I.K l'LAN l'ANCiKKMANISTE
rvndu par ta n'ulisaltnn du llaniboury-Golfe Ih'rsique conaidèrablcmcnt plus paissant qu'il ne l'était en 1914.
11 est aisé de s'en reiuliv conipto. Le raUaclioinenl étroit de l'Autriche Hongrie ùrAlleFiiaf^ne, en piîiraiit sous l'aulorité immédiate de l'élatmajor de Berlin une population de 108 millions d'iiabilants lui permettrait de mobiliser au bas mot 10 millions de soldats. Or, en raison de la situation géog;raphi(|ue centrale des deux empires et du réseau de chemins de fer austro-allemands qui serait poussé au plus haut degré de perfection technique, cette immense armée pourrait, plus aisément encore qu'actuellement, être concentrée très vite sur n'importe quel point de la périphérie de la confédération germanique. Mais ce n'est pas tout. L'action prédominante de Berlin sur les Balkans et la Tunjuie au moyen des alliances politiques imposées aux États satellites du Sud-Est donnerait encore à l'état-major berlinois l'influence militaire sur 42 millions d'habitants soit sur à peu près 4 millions de soldats.
Ccsi donc au total 15 millions de soldats environ, — en supposant la mobilisation portant sur seule fnent 10 p. 100 de la population, — qne la réalisation du Hambourg -Golfe Persique placerait sous iinfliience directe ou indirecte des
Hohenzollern. Ce chiffre serait de 21 millions de soldats, si la înobilisation portait sur ii p. 100 de la population, chiffre qui a été atteint par la Serbie et qui semble être celui réalisé actuellement par l' Aiistro- Allemagne .
Or, la guerre en cours prouve, sans conteste, que la direction unique donnée à de grandes masses militaires, quand cette direction unique est l'objet de préparations aussi minutieuses que celle de l'état-major de Berlin, constitue une puissance infiniment plus grande que celle de masses bien plus nombreuses, mais dont la direction n'est pas suffisamment coordonnée.
La réalisation du Hambourg-Golfe Persique placerait donc l'Allemagne dans une situation militaire considérablement plus puissante que celle de tous les pays alliés réunis.
En tout cas, ceux-ci qui combattent pour la fin des grands armements se verraient à nouveau lancés dans la voie d'un militarisme à outrance car ils ne pourraient lutter contre la Grande-Allemagne qu'au prix d'armements formidables qui absorberaient toutes leurs ressources et toutes leurs préoccupations. Or, seraient-ils à môme de procéder à de pareils armements avec la situation financière infiniment difficile qui serait la leur dans l'hypotbèse envisagée? (Voir p. 144.) En auraient-ils d'ail-