‹ Le plan pangermaniste démasquéChapitre 62 sur 81 · I.i; PLAN l'ANCKKMAMSIK · texte numérisé non relu

I.i; PLAN l'ANCKKMAMSIK

iiilciu'ure (le ciiKj ans au traité «le San-Stefano IS78), on peut lire : Macédoine. Mets composé 1 un grand nombre de légumes ou de fruits diffétMils. « Ce mot (Macédoine), dit Ch. Nodier, V\/ probahlement emplnt/r d'abord en pariant l'un mets très composé, par allusion à cette •(/ri été incroyable de peuples auxquels Philippe / Alexandre firent subir les lois de la Macéloinc. »

Or, ces peuples variés, ce sont les Turcs, les Mlumais, les Bulgares, les Juifs, les Roumains 'L les Serbes qui peuplent le sud de la Serbie. l»a plus lointaine tradition transmise par les îuisiniers, dont l'impartialité ethnographique est ncontestable, contredit donc la thèse de l'unité ithnographique de la Bulgarie de San-Stefano ju'en 1878 la diplomatie ru«se avait des raisons •articulières (V. p. 217), qui d'ailleurs n'existent dus, de considérer comme exclusivement bulgare. Les paroles de M. Milioukoff prouvent que es idées erronées de 1878 subsistent encore chez ertains Russes. Heureusement que devant l'éviience des faits l'immense majorité de nos Alliés ^e l'Est s'est dépouillée de ses sentiments bul- :arophiles jadis irréductibles. Les Bulgares ont .'ailleurs eux-mêmes fortement aidé les Russes . une plus juste appréciation des réalités acuelles. Fin 1915. dans la première ivresse de

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leurs sentiments germanophiles, les journaux de Sofia ont, en elFet, proclamé que les Bulgares ne sont pas des Slaves mais des Tartaro-Mongols et que cette raison ethnographique s'ajoute aux autres pour leur faire former avec les Turcs elles Magyars, le bloc touranien qui, associé au germanisme, assurera en Europe la domination des Slaves et des Latins. La manœuvre bulgare d'une paix séparée avec les Alliés a donc fori peu de chances d'être accueillie sérieusement en Russie. Mais malheureusement quelques-uns de ces mêmes Anglais dont les informations erronées ont grandement contribué aux fautes balkaniques de 1913 lui prêtent un concours réel. Je ne ferai naturellement allusion ici qu'à des Anglais n'avant pas de caractère ofliciel.

lyani p

Parmi ceux-ci il faut surtout citer les frères Charles et Noël Buxton, à la tète, depuis longtemps, d'un comité dit balkanique mais qui, en réalité, a toujours été systématiquement bulgarophile. Or, par un hasard curieux, les frères Buxton ont par surcroît des tendances germanophiles. Le Temps du 10 janvier 1916 signalait d'eux un livre singulier paru récemment en le qualifiant de « Rêveries pacifistes ». Ils semblent ainsi partisans d'une paix prématurée avec Berlin aussi bien qu'avec Sofia, ce qui est caractéristique de leur action. Plus dangereuse encore, esl

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l'iulivilt' (l«' U'i-miles tenaces <!»• <|ut'I(|in's concspondiuits (le journaux anj^lais dans les Halkans. Il en esl parmi eux (|ui ayant encore les idées Justes du temps de Gladstone, mais inexactes aujourd'hui, sont systématiquemenl bulgarophiles. Leur parti pris a été t«d qu'ils n'ont pas compris la portée du traité <ie Bucarest ni même aucunement soupç^onné les traités passés par la Hulî^arie avec l'Allemag^ne et la Turquie au printemps de 1914, dont M. Hadoslavoff vient de révéler l'existence (V. p. 213). Ces correspondants, en raison du crédit qu'on leur faisait à Londres, bien à tort, ont fortement contribué à abuser en 1915 les autorités britanniques sur les véritables intentions de la Bulgarie jusqu'à son entrée en g:uerre aux côtés de l'Allemagne. Il est résulté de cette très lourde erreur l'écrasement de la Serbie avec ses multiples conséquences. Or, les faits acquis n'ont cependant pas convaincu ces quelques Anglais irréductibles. Tout en reconnaissant les très grandes difficultés de la situation actuelle des Bulgares, ils arrivent cependant à cette conclusion paradoxale que les Alliés doivent faire la paix avec les Bulgares e/i leur laissant leurs conquêtes actuelles.

Quoi qu'il en soit, cette agitation sourde, limitée mais très active qui s'est faite récemment à Londres en faveur des Bulgares a été naturelle-

ment réprouvée par l'opinion britannique bien informée. Les Ang-lais qui, en avril 1916, ont fait un si cbaleureux accueil au prince de Serbie ont redouté qu'une nouvelle faute balkanique ne soit commise. C'est pour la prévenir qu'une question a été faite, le 28 mars, à la Chambre des Communes. « Un député a demandé qu'on lui donne l'assurance que la Bulgarie ne sera pas admise à une paix séparée et surtout qu'elle ne sera j)as autorisée à acquérir des territoires aux dépens des peuples qui se sont battus aux côtés des Alliés durant la guerre. » (V. L'Œuvre, 29 mars 1916.) Celte motion britannique est conforme à la fois aux intérêts moraux et matériels récents et futurs des Alliés.

D'abord, on ne doit pas compter, comme certains en ont l'illusion, sur un mouvement vraiment efficace du peuple bulgare contre son gouvernement. Le tsar Ferdinand a toujours fait ce qu'il a voulu en Bulgarie et maintenant qu'il a partie liée avec Berlin, les Allemands lui prêteront main-forte pour se maintenir. Quant au peuple bulgare, il est sans doute victime de cette situation mais il le restera. Le peuple bulgare a des qualités incontestables. Il est travailleur, énergique et sobre. Mais le peuple bulgare « ressemble en beaucoup de points » aux Prus siens, ainsi que le proclamait tout récemment.

u: l'L.v.N rA.M.i:u.MAM.sjK 27:»

• Il ( t's propres termes, le nouveau niinislre (1 Allenm*îneà Soliîi. (V. Le Temps, iSm&TH 19 Kl.) Kn elFet, lo peuple hulg-are a l'Apreté au g:ain, la duplicité et l'esprit de doininalion des Hraiidehourp^eois. Au surplus. Ir peuple huljjare est la proie des polilicieiis huly^ares qui eux, enli^lés comme des buffles el d'utic intransigeance dont rien ne peut donner idée, sont irréductibles sur la question de Macédoine. Sans doute, les politiciens buls^ares fort astucieux pourraient bien, comme en 1915, avoir lair de négocier avec les \Uiés pour faire retarder par ceux-ci Voffensice partant de Salonique, que redoute au plus haut point Berlin, mais croire qu'il est possible de conclure avec la Bulgarie une entente durable el de bonne foi serait caresser la plus pernicieuse des chimères. Faire une paix prématurée avec les Bulgares comporterait d'ailleurs pour les Alliés d'autres résultats funestes qu'il est aisé de mettre en lumière. Pour traiter avec les Bulgares qui de concert avec les Allemands viennent de massacrer systématiquement un nombre énorme de Serbes, il faudrait, de toute évidence, trahir la Serbie et considérer que les crimes des Bulgares puissent devenir pour eux constitutifs de droits. Il est clair que l'opinion publique alliée n'admettrait pas une pareille infamie. En outre, au point de vue militaire, le calcul ne serait guère

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judicieux. Pour éviter d'avoir à se battre contre 350.000 Bulgares dont les forces d'ailleurs doivent être divisées entre le front roumain et le front de

Salonique, les Alliés devraient d'abord renoncer au concours des 150.000 soldats serbes qui, évidemment, ne marcheraient plus le jour oii les Alliés traiteraient avec la Bulgarie. En outre, l'entente avec celle-ci aurait cette conséquence, politique et militaire à la fois, de ruiner l'orientation favorable de l'Entente des Grecs et des Roumains.

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(]ommo je l'ai montré au chapitre VII, Iji liaine (les Hoiimains et des Grecs pour les Bulpires est le ijrand faeteur psyeholojjique des Balkans.

Le plan ofliciel d'hégémonie hulgare, rappelé schématiquement par la carte ci-conlre, explique c«'lte haine car il établit que les ambitions des Hulj^ares empiètent considérablement sur tous les Etats voisins. Elles prétendent mùme maintenant s'étendre jusqu'à l'Adriatique par l'Albanie. On conçoit donc aisément que ce plan d'hégémonie bulgare est le cauchemar des Grecs et des Roumains. Or, les Bulgares, comme les Prussiens, en raison de leurs caractères analogues, ne renonceront àleurprogramme de domination que quand ils auront reçu des Alliés, avec le concours précisément des Grecs et des Roumains, la « raclée » qu'ils ont cenl fois méritée et qui est nécessaire à l'établisse m eut d' iiiir /o/i/pir période de paix dans les Balkans. Or, il est clair que si des négociations de paix séparée avec les Bulgares s'esquissaient, les Grecs (250.000 hommes), et les Roumains (600.000 hommes), voyant une fois dô plus leurs intérêts incompris des Alliés renonceraient définitivement à marcher avec ces derniers.

Enfin, une paix séparée laissant à la Bulgarie ses conquêtes lui permettrait de constituer définitivement le pont entre les empires du centre

et la Turquie. C'est 'précisément ce que veut Berlin afin de pouvoir réaliser le Hambourg-Golfe Persique. Cet aboutissement éventuel fait que les tentatives occultes de la Bulgarie pour conclure une paix séparée constituent au premier chef une manœuvre bulgaro-allemande complémentaire de celle turco-allemande plus haut exposée (V. p. 258).

Les Alliés ne se laisseront évidemment pas prendre à ces grossiers artifices. L'enseignement des fautes balkaniques de i91o est si net qu'il préservera les dirigeants de l'Entente de toute erreur sérieuse nouvelle. // est indispensable d'ailleurs à la victoire des Alliés et pour qu'une paix durable puisse s'établir en Europe que le coup allemand dit de « la partie nulle » échoue complètement.

CHAFITRt: IX

LES ÉTATS ENCORE NEUTRES DONT L INDÈPEN DANCE SERAIT DIRECTEMENT MENACEE PAR LA REALISATION DU HAMBOURG-GOLFE PERSIQUE.

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