V. Les États-Unis
La quasi-totalité des États neutres, sans s'en douter encore suffisamment, ont un intérêt vital à ce que l'Allemagne non seulement abandonne ses conquêtes à l'est et à l'ouest mais encore et surtout à ce qu'elle n'établisse pas, à la faveur de la guerre, son hégémonie sur l'Autriche- Hongrie. Ce dernier point de vue est parfaitement logique puisque cette hégémonie allemande sur l'Europe centrale aurait pour conséquences d'assurer au gouvernement de Berlin des moyens de domination terrestres et maritimes formidables (V. p. 173). Donc, par effet réflexe de cette per-
turbation colossale dans le rapport général des forces des États, en raison de cette concentration extraordinaire des instruments de la puissance dans les mains allemandes, l'indépendance de tous les États neutres en serait certainement affectée de la façon la plus grave. Dans ce chapitre, on examinera la situation des pays encore neutres qui seraient plus particulièrement touchés par la réalisation du Hambourg- Golfe Persique.
L'exemple du Portugal est caractéristique car il s'agit d'un petit État qui, dans l'opinion de beaucoup, pendant longtemps semblait pouvoir rester en dehors du conflit alors qu'au contraire la nécessité de se défendre contre les projets allemands d'absorption qui le visaient l'a finalement contraint à se jeter dans la guerre.
Depuis l'ouverture des hostilités européennes, les intrigues allemandes les plus intenses se sont exercées au Portugal où, avant l'éclatement de la conflagration européenne, elles avaient été préparées aussi minutieusement qu'ailleurs. Agissant surtout sur les milieux réactionnaires portugais elles avaient pour but le plus apparent de rétablir sur le trône Emmanuel de Saxe-
Cobourg el Golha-Brag^anco, détrôné le 5 octobre 1910 par la Révolution d'où naquit la République portugjaise, et qui, le i septembre 1913,
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