‹ Le plan pangermaniste démasquéChapitre 44 sur 81 · I.K l'IAN PANCKRMANISTK · texte numérisé non relu

I.K l'IAN PANCKRMANISTK

Ur, j'ai (les raisons do cvo'ivo (juo ces iioiiiines (jui^ont étudié à fond l'Autriche-Honjrrie et (jue, par oonst'quenl, il faudrait croire, sont d'accord sur les lignes générales de ce que les Alliés devront faireàTégard delà Monarchie des Habsbourg. Je pense bien ne pas me tromper en disant que les opinions (|ue je vais exprimer sont dans l'ensemble en harmonie avec les leurs.

Comprenons d'abord que ceux qui soutiennent encore la thèse de la conservation de l'Autrichellongrie telle qu'elle est, dont' restant soumise à la dynastie des Habsbourg, retardent d'au moins vingt ans. Adopter cette solution serait faire le jeu de l'Allemagne car il est pratiquement impossible de séparer les Habsbourg des HohenzoUern. Ce serait assurer le joug germanique sur les Slaves et les Latins sujets des Habsboiirg, donc faciliter la réalisation du Hambourg-Golfe Persique. Enlin, la dynastie des Habsbourg a donné suffisamment de preuves de son incapacité, de sa duplicité et de sa docilité aux suggestions de Berlin pour qu'on ne puisse pas envisager sérieusement son maintien à la tète des peuples de r Autriche-Hongrie.

A aucun degré, les x\lliés ne doivent être dupes de la comédie que les pangermanistes de Berlin, de Vienne et de Budapest, organisent actuellement pour tâcher de profiter de l'igno-

rance des Alliés des réalités austro-hongroises.

Toutes les mesures tendant à faire entrer l'Autriche-Hongrie dans le Zolleverin allemand, ce qui rendrait ensuite inévitable son absorption politique, doivent être tenues pour une comédie, pour un simple cambriolage des volontés de l'immense majorité des populations de la Monarchie des Habsbourg, Gela est tellement vrai que certains nobles Magyars qui 'jusqu'à présent avaient été des Alliés déterminés de Berlin émettent déjà des protestations contre le joug prussien qu'ils comprennent enfin qu'on veut leur imposer. Le comte Théodore Batthyany, vice-président de la gauche indépendante à la Chambre hongroise, à la fin de mars 19i6, a déclaré :

« On dit souvent chez nous que la future union douanière créera dans notre pays de meilleures conditions économiques. Cela est plutôt vraipour r Allemagne qui tiendra et les rênes et le fouet dans la combinaison... Du reste les Allemands ne cachent pas que dans le futur pacte il y aura d'autres Etats agricoles qui seront nos concurrents directs. (Allusion à la Turquie et aux Etats balkaniques). Certes, à partir de la conclusion de l'union, les capitaux nous viendront d'Allemagne et plus jamais d'ailleurs. Les Allemands auront le monopole des capitaux, chez nous et

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rous savez ce que c'est qu'un monopole et ce qu'il coûte. V argent nous coiUera cher ». (V. Le Temps, I" février lOK).)

En Aulrlclus M. Neiiietz, président de la CJmnibre de Commerce de Prague, a déclaré :

« Tous les arguments présentés en faveur d'une union douanière avec rAllemagne no résistent pas un instant à la criticjue. In obstacle infranchissable s'oppose à une union dounnicre intime entre les deux empires : leurs nifi-rri^ ne sont pas solidaires mais concurrents ». (^Cité par Le Temps, 0 février 19 Ui.)

Ces déclarations catégoriques établissent (juelles résistances la manœuvre pangermaniste dans l'empire des Habsbourg rencontre déjà. Les Alliés peuvent tirer un grand parti de ces constatations car elles prouvent la réalité de l'opposition profonde existant entre les intérêts de l'Allemagne pangermaniste et ceux de la majorité des peuples de l'Autriche-Hongrie.

Mais il reste un point essentiel à établir car il trouble particulièrement cette partie de l'opinion publique des pays alliés qui vit encore sur cette idée fausse : l'Autriche-Hongrie, pays surtout allemand. Cette opinion publique se demande si l'application du principe des nationalités dont les Alliés réclament l'application n'aurait pas pour résultat d'accroître fatalement et considé-

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rablement l'Allemagne en lui incorporant les Allemands de l'empire des Habsbourg.

Il importe donc de démontrer par des chifires et des arguments géographiques et ethnographiques précis que cette crainte est tout à fait -> chimérique. L'Autriche-Hongrie contient tous les éléments d'un nouvel Etat à constituer sur des bases justes et durables, dans des conditions telles, qu'il formera dans l'avenir une barrière infranchissable au pangermanisme. C'est là, comme on va voir sur la route du Hambourg- Golfe Persique, en Europe centrale, et nulle part ailleurs, que réside la solution essentielle du formidable problème posé devant l'univers par l'ambition exécrable des Hohenzollern.

Examinons schématiquement ce que donnerait en Europe centrale l'application du principe des nationalités qui doit constituer la base morale des Alliés pour la reconstitution de la future Europe. Le congrès socialiste français de la fin de 1913 a donné une définition excellente, selon moi, du principe des nationalités en fonction de la guerre actuelle. « Pas de paix durable, a déclaré le manifeste du congrès, sans que soient

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