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QUALITES NÉCESSAIRES POUR ATTEINDRE LA VIE CÉLESTE

La vie céleste est plus réelle que la vie terrestre : c’est là un fait que rend évident l’examen des conditions à réunir pour atteindre ce mode supérieur d’existence. Les qualités que l’homme doit acquérir pendant sa vie terrestre, s’il veut pouvoir après sa mort vivre dans le monde céleste, sont précisément les qualités regardées par les meilleurs et les plus nobles représentants de notre race comme véritablement et constamment désirables. Sur ce plan, une aspiration, une force mentale, ne peut vivre et subsister que si l’altruisme est son caractère distinctif. .

L’affection éprouvée pour leur famille ou pour leurs amis assure à beaucoup d’hommes la vie céleste; il en est de même de la dévotion religieuse. Pourtant ce serait une erreur de supposer que toute affection ou que toute dévotion doive nécessairement trouver, après la mort, à s’exprimer sur ce niveau. De chacune de ces qualités il

existe évidemment deux genres, Tégoïste et Taltruiste, bien que Ton puisse arguer, non sans raison, que dans Tun et l’autre cas, c’est la dernière qui seule mérite ce nom.

11 y a l’amour qui se donne tout entier a son objet, sans rien demander en retour, et qui toujours s’oublie, n’ayant d’autre pensée que ce qu il peut faire pour l’être aimé. Un sentiment semblable génère une force spirituelle et cette force ne peut trouver à s’exprimer entièrement que sur le plan mental. Mais il existe encore une autre émotion nommée parfois amour; c’est une passion exigeante, égoïste ; être aimé, tel est surtout ce qu’elle désire ; elle se distingue par la préoccupation constante de recevoir plutôt que de donner et risque fort de dégénérer, à la moindre provocation ou sans provocation aucune, en un vice horrible, la jalousie. Voilà un genre d’affection qui ne renferme aucun germe de développement mental ; jamais les forces qu’elle met en jeu ne s’élèveront au-dessus du plan astral.

On pourrait en dire autant du sentiment éprouvé par une catégorie, fort nombreuse d’ailleurs, de personnes religieuses et dévotes dont l’idée fixe n’est pas la gloire de la divinité mais bien la manière de sauver leurs âmes. Impossible de ne pas se demander, en les étudiant, si vraiment

elles ont déjà développé en elles-mêmes un principe digne d'être appelé une âme.

Nous trouvons, d’autre part, la véritable dévotion religieuse qui jamais ne pense à soi et n’éprouve que de l’amour et de la reconnaissance envers sa divinité ou envers son guide, embrasée par le désir d’agir pour lui ou en son nom. Un sentiment pareil a souvent pour résultat une vie céleste prolongée et d’une nature comparativement élevée.

Il en est ainsi, bien entendu, quels que soient la divinité ou le chef religieux. Les sectateurs de Bouddha, de Krishna, d’Ormuzd, d’Allah et du Christ obtiennent tous leur part de béatitude céleste, dont la durée et la qualité sont subordonnées pour eux à la vivacité et à la pureté du sentiment qu’ils éprouvent et en aucune manière à l’objet de leur dévotion. 11 n’en est pas moins certain que de ce dernier dépend la possibilité de recevoir l’instruction pendant l’existence supérieure qui est celle du monde céleste.

Mais la dévotion humaine, comme l’amour humain, n’est ni entièrement pur ni entièrement égoïste. Qu’il serait abject l’amour où n’entrerait aucune pensée, aucun élan purs d’égoïsme !

D’autre part, une affection dont le caractère habituel et dominant est l’élévation et la pureté peut quelquefois se trouver troublée par un spasme de

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jalousie ou par une pensée momentanément égoïste. De toute façon la loi de la justice éternelle établit infailliblement une distinction. Si l’éclair fugitif d^un sentiment plus élevé, illuminant le cœur le moins développé, trouve sûrement sa récompense dans le monde céleste, alors même que rien dans la vie terrestre n’a donné à l’âme la possibilité de s’élever au-dessus du plan astral, la pensée plus vile qui naguère ternit le saint rayonnement de l’amour vrai épuise son action dans le monde astral sans nuire en rien à la glorieuse vie céleste qui résulte immanquablement d’une affection profonde, nourrie pendant de longues années terrestres.

COMMENT l’homme PARVIENT POUR LA PREMIERE FOIS A LA VIE CÉLESTE

Dans les premiers stages évolutifs, beaucoup de ces Egos retardataires n’atteignent donc jamais le monde céleste, tandis qu’un nombre plus considérable encore n’obtiennent qu’un contact relativement court avec certains des plans inférieurs. Toute âme, bien entendu, doit s’immerger dans son individualité véritable sur les niveaux supérieurs avant de se réincarner, mais il ne s’en suit pas qu’ell# possède dans cette condition rien qui

puisse s’appeler conscience du moi. Nous développerons cette partie de notre sujet quand nous aborderons l’étude des plans « aroupa ». Peutêtre vaut-il mieux commencer par le plus bas des plans « roupa » et nous élever progressivement. Laissant donc de côté pour le moment cette partie de l’humanité dont l’existence consciente est en somme, après la mort, limitée au plan astral, considérons le cas d’un homme qui vient de s’élever au-dessus de ce plan et dont la conscience, pour la première fois, s’éveille faiblement et pendant un instant dans la subdivision inférieure du monde céleste.

Il existe assurément différentes méthodes permettant à l’âme, quand son développement commence, de faire ce grand pas en avant ; mais pour l’instant un exemple suffira. Voici un fait, touchant dans sa simplicité, emprunté à la vie réelle et noté par nos étudiants lorsqu’ils examinaient cette question. L’agent des grandes forces évolutives était une pauvre couturière qui habitait un des recoins les plus misérables et les plus sordides de notre horrible Londres de l’East End, une cour fétide où pénétraient à peine la lumière et Pair. Cette femme, naturellement, était peu instruite car sa vie se résumait en un long et dur labeur dans les conditions les plus défavorables, mais c’était quand même une charitabfe et bien-

habitants

veillante personne, débordant d’amour et de bonté pour tous ceux qui l’approchaient. Il n’y avait peut-être pas, dans cette cour, de logement plus pauvre que le sien ; mais ses chambres étaient plus propres et mieux tenues que les autres. Elle n’avait pas d’argent à donner, quand la maladie venait rendre plus profonde que de coutume la détresse d’un de ses voisins, mais ne manquait pas, en ce cas, d’être présente toutes les fois qu’elle pouvait s’échapper un instant et d’offrir dans sa sympathie toujours en éveil, les services qu’elle était à même de rendre. Si bien qu’elle était devenue la providence des grossières et ignorantes ouvrières d’usine qui l’entouraient et qui, peu à peu, finirent par la regarder comme une sorte d’ange secourable et compatissant, toujours à leur portée dans les jours de malheur ou de maladie. Souvent, à la fin d’une journée de travail presque ininterrompu, elle veillait la moitié de la nuit au chevet d’un des nombreux malades qui jamais ne manquent dans un « sium » de Londres, tant les conditions d’existence y sont contraires au bonheur et à la santé. Dans bien des cas la reconnaissance et l’affection qu’éveillait dans le cœur de ces pauvres gens son inlassable bonté étaient absolument les seuls sentiments élevés éprouvés par eux au cours de leur vie grossière et abjecte.

Étant donné les conditions d’existence qui régnaient dans cette cour, on comprendra sans peine que certains malades succombassent. Mais alors il devint évident que la couturière leur avait rendu un service beaucoup plus grand qu’elle ne pouvait supposer ; si elle leur avait donné un peu d’aide amicale dans leurs peines temporaires, elle avait en même temps fait faire à leur évolution spirituelle un progrès important. C’étaient, en effet, des âmes encore peu développées, appartenant à une catégorie très retardataire; jamais, dans aucune de leurs incarnations, elles n’avaient encore mis en action les forces spirituelles qui seules pouvaient leur assurer sur le plan mental une existence consciente. Maintenant, pour la première fois, un idéal à leur portée leur avait été montré; bien plus, un amour réellement pur d’égoïsme s’était éveillé en elles par la charité de cette femme ; le seul fait d’éprouver un sentiment aussi fort les avait relevées et renforcées dans leur individualité; aussi, quand se terminait leur séjour sur le plan astral, apprenaient-elles pour la première fois à connaître le niveau le plus bas du monde céleste. Pour elles ce n’était encore sans doute qu’une expérience fugitive et bien rudimentaire, mais cette expérience était beaucoup plus importante qu’on ne pourrait à première vue le supposer. L'oubli de soi-même

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est une grande énergie spirituelle qui, du jour où elle s’éveille en nous, acquiert, par le fait même qu’elle porte ses fruits dans le monde céleste, une tendance à se renouveler. Gette première effusion, peut-être très faible, n’en communique pas moins à Tâine les germes d’une qualité qui certainement trouvera son expression dans la prochaine incarnation.

Voilà comment la douceur et la bonté d’une pauvre couturière ont pu donner à plusieurs âmes moins avancées la possibilité de goûter consciemment, pour la première fois, une vie spirituelle qui ne cessera de grandir, d’incarnation en incarnation, et d’influencer de plus en plus dans l’avenir les existences terrestres. Gette anecdote ne semble-t-elle pas expliquer pourquoi les différentes religions attachent tant d’importance à l’élément personnel dans la charité : je veux dire aux rapports directs établis entre le donateur et son obligé ?

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