DEUXIÈME SOUS-PLAN ; LE SIXIÈME CIEL
De la région aux habitants innombrables que nous venons de considérer, nous passons dans un monde moins peuplé. . Il semble que nous soyons transportés d’une grande ville dans une campagne paisible, car le présent stage de l’évolution humaine n’a vu qu’une faible minorité s’élever jusqu’à ce niveau plus exalté où l’âme la moins avancée est parfaitement consciente d’elle-même comme de son entourage. Capable, du moins jusqu’à un certain point, de passer en revue son passé, l’homme sur ce niveau n’ignore pas l’objet et la marche de l’évolution ; sachant qu’il a pour but son propre développement, il reconnaît les stages des existences physique et posthume pendant lesquelles il conserve ses véhicules inférieurs ; il considère sa personnalité comme faisant partie de soi-même, s’efforce de la diriger et puise dans sa connaissance du passé comme
un trésor d’expériences lui permettant de formuler des principes de conduite et de discerner avec une conviction nette et inébranlable, le bien et le mal ; il agit ainsi sur le mental inférieur, en contrôle et en dirige les activités. Au début de son séjour sur ce niveau il ne parvient pas, bien souvent, à faire comprendre logiquement à son mental inférieur la raison des principes qu’il lui impose ; il les lui impose néanmoins de là manière -i la plus précise et des idées abstraites comme cel- l les de vérité, de justice et d’honneur deviennent 5; dans sa vie mentale inférieure des conceptions indiscutées et souveraines.
Certaines règles de conduite quij sanctionnées par la société, la nation et la religion, guident l’homme dans la vie journalière, peuvent être emportées par une teütation subite, par une vague irrésistible de désir et de passion; mais il y a cer- .fk
taines actions que Thomme évolué est incapable %
de commettre, car elles sont diamétralement oppo- 3 sées à sa propre nature : il ne peut mentir, ni tra- A hir, ni se conduire d’une manière déshonorantei 1 Au plus profond de son être sont enracinés certains principes ; impossible de les vicier, quels que soient la pression des circonstances ou le tor- ? rent des tentations, car ces principes sont la vie x même de Pâme^ D’autre part, si l’Ego parvient r-
à guider de la sorte son véhicule inférieur, la
HABITANTS
nature et les activités dë ce véhicule he lui apparaissent souvent que d’une manière imprécise et vague ; il n’aperçoit les plans inférieurs qu’obscurément, en comprend la nature essentielle plus que les détails. Son évolution sur ce plan consiste à entrer en contact, d’une manière toujours plus consciente et plus directe, avec la personnalité qui le représente si mal ici-bas.
Le lecteur comprendra, dès lors, que les âmes poursuivant délibérément le développement spirituel peuvent seules vivre sur ce niveau. Aussi s’ouvrent-elles déjà largement aux influences venant des plans supérieurs. Le canal de communication grandit, s’élargit et donne passage à un courant plus fort. Sous cette influence la pensée acquiert un perçant et une netteté singuliers, même chez les hommes les moins développés ; ce qui se traduit dans le mental inférieur par une disposition marquée pour la pensée philosophique et abstraite. Chez les personnes d’une évolution plus avancée, le champ de la vision s’élargit considérablement; leur regard pénétrant remonte le passé, voit naître les causes, suit la marche de leurs conséquences et note les effets ultimes qui n’ont encore pu s’épuiser.
Les âmes vivant sur ce plan sont à même de faire de grands progrès quand elles sont délivrées du corps physique ; car elles peuvent y recevoir
les leçons d’entités plus hautes et entrer en contact direct avec leurs instructeurs. Aux tableaux mentais ont succédé des éclats de lumière impossibles h décrire. L’essence même de l’idée fuse comme une étoile d’une âme à une autre et ses corrélations, s’exprimant en ondes lumineuses qui émanent de l’étoile centrale, n’ont pas besoin de s’énoncer d’une manière séparée. Une pensée est comme une lumière placée dans une chambre : elle éclaire tous les objets qui l’entourent et rend leur description inutile.