il ne restait qu'un moyen | de ressusciter le plan de campagne défunt : reprendre le projet du 27 août en essayant de manœuvrer par la basse 1 Seine. Mais au point où on en était, toutes les forces allemandes engagées à l’est de Paris, il fallait, comme condi tion préalable constituer une nouvelle armée avec des corp
on pourrait procéder au retrait des unilés et les faire
déboîter ensuite vers la droite en vue d’une nouvelle action d'enveloppement. Une telle opération eüt été relativement . facile si on l’avait entreprise à temps, quand on se trouvait " à hauteur de la Somme ou même de l'Aisne, mais mainte- À nant elle exigeait un long délai, car il fallait non seulement . faire faire halte à toute la masse principale, mais même la . ramener en arrière au nord de la ligne Paris-Verdun, où . elle s’était imprudemment enfoncée. Ce recul aurait l’ioconvénient de faire cesser la pression continue qu’on exerçait
lité de transporter, lui aussi, des troupes vers la basse Seine dans des conditions qui lui donneraient toutes chances d’y arriver avant les Allemands.
Moltke ne put se résigner à interrompre complètement . son offensive; il préféra la limiter à une ‘partie du front. . Les renseignements recueillis sur l'ennemi indiquaient que . celui-ci enlevait des corps d'armée à l’est pour les porter à l’ouest de la ligne. Le général en chef allemand fut conduit à penser quil lui serait plus facile d'atteindre son but en attaquant avec sa gauche qu'avec sa droite. Il résolut de donner à celle-ci une mission défensive et d’écraser avec ses autres armées la partie orientale du front de l’adversaire. Le prince de Bavière reprendrait son offensive vers le sud-ouest par la trouée de Charmes; les IV° et V° armées aitaqueraient vers le sud-est par l’Argonne et plus au sud. Ces deux groupes marchant concentriquement se donneraient la main dans la région de Neufchâteau en prenant dans la nasse toutes les troupes françaises combattant entre Vitry-le-François et Nancy.
. Mais, comme par une espèce de fatalité, Moltke ne pouà vait jamais suivre une idée jusqu’au bout. Tant que son
sur l'ennemi, lui rendrait sa liberté d'action et la possibi-
aile droite était l'élément de manœuvre chargé de provoquer la décision il l'avait anémiée à plaisir. Au moment précis
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partie de ses forces pour leur faire rallier l’autre extrémité | du champ de bataille, alors qu’on n'y prévoyait plus aucun mouvement offensif. Le 4 septembre, l'état-major de la VIF armée, le XV° C. A. et la VIF D. C. étaient désignés pour s’embarquer en chemin de fer à destination de Saint- Quentin en passant par la Belgique. à On venait, quelques instants avant d’avoir pris cette décision, de mettre au point l'instruction générale réglant | les opérations ultérieures, dont voici la teneur. 17710 « L'adversaire s’est soustrait à l'offensive enveloppante | des l" et IT° armées et est parvenu à s'appuyer à Paris avec | une partie de ses forces. En outre les comptes rendus des armées et des informations d'agents dignes de foi permettent de conclure au transport de troupes ennemies de … la ligne Toul-Belfort vers l’ouest; des retrails d'unités { s'effectuent aussi devant le front des HIT, EV° et V° armées. Dans ces conditions, il n’est plus possible de refouler ; l'ensemble des forces françaises vers la Suisse dans la direction du sud-est. Au contraire, il y a lieu de tenir » compte de ce que l’ennemi rassemble des forces importantes dans la région de Paris et y amène des unités de ; nouvelle formation afin de protéger la capitale et de mena- ; cer le flanc droit du dispositif allemand. | À
où ce rôle passait à l'aile gauche il allait Lu priver nl
En conséquence, les 1° et [T° armées devront rester face au front est de Paris avec mission de s’opposer offensive- « ment aux entreprises ennemies partant de la région de Paris : elles se soutiendront mutuellement dans laccom- “ plissement de cette tâche. | î
Les IV° et V° armées sont encore au contact d'importantes à forces ennemies. Elles devront s'employer à les refouler par une action continue vers le sud-est, action qui auraw aussi pour effet d'ouvrir le passage de la Moselle àla. VI° armée, entre Toul et Epinal. On ne peut encore prévoir | |
DE L'AISNE À LA MARNE 199 dans quelle mesure cette opération, combinée avec celle … des V[ et VIT armées, réussira à acculer des fractions
adverses au territoire suisse.
. Les VF et VIT armées conserveront d'abord leur mission
de fixer devant leur front les forces ennemies qui s’y … trouvent. Elles passeront aussitôt que possible à l'offensive … conire la ligne de la Moselle, entre Toul et Epinal, en se … eouvrant face à ces forteresses.
… La Iff° armée marchera dans la direction Troyes- Vendeuvre. Elle sera employée selon les circonstances, » soit à soutenir les Il°et [°° armées en se portant au delà de … Ja Seine en direction de l’ouest, soit à prendre part aux combats de notre aile gauche en direction du sud et du sud-est.
En conséquence, Sa Majesté preserit :