BULGARE SUR LES ÉTATS VOISINS
Limites des Etais
L imite du Plan d 'hégémonie Bul^re
Salonique, les Alliés devraient d'abord renoncer au concours des 150.000 soldats serbes qui, évidemment, ne marcheraient plus le jour où les Alliés traiteraient avec la Bulgarie. En outre J 'entente avec celle-ci aurait cette conséquence, politique et militaire à la fois, de ruiner Torientation favorable de l'Entente des Grecs et des Roumains.
Comme je Tai montré au chapitre VII, la haine des Roumains et des Grecs pour les Bulgares est le grand facteur psychologique des Balkans.
Le plan officiel d'hégémonie bulgare, rappelé schématiquement par la carte ci-contre, explique cette haine car il établit que les ambitions des Bulgares empiètent considérablement sur tous les États voisins. Elles prétendent même maintenant s'étendre jusqu'à l'Adriatique par TAlbanie. On conçoit donc aisément que ce plan d'hégémonie bulgare est le cauchemar des Grecs et des Roumains. Or, les Bulgares, comme les Prussiens, en raison de leurs caractères analogues, ne renonceront à leur programme de domination que quand ils auront reçu des Alliés, avec le concours précisément des Grecs et des Roumains, la « raclée » qu'ils ont cent fois méritée et qui est nécessaire à rétablissement (ïune longue période de paix dans les Balkans. Or, il est clair que si des négociations de paix séparée avec les Bulgares s'esquissaient, les Grecs (250.000 hommes), et les Roumains (600.000 hommes), voyant une fois de plus leurs intérêts incompris des Alliés renonceraient définitivement à marcher avec ces derniers.
Enfin, une paix séparée laissant à la Bulgarie ses conquêtes lui permettrait de constituer définitivement le pont entre les empires du centre
et la Turquie. Cest préciséinent ce que veut Berlin afin de pouvoir réaliser le Hambourg-Golfe Persique. Cet aboutissement éventuel fait que les tentatives occultes de la Bulgarie pour conclure une paix séparée constituent au premier chef une manœuvre bulp^aro-allemande complémentaire de celle turco-allemande plus haut exposée (V. p. 258).
Les Alliés ne se laisseront évidemment pas prendre à ces grossiers artifices. L'enseignement des fautes balkaniques de 1915 est si net qu'il préservera les dirigeants de TEntente de toute erreur sérieuse nouvelle. // est indispensable d'ailleurs à la victoire des Alliés et pour quune paix durable puisse s'établir en Europe que le coup allemand dit de « la partie nulle » échoue complètement.