‹ Le plan pangermaniste démasquéChapitre 39 sur 81 · I.K PLAN PANCKHMAMSIK · texte numérisé non relu

I.K PLAN PANCKHMAMSIK

mi(jui's. .Mais coiniue les Musulmuns chinois sont ^éoçrapliiquemonl trop mal {groupes pour constituer une hase d'aclion sufnscnninent puissante (le l'aj^itation allenianile, celle-<'i s'est atlai|uée surtout aux organes vitaux et moteurs de la Chine. Les agents allemands ont acheté en Chine comme ailleurs tous les journaux utilisahles pour leurs lins, notamment la Peking Pust de langue anglaise, la revue chinoise le lisié-Ho-Pao. Ils ont utilisé encore rOs/a.sia/t«c/it' Lloyd qui se publiait à Tien-Tsin avant la guerre. Ils ont fondé depuis les hostilités La Gazette allemande de Chine. Tous ces organes ont propagé partout dans le Céleste Empire la thèse de l'invincibilité germanique. Grâce à eux, assure La Gazette de Francfort : « chaque coolie sait aujourd'hui que l'Allemagne est victol'ieuse ».

Pour le moment, la politique que l'Allemagne poursuit en Chine consiste à créer partout le trouble et l'agitation. Dans la Chine du Nord, elle soutient le président Yuan-Chi-Kaï. Dans son entourage, les Allemands se sont créés de nombreux partisans. Grâce à leurs influences, des officiers allemands occupent déjà des postes très importants dans l'armée chinoise. Mais dans la Chine du Sud, l'Allemagne soulève les populations contre l'autorité de Yuan-Chi-Kaï. Le but

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que se propose Berlin par celte politique en apparence contradictoire est de créer en Chine une situation telle qu'elle absorbe l'attention du Japon et le détourne d'intervenir avec ses troupes, en Europe, comme il en a déjà été question et comme cela serait encore possible. La politique berlinoise du moment dans le Céleste Empire a encore pour objet de préparer la politique allemande de l'avenir en Extrême- Orient. Après la paix conclue sur les bases qu'elle escompte, l'Allemagne veut pratiquer en Chine exactement la même politique que celle prévue pour la Turquie. Alors Berlin dira aux Chinois comme maintenant aux Turcs : (f Voyez, nous sommes des financiers hardis, des industriels entreprenants, des commerçants actifs. Nous allons vous aider à mettre votre pays en valeur. Nous vous procurerons les techniciens qui vous manquent. Nous vous donnerons les moyens de vous défendre contre vos voisins. Nous qui sommes les premiers soldats du monde nous mettrons en état vos forces militaires latentes, magnifiques et infinies. Avec vos 300 millions d'habitants, vous pouvez être les maîtres absolus de toute l'Asie. Nous allons donc vous constituer une formidable armée et une très puissante marine ». Il est aisé de saisir ce qui se cache derrière ce programme apparem-

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ment séilucleur pour les Chinois. Cesl, en réalité, la préparation tle la mainmise de l'Alleniajj^ne sur une partie de la Chine et son exploitation éoonoininue par rAllemagne exactement dans les mOmes conditions et par les mêmes procédés que ceux déjà employés en Turquie. Cette politique est encore la préparation de la veng;eance éclatante (|ue l'Allemaji^ne entend, après la victoire dont elle veut se croire assurée, tirer dans l'avenir du Japon. Sans doute, afin de tacher de rompre l'union de ses adversaires, Berlin a déjà insinué à Tokio l'idée d'une paix séparée, mais c'est là pure tactique imposée par les nécessités du moment.

Jamais une Grande-Allema<çne qui dominerait de Hambourg au Golfe Persique et qui exercerait une influence prédominante en Chine ne pardonnerait aux Japonais de l'avoir chassée de Kiao-Tciiéou. Or, le jour ou une immense armée chinoise aurait pu être constituée sous la direction d'officiers allemands, le Japon malgré toute la bravoure de ses soldats, en raison de la faiblesse relative de sa population (70 millions, ■ — avec ses colonies, — contre 300 millions de Chinois) ne pourrait échapper aux conséquences de la situation intolérable dans laquelle il se trouverait placé. Le Japon est donc très directement visé par la réalisation éventuelle du Ham-

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bourg--Golfe Persique qui véritablement met son avenir en cause.

En détinitive, on constate que grâce à la combinaison du panislamisme et d'une politique sinophile, au moins dans les apparences, la réalisation du Hambourg-Golfe Persique assurerait à l'Allemagne les moyens de dominer non seulement l'Europe mais encore d'influer d'une façon prédominante sur toute l'Asie. Après s'être procuré en Europe la possibilité de tirer l'avantage exclusif de positions stratégiques d'une valeur inestimable comme les côtes de l'Adriatique, de l'Egée, les Dardanelles, l'Allemagne serait maîtresse, par voie de conséquences, du canal de Suez et disposerait, en outre, de nombreux points d'appui sur les côtes chinoises.

Empêcher la réalisation du Hambourg-Golf t Persique constitue donc une question vitale non seulement pour la France, l'Angleterre, la Russie et l'Italie, mais encore pour le Japon.

Afin de démontrer l'importance véritablement extraordinaire du Hambourg-Golfe Persique, il reste à établir comment sa réalisation non seulement rendrait l'Allemagne maîtresse de l'Europe et prépondérante en Asie, mais encore

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entraînerait l'accomplissement du plan panger-, maniste sous sa forme mondiale.

Les éléments mondiaux de ce plan, exprimés graphiquement sur la carte ci-contre, ont été exposés dans le livre d'Otto Richard Tannenberg, La Plus Grande A llemagne, l'Œuvre du XX" siècle paru à Leipzig en 1911. Une traduction française de cet ouvrage due à M. Maurice MiUioud de Lausanne vient de paraître chez l'éditeur Payot.. Comme ce livre, daté de 1911, contient le programme exact des mainmises pangermanistes à effectuer en Europe et en Turquie, tel que V état-major allemand vient de les réaliser dans la proportio7i des neuf dixièmes, l'importance exceptionnelle du livre de Tannenberg ne peut plus être contestée. Il est devenu manifeste, en effet, que les annexions et mainmises qu'il préconisait eij 1911 correspondaient d'une façon aussi complète que possible aux exécrables ambitions du gouvernement de Berlin.

Quant aux acquisitions territoriales que Tannenberg préconise en Asie, en Afrique, en Océanie et en Amérique, elles seraient des conséquences tout à fait logiques de la réalisation du Hambourg-Golfe Persique. Si celle-ci devenait réalité, c'est que les Alliés européens, par suite de leurs fautes dans la direction de la guerre, auraient dû renoncer à battre l'AUemasrne et

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Iciissi r à l'élat-major allemand la liaule main sur une armée de U\ à 21 millions d'hommes (V. p. i;)l.) Pur conséquent, il est ctair (jur, dans celle hypollii'se, les peuples alliés aprës une l)aix décevante, épuisés moralement et (inanciërement, en face des formidables armées de la Pangermanie, seraient hors d'étal de s'opposer aux réalisations coloniales que le Hamhourg- (lolfe Persique donnerait à la Grande-Allemagne tous les moyens d'effectuer puisque, toujours par hypothèse, ils auraient cédé sur une question beaucoup plus vitale encore pour eux : celle de l'indépendance de l'Europe.

Celte supposition étant faite, on se convaincra que le programme mondial d'acquisitions pangermanistes de Tannenberg est entièrement dépouillé du caractère chimérique qu'on serait tenté de lui attribuer au premier abord.

D'ailleurs, il faut ajouter que ce programme, détaillé ci-dessous, a été établi pdr Tannenberg dans l'éventualité, gi/i clait celle escomptée par le gouvernement de Berlin où l'Angleterre ne prendrait pas part à la guerre. Pour acheter sa neutralité, Tannenberg préconisait le partage des colonies des autres puissances européennes entre Londres et Berlin. Mais aujourd'hui que l'Angleterre est entrée à fond dans la lutte, il est clair que si l'Allemagne, par hypothèse, était

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victorieuse, elle s'emparerait encore de la part de colonies que Tannenberg attribuait à la Grande-Bretagne puisque celle-ci serait incapable de résister. Il s'ensuit que les acquisitions pangermanistes mondiales du plan de 1911, résumées ci-dessous, sont, en réalité, inférieures à celles que pourrait effectuer l'Allemagne puisque, ayant réalisé par bypothëse le Hambourg-Golfe Persique, aucune force organisée dans le monde ne serait plus assez puissante pour mettre un frein aux ambitions berlinoises les plus effrénées.

On a pu plus haut constater que si les Alliés laissaient l'Allemagne asseoir sa mainmise sur rAutriche-Hongrie, l'influence prédominante et exclusive du gouvernement de Berlin sur tous les Balkçins et la Turquie serait fatale. Tannenberg [op. cit., p. 323) explique que finalement l'Asie Mineure, la Syrie, la Mésopotamie, la Palestine, la Perse occidentale et la plus grande partie de l'Arabie passeraient sous le protectorat formel de l'empire allemand.

Soit 3.200.000 kilomètres carrés et 16.500.000 habitants.

Une fois maîtres des côtes de l'Adriatique, de

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