‹ Le plan de campagne allemand de 1914 et son exécution 1923Chapitre 86 sur 107 · FORCEMENT DE LA LIGNE DU PETIT MORIN · texte numérisé non relu

FORCEMENT DE LA LIGNE DU PETIT MORIN

Lés choses se passèrent tout autremént sur le Petit Morin. Depuis le point où cette rivière sort de Montmirail jusqu’à son embouchure dans la Marne à la Ferté-sous-

Jouarre, son cours ne mésuré pas moins de 42 kilomètres de long. Le I“ C. C. avec sès deux divisions el ses deux

bataillons d'infanterie ne put occuper en eñlier ce front.

trop développé pour son maigre effectif. ne s’éterdit que

de Saint-Cyr à Villeneuve. La V° D. G., à droite, oceupait

le sectéur de Saint-Cyr à Orly inclus avec deux brigades

et les tirailleurs de la Garde en première ligne, la troisième

brigade en réserve; la D. C. de la Garde avait placé son bataillon de chasseurs à Boitron et des escadrons à piéd plus à l’est jusqu'à Villeneuve. Le principal inconvénient

de cette position était d’avoir ses flancs en Pair. À droite:

il n'y avait que quelques patrouilles entre Saint-Cyr et

la Férté, à gauche personne pour garder les passages de

Villeneuve jusqu’à proximité de Montmirail. Bülownégligea de boucher ce trou alors qu’il en avait parfaitement le

moyen. On ne s'explique pas parèille aberration, Der-

rière son X° C. A, R., établi à Montmirail, ik disposait de I: XHI D: FE: Or aû lieu d'employer eëétie unité à relier

sur le Petit Morin le X° CA. Raul” C. C:, illui fit passer :

ES

a vi ) ,

toute la nuit du T au 8 à organiser une position en crochet défensif, entre Montmirail et Fontenelle, en avant de

laquelle il poussa un détachement à lEpine-aux-Bois, mais sans garnir la vallée du Petit Morin ni ses abords.

Dans ces conditions, la capacité de résistance du corps Richthofen ne représentait plus grand chose, d'autant plus qu'il avait affaire à forte partie. Les 2° et {* C. A. britanniques, la division de cavalerie Allenby et une partie de la cavalerie du général Conneau allaient donner conire son front tandis que le reste du corps Conneau, le 48° C. A. et deux divisions de réserve du groupe Valabrèguëé aborderaient le Petit-Morin par la brèche ouverte entre Villeneuve et Montmirail.

Avec une pareille supériorité de moyeris les Alliés auraient dù rapidement submerger lé cordon de postes échelonné devant eux, s'ils avaient agi avec décision, mäis ils firent encore preuve d'une circonspection exagérée et perdirent ainsi l’occasion qui s’offrait à eux de s’enfoncer ce jour-là entre les arméés dé Bülow et de Kluck. Vers 8 heures, les têtes de colonnes britanniques apparurént en face de la ligne aïilemandé, mais elles mirent très longlemps à prendre léur formation de combat:

et vers 11 heures seulement la lutte devint générale. L’in-

fanterie angidise ne tarda pas alors ä gagner sur plusieurs points là rivé droite, à refouler les cavaliers allemands et à déborder les bataillons d'infanterie qui résistaient à Orly

et à Boïitron avec une belle opiniâtreté; l'un d'eux fut

presque anéanti, l’autre fort maltraité : l'artillerie et la

cavalerie, aussi très abîmées, surtout à la V° D.C., se réplièrent en hâte. Richthofen leur avait prescrit de se rallier | dérriérele Dolloir. Seule la D. C. de la Garde put se confor- … mer à cetordre. La V° D. C., complètement désorganisce, il s'enfuit au delà dela Marne et gagna d’une traite Marigny- … en-Orxois, à dix kilomètres au nord de la rivière dont elle

chement, de sorte que le passage restait ouvert aux Alliés.

Ceux-ci ne surent pas en profiter. La résistance de la

cavalerie allemande dont certaines fractions se défendirent

jusqu'au milieu de laprès-midi sur le Petit Morin, les

impressionna au point que, malgré le désarroi dans lequel

ils mirent finalement l'adversaire, ils renoncérent à le poursuivre. Les forces britanniques se contentèrent de prendre pied sur le plateau au nord du Petit Morin et ne songèrent pas à envoyer quelques pelotons reconnaître les ponts de la Marne. Le corps de cavalerie Conneau, après avoir fait avancer une partie de son monde jusqu'à la grand'rouie de Montmirail à la Ferté-sous-Jouarre, estima qu'il en avait assez fait; il revint cantonner sur le Petit Morin et même au sud. La 10° D. C., qui avait passé la nuit précédente à Saint-Barthélemy, se retrouva à Doucy, ayant progressé de 3 kilomètres en vingt-quatre heures!

À l’ouest et au contact de cette timide cavalerie opérait le 48° C. À. Il marcha en deux colonnes. La colonne de gauche trouva le cours du Petit Morin libre, gravit les

pentes au nord de la rivière, délogea de l’Epine-aux-Bois le détachement allemand qui l'occupait et facilita ainsi le passage de la division de droite. Le corps d'armée, continuant à avancer, se trouva, le soir, devant la position en crochet défensif organisée par la XIIT° D. [. pour couvrir la droite de la [f° armée entre Montmirail et Fontenelle. Marchais-en-Brie en figurait le centre. On enleva le village d'assaut; l'ennemi s'enfuit, pris de panique. Le général commandant la XIIF D. L., voyant sa ligne ei en plein milieu et ses iroupes en désordre, les ramena derrière la voie ferrée de Montmirail à Artonges.

Montmirail avait été attaqué de front par le 3° C. A.,

que l'artillerie lourde allemande, établie sur le sas

il ZÆ s RENE LS ee CENT TE np 2

laissa les ponts intacts, sans y laisser le moi M déta- . |

Page 1