‹ Le plan de campagne allemand de 1914 et son exécution 1923Chapitre 63 sur 107 · AN9U3//I · texte numérisé non relu

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190 LE PLAN DÉ CAMPAGNE ALLEMAND DE 1914 Vip

4 septembre la réduit à un corps d'armée el à une division

de cavalerie. Encore s’agit-il d'un corps d'armée incomplet, dépourvu d'artillerie lourde, et la division de cavalerie (la 1V°) vient de subir un grave échec, ayant dû se dispérser dans les forêts du Valois; elle n’est parvenue à se regrouper que la veille seulement.

Il est intéressant d'examiner les termes du ‘compte rendu que Kluck adresse par radio au grand quartier général une heure après avoir expédié cet ordre d'opéra tions. « La [* armée, dit-il, a franchi la Marne entre la Ferté et Château-Thierry avec ses éléments de tête. Les Français ont conversé de manière à faire face à notre aile est (gauche). Les Anglais sont au nord de Coulommiers. La [* armée poursuivra son mouvement en avant, le 4 septembre, par Rebais et Montmirail. » Dans ce court message, la phrase concernant les Français altire tout de suite l'attention. Sa rédaction laisse supposer que la gauche de notre D armée n’avait pu continuer son repli vers le sud, mais s'était vue obligée de se rabatire vers le sud-est ou vers l’est, ce qui devait évidemment creuser un vide entre elle et le corps expéditionnaire britannique en retraite sur Coulommiers. Quelle manœuvre pouvait dès lors devenir plus fructueuse que de jeter le plus de forces qu'on pouvait dans ce vide? On serait sùr ainsi d'enfoncer le flanc gauche de la 5° armée et de la rejeter vérs le sud-est. N’était-ce pas précisément le désir du commandement suprême? |:

La perspective était séduisante; elle n'avait qu'un défaut, celui de ne répondre en rien à la réalité. Il est vrai que, dans la journée du 3 septembre, quelques régiments du 18° C. À. français, canonnés à grande distance par l'artillerie de Quast au sud de Château-Thierry, firent un crochet par Condé-en-Brie, c’est-à-dire vers le sud-est, pour sortir de la zone battue, mais ils se redressèrent

. aussitôt après et toute la! 5° armée, ayant passé la Marne

sanstincident, marcha vers le sud, inclinant même vers le sud-ouest. puisque sa gauche devait s'arrêter finalement entre Esternay et Courtacon. Le message de KluckK présentait donc [à situation: de l'ennemi très inexactement. S'est-il! trompé de bonne foi? A-t-il sciemment altéré la vérité, comme il paraît l'avoir fait déjà dans son précédent radio? Les deux! explications sont admissibles.

Malgré les: précautions qu’il! avait prises deux fois le Jseptembre pour se mettre à couvert, Kluck ne se sentait pas à:l’aise le lendemain vis-à-vis de son chef. Comme bien des gens qui se savent en faute, il crut habile de ne pas attendre-les remontrances du grand quartier général, mais deles prévenir. Il'lui envoya, à cet eflet, un bizarre factum, où les excuses alternent avec les récriminations et les conseils.

« La 1° armée, y est-il dit, sollicite des renseignements sur là situation des autres armées, dont les comptes rendus de:victoire décisive ont été suivis plusieurs fois d'appels au secours: La l° armée, en raison des durs combats qu’elle ailivrés et des marches qu'elle a accomplies sans arrêt, est

» arrivée à lalimite de ses efforts. C’est seulement à ce prix

qu’elle: a pu ouvrir le passage de la Marne aux autres armées! et obliger l'ennemi à prolonger sa retraite. Le IX° C. À. y’'a.contribué par une initiative audacieuse et des plus méritoires. On peut espérer maintenant que le

. succès sera exploité. L'instruction dü commandement . suprême prescrivant à la‘! armée de suivre là I° en for- “ mation échelonnée ne pouvait être exécutée dans ces cir-

constances: L'intention de couper l'ennemi de Paris et de le rejeter dans la direction du sud-est n’est réalisable que si la l* armée marche de l'avant. La nécessité de protéger

» le-flanc diminue sa’ capacité offensive. Prière instante de … renforcer rapidement l'aile droite par d’autres unités

sé

(II: C. À. R.ou VII: C. À. R). La [" armée ne pourra. assumer la lourde responsabilité des décisions qu'il [ui faudra prendre en présence d’une situation changeant perpétuellement que si elle est renseignée de façon suivie sur la position des autres armées, dont le froni semble en retrait par rapport au sien. La liaison avec la Il° armée a été constamment maintenue. »

On est assez surpris de voir le commandant de Ia [* armée se plaindre de l'épuisement de ses troupes alors que son chef venait justement de lui donner l’occasion de les faire reposer. La demande de renforts, sous la forme où elle est présentée, n’est pas moins inattendue. Kluck savait parfaitement qu'il n’en existait pas à portée, puisque le VII: C. A. R. se trouvait devant Maubeuge et le III C. A.R. devant Anvers, soit respectivement à huit et douze étapes de la ligne atteinte par l'aile droite. Comment compter sur eux si on continuait à avancer? )

La journée du 4 septembre devait révéler à quel point Kluck s'était trompé dans les informations qu'il avait fait. parvenir à Luxembourg. Le IX° C. À. en se portant sur Montmirail, objectif fixé par l’ordre d'opérations, trouva au nord de la ville des troupes françaises qui lui opposèrent la plus vigoureuse résistance et l’empêchèrent de s’en emparer. Cecr prouvait deux choses, d’abord que les Français ne se retiraient pas versle sud-est, ensuite qu'ils n'étaient nullement désorganisés, comme Kluck l'avait affirmé quelques heures auparavant.

Les autres corps de la [* armée atteignirent la ligne prescrite sans qu’on la leur disputât. [ls constatèrent que les forces britanniques rétrogradaient en direction générale de Melun. à

Sur le reste du front aucun événement important ne s'était produit depuis le 2 septembre. Les Il et IE: armées

: a lementchacune une division ! pour atta- . quer le camp retranché de Reims, qui n'était pas défendu. Lerestes ’efforça de gagner la Marne le plus vite possible. D Ealr armée y arriva trop tard pour inquiéter la 5° armée au passage. Son chef s'en consola en télégraphiant | le 3 septembre au grand quartier général : « L'armée a poursuivi aujourd’hui l'ennemi l'épée dans les reins Jusqu'au delà de la Marne. L’ennemi reflue en complète désorganisation, même au sud de la Marne. » Le 4, en fin de journée, la Il° armée bivouaquait sur la ligne jalonnée par Pargny, Mareuil-en-Brie et Epernay.

La IHI° armée dut encore combattre des arrière-gardes avant d'atteindre la Marne, dont, le # au soir, elle tenait le . cours de Tours-sur-Marne à Chälons: Le généralvon Hausen résolut de donner un jour de repos à ses troupes, tant pour . les laisser se remettre de leurs fatigues que pour faire . serrer les deux divisions de réserve relardées devant Givet et Reims; elles se trouvaient alors respectivement à Château-Porcien et Sillery. Il prescrivit aussi la formation . d'une cavalerie d'armée avec les escadrons divisionnaires “et quelques batteries montées et la chargea de reconnaître, le à septembre, le terrain entre la Marne et l'Aube, afin de conserver le contact avec l'ennemi.

| A l'aile gauche, la V° armée, après avoir conquis de haute lutte Les pentes de la rive ouest de la Meuse dans les journées du 4" et du 2 septembre, constata le 3 au matin que l'ennemi s'était retiré pendant la nuit en pivoant autour de Verdun; elle le suivit sans hâte. Le Kron- “prinz, très impressionné par les pertes subies dans la derdière bataille, aurait voulu laisser souffler ses troupes, hais le commandement suprème lui en refusa l’autorisaion et lui demanda au contraire de presser sa marche.

1 La Lie D. 1. de la Garde et la XXII D. R, (du XIe CO, A. R.)

: 194 LE PLAN DE | CAMPAGNE ALLEMAND DE sou np

Le 4, la ve armée conversa dans le même sens ae (a 1 3 armée française et aligna son gros entre l'Aisne et la . L Meuse, des environs de Sainte-Ménehould jusqu’à Forges. : La IV° armée se conforma au mouvement de sa voisine | de gauche, faisant de plus en plus face au sud-est entre la . 1 Marne et l'Aisne. Cette orientation menaçait de Wrédaire à une solution de continuité entre la dreïte de la IV° armée et la gauche de la LE si celle-ci/continuait à marcher droit au sud. |

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