‹ Le plan pangermaniste démasquéChapitre 40 sur 81 · I.K IM.AN I»AN(;KHMANISTK 16'.t · texte numérisé non relu

I.K IM.AN I»AN(;KHMANISTK 16'.t

l'Egée, (les Dardanelles, d'Aden, aidés par la propagande panislarnique, la mainmise des Turco-AUemands sur TK^yple, donc sur le canal de Suez, serait inévitable. La commande de ces points stralégicjues essentiels permettrait évidemment à l'Allemagne de reprendre ses colonies d'Afri(|uo ot d'Océanie, soit :

Kilomètres carrés.

i'opulaliou indigène.

Togo

Cameroun

Sud-Ouest africain ...

Afrique orientale ....

Kaiser Wilhelm-Land, ar-

cliipel liismarck. îles Ca-

rolines, Marshall, Maria-

nes et Samoa

2io.000

Soit au total. .

Toujours dans notre hypothèse, les Alliés ayant cédé en Europe ne pourraient empêcher la Grande-Allemagne de s'emparer, conformé ment au programme deTannenberg, des colonies belges, portugaises et hollandaises, soit :

Kilomèlrcs Population

can-és. indigène.

(-ongo belge 2 365.000 13.000.000

.\ngola portugais 1.270.000 4.200.000

Indes hollandaises. . . . 2.045.000 38.106.000

Soit au total. . 5.680.000 57.306.000 Ce serait ensuite le tour de celles des colonies

no LE PLAN PANGERMANISTE

françaises dont le passage à la Grande-Allemaj^ne est prévu par Tannenberg. (V. op. cit.. p. 313.)

Kilomètres Population

carrés. indigène.

Maroc 416.000 3.000 000

Congo français 1.439.000 9.800.000

Madagascar 585.000 3.232.000

Mayotte et Comores ... 2.000 97.000

Réunion 2.000 173.000

Obok et dépendances. . . 120 000 208.000

Indocliine 803 000 16.990.000

Iles françaises d'Océanie . • 24.000 88.000

Soit au total. . 3,391.000 33.588.000

La combinaison du panislamisme et du mouvement apparemment sinophile préparerait les mainmises allemandes sur l'Asie. Comme on Ta vu (p. 162), le plan de Berlin consiste d'abord à armer la Chine sous la direction d'officiers allemands assez puissamment pour que le Japon soit expulsé de Kiao-Tchéou et de la province du Shantoung. L'Allemagne obtiendrait ainsi une première et éclatante vengeance de l'Empire du Soleil Levant. Mais ce ne serait pas tout. La politique que Berlin prévoit à l'égard de la Chine est identique à celle pratiquée actuellement en Turquie. Si l'Allemagne armait la Chine, ce serait dans des conditions telles que le Céleste Empire devrait subir l'influence étroite de la Pangermanie. Tannenberg [op

I,K l'LAN I'AN);i:HMANISTK

tTl

cil.^ p. ^21), nous apprend que l'aboutisseniL'nl de cette tactique serait l'élahlissement d'une vaste zone d'iiinuenco allemande spt^'iale sur tout le cours inférieur du Vang-Tsé-Kiang et le Hoangho, c'est-à-dire sur la vaste portion de la Chine qui forme l'iiinterland de Kiao-Tchéou.

Soit environ TîiO.OOO kilontètrcs carrés et 50 mi/lions d'habitants.

Tannenberj^ précise enlin les divers protectorats allemands qui seraient établis sur la partie méridionale de l'Amérique du Sud où existent d'assez nombreux colons allemands dont les tendances envahissantes sont déjà manifestes. « L'Allemagne, dit textuellement Tannenberg, prend sous sa protection les républiques de l'Argentine, du Chili, de l'Uruguay et du Paraguay, le tiers méridional de la Bolivie, pour autant qu'il appartient au bassin du Rio de la Plata et la partie méridionale du Brésil pour autant qu'y règne la culture allemande. » [Op. cit., p. 321.)

Argentine.

Chili . . .

Uruguay Paraguay .

1/3 Bolivie 1/5 Brésil .

Soit au total

Kilomètres carres.

Populalion.

172 LE PLAN PANGERMANISTR

« L'Amérique méridionale allemande, conclut Tannenberg, nous procurera, dans la zone tempérée, un terrain de colonisation oii nos émigrants pourront se fixer comme agriculteurs. Le Chili et l'Argentine conserveront leur langue et leur autonomie. Mais nous exigeons que dans les écoles l'allemand soit enseigné comme seconde langue. Le Brésil du Sud, le Paraguay et l'Uruguay, sont des pays à culture allemande. L'allemand y sera langue nationale. » (V. op. cit., p. 337.)

Pendant la guerre même, l'Allemagne a préparé certaines de ces réalisations. La Tribune de Chicago a appris que le Comité des Affaires Étrangères du Sénat des États-Unis possède les preuves d'intrigues allemandes dans l'hémisphère américain au mépris de la doctrine de Monroe. (V. Le Tetnps, 16 février 1916.) Ces agissements pangermanistes officiels de toute évidence entièrement conformes au programme d'action en Amérique de Tannenberg, vérifient l'identité de ses vues coloniales avec celles du gouvernement de Berlin.

En résumé, le programme pangermaniste extra- européen aurait pour résultat d'assurer à l'Allemagne sous forme de colonies, de protectorats ou de zones spéciales d'influence :

LE PLAN l'ANtiKHMAMSTK 173

KilomMr.'»

carri'».

FopulalioD.

lin .\si.>

Kn Afrique

Kn Océunie

Kn Amérique

Soit au total.

L'Allemagne, qui occupait ou influait exclusivement, au début de 1910, en Europe sur 3.576.237 de kilomètres carrés, y compris l'empire, et plus de 100 millions dhahilants environ, aurait donc un domaine universel d'action totale s'exerçant sur 2o.89() 237 de kilomètres carrés et 347 millions d'habitants. Ce chiffre comprenant au plus 00 millions d'Allemands en comptant très larf^ement, donc, ceu.\-ci exerceraient leur hégémonie sur 257 millions de non-Allemands.

Il faut bien saisir encore que les énormes possessions de la Pangermanie dans les deux hémisphères seraient très solidement placés sous la domination de Berlin. En effet, il suffit de jeter les yeux sur la carte (V. p. 165) pour constater que le plan pangermaniste universel a pour objet de s'emparer de tous les points stratégiques essentiels qui commandent les mers de 1 univers notamment, outre ceux déjà nommés plus haut, du détroit de Gibraltar par le Maroc, de celui de Malacca, de celui du cap Horn, de Madagascar et de toutes les bases navales de l'Océanie.

1~4 l,E PLAN PANGERMANISTE

En somme, le plan pangermaniste intégral a pour but de faire passer à l'Allemagne tous les moyens de domination terrestres et maritimes qui permettraient à la Pangermanie de tenir le monde entier sous la formidable étreinte du militarisme prussien porté au plus haut degré de puissance.

Pas un instant ce qu'il y a de criminel dans ce programme d'esclavage universel n'arrête les Pangermanistes. « La guerre, dit Tannenberg avec son monstrueux cynisme, ne doit laisser au vaincu que les yeux pour pleurer. Modestie de notre part serait pure folie. » (V. op. cit. p. 304.)

Or, et c'est là une vérité capitale dont je voudrais convaincre mes lecteurs, le plan pangermaniste universel est entièrement et uniquement basé sur la réalisation du Hambourg-Golfe Persique qui en constitue l'armature essentielle. Si celle-ci est brisée, tout le plan pangermaniste s'écroule et les projets de domination prussienne sont détruits à jamais. Rendre impossible le Hambourg -Golfe Persique constitue donc, en réalité, le problème capital que les Alliés ont à résoudre, s'ils veulent assurer leur liberté et celle du inonde tout entier.

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