I.K PLAN PANUERMANISTR
I Vlleinagne de réaliser d'énormes acquisitions (jui la rendraient beaucoup plus puissante encore (ju'avant la guerre.
Il faudrait cependant (jue les Alliés ne soient pas dupes une fois de plus d'une nouvelle manœuvre allemande dont la réussite entraînerait pour eux des suites infiniment plus graves encore que celles de toutes les erreurs déjà commises par les Alliés. Pour écarter ce danger, il suffit d'ailleurs de le voir en face en comprenant bien quelles seraient les conséquences certaines d'une paix traitée sur la base dite de « la partie nulle ».
L'expression « partie nulle » signifie évidemment que chaque pays garderait ses frontières d'avant la guerre et la charge des dépenses qu'il a faites pour soutenir la lutte, mais afin de démontrer d'une façon surabondante et aussi péremptoire que possible ce qui se cacherait devant cette apparente et relative capitulation allemande, nous raisonnerons sur une hypothèse qui serait encore infiniment plus avantageuse pour les Alliés d'Occident que la partie dite nulle .
Nous supposerons (voir la carte ci-contre) qu'à la suite d'olFensives victorieuses des Alliés, l'Allemagne se déclarera finalement disposée, non pas seulement à évacuer totalement la Pologne, les départements français, la Belgique, le Luxem-
bourg, tnais encore à restituer à la France l' Alsace- Lorraine et même à céder à titre d indemnité tout le reste de la rive gauche du Rhin, sons la seule condition tacite de garder son influence prépondérante directe ou indirecte sur l' Autriche- Hongrie, les Balkans et la Turquie.
Il y a assurément dans les pays alliés d'Occident beaucoup de braves gens qui, actuellement, ne percevant pas plus les effets d'une pareille paix qu'ils ne comprenaient il y a un an l'influence énorme qu'exerceraient les Balkans sur l'évolution de la guerre et qui, lassés par la longueur de la lutte, diraient tout d'abord : « Après tout, ce seraient là des conditions fort acceptables : l'Alsace-Lorraine, la rive gaucho du Rhin, faisons la paix ».
Il suffit d'entrer dans le fond des choses pour constater que si les Alliés traitaient avec l'Allemagne sur de pareilles bases, la restitution de l'Alsace-Lorraine à la France ne pourrait être que tout à fait momentanée, car grâce à une pareille paix l'Allemagne acquerrait tous les éléments de puissance qui lui permettraient, après un très court répit, de reprendre l'Alsace-Lorraine, de venir finalement à bout de tous les Alliés et d'accomplir le plan pangermaniste intégral, non pas seulement européen mais asiatique et même mondial. -
L'abandon de la rive ^auclie du Rliin selon notre hypothèse ferait perdre à l'AMeina^ne :
Kilomètres Provinces. carrés. Population.
Prusse Rhénane 27.000 7.000.000
Bavière Khénane ;i.928 1.000.000
Alsace-Lorraine 14 522 2.000 000
Soit t7.4;iO 10.000.000
L'Empire allemand actuel serait donc ramené il 403.408 kilomètres carrés et à 58 millions d'habitants. Mais cette perte à l'Ouest serait formidablement compensée par le rattachement étroit qui, pour être dép^uisé, n'en serait pas moins réel, de l'Autriche-Hongrie à l'Empire allemand. De ce chef, l'influence de Berlin s'exercerait d'une façon directe et absolue sur :
Kilomclres carrés. Population.
Empire allemand amputé
à rOuest 493.408 58.000.000
.\utriche-Hongrie .... 676.616 30.000.000
Soit 1.170.024 108.000.000
Il est clair que le bloc d'États ainsi solidement constitué en Europe centrale sous la direction de Berlin exercerait, par l'efTet de son simple con-
138 LE 1>LAN PANGliilMANiSlE
tact, une action absolument prépondérante sur
Kilomètres carrés.
Population.
s Balkans. . . .
L Turquie ....
Soit
Donc, l'influence prépondérante directe ou indirecte de Berlin s'exercerait sur 3.462.199 kilomètres carrés et sur 150 millions d'habitants. On constate donc bien que, .finalement, le coup dit de « la partie nulle » aboutirait, en réalité, à un énorme accroissement de l'I^mpire allemand et à la réalisation de la partie principale du plan pani^ermauiste résumée par la formule : Hambourg-Golfe Persique (v. p. 109).
Quelle serait alors la silualion générale de la Grande-Allemagne ainsi constituée?
« Ayant coupé en deux lEurope, maîtresse de l'Adriatique comme de la mer du Nord, sûre de ses flottes et de ses armées, la Grande-Allemagne pèserait lourdement sur le monde.
Trieste, le Hambourg du Sud, l'alimenterait dans la paix, la ravitaillerait dans la guerre. Douée d'un outillage d'une puissance incomparable, son industrie inonderait de ses produits les pays qu'elle s'ingénie avec tant d'art à accaparer : la Hollande et la Belgique déjà pénétrées ; la Hongrie, cliente ; la Roumanie, satellite ; la
LE l'LAN PANr.ERMANISTE 139
Ihilf^arie, harriî're hrisi-e ; la Bosnie et l'IIei/éi;ovine, portes do l'Orient. Au delà du Bospliore, elle atteindrait l'Asie Mineure, réservoir immense de richesses. Projetée depuis Hambourg jusqu'au golfe Persique, sans solution de continuité, l'immense voie ferrée allemande souderait Berlin à l'Extrême-Orient.
« Alors le rôve gigantestjue de l'empereur Guillaume II serait accompli. Par la lorce et par la richesse commerciale, l'Allemagne dominerait l'univers. Pour caractériser l'état de choses qui existerait alors, il sufliraitde modifier légèrement ce que Mellornich écrivait de la France napoléonienne et de dire : « Le système allemand, qui « triomphe aujourd'hui, est dirigé contre tous les « grands corps d'État, contre toute puissance « capahie de maintenir son indépendance ».
Ce sont là, exactement, les lignes que j'ai publiées, il y a déjà quinze ans, dans mon livre VEuropc et la question d'Autriche au seuil du XX^ siècle, p. 353 (Pion et Nourrit, éditeurs, Paris), après qu'une étude minutieuse du plan pangernianisle de 1895 m'avait convaincu que toute la politique futuie de Berlin tendrait à la réalisation de la formule Hambourg-Golfe Persique. Ces lignes contiennent maintenant quelques nuances qui ne sont pas au point, mais malheureusement les faits acquis font qu'elles
correspondent cependant encore exactement dans leur ensemble aux réalités. « Le coup de la partie nulle ^) que gardent en réserve les Allemands, espérant profiter encore de l'ignorance ou de la lassitude d'une partie des Alliés aurait, en effet, pour objet incontestable de réaliser cet énorme programme. L'immense danger qui en résulterait pour les Alliés apparaîtra bien mieux encore lorsque, — en supposant qu'ils tombent dans le piège qui leur est préparé, -— on aura constaté avec précision quelles seraient pour eux les conséquences de la réalisation du Hambourg- Golfe Persique.
Le coup de « la partie nulle » qui permettrait, — par hypothèse, — aux Allemands de réaliser, à la faveur du rattachement étroit de l'Autriche- Hongrie à l'empire allemand leur plan Hambourg- Golfe Persique comporterait des conséquences financières générales. Il faut les dégager afin de' bien comprendre toute l'astuce qui se caché derrière l'éventuelle manœuvre allemande dite de « la partie nulle ».
Les Allemands n'ayant pas réussi à écraser les AJliés considèrent que leurs frais de guerre pourraient bien rester à leur charge. La Post,
LE PLAN PANGRRMANISTE I »!
(If Ik'rlin, a d(\jà calculé: « Si nous ne touclions pas une indeujnilé de {guerre nous devons comptersur une augnienlalion des laxesannuelles d'au moins 4 milliards de marks. » (Soit : ii milliards de francs pour 68 nuUioiis d haliilanls.i (V. Le Temps, 1" février 191(1.)
La décej)lion est assurément forte pour les Allemands qui pensaient imposer rien qu'à la France une indemnité de 35 milliards, mais il faut cependant bien « réaliser » que le coup de « la partie nulle », que nous supposons réussi pour la commodité du raisonnement, placerait r Allemagne, au point de vue financier, dans une situation infiniment plus avantageuse que les Alliés.
La conduite de la guerre a, en réalité, coûté aux Allemands beaucoup moins qu'à leurs adversaires. Il y a là un point de vue qu'il faut d'autant plus mettre en lumière qu'il contribue sine:ulièrement à expli(|uer pourquoi la résistance économique de l Allemagne est plus prolongée (ju'on n'attendait généralement.
Depuis le début des hostilités, les troupes austro-allemandes vivent aux frais de vastes territoires ennemis ou alliés, comme la Turquie »! la Bulgarie, dont elles épuisent lentement les ressources qui s'y trouvaient accumulées. En outre, dans les pays ennemis, notamment en
142 LE PLAN PANGERMAMSTE
Belgique et en France, régions les plus riches de la terre, les Allemands ont fait un butin formidable. Rien qu'à la Belgique, ils ont imposé une contribution de guerre, en espèces, de 480 millions par an. De Belgique et de France, les Allemands tirent gratuitement des masses de charbon et de fer. Dans ces deux pays, ils ont fait main basse sur des matières premières, des machines, des meubles, des valeurs, etc., représentant certainement de nombreux milliards. Rien que dans les villes françaises du Nord, les Allemands ont volé pour 550 millions de laine. Partout, ils ont mis la main sur d'innombrables titres mobiliers dont ils ont môme déjà tenté la réalisation aux États-Unis, sans grand succès il est vrai. Mais, si une victoire intégrale ne contraignait pas les Allemands à restituer ces titres à leurs propriétaires alliés, au moins une partie de ceux-ci, du seul fait de la rétention de leurs valeurs, subiraient une perte de capital énorme dont l'effet se répercuterait nécessairement sur la richesse générale des pays alliés. A cette perte, s'ajouterait vraisemblablement celle des nombreux milliards prêtés par des Français ou des Anglais à l'Autriche, aux pays des Balkans et à la Turquie, milliards représentés par des titres qui, actuellement, sont bien en pays alliés mais dont la valeur deviendrait singulièrement
aléatoire le jour où, rAlleinaj^ne dominanl depuis Ilainhouriç justju'au i^olfe I*ersique, il fau<lrait conipler uniquement sur la bonne foi teutonne pour toucher les coupons des litres en question. La guerre a donc mis au pouvoir de l'Allemagne non seulement de vastes territoires qui lui ont permis de mener la lutte à beaucoup moins de frais que les Alliés mais encore les Allemands ont pu mettre la main sur des richesses énormes qui, représentant des dizaines de milliards dont un certain nombre réalisables en espaces, ont diminué d'autant les dépenses directement iinanciëres de guerre de l'Allemagne.
Les Alliés ne sont évidemment pas dans une situation correspondante.
Dans l'hypothèse d'une paix conclue avec Berlin sur la base de « la partie dite nulle », chaque allié devrait garder à sa charge, sans aucune atténuation, les dépenses immenses qu'il a dû faire pour soutenir la guerre que lui a imposée l'Allemagne. Il est aisé de se rendre compte que ces dépenses de guerre ont été et sont pour chacun des Alliés notablement plus élevées et plus variées que celles de l'Allemagne. Les Alliés ont eu à improviser un énorme matériel de guerre dans des conditions les plus onéreuses, alors que l'Allemagne avait pu, pendant la paix, c'est-à-dire dans des conditions
relativement économiques, créer tout l'essentiel de son outillage de combat.
Les Alliés ont à entretenir des millions de réfugiés des régions envahies, alors que les Allemands n'ont eu à supporter pareille charge que momentanément et pour une petite partie de la Prusse orientale. Après la guerre, la Belgique, la Russie, et la France surtout, auront à supporter pour quelques dizaines de milliards de charges supplémenlaires pour réparation des dommages colossaux causés par les Allemands dans les territoires envahis aux particuliers, aux propriétés de l'État, aux chemins de fer ou aux routes, etc. Les Allemands n'auraient pas à faire de dépenses analogues, tout au moins, et à beaucoup près, dans les mêmes proportions. Dans leur conception de la partie nulle, les Allemands comptent certainement que ces différences financières suffiraient presque à assurer, après la paix, l'impuissance ultérieure des pays Alliés à l'égard de la Grande-Allemagne.
Quelle serait par exemple la situation de la France si elle ne devait pas toucher d'indemnité de guerre? Le groupement de quelques chiffres connus et que chacun peut contrôler permet de se faire une opinion à ce sujet.
Si la lutte dure par exemple deux ans, on peut estimer à 50 milliards les dépenses directes
'ANtiF.UMVMSIK
(le la France pour la ji:u(M-re el à environ 20 milliards ses dépenses indirt'ctes cesl-à-dire celles (ju'il faudra payer aprîs la paix jtour réparation des prodiî^ieux doniinaiies causés aux particuliers ou à l'état : réfections des roules, chemins de fer, etc., soit au total environ 70 milliards. La dette de la France qui était de 30 milliards avant la guerre se trouverait donc après la paix être d'environ 100 milliards.
D'autre part, le budget de la France en 1914 était en chiffres ronds de 5 milliards. Du seul chef du relèvement du prix de la vie, ce chiffre sera fatalement augmenté après la guerre, au moins de 10 p. 100, soit donc pour le budget d'après la paix une première augmentation de 500 millions. D'autre part, ce même budget aurait à supporter l'intérêt à 5 p. 100 des 70 milliards de dettes nouvelles contractées du fait de la guerre, soit une annuité de 3.500 millions. Enfin il est indubitable que les pensions à servir aux blessés, veuves des combattants, mettront à la charge du budget une annuité d'au moins un milliard, t'hiffre qui sera sans doute encore très insuffisant. E)i di'fuiitivp. le budget français de o milliards en 1914 devrait f^tre relevé d'environ 5 milliards c'est-à-dire doublé. (Il est d'ores et déjà certain que ce chiffre serait très inférieur à la nécessité.) Cependant cette énorme surcharge
146 LE PLAN PANGERMAMSTE
ne laisserait aucune somme disponible pour réaliser des réformes sociales sérieuses et pour effectuer les améliorations considérables qui s'imposent pour mettre l'outillage économique national de la France à la hauteur d'une reprise intense des affaires.
On se souvient en France combien il était difficile avant la guerre de trouver par les impôts 500 millions seulement de ressources nouvelles. Comment trouverait-on annuellement un supplément de 5 milliards d'impôts dans un pays cruellement décimé par la lutte et dont la vie économique demandera une réorganisation complète? Il est clair que les impôts les plus écrasants pour tous ne permettraient pas de parfaire régulièrement une pareille somme.
Cette situation générale ne pourrait manquer par ses réactions de créer à l'État et à chaque Français individuellement des difficultés financières considérables. Il en serait de même pour toutes les entreprises économiques. Des milliers d'entre elles, actuellement mises en actions et en obligations possédées par le public, ou péricliteraient complètement, ou verraient leurs titres tomber à un cours extrêmement bas. La propriété foncière surchargée de taxes, et supportant tout spécialement les conséquences de la raréfaction de la main-d'œuvre, perdrait une
LE PLAN l'.VNCKRM.VNISTK \t.
iK)t;il)lo partit' de sa valeur De cette situation résulterait un relèvement j,'^énéral considérable du prix de la vie qui rendrait plus pénible encore le sort de cbaque Français.
Or, cette situation linancière serait analoj^ue pour les Kusses, pour les Anj^lais dont, de tous les belligérants, les dépenses de guerre sont les plus élevées.
Ce sont sur ces répercussions linancières que comptent les Allemands pour réduire les Alliés à l'impuissance ultérieure (juand ils tenteront (le leur faire le coup de « la partie nulle ». La victoire intégrale que tous les Alliés veulent est donc pour eux le seul procédé d'échapper à ce danger en permettant d'imposer à l'Allemagne le paiement de l'indemnité de guerre qu'elle doit incontestablement comme responsable de la lutte. Les annuités payées à chacun des Alliés serviront de base à des emprunts qui permettront de trouver des solutions raisonnables aux graves difficultés financières qui, sans conteste, attendent tous les belligérants après la guerre.
La menace de réalisation du Hambourg- Golfe Persique crée entre tous les Alliés un
intérêt territorial européen commun, bien supérieur à tous leurs intérêts particuliers et qui doit les rendre jusqu'à la fin étroitement solidaires. En effet, sans môme parler de l'intérêt d'humanité qu'il y a à ce que, — conformément au principe des nationalités, — les nombreux peuples non-Allemands qui vivent entre la Bohême et le Golfe Persique ne soient pas définitivement asservis par le germanisme, la France, l'Angleterre, la Russie, l'Italie ont nn intérêt identique et absolument vital à ce que le Hambourg-Golfe Persique ne se réalise jamais. Cette réalisation menace ég-alement tous les États neutres car elle garantirait, comme on va voir, à l'Allemagne, sa domination sur le Monde.
Au point de vue économiqtie général, la réalisation, — par hypotiièse, — du Hambourg- Golfe Persique, placerait l'Allemagne à tous égards dans une situation infiniment supérieure à celle des Alliés. Sa mainmise directe ou indirecte sur l'Autriche-Hongrie, les Balkans et l'Empire ottoman assurerait à l'Allemagne une puissance économique extraordinaij-e contre laquelle toutes les combinaisons douanières éventuelles des Alliés seraient impuissantes.
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La t«''iiiiciU' au travail, l'esprit d'entreprise et d'organisation des Allemands ne sont plus à démontrer. Il ne faut donc pas douter un seul instant qu'ils tireraient, à leur énorme avanla<,^e, tous les profits possibles de l'Autriche-Hon^rie dont do vastes réglions peuvent encore être mises on valeur. Il en serait de môme des terres balkani(jues, dont beaucoup sont encore totalement inexploitées et qui contiennent des richesses latentes agricoles et minières considérables. Ce serait encore le cas de la Turquie d'Asie. L'orientaliste allemand D"" Spencer constatait déjà en 1886 : « L'Asie Mineure est le seul territoire du monde qui n'ait pas encore été accaparé par une grande puissance. C'est cependant le plus beau champ de colonisation. Si IWilemagne ne manque pas l'occasion et s'en saisit avant qne les Cosaques étendent la ludin de ce côt('\ elle aura, dans le partage du monde, acquis la meilleure part ».
S'imaginer que les Turcs entraveraient sérieusement l'exploitation économique de leur pays par les Allemands est une illusion. Si ceux-ci étaient maîtres de l'Europe centrale et des Balkans, ils seraient en condition d'écarter tous les obstacles. Les pangermanistes prussiens en sont assurés grâce à leurs hommes-liges de Gonstantinople. La façon dont le prince héritier de
IbO LK PLAN PAN(iERMAMSïE
Turquie, Youssouf-Izzeddin a été « suicidé a à la fin de janvier 1916, parce qu'anti-allemand, le prouve assez. Les Allemands sauraient parfaitement continuer à faire aux quelques douzaines de Jeunes-Turcs de la clique Enver Pacha les avantages personnels les plus étendus et toutes les concessions d'apparences qui permettraient à Berlin d'exploiter à fond l'empire ottoman. Qu'on ne s'y trompe pas, la réalisation du Hambourg-Golfe Persique mettrait dans les mains de Berlin tous les éléments d'une puissance économique formidable et sans précédent dans l'histoire. Elle assurerait, en effet, à l'Allemagne le monopole exclusif de l'action économique su)près de 3 ?mllions de kilomètres carrés de ten-es européennes et asiatiques [Autriche-Hongrie, Balkans, Turquie) et comporterait, en outre, la iiiainmise en de nombreux points stratégiques de toute première importance. [Côte de l'Adriatique, de la mer Egée, Dardanelles, etc.)
Or, la permanence de ces avantages énormes serait assurée, à la Grande-Allemagne, par l'extension du militarisme prussien. Car il faut . bien comprendre, ceci est essentiel, que le militarisme prussien dont l' anéantissement constitue pour les Alliés le véritable but légitime et nécessaire de la guerre, — but infiniment supérieur à n'importe quelle acquisition territoriale, — serait