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au danger qui pouvait venir de la Marne entre la ro
sous-Jouarre et Château-Thierry, mais il n’y avait d'autre troupe à portée que le IX° C. À. On ne pouvait plus négliger les Anglais, continuer à les ignorer de propos délibéré comme on l'avait fait pendant deux jours. « Le cœur serré », nous dit son chef d'état-major, Kluck preserivit au IX°C, A. de laisser deux brigades mixtes, prélevées sur son effectif, à la garde de la Marne, de la Fehérants Jouarre à Nogent-l’Artaud. |
Le commandant de la I" armée se voyait poursuivi sans rémission par les conséquences de ses fautes. Il s'était jeté aveuglément à la poursuite de l'ennemi les 4 et 5 septembre, sans tenir compte du camp retranché de Paris qu'il côtoyait, fermant volontairement les yeux pour nepas
voir la réalité. Maintenant celle-ci se rappelait à lui, |
chaque jour plus obstinément, bouleversant ses calculs, venant à la traverse de ses projets. Les tentatives successives d'amener une irrésistible masse de manœuvre dans le flanc adverse n’arrivaient jamais à maturité. Les nécessités de la situation sur les parties du front dont Kluck ne voulait pas s'occuper, s’imposaient à lui avec la force de la fatalité, l'obligeant chaque fois qu'il croyait voir son espoir se réaliser, à morceler les unités de renfort, à les disperser au lieu de les faire agir d’un seul bloc, à ébrécher lui-même son épée au moment où il voulait en frapper. Le 6, il avait dû démembrer le ° C. A., puis le 7 le IV°, dans la matinée du 8 le HE, enfin, à midi, le IX°. Son armée présentait l'aspect d’un enchevêtrement Coprs dont toute homogénéité tendait à disparaître.
À 13 heures, l’ordre de laisser une partie de son effectif sur la Marne parvint à l'état-major du IX° C. A. On se rappelle que le commandant de ce corps d'armée, le général von Quast, avait donné à plusieurs reprises des preuves de son indépendance de caractère, agissant d’après ses
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BATAUILE DE LA MARNE. — CRISE ET DÉNOUEMENT 267 idées personnelles: sans instructions ou même au rebours des instructions qu'il avait reçues. Le 2 septembre, il avait franchi la Marne à Château-Thierry de sa propre initiative, jetant son COrPS d'armée devant le front de Bülow; le 6, à Esternay, il s'était longtemps refusé à exécuter l’ordre
de retraite et, par son obstination, avait failli se faire enve-
dopper. On ne saurait s'étonner de ces infractions de la part d’un général auquel son chef direct donnait quotidiennement l'exemple de l'indiscipline.
Quast fit fort mauvais accueil à l'ordre qui lui preserivait de s’affaiblir de deux brigades. Instruit du rôle qu’on réservait au IX° C. A. duns la manœuvre décisive contre . l’armée Maunoury, il jugea nécessaire de conserver le maximum de forces pour s’en acquitler et, au lieu de prélever sur ses effectifs deux brigades mixtes, ainsi qu'on le lui enjoignait, il n’en laissa qu'une seule, sous les ordres du général von Kraewel. Celui-ci à son tour Jugea sa troupe irop peu nombreuse pour la disperser le long de la rivière sur une ligne longue de 30 kilomètres et préféra la con-
server réunie à quelaue distance en arrière, à Montreuil-
aux-Lions, d'où il comptait fondre sur l'ennemi au moment où, après avoir débouché des ponts, il gravirait les pentes du plateau. Il en résultait que les passages de la Marne n'étaient pas tenus en amont de la Ferté-sous-Jouarre,