‹ Le plan mentalChapitre 2 sur 36 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Jiciles, cinirn.€s d un zcle studieux et d’une ardeur de néophyte. Ces manuels pourtant ne s adressent pas uniquement à Vétudiant plein d’ardeur que nulle difficulté initiale ne rebute; ils sont écrits pour les hommes et les femmes emportés par le courant de la vie et des activités journalières; leur but est d’expliquer quelques-unes des grandes vérités qui rendent l’existence plus facile à supporter et la mort plus facile à envisager; écrits par les serviteurs de ces Maîtres qui sont les Frères Aînés de notre race, ils ne peuvent avoir d’autre objet que le service de l’humanité.

AVANT-PROPOS

Dans le manuel précédent, nous avons essayé de décrire, jusqu’à un certain point, le plan astral, région inférieure de cet immense monde invisible dans lequel nous vivons sans nous en douter. Dans ce petit livre nous allons entreprendre la tâche, plus ardue, de donner une idée approximative du niveau immédiatement au-dessus, c’est-à-dire du plan mental ou monde céleste, souvent appelé dans notre littérature théosophique le plan du Dévakhane, ou Soukhâvati (1).

(1) Dévakhane, se prononce quelquefois Dévatchane, ou littéralement, suivant le D' Griinwedel, « bDe-ba-can » (V, Mythologie du Bouddhisme au Thibet et en Mongolie, basée sur la collection lamaïque du prince Oukhtomsky, trad. de l’allemand par Ivan Goldschmitt, Leipzig-Brockhahs, 1900).

.E Pr,AN MENTAL

Si nous appelons ce plan le monde céleste et si, par là, nous voulons donner à entendre qu'il contient la réalité servant de base à toutes les représentations les plus élevées et les plus spirituelles qu’en ont formées les différentes religions, il faudrait bien se garder de l’envisager à cet unique point de vue. C’est un règne naturel dont l’importance pour nous est extrême, un monde immense et splendide, animé par une vie intense. Nous y vivons en ce moment, tout comme nous y passons les intervalles entre nos incarnations physiques. Notre manque de développement, les limitations que nous impose notre vêtement de chair, voilà les seules raisons nous empêchant de comprendre que toute la gloire du ciel suprême nous entoure ici-bas, dès aujourd'hui, et que les influences ayant le monde céleste pour origine agissent incessamment sur l’homme; à nous de les comprendre et de les recevoir. Pour riiomme du monde, ceci peut sembler impossible ; pour l’occultiste c’est une réalité indéniable. A ceux qui n’ont pas encore saisi cette vérité fondamentale, nous ne pouvons que répéter le conseil donné par l’instructeur bouddhiste : — « Ne vous répandez pas en plaintes, en larmes et en prières, mais ouvrez les yeux et regardez. La lumière vous entoure; vous la verriez si vous arrachiez le bandeau et jetiez les yeux autour de

AVANT-PROPOS

VOUS. Elle est si merveilleuse et si belle I Elle dépasse tellement tous les rêves et toutes les prières humaines! Et elle existe pour Téternité.» {The Soiil of a People, p. 163).

Pour Tétudiant en Théosophie, il est absolument nécessaire de bien saisir cette grande vérité, quhl existe dans la nature différents plans ou départements ; à chacun correspond une matière qui lui est spéciale, d’une densité appropriée, matière qui interpénètre, chaque fois, la matière du plan immédiatement au-dessous. Il faut bien comprendre aussi que les expressions « supérieur » et « inférieur » que nous appliquons à ces plans, ne se rapportent aucunement à leur position, (puisqu’ils occupent tous le même espace), mais seulement au degré de raréfaction de leur matière constitutive particulière ou, en d’autres termes, à son degré de subdivision. Tous les genres de matière qui nous sont connus sont, au fond, identiques ; ils ne diffèrent que par leur degré de subdivision et par leur rapidité vibratoire.

Dire d’un homme qu’il passe d’un de ces plans sur un autre, n’implique donc en aucune façon qu’il change de place, mais seulement qu’il éprouve une modification de conscience. Tout homme, en effet, réunit en sa personne de la matière appartenant à chacun de ces plans et, pour

chacun d’eux, un véhicule correspondant, véhicule qu’il peut employer momentanément après en avoir appris l’usage. Passer d’un plan à un autre signifie par conséquent transférer le foyer de la conscience d’un véhicule à un autre et employer momentanément le corps astral ou le corps mental au lieu du corps physique. Chacun de ces corps ne répond naturellement qu’aux vibrations de son propre plan. Si donc un homme € centre » sa conscience dans le corps astral, il ne percevra que le monde astral, tout comme nous ne percevons que le monde physique, quand notre conscience n’emploie que les sens physiques.

Néanmoins, ces deux mondes (et bien d’autres encore) existent en pleine activité, et nous entourent sans cesse. L’ensemble de ces plans constitue, en réalité, un tout immense et vivant, bien que nos facultés rudimentaires ne soient encore capables d’en observer, à la fois, qu'une minime partie.

En envisageant cette question d’interpénétration, il faut nous tenir en garde contre des méprises possibles. Aucun des trois plans inférieurs du système solaire — comprenons bien ceci — n’a, dans l’espace, les mêmes limites que lui, sauf en ce qui concerne un état particulier de la subdivision la plus élevée, ou atomique, de chacun de ces plans. Chaque globe physique a son plan phy-

AVANT-PROPOS

sique (comprenant son atmosphère), son plan astral et son plan mental, qui s^nterpénètrent mutuellement et, par conséquent, occupent dans Tespace une position identique; mais ils sont absolument séparés des plans correspondants d’un autre globe quelconque et ne sont pas en communication avec eux. C’est seulement en nous élevant jusqu’aux niveaux exaltés du plan bouddhique, que nous trouvons une condition commune, tout au moins à toutes les planètes de notre chaîne.

Il existe cependant, comme nous l’avons dit plus haut, une condition de la matière atomique de chacun de ces plans qui, dans son extension, est cosmique. Aussi pouvons-nous dire des sept sous-plans atomiques de notre système, envisagés à part, qu’ils forment un plan cosmique, le plus bas, appelé parfois le plan cosmique prâkritique^ L^éther interplanétaire, par exemple, qui semble répandu dans tout l’espace — et doit l’être en effet, tout au moins jusqu’à la plus lointaine des étoiles visibles, autrement cette étoile échapperait à notre vue physique — l’éther est composé d’atomes physiques ultimes, dans leur condition normale, où ils ne sont soumis à aucune compression. Quant aux genres d’éther les plus bas et les plus complexes, ils n’existent qu’en union avec les différents corps célestes ; ils s’assemblent

autour de ces corps, absolument comme leur atmosphère, mais dépassent probablement bien davantage leur surface.

Il en est exactement de même pour les plans astral et mental. Le plan astral de notre Terre interpénètre le globe et son atmosphère, mais dépasse sensiblement les limites de celle-ci. Le lecteur se rappellera que les Grecs nommaient ce plan le monde sublunaire. Le plan mental interpénètre à son tour Tastral, mais lui aussi s’étend plus loin dans l’espace.

Seule la matière atomique de chacun de ces plans a la même extension que l’éther interplanétaire ; (encore faut-il, pour cela, qu’elle se trouve dans un état de liberté complète). Par âuite, un homme ne peut pas plus passer d’une planète à l’autre, même de notre propre chaîne, dans son corps astral ou dans son corps mental, qu’il ne le peut dans son corps physique. Dans le corps causal, s’il est très développé, on peut y parvenir mais, même dans ce cas, c’est chose beaucoup moins facile et moins rapide que sur le plan bouddhique, pour les personnes qui ont réussi à élever leur conscience aussi haut.

En comprenant clairement ces faits, le lecteur ne confondra pas, comme ,ont pu le faire parfois des étudiants, le plan mental de notre terre et ces autres globes de notre chaîne qui existent sur

AVAN-T-PROPOf^

le plan mental. Il faut se dire que les sept globes de notre chaîne sont des globes véritables, occupant dans Tespace des positions déterminées et distinctes, bien que certains d’entre eux ne soient pas sur le plan physique. Les globes A, B, F et G sont séparés de nous et séparés entre eux, tout comme le sont Mars et la Terre. La seule différence est celle-ci : Mars et la Terre ont des plans physique, astral et mental qui leur appartiennent en propre, tandis que les globes B et F n’ont rien de moins élevé que le plan astral, et A et G rien de moins élevé que le plan mental. Le plan astral dont traite le manuel n® V, et le plan mental dont nous allons nous occuper, ne concernent que notre Terre et n’ont rien à faire avec ces autres planètes.

Le plan mental, où se passe la vie céleste, est le troisième des cinq grands plans échus, pour le moment, à l’humanité ; au-dessous de lui sont les plans astral et physique, au-dessus de lui les plans bouddhique et nirvânique. C’est le plan où l’homme, à moins d’être encore dans un stage fort peu avancé, passe le plus de temps, durant son processus évolutif; car, sauf dans le cas d’un manque de développement absolu, la vie physique dépasse rarement beaucoup, en durée, le vingtième de la vie céleste. S’agit-il de personnes dans une bonne moyenne, l’une ne sera parfois

que le trentième de l’autre. De fait, c’est la patrie véritable et permanente de l’Ego qui se réincarne, c'est-à-dire de l’âme humaine. Chaque descente vers l’incarnation n’est dans sa carrière qu’un bref mais important épisode. 11 vaut donc bien la peine de consacrer à l’étude de la vie céleste tout le temps et le soin nécessaires pour arriver à la comprendre d’une manière aussi complète que nous le permet notre emprisonnement dans le corps physique.

Il existe malheureusement, pour qui veut tenter d’exprimer en mots les faits de ce troisième plan naturel, des difficultés à peu près insurmontables — et cela est assez naturel, car souvent les mots nous manquent pour exprimer nos idées et nos sentiments, même sur notre plan physique, le plus bas de tous. Gomme s’en souviendront les lecteurs du P/an Astral, cet ouvrage dit combien il est impossible de donner une idée suffisante des merveilles de cette région à ceux dont l’expérience n’a pas encore dépassé le monde physique. Or toute assertion de ce genre peut s’appliquer avec dix fois plus de force à la tentative que nous allons faire dans le présent manuel, suite de ce premier ouvrage. Non seulement la matière que nous devons essayer de décrire est plus éloignée que la matière astrale de celle dont nous avons l’habitude, mais la conscience particulière

AVANT-PROPOS

à ce nouveau plan est immensément plus vaste que tout ce que nous pouvons imaginer en ce bas monde — si bien que l’explorateur appelé à traduire ses impressions en langage ordinaire, s’en trouve complètement incapable. Tout ce qu’il peut faire, c’est de s’en remettre à l’intuition de ses lecteurs, pour combler les inévitables lacunes de sa description.

Pour ne donner, de nos difficultés, qu’un exemple entre mille — il semble que, sur ce plan mental, le temps et l’espace n’existent pas ; car les événements qui, sur le plan physique, arrivent successivement et dans des localités très éloignées les unes des autres, paraissent ici arriver simultanément et sur le même point. Tel est, du moins, l’effet produit sur la conscience de l’Ego, bien que certaines circonstances donnent à supposer que la simultanéité absolue soit l’attribut d’un plan plus élevé encore et que cette impression éprouvée dans le monde céleste ait simplement pour cause une succession si rapide que les intervalles de temps, par leur brièveté infinitésimale, nous échappent. C’est ce qui se passe dans une expérience, bien connue en optique, consistant à faire tourner en cercle un bâton dont l’extrémité est incandescente. L’œil reçoit l’impression d’un cercle enflammé continu, si le bâton fait plus de dix tours à la seconde. Non pas que le cercle

continu ait une existence réelle; mais l’œil humain ne peut généralement discerner séparément des impressions semblables quelconques, lorsqu’elles se suivent à des intervalles moindres qu’un dixième de seconde. ^

Quoi qu’il en soit, le lecteur comprendra sans peine qu’en essayant de décrire un genre d’existence aussi complètement différent de la vie physique que celui dont nous allons aborder l’étude, il sera impossible de ne pas dire souvent des choses qui seront tantôt inintelligibles, tantôt même tout à fait incroyables pour qui n’a pas fait de cette existence plus haute une expérience personnelle. C’est là,encore une fois, une conséquence inévitable. Aussi les lecteurs qui ne pourront ajouter foi aux affirmations de nos investigateurs devront-ils simplement attendre qu’une description plus satisfaisante leur soit donnée du monde céleste, en attendant le jour où ils pourront l’étudier personnellement. Je ne puis qu’affirmer de nouveau, comme je l’ai fait dans le Plan Asiral^ que toutes les précautions possibles ont été prises pour obtenir l’exactitude. Dans l’un et l’autre cas nous pouvons dire ceci : « Aucun fait, ancien ou nouveau, n’a été admis par nous dans cet ouvrage qui n’ait été confirmé par le témoignage d’au moins deux de nos observateurs exercés et indépendants, témoignage corroboré.

AVANT-PROPOS

de plus, par celui des étudiants plus avancés, beaucoup plus versés que nous-mêmes, par conséquent, en ces questions. Cette exposition, bien qu’incomplète encore, ne laissera donc pas, nous l’espérons, de représenter une valeur relative. » La division générale du manuel précédent sera, autant que possible, suivie dans le présent ouvrage ; le lecteur pourra donc, s’il le désire, comparer les deux plans, niveau par niveau. Le titre « Paysage » serait cependant peu applicable au plan mental, comme nous le verrons plus loin ; aussi le remplacerons-nous par le titre suivant :

CARACTÈRES GÉNÉRAUX

Peut-être, pour aborder ce sujet extrêmement difficile, la méthode la moins insuffisante serat-elle de plonger in médias res et d’essayer, bien que cet effort soit condamné d’avance, de décrire ce que voit un élève ou étudiant entraîné, quand le monde céleste s’ouvre devant lui. Je me sers, avec intention, du mot élève ; en voici la raison. A moins d/e pouvoir être l’élève d’un des Maîtres de la Sagesse, il est peu probable qu’un homme parvienne à passer, en pleine conscience, dans ce séjour de gloire et de béatitude et à revenir ensuite ici-bas avec le souvenir précis de ce qu’il y a vu. Nul « esprit » complaisant ne vient du monde céleste pour débiter des platitudes par l’intermédiaire du médium professionnel; jamais aucun clairvoyant ordinaire ne s’élève aussi haut, bien qu’il soit arrivé que les meilleurs et les plus purs y aient pénétré, dans des moments de sommeil très profond, où ils échappaient à leurs magnétiseurs ; encore, dans ce cas, en ont-ils rarement rapporté autre chose que le souvenir indistinct

LE PLAN MENTÂT.

d’un bonheur profond mais indescriptible, forte^ ment coloré, en général, par leurs convictions religieuses personnelles.

Quand l’âme désincarnée, se retirant en ^Ilemême après ce que nous appelons la mort, atteint le plan dévakhanique, ni les pensées anxieuses de ses amis désolés, ni les attractions offertes par les cercles spirites ne peuvent plus la remettre en rapport avec la terre physique, tant que les forces spirituelles mises en mouvement durant sa dernière existence n’auront pas suivi leur cours jusqu’au bout et que l’Ego ne sera pas, une fois de plus, prêt à revêtir une nouvelle enveloppe charnelle. D’ailleurs, pourrait-il revenir ici-bas, que le récit de ses expériences ne nous donnerait du monde céleste aucune idée véritable. Comme nous le verrons plus loin, il faut y entrer en pleine conscience et complètement éveillé, pour pouvoir y circuler librement et se laisser pénétrer par la gloire et la beauté merveilleuses qui nous attendent lâ-haut. Tout ceci sera d ailleurs expliqué d’une manière plus complète quand nous parlerons des habitants de ce monde céleste.

Page 1