FORMES-PENSÉES
Il va sans dire que les pensées visibles sur ce plan ne sont pas toutes directement adressées à autrui. Beaucoup ne sont créées que pour s’en aller à la dérive ; leurs formes et leurs couleurs sont infiniment variées, si bien que leur étude constituerait à elle seule une science et une science du plus haut intérêt. Une description détaillée, même en se bornant aux catégories principales, nous prendrait beaucoup plus de pages que nous ne pourrions en consacrer à cett© question. La citation suivante, empruntée à un article des plus suggestifs publié par Mrs Besant dans Lucifer (devenu plus tard The Theosophical
Review) de septembre 1896, pourra cependant donner une idée des principes qui permettraient de former des catégories semblables. L’auteur y pose les trois grands principes sur lesquels repose la production des formes-pensées engendrées par l’action mentale : L la qualité d’une pensée détermine sa couleur; 2° la nature d’une pensée détermine sa forme; 3*^ la précision d’une pensée détermine la netteté des contours. Après avoir montré par des exemples comment la couleur est impressionnée, l’auteur ajoute : « Si les corps astral et mental vibrent sous l’influence de la dévotion, une teinte bleue se répandra sur l’aura^ teinte plus ou moins vive, belle et pure, suivant la profondeur, l’élévation et la pureté du sentiment éprouvé. Dans une église l’observateur peut voir naître des formes-pensées semblables, généralement assez vagues dans leurs contours mais formant des masses mouvantes de nuages bleus.
Trop souvent la couleur en est ternie par la présence de sentiments égoïstes et le bleu, mélangé à des tons bruns, perd son brillant et sa pureté. Mais la pensée fervente d’un cœur généreux est d’une exquise beauté ; elle ressemble au bleu profond d’un ciel d’été. Dans ces nuages bleus apparaîtront souvent des étoiles d’or très brillantes^ s’élevant en gerbe comme une pluie d’étincelles.
« La colère se traduit par le rouge de toutes
CARACTÈRES GENERAUX
nuances, allant du rouge brique au vermillon écarlate vif ; la colère brutale se manifeste par des lueurs d’un rouge sale, jaillissant de nuages brun foncé, tandis qu’à la noble indignation correspond un vermillon intense qui n’est pas sans beauté mais qui éveille dans l’observateur une vibration pénible.
« L’affection fait naître des nuages rosés d’un ton variable ; ils sont d’un cramoisi terne quand l’amour est d’une nature animale, d un rose vif mélangé de brun quand il est égoïste et de vert terne quand il est jaloux. La gamme va jusqu’aux tons rosés les plus exquis et les plus délicats, rappelant les premières lueurs de l’aurore. L’amour s’est alors purifié de tout élément égoïste ; sa compassion et sa généreuse tendresse, où tout élément personnel a disparu, se propagent en ondes sans cesse grandissantes, pour atteindre tous ceux qui ont besoin de son secours.
. « L’intellect produit des formes-pensées jaunes. La raison pure mise enjeu pour atteindre un but spirituel donne lieu à un jaune très délicat et très beau; appliquée à des fins plus égoïstes pouvant avoir un caractère ambitieux, elle donne des tons plus foncés; c’est alors l’orangé pur et intense. » {I.ucifer, vol. XIX, p. 71).
Il faut naturellement se rappeler que la citation qui précède décrit à la fois les formes-pensées
mentales et les formes-pensées astrales et que certains des sentiments mentionnés ont besoin, pour pouvoü’ s’exprimer, de la matière du plan inférieur comme de celle du plan supérieur.
MrsBesant donne ensuite des exemples de formes admirables, semblables à des fleurs et à des coquilles et que revêtent parfois nos pensées les plus hautes ; elle cite aussi d’une manière particulière le cas assez fréquent où la pensée, prenant une forme humaine, risque d’être prise pour une apparition.
« Une forme-pensée peut prendre l’apparence de son auteur. Lorsqu’une personne veut, avec résolution, être présente en un lieu déterminé ou bien visiter une autre personne et s’en faire voir, la forme-pensée peut reproduire son image, si bien qu’un clairvoyant présent dans ce lieu croirait voir dans l’apparition son ami revêtu du corps astral. Une forme-pensée de ce genre peut transmettre un message si cette préoccupation a contribué à la faire naître ; elle éveille alors dans la personne qu’elle atteint des vibrations semblables aux siennes, vibrations que le corps astral transmet au cerveau et que celui-ci, à son tour, traduit par une pensée ou par une phrase. Ou ' bien encore la forme-pensée transmet à son auteur, grâce au lien magnétique qui les unit, les vibrations qui se sont imprimées en elle. »(p. 73).
CARACTÈRES GÉNÉRAUX
Le lecteur désireux de bien comprendre cette partie très complexe de notre étude devra lire avec le plus grand soin l’article tout entier. Les planches en couleur remarquablement exécutées qui accompagnent le texte donnent, beaucoup mieux que toutes les descriptions moins récentes, aux personnes encore incapables de voir par ellesmêmes, une idée approximative de ce que sont en réalité les formes-pensées (1).