DÉFINITION
L’essence élémentale est simplement le nom donné, pendant certaines périodes évolutives reculées, à l’essence monadique. Cette dejrnière à son tour peut être définie : l’effusion, dans la matière, de la Vie Divine provenant du deuxième Logos. Chacun sait qu’avant d’arriver au degré d’individualisation qui donne naissance au corps causal humain cette effusion a traversé successivement, en leur servant d’âme, les six phases évolutives inférieures : je veux parler des règnes animal, végétal, minéral et des trois règnes élémentals. Traverse—t-elle ces différents stages, on l’a parfois nommée, suivant le cas, la monade animale, végétale ou minérale. Ces expressions sont, il est vrai, tout à fait impropres, car la Vie Divine est devenue, bien avant d’atteindre aucun de ces règnes, non pas une mais de nombreuses Monades. Le terme a été adopté quand même pour exprimer cette idée que, si la différenciation de l’essence monadique a commencé depuis longtemps, elle n’a cependant pas été portée jusqu’au point où commence l’individualisation. Quand cette essence monadique manifeste son énergie dans les trois grands règnes élémentals précédant les règnes
minéral, elle reçoit le nom d’« essence élémentaie ».
COMMENT l’esprit SE VOILE
Mais, avant de pouvoir comprendre le caractère de Tessence monadique et la façon dont elle se manifeste sur les différents plans, suivons la marche de Tesprit se voilant de matière, à mesure qu’il descend vers les plans inférieurs. Il ne s’agit pas en ce moment de la formation primitive de la matière des différents plans, mais simplement de la descente d’une nouvelle vague évolutive dans une matière déjà existante.
Avant la période qui nous occupe, cette vague de vie a, pendant des âges sans nombre, poursuivi son évolution dans des conditions que nous ne pouvons guère comprendre, se revêtant d’enveloppes successives constituées par les atomes, les molécules et les cellules. Mais, laissant là pour l’instant tout le commencement de sa prodigieuse histoire, bornons-nous à considérer sa descente dans des plans un peu plus accessibles à rintelligence humaine mais néanmoins infiniment plus élevés que le simple niveau physique.
Quand l’esprit, séjournant sur un plan quelconque, (peu importe lequel), dans sa marche
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descendante qui l’engage dans la matière, est obligé par la force irrésistible de sa propre évolution à descendre d’un degré et à passer dans le plan immédiatement inférieur, il doit, afin de pouvoir s’y manifester, s’envelopper tout au moins de la matière atomique de ce plan inférieur, se / constituer avec cette matière un corps, un voile dont il sera lui-même l’âme et l’énergie intime.
De même quand l’esprit continuant sa descente aborde un troisième plan, il doit s’entourer de la matière de ce plan et devient ainsi une entité dont l’enveloppe externe est faite de la matière atomique du troisième plan considéré,
Pourtant, la force animant cette entité — son âme en quelque sorte — n’est plus l’esprit tel qu il était sur le plan supérieur ou nous l’avons trouvé tout d’abord; c’est maintenant l’esprit/i/i/s le voile atomique du deuxième sous-plan traversé. L’effusion spirituelle aborde-t-ellq un quatrième plan, 1 entite devient plus complexe encore, car le corps formé de la matière constitutive du quatrième plan aura pour âme l’esprit revêtu déjà de deux voiles, c’est-à-dire de la matière atomique des deuxième et troisième plans, Comme le processus se répète pour chaque plan du système solaire, la force primitive finit, en arrivant à notre niveau physique, par être si bien dissimulée qu’il ne faut guère s’étonner de voir souvent
les hommes méconnaître absolument sa nature spirituelle.
Supposons, par exemple, qu’un clairvoyant ordinaire et inexpérimenté entreprenne l’étude de la monade minérale, l’examen de la force vitale qui est derrière le règne minéral. Il est à peu près certain que la vision de ce clairvoyant n’ira pas plus loin que le plan astral ; elle y sera même probablement très imparfaite. Pour cet observateur la force en question semblera donc simplement astrale. S’agit-il au contraire d’un étudiant avancé, mettant en jeu des moyens d’observation d’un grade supérieur, il constatera que ce que le clairvoyant prend pour de la force astrale est simplement de la matière atomique astrale mise en mouvement par une force venant de la région atomique du plan mental. Un étudiant plus instruit encore pourra voir que la matière atomique mentale n’est elle-même qu’un véhicule soumis à l’action d’un principe résidant dans le sous-plan bouddhique le plus élevé. Pour l’Adepte enfin la matière bouddhique n’est que le véhicule du principe nirvânique. La force qui pénètre et emploie les voiles successifs est extérieure, en dernière analyse, au plan cosmique-prakritique tout entier ; elle n’est, en vérité, qu’une des manifestations de la Force Divine.
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LES RÈGNES ÉLÈMENTALS
L’essence éléraeniale que nous trouvons sur le plan mental constitue le premier et le second des grands règnes élémentals. Une onde de Vie Divine, après avoir terminé dans sa marche ascendante son séjour sur le plan bouddhique, envahit le septième ciel et anime des masses immenses de matière atomique mentale, devenant ainsi l’essence élémentale du premier grand règne. C’est là sa condition la plus simple. Pendant cette période elle ne réunit pas les atomes en molécules afin de s’en revêtir mais les soumet, au moyen de l’attraction qu’elle exerce, à une force de compression énorme. Nous pouvons nous représenter cette force, au moment oü dans sa descente elle atteint le plan qui nous occupe, comme tout à fait inaccoutumée à ses vibrations et d’abord incapable d’y répondre. Durant les âges qu’elle passe sur ce niveau elle apprend — et c’est en quoi consiste son évolution — à répondre à toutes les vitesses vibratoires qui y sont possibles, jusqu’au moment où elle peut indistinctement animer et em^ployer toutes les combinaisons de matière propres à ce plan. Au cours de cette longue période évolutive, elle passe par toutes les
combinaisons possibles sur les trois niveaux « aroupa » ; puis elle retourne au niveau atomique — non pas, bien entendu, telle qu’elle était au début, mais contenant à l’état potentiel toutes les facultés acquises.
Dans la période suivante elle gagne le quatrième sous-plan mental, c’est-à-dire le niveau « roupa » le plus élevé et emprunte à cette subdivision assez de matière pour s’en faire un corps. Elle est dès lors l’essence élémentale du second règne, dans sa plus simple expression. Mais comme précédemment elle revêt, à mesure qu’elle progresse, des voiles nombreux et variés, formés de toutes les combinaisons possibles de la matière des sous-plans inférieurs.
On pourrait supposer, et ce serait fort naturel, que ces règnes élémentals qui existent et fonctionnent sur le plan mental dussent être évidemment beaucoup plus avancés dans leur évolution que le troisième règne limité au plan astral, puisqu’ils se trouvent à un niveau beaucoup plus élevé. Il n’en est rien cependant. N’oublions pas qu’en parlant de cette phase de l’évolution, « plus élevé » ne signifie pas comme ailleurs plus avancé, mais au contraire moins avancé. Il s’agit en ce moment de l’essence monadique encore engagée dans la courbe évolutive descendante. Le progrès de l’essence élémentale consiste donc
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à s’enfoncer dans la matière et non pas, comme c’est le cas pour le nôtre, à s’élever vers des plans supérieurs. Si l’étudiant perd de vue ce principe ou le saisit mal, il se trouvera constamment en présence d’anomalies déroutantes, et ne comprendra qu’à demi cette face de l’évolution.
Le matiuel du Plan Astral décrit assez longuement les caractères généraux de l’essence éléméntale ; tout ce qü’il dit du nombre de subdivisions contenues dans les dillPéretits règnes et de leur propriété merveilleuse d’être irnpressionnés par la pensée humaine est également vrai sur cés niveaux célestes. Peut-être n’est-il pas inutile d’expliquer en quelques mots le rapport qui existe entre les sept subdivisions horizontales de chaque règne et les différentes parties du plan mental. Considérons d’abord le premier règne : sa subdivision la plus haute correspond au premier sous-plan, tandis que les deuxième et troisième sous-plans sont respectivement divisés en trois parties dont chacune est occupée par l’une des subdivisions élémentales. Le deuxième règne correspond au monde céleste inférieur ; sà subdivision la plus haute correspond au quatrième soüsplan, tandis que les cinquième, sixième et septième sous-plans se divisent chacun en deux parties et sont occupés par le reste du règne élémental.
l'essence et son mode d'évolution
Nous avons parlé trop longuement, dans les premières pages de ce manuel, de l’action de la pensée sur l’essence élémentale pour qu’il soit utile de revenir sur cette partie de notre étude. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’ici l'essence est peut-être plus instantanément sensible à l’action de la pensée qu’elle ne l’est sur le plan astral. Nos investigateurs ont été constamment frappés de sa prodigieuse sensibilité à l’impact mental le plus léger. Pour juger cette propriété à sa juste valeur, il faut bien comprendre que la vie de l’essence élémentale consiste précisément à répondre de la sorte et que ses progrès sont considérablement aidés par la manière dont les entités les plus avancées, soumises à une évolution simultanée, l’emploient dans la mise en jeu de l’énergie mentale.
Supposez un instant que nulle pensée ne l’influence ; elle aurait alors l’aspect d’une masse amorphe d’atomes infinitésimaux dansant dans l’espace ; cette masse, bien qu’animée d’une vie merveilleusement intense, ferait sans doute peu de progrès dans sa marche descendante ou involution dans la matière. Mais la pensée vient-elle à s’en emparer et à la rendre active, l’oblige-
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t-elle à prendre, sur les niveaux « roupa », mille formes gracieuses ou, sur les niveaux « aroupa », Tapparence de fleuves resplendissants, l’essence reçoit une impression additionnelle indéniable qui, répétée sans cesse, la fait progresser. Toute pensée dirigée jle ces niveaux supérieurs vers les choses de ce monde gagne naturellement les régions inférieures et se revêt de leur matière ; en même temps elle met en contact cette matière et l’essence élémentale dont son propre voile originel est composé, ce qui habitue peu à peu l’essence à répondre aux vibrations d’ordre inférieur et favorise considérablement son involution.
L’essence est aussi remarquablement affectée par la musique — par les splendides, les glorieux torrents sonores dont j’ai parlé plus haut. Les grands compositeurs les répandent autour d’eux, dans ces régions sublimes où leur œuvre, à peine ébauchée sur notre triste terre, est autrement vaste qu’ici-bas.
N’oublions pas non plus l’immense différence entre la puissance, la majesté qui caractérisent la pensée sur ce niveau et la débilité relative des efforts que nous décorons ici-bas de ce nom. En général notre pensée prend naissance dans le corps mental, sur les niveaux mentais inférieurs et, dans sa descente, revêt le genre d’essence élémentale astrale correspondant à sa propre nature.
Mais si l’homme est suffisamment avancé pour que sa conscience se soit identifiée avec le moi véritable dans le monde céleste supérieur, c’est dans ce monde que sa pensée prend naissance, le premier voile étant constitué par l’essence élémentale des niveaux inférieurs du plan mental. Dans ces conditions la pensée est infiniment plus subtile, plus pénétrante et, à tous égards, plus active. Se rapporte-t-elle exclusivement à des objets élevés, ses vibrations peuvent être d’un ordre si rare qu elles ne trouvent pas à s’exprimer sur le plan astral ; parviennent-elles au contraire à impressionner cette nature inférieure> elles le feront d’une façon beaucoup plus complète que d’autres vibrations générées bien plus près du niveau astral.
Appliquons ce principe au niveau suivant. Nous voyons la pensée de l’initié naître sur le plan bouddhique, complètement au-dessus du monde mental, se revêtir de l’essence élémentale des régions célestes supérieures; tandis que la pensée de l’Adepte descend comme un torrent du Nirvâna lui-même, animée des formidables, des incalculables énergies d’une existence que l’homme ordinaire est incapable de comprendre.
Ainsi, à mesüre que nos connaissances grandissent, nous voyons se dérouler sous nos yeux des champs d activité utile de plus en plus vas-
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tes, appropriés à l^immense développement de nos facultés, et nous reconnaissons combien il est vrai que « sur des niveaux aussi exaltés, une seule journée de travail est sans doute plus efficace que, sur le plan physique, un labeur prolongé pendant mille ans. »