UNE BELLE DESCRIPTION
Un occultiste éminent écrivait, il y a déjà longtemps, les lignes suivantes ; il les donnait comme
CARACTÈRES GÉNÉRAUX
une citation faite de mémoire. Je n’ai jamais pu découvrir d’où elles sont tirées, bien qu’il existe dans Catena of Buddhist Scripliires de Beal, p. 378, un passage qui semble en être une version différente et beaucoup plus longue.
« Bouddha, notre Seigneur, a dit : — Séparé de nous par bien des milliers de myriades de systèmes solaires, il existe un séjour de béatitude nommé Soukhâvati. Les Tathâgatas gouvernent et les Bodhisattvas possèdent ce saint asile des Arliats. Cette région est entourée de sept enceintes de barrières, de sept épaisseurs de vastes rideaux, de sept rangées d’arbres qui se balancent au vent; elle possède sept lacs précieux, au centre desquels jaillissent des eaux cristallines, dont les propriétés et les qualités sont au nombre de sept et pourtant n’en forment qu’une seule. O Sâripoutra, c’est le Dévakhane. Sa divine fleur d’Oudambara plonge une racine dans l’ombre de toute terre et s'épanouit pour tous ceux qui l’atteignent. Ils sont vraiment heureux les hommes nés dans cette région bénie, qui ont franchi le pont d‘or et atteint les sept montagnes d’or; pour eux, dans le cycle présent, il n’y a plus ni deuil ni chagrin. »
Dans ce passage, voilés il est vrai sous l’exubérante allégorie des orientaux, nous pouvons sans peine discerner quelques-uns des traits caractéristiques principaux, spécialement mis en lumière
par les récits de nos investigateurs modernes. Les « sept montagnes d’or » no peuvent être que les sept subdivisions du plan mental que séparent entre elles des barrières impalpables mais cependant aussi réelles et aussi effectives que s’il se trouvait là « sept enceintes de barrières, sept épaisseurs de vastes rideaux, sept rangées d’arbres qui se balancent au vent. » Les sept espèces d’eau cristalline possédant chacune ses propriétés et ses qualités particulières représentent les différents pouvoirs et les différentes qualités mentales, envisagés individuellement, tandis que la qualité unique, commune à tous, est de conférer à ceux qui les ont en partage, le degré de béatitude le plus profond qu’il leur soit possible d’éprouver. Sa fleur, en vérité, « plonge une racine dans l’ombre de toute terre », car de chaque monde l’homme passe dans le ciel correspondant, et le bonheur, — un bonheur dont aucune langue ne saurait donner une idée — est la fleur qui s’épanouit pour tous les hommes devenus capables de l’atteindre, grâce à leur manière de vivre. Ils ont « franchi le pont d’or » jeté sur le fleuve qui sépare le monde céleste du monde des désirs; pour eux, « dans le cycle présent », il n’y a donc plus « ni deuil ni chagrin », jusqu’au jour oii l’homme se revêtira d’un corps nouveau et que, pour un temps, il abandonnera une lois encore le monde céleste.
CARACTÈRES GENERAUX