T'ROISIÈME SOUS-PLAN ; LE CINQUIÈME CIEL
Ce sous-plan, le moins élevé des sous-plans « aroupa », est aussi de beaucoup le plus peuplé de toutes les régions qui nous sont connues, car les soixante milliards d’âmes humaines actuellement en cours d’évolution y sont presque toutes présentes, les seules exceptions étant les âmes relativement rares capables de fonctionner sur les deuxième et premier sous-plans. Chaque âme y présente l’aspect d’une forme ovoïde, d’abord simple pellicule incolore, presque invisible et d’une consistance impalpable. Mais, à mesure que l’Ego progresse, l’enveloppe revêt une iridescence chatoyante ressemblant à celle d’une bulle de savon ; des nuances se jouent à sa surface, comme les couleurs changeantes dont s’illumine au soleil la poussière d’eau d’une cascade.
. Composée d’une matière prodigieusement ténue, subtile, éthérée, animée d’une énergie intense, d’une flamme qui palpite et qui vit, elle devient
en se développant un globe resplendissant, aux couleurs radieuses ; des vibrations rapides font naître à sa surface des ondes aux nuances changeantes, nuances inconnues ici-bas, d’un éclat, d’une douceur et d’une luminosité impossibles à décrire. Ajoutez à la gloire d’un coucher de soleil égyptien la douceur merveilleuse d’un beau soir d’Angleterre ; supposez cet éclat, cette transparence et cette splendeur se surpassant euxmêmes, comme ils surpassent déjà les tons que donnerait la boîte à couleurs d’un enfant, — vos efforts seront vains : nul ne pourrait imaginer, sans l’avoir contemplée, la beauté de ces globes radieux qui fulgurent dans le champ de la vision clairvoyante quand elle parvient à s’exercer dans ce monde sublime.
Les corps causais sont tous remplis d’un feu vivant qui descend d’un plan supérieur ; celui-ci semble relié à chaque globe par un fil vibrant, prodigieusement lumineux et rappelant d’une manière frappante la stance de Dzyan : VÉtin^ celle est suspendue à la Flamme par le fil le plus ténu de Fohat, A mesure que l’âme se développe et devient plus capable de s’ouvrir à l’inépuisable océan spirituel qui se déverse par le fil comme par un canal, ce fil se dilate, se prête de plus eu plus au passage du flot divin jusqu’à ce que, sur le plan suivant, il ressemble à une trombe unis-
i sant le ciel et la terre. Plus haut encore, il s’est
- transformé en un globe immense à travers lequel
se précipite la source vivante et le corps causal semble se fondre dans la lumière qui Tinonde.
Le disent encore les Stances, le fil qui unit le Veilleur Silencieux à son Ombre devient
plus fort et plus radieux à chaque Changement, La Lumière Solaire du Matin s^est changée en A Véclat glorieux du Midi, Voilà ta Roue actuelle^
• dit la Flamme à VEtincelle, Tu es moi-même, mon
: Image et mon Ombre, Je me suis vêtue de toi et tu
es mon vàhan ; jusqu^au Joursois avec nous, où tu redeviendras moi^même et d'autres, tobmême et moi. Il est possible de distinguer les âmes en possession d’un corps physique des âmes qui jouis- ' sent de l’état désincarné, car les vibrations à la
^ surface des globes sont alors d’un type différent ;
3 aussi est-il facile, sur le troisième sous-plan, de
savoir du premier coup d’œil si un individu est ou non, en incarnation. L’immense majorité dans " . le corps ou hors du corps semble rêver, n’est consciente qu’à demi et cependant les simples pellicules incolores sont rares. Les âmes complètement éveillées sont de notables et brillantes exceptions, resplendissant dans la foule de leurs congénères plus ternes, comme des étoiles de première grandeur. Entre celles-ci et les moins développées s’échelonnent les proportions et les
beautés de couleur les plus variées, dont chacune représente avec exactitude le degré d’évolution atteint.
La plupart des âmes ne sont pas encore arrivées, quelle que soit leur conscience, à la maturité nécessaire pour comprendre le but et les lois de révolution qui les entraîne ; elles cherchent à s’incarner, poussées par la Volonté Cosmique et aussi par « Tanhâ », désir aveugle de la vie manifestée, recherche d’une région où puisse se trouver, avec la sensation, la conscience de vivre. Dans leurs stages primitifs ces âmes rudimentaires ne peuvent sentir les vibrations extrêmement rapides et pénétrantes de la matière d’ordre exalté propre à leur plan d’origine ; les mouvements violents et grossiers, mais comparativement lents, de la matière plus lourde appartenant au plan physique, sont les seuls qui puissent les émouvoir. Elles ne peuvent donc se sentir vivre que sur le plan physique. De là leur ardent désir de renaître ici-bas.
Cette tendance s’accorde donc exactement pendant un certain temps avec la loi gouvernant leur évolution. Les âmes ne peuvent se développer qu’à l’aide des impacts extérieurs : peu à peu, à mesure qu’elles s’éveillent, elles commencent à y répondre, mais pendant le stage rudimentaire dont nous parlons elles ne peuvent les recevoir
HABITANTS
que pendant la vie terrestre. Lentement leur faculté de réponse grandit ; elles deviennent conscientes, d’abord des vibrations physiques les plus hautes et les plus rapides, puis — mais plus lentement encore — des vibrations du plan astral. Après quoi leurs corps astrals qui jusqu^alors étaient de simples ponts leur transmettant les sensations, deviennent graduellement des véhicules bien organisés dont elles peuvent se servir et les émotions commencent à remplacer comme centre de conscience les sensations purement physiques.
Plus tard, toujours en s’instruisant sous l’action des impacts extérieurs, les âmes apprennent à « centrer » leur conscience dans le corps mental, à vivre dans les images mentales qu’elles se sont formées et à s’en inspirer — par suite à soumettre leurs émotions au contrôle intellectuel. Encore une étape sur l’interminable route et le centre, se déplaçant de nouveau, atteint le corps causal. Dès lors les âmes comprennent la nature de leur véritable vie ; par cela même elles ont atteint un sous-plan plus élevé que celui qui nous occupe et rhumble existence terrestre ne leur est plus nécessaire. Pour le moment nous considérons la majorité moins développée qui^dans l’océan de la vie, allonge encore d'aveugles, de flottants tentacules : je veux parler des personnalités représen-
tant les âmes sur les plans inférieurs de Texistence. Ces âmes, il est vrai, ignorent encore qu’elles se nourrissent et qu’elles croissent au moyen des personnalités ; elles ne voient rien de leur passé, rien de leur avenir, n’étant pas conscientes encore sur leur propre plan. Cependant, grâce à l’expérience que,petit à petit, elles acquièrent et assimilent,le sentiment que certains actes sont bons et d’autres mauvais s’éveille en elles ; il se traduit chez la personnalité par le premier éveil de la conscience, par l’idée du bien et du mal. Ces notions se développent et graduellement, dans la nature inférieure, s’affirment avec une netteté toujours plus grande, donnant ainsi à la conduite une impulsion plus marquée.
Nous avons parlé d’un éclair illuminant un instant la conscience ; il permet aux âmes les plus avancées, sur ce sous-plan, de se développer jusqu’au point où, parvenant à étudier leur passé, elles remontent du présent jusqu’à ses causes. Ce coup d’œil en arrière est pour elles fort instructif ; les impulsions venant d’en haut deviennent plus nettes et plus précises et se traduisent dans la conscience inférieure sous la forme de convictions inébranlables et d’intuitions impératives. /
A peine est-il nécessaire de répéter que les images mentales des niveaux « roupa » ne peuvent passer dans le monde céleste supérieur. Toute
HABITANTS
illusion s’est dissipée ; chaque âme connaît sa parenté véritable, la voit et se voit dans sa propre nature royale sous l’aspect de l’homme vrai, de l’homme immortel qui passe de vie en vie, sans que les liens inséparables de sa nature propre se rompent jamais.