I.l. IM.AN l'ANCr.lOIAMSTK
rrslaurrs dans leur indépendance économique et l'olitique les petites nations martyrisées... Pas de pai,r durable sans que soient rendue aux po/ntlations opprimées de l'Europe la libre disposilion d'elles-mêmes ». V, L Humanité, 'M\ dvcombre 1915.)
Comme rien n'est absolu en ce monde, il est clair (jue le principe des nalionalilés ne pourra pas toujours recevoir pratiquement une application intégrale. Pour constituer des Etats viables, il faut en effet tenir compte non seulement des nationalités, mais des nécessités stratégiques défensives, historiques, économiques, de la majorité. Il y a d'ailleurs des pays comme la Macédoine et comme certaines régions de l'Autriche-Hongrie où les nalionalilés sont tellement enchevêtrées que l'application du principe des nationalités ne saurait êlre que relatif.
D'autre part, des sacridces doivent parfois être faits à l'intérêt général européen aux dépens du principe des nationalités. Ainsi par exemple, la France ne peut pas songer à récupérer ceux qui parlent français en Belgique ou en Suisse. Les premiers veulent rester Belges et les seconds Suisses. Leur volonté doit être d'autant plus respectée que le maintien de l'Etal belge et de l'Etat suisse est nécessaire à l'équilibre et à la paix de l'Europe. Or, il y a d'autres parties du continent
l'J6 LE PLAN PANGERMANISTE
OÙ cette considération présente un intérêt supérieur à celui des nationalités.
Ces explications et réserves nécessaires étant faites, voyons ce que donnerait, dans les grandes lignes, l'application du principe des nationalités à l'empire allemand. En vertu de ce principe, il devrait rendre à la liberté les peuples qu'il a englobés par la force dans ses frontières, c'est-àdire environ :
Habitants.
Polonais 5.000.000
Alsaciens-Lorrains 1.500.000
Danois 200.000
Soit au total 6.700.000
L'Allemagne actuelle qui comptait 68 millions d'habitants en 1914, — y compris les non-Allemands, — serait donc ramenée à environ ()1. 300. 000, (H millions en chiffres ronds d'Allemands authentiques.
Mais l'application logique du principe des nationalités donnerait à cette Allemagne la faculté d'absorber ceux des Allemands de l'Empire des Habsbourg qui se trouvent dans des conditions historiques, stratégiques et géographiques permettant honnêtement de les rattacher à cette Allemagne ramenée de 08 à 6i millions d'habitants. Quel pourrait (Hre le résultat?
Reportons-nous, page 68, à la carte (jui résume