ACTION DE LA PENSÉE
Nous étudierons, bien entendu, d’une manière beaucoup plus complète et dans un chapitre spécial la nature exacte de l’activité mentale propre aux habitants humains de ces différents sous-plans, mais il est si nécessaire de saisir la manière dont agit la pensée sur les niveaux infé
rieur et supérieur, avant de pouvoir comprendre la nature précise de ces deux grandes divisions, qu41 ne sera peut être pas sans utilité de présenter au lecteur quelques-unes des expériences faites par nos explorateurs afin d’élucider le présent sujet.
Dès le début de leurs investigations il parut évident que, sur le plan mental comme sur le plan astral, il existait une essence élémentale tout à fait distincte de la matière même du plan et qu’elle répondait, si possible, plus instantanément encore ici que sur le plan inférieur, à l’action de la pensée. Mais ici, dans le monde céleste, tout étant substance mentale, l’action mentale affectait d’une manière directe non seulement l’essence élémentale mais encore la matière constitutive du plan. Il fallut donc essayer de distinguer entre ces deux effets.
Après plusieurs expériences moins concluantes, on adopta une méthode qui permit d’apprécier avec une certaine précision les différents résultats produits. Un investigateur restant sur la subdivision inférieure, y émit des formes-pensées, tandis que ses collègues s’élevaient au niveau immédiatement supérieur afin d’observer, d’en haut, ce qui se passerait et éviter ainsi de nombreuses causes d’erreur. Dans ces conditions on essaya d’envoyer une pensée affectueuse et encourageante vers un ami absent, alors dans un pays lointain.
CARACTÈRES GÉNÉRAUX
Le résultat fut très remarquable. Une sorte de coque vibrante, composée de la matière du plan, sortit de l’opérateur et se propagea autour de lui, absolument comme le cercle qui dans une eau calme se forme et s’élargit autour du point où s’immerge une pierre, mais avec cette différence qu’il s’agissait ici d’une sphère vibrante qui s’étendait suivant de nombreuses dimensions et non pas sur une simple surface horizontale. Ces vibrations, comme celles du plan physique mais beaucoup plus graduellement, s’atténuèrent en s’éloignant de leur point de départ ; arrivées à une distance immense elles parurent s’éteindre ou, du moins, devinrent si faibles qu’elles finirent par échapper à l’observateur.
Sur le plan mental tout homme est donc un centre de pensée rayonnante ; ce qui n’empêche pas tous les rayons émis de pouvoir se croiser sans le moindre inconvénient dans toutes les directions, tout comme le font ici-bas les rayons lumineux. La sphère vibrante et grandissante dont je viens de parler était multicolore et opaline, mais avec l’éloignement ses nuances finirent par s’éteindre.
Quant à l’effet produit sur l’essence élémentale du plan, il fut complètement différent. La pensée donna immédiatement naissance à une forme distincte, d’apparence humaine, monochrome mais
offrant, dans cette couleur, des tons nombreux. Comme un éclair cette forme franchit l’océan ; elle alla trouver l’ami auquel s’adressait la pensée affectueuse ; là se revêtant de l’essence élémentale du plan astral et devenant ainsi un élémental artificiel ordinaire propre à ce plan, elle attendit, comme l’explique le manuel n° V, l’occasion de verser sur le destinataire les influences salutaires dont elle était chargée. En revêtant cette forme astrale Télémental devint plus terne, bien que sa nouvelle coque de matière inférieure laissât voir encore distinctement le rose-vif qui le distinguait. Ceci montrait que la pensée originelle devenue l’âme de l’essence élémentale de son propre plan devenait, après avoir revêtu la forme d’un élémental du plan dévakhanique, l’âme de l’élémental astral. Ceci se rapproche beaucoup de la manière dont l’esprit pur revêt enveloppe après enveloppe, à mesure qu’il descend et traverse les différents plans et sous-plans matériels.
D’autres expériences analogues à la précédente permirent de constater que la couleur de l’élémental projeté variait avec le caractère de la pensée. Comme nous l’avons dit tout à l’heure, une pensée de profonde affection avait pour créature une forme rose-vif. Un désir passionné de guérir, projeté vers un ami malade, fit naître un ravissant élémental d’un blanc argenté, tandis qu’un effort
CARACTÈRES GÉNÉRAUX
mental soutenu, destiné à calmer et à réconforter une personne plongée dans l’accablement et dans le désespoir, eut pour résultat un admirable messager d’un jaune d’or resplendissant.
Dans tous les cas, le lecteur observera qu’à l’effet des couleurs rayonnantes et des vibrations produites dans la matière du plan se joignait une force bien caractérisée, présentant la forme d’un élémental et envoyée à la personne qui faisait l’objet de la pensée. Il en fut invariablement ainsi, sauf une seule et remarquable exception. L’un des opérateurs demeuré sur la division inférieure du plan, ayant dirigé une pensée d’amour et de dévotion intense vers l’Adepte qui est son instructeur spirituel, les personnes placées plus haut, en observation, remarquèrent immédiatement que le résultat était en quelque sorte l’inverse des précédents.
Il faut dire d’abord que Lélève de tout Adepte est invariablement rattaché à son Maître par un courant ininterrompu de pensées et d’influences ; elles s’expriment sur le plan mental par un rayon ou flot immense, lumineux, éblouissant et multicolore — violet, or ou bleu. On pouvait donc s’attendre à ce que la pensée aimante et sincère de l’élève produisît dans ce rayon une vibration spéciale. Le résultat fut tout différent. Les couleurs du flot lumineux devinrent subitement plus
vives et un courant très visible d’influence spirituelle se dirigea vers l élève. Il est donc évident que, lorsqu’un étudiant pense à son Maître, l’effet produit est en réalité de s’assurer une effusion plus considérable de force et de secours issus des plans supérieurs. L’Adepte semble, en quelque sorte, accumuler en Sa personne, à un tel degré, les influences qui soutiennent et fortifient, qu’une pensée quelconque capable d’éveiller dans le canal de communication une activité plus grande, au lieu d’envoyer un courant vers l’Adepte, comme il arriverait dans un cas ordinaire, ouvre simplement à l’immense océan de Son amour un débouché plus large.
Sur les niveaux « aroupa »,^le caractère nouveau des résultats de l’action mentale est très marqué, particulièrement en ce qui concerne l’essence élémentale. L’agitation causée dans la matière particulière au plan ne change pas de nature, bien que, dans ce genre de matière beaucoup plus subtile, elle soit infiniment plus intense. Mais dans l’essence il ne se crée plus aucune forme ; le mode d’action est tout autre. Dans toutes les expériences faites sur les niveaux inférieurs, on constata que Télémental ne s’éloignait pas de la personne visée par la pensée, cherchant une occasion favorable pour projeter son énergie sur le corps mental de cette personne, sur son corps
CARACTERES Gl^NÉRAUX
astral ou même sur son corps physique. Ici, au contraire, l’essence du corps causal du penseur se dirige en ligne droite, comme par un éclair, vers le corps causal de la personne qui est l’objet de la pensée. D’où il apparaît que, si sur les niveaux inférieurs la pensée s’adresse toujours à la personnalité, ici nous influençons l’Ego qui se réincarne, l’homme véritable. Notre message a-t-il trait à la personnalité, celle ci le recevra seulement d’en haut, par l’intermédiaire de son véhicule causal.