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appel. Elle impliquerait, pour le Portugal, la
perte de ses territoires d'outre-mer en raison des conséquences maritimes et coloniales du Hambourg-Golfe Persique.
Mais des pays encore neutres comme la Grèce, la Roumanie, la Hollande, la Suisse qui sont directement visés par le danger pangermaniste devraient aussi être convaincus que leurs intérêts les plus réalistes, en complète harmonie avec leurs obligations morales devant la civilisation, leur font un devoir de donner aux Alliés un concours selon leurs moyens soit moral, soit économique, soit militaire.
La seconde carte montre le faisceau des États d'Asie et d'Amérique qui, menacés par les conséquences mondiales du Hambourg-Golfe Persique, ont également un intérêt majeur et direct à la solution de la Question d'Autriche-Hongrie. Le Japonaidedéjànotablementles Alliés, maisson concours pourrait être encore plus étendu, plus effectif et plus direct. Or, l'intérêt japonais le plus strict commanderait de le fournir car c'est seulement du fait de la défaite intégrale de l'Allemagne en Europe que le Japon sera assuré de ne pas voir se développer pendant longtemps à ses dépens les troubles de Chine (V. p. 163). Comme il a été établi p. 171, de nombreux Etats de l'Amérique du Sud sont directement visés par le plan pangermaniste de 1911. Or, celui-ci ne
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8tM-a réollein«'nt redoutable pour ces lOlîits que si l'Alleuiap^ne [»eul un j{»ur disposer des formidables uioyens d'action que lui assurerait le llainl)Our{j^-Goli'e Persique. Le Chili, l'Argentine, l'Uruguay, le Paraguay, la Bolivie, la Colombie, le Brésil ont déjà élé l'objet de manœuvres pangermanistes préparatoires. C<^t avertissement devrait ks amènera comprendrevite qu'ils ont un intérêt certain à coopérer dans une mesure quelconque à l'œuvre commune. Or, ils le pourraient, l'Argentine et le Brésil notamment, dune fagon eflicace dans le domaine économ'uiue.
Quant aux Etats-Unis on a constaté, p. 316, que la réalisation du Hambourg-Golfe Persique mettrait réellement en péril et de la façon la plus giave leur indépendance. Sans doute, ce point de vue n'est pas encore généralement compris aux Etats-Unis mais une propagande facile à faire, puisque les arguments abondent, permettrait de convaincre les Américains qu'en luttant en Europe les soldats alliés garantissent vraiment l'avenir de la grande république américaine. Le jour où cette conviction les dominerait, les Etats-Unis n'hésiteraient plus à prêter aux Alliés européens les concours de nature diverse (V. p. 317) qui hâteraient la victoire intégrale.
En résumé, dss déductions successives, toutes basées sur des faits acquis et aisément contrôlables, amènent à constater que le formidable problème posé à l'univers civilisé par l'agression allemande se résume dans la solution de la Question d'Autriche-Hongrie, parce que cette solution, qui peut être réalisée sans porter atteinte aux intérêts légitimes du peuple allemand (V. chapitre vi §111), est l'unique moyen de mettre fin au plan de domination mondiale des Hohenzollern, basé sur le Hambourg-Golfe Persique.
Or, quand la question d'Autriche-Hongrie sera résolue, par voie de conséquences, les problèmes particuliers à chacun des Alliés seront également solutionnés. Quant à l'Univers entier, par un procédé indiscutablement juste, — l'indépendance des peuples non-allemands de l'Europe centrale, — il sera efficacement protégé contre tout retour offensif des intolérables ambitions pangermanistes.