‹ Le plan de campagne allemand de 1914 et son exécution 1923Chapitre 82 sur 107 · DISPOSITIONS PRISES PAR KLUCK LE MAWN DU 8 SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS PRISES PAR KLUCK LE MAWN DU 8 SEPTEMBRE

Dans la nuit du T au 8 septembre, le général von Kluek reçut de partout des rapports peu satisfaisants. Le général Sixt von Arnim, commandant le groupement

. de droite (VIF et 1V° D.T.) se montrait très pessimiste, / malgré son succès du bois de Montrolles.

La I D. T., accrochée à l'extrême- gauche sur la croupe

étroite qui, à l'est de Chambry, surplombe l'arc de cerele formé par le canal de l’Ourcq dans la vallée de la Marne, s’y était vue prise d'enfilade par les batteries de la 8° D. I. française en position sur la rive gauche. Battue pendant toute la journée par le canon, la gauche de la II: armée D. I. avait dû encore repousser l'attaque des

Marocains dans la soirée, épreuve dont elle s’était bien

tirée, mais à laquelle il aurait été imprudent de la sou- …

mettre une seconde fois; Kluck lui donna l'autorisation de se replier de la crête à l’ouest de Varreddes sur le mouvement de terrain qui se dresse dans le triangle dont Etrépilly, Varreddes et Congis figurent les sommets.

Au centre l'enlèvement d’Etrépilly par les Français, d'abord à midi, puis dans la soirée, montrait combien la défense devenait précaire en ce point d'importance pri-

mordiale. Etrépilly perdu définitivement, c'était la masse

d'artillerie allemande du plateau de Trocy prise d'écharpe

sous des feux d'infanterie et forcée de se reporter en arrière, Ce qui disloquerait touie la ligne de combat et obligerait peut-être de la ramener de l'autre côté de l’Oureq. La manœuvre d'enveléppement ne pourrait plus alors s’exécuier.

Kluck, qui tenait par dessus tout à cette manœuvre, estima qu'il fallait coûte que coûte maintenir le centre de sa ligne sur la position qu’elle occupait jusqu’à l’intervention des IT et FK° C. A. à l'aile droite. Aussi lorsque Linsingen lui rendit compte de préparatifs d'attaque qu'il discernait chez l'ennemi dans la matinée du 8 septembre, il se résigna à un nouveau sacrifice. Pour parer au fléchissement possible de son front à Trocy, il y envoya, en réserve de secteur, la division de tête du IF C. A.(V°D.L.); la IX° D. C. fut également appelée des bords de la Marne.

Ces mouvements étaient en train de s’accomplir quand un renseignement d'aviation vint signaler que l’armée britannique, marchant beaucoup plus rapidement que les

jours précédents, s’approchait du cours inférieur du Petit.

Morin. Cette nouvelle n'avait rien de surprenant, puisque la cavalerie allemande s'était reportée dès la veille au nord de ce cours d'eau.

La défense du front sud de la I" armée, quoique se ser-

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vant de l'obstacle très sérieux que constitue Ja Marne, se

présentait dans d'assez fâcheuses conditions. On ne disposait, à ce moment, pour l’assurer de Varreddes à la Fertésous-Jouarre que de la Il° D. C., soutenue, il est vrai, par cinq bataillons de chasseurs, À gauche, cette ligne ténue

se prolongeait, derrière le Petit Morin, depuis son embou- Chure jusqu'aux abords de Montmirail, par celle du I‘ C. C.

C'était un front démesuré pour une si faible unité, dont l'infanterie se réduisait à deux bataillons (chasseurs et tirailleurs de la Garde). La coupure du Petit Morin, qui la couvrait, est profonde, mais étroite ; la pelite rivière n’est en été qu’un filet d’eau, guéable partout. La ligne du Petit Morin forcée, rien ne s’opposait plus aux colonnes britanniques sur la Marne en amont de la Ferté-sous- Jouarre.

Or le IX° C. A., se dirigeant vers le nord-est, n'avait franchi la Marne que le matin même, de très bonne heure. Il devait décrire un vaste arc de cercle, sa division d’aile (X VIF D. IL.) passant par la Ferté-Milon, Vaumoise et Lévignen! pour déboucher par le Bois du Roi derrière le flanc gauche de l’armée Maunoury. Cette intervention ne pourrait se produire évidemment avant le lendemain, puisque de Chézy, où Le corps d’arméetraversait la Marne

un peu après 3 heures, jusqu’à l'objectif fixé, il Jui restait

une soixantaine de kilomètres à parcourir avec destroupes harassées. Si les Anglais, bousculant les faibles postes du Petit Morin, incapables d’une longue résistance, passaient à leur tour la Marne dans la journée, ils tomberaient le lendemain sur les derrières de la [® armée allemande

qui se trouverait prise entre les troupes de French et

celles de Maunoury avant que celles-ci eussent été mises hors de cause. La nécessité s’imposait donc de parer

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