GUINÉE
.-^fe i-ç^..^/^ s
CabindaV \\^ T lï:
^ \ \ fLou^«an,u«T
LE PORTUGAL 1^ y/ ^
ET lE PANGERMANISME COLONIAL | ^^ 0
épousala princesse allemande Augustine-Victoria de HohenzoUern-Sigmaringen. Les agents allemands agirent encore sur certains milieux anarchistes portugais afin, par tous les moyens possibles, de provoquer des troubles dans ce pays dont la ruine était très nettement prévue par
282 LE PLAN PANGEKMANISTE
le plan pangermaniste de 19H. On a vu, p. 169, quelles colonies portugaises ce plan visait particulièrement. Or, en 1912, le gouvernement de Berlin préparant ardemment et astucieusement sa guerre européenne sur la base de l'abstention de l'Angleterre qu'il s'agissait d'endormir par l'avantage de profits coloniaux momentanés avait, dans des négociations officieuses avec Lord Haldane, tenté de s'entendre avec le cabinet de Londres pour partager les colonies portugaises d'Afrique.
Ces colonies (Iles Açores, Madère, du cap Vert, du Prince, de Saint-Thomé, Guinée, Angola, Mozambique), dont la carte ci-contre donne la vue d'ensemble, ont une grande im-. portancè pour le Portugal. Avec leurs 2 millions de kilomètres carrés et leurs 8.300.000 habitants, elles sont les restes imposants du magnifique empire colonial portugais de jadis; elles constituent donc une base essentielle pour le commerce portugais et surtout pour une future renaissance économique du Portugal que, très naturellement, le gouvernement de Lisbonne voudrait pouvoir provoquer.
Dès l'ouverture des hostilités européennes, les Allemands, escomptant leur victoire en Europe, avaient envahi l'Angola et c'est seulement tout récemment que les soldats portugais ont réussi
LE PLAN PANGEBMANISTE 283
à les en chasser. L'état de guerre existait donc, en fait, depuis long-temps entre le Portugal et l'Allemagne et c est celle-ci qui en avait pris l'initiative. Le gouvernement portugais s'est ainsi trouvé, dès le début, avoir des raisons multiples et concordantes d'éprouver de la sympathie pour la cause des Alliés. Il la leur a témoignée d'ailleurs de la façon la plus effective dans toute la mesure de ses moyens.
En représailles des incessantes intrigues allemandes sur son territoire continental et des actes de guerre commis sur son territoire colonial par des soldat&^e Guillaume II, le Portugal a fini par saisir les nombreux navires allemands qui se trouvaient internés dans ses ports depuis le début de la conflagration européenne.
L'Allemagne a riposté, en mars lOl-S, par une déclaration officielle de guerre qui, en réalité, n'a fait que sanctionner un état de choses existant depuis longtemps par suite de l'agression allemande sur l'Angola.
Dès cette rupture officielle accomplie, le Portugal a parfaitement saisi que, pour sauver son existence, il devait s'engager à fond aux côtés des Alliés. Le 25 mars IDIfi, le ministre de la Guerre portugais a lancé un ordre à l'armée dans lequel il dit :
« Quiconque a suivi avec une aiuirtr patrio-
ligue les actes de l' Allemagne depuis la conférence de Berlin de 1885 ne peut douter que sa victoire représenterait la perte de nos colonies, peut-être même de notre nationalité.
« Nous devons toiis^ par suite, bien graver dans notre esprit que les combats qui se livrent actuellement sur tant de points du monde sont des combats qui nous touchent de très près, que cette guerre est notre guerre, la guerre pour notre liber té, pour notre indépendance, pour l'intégrité du territoire de la patrie et que nous devons la faire là où notre action militaire pourra frapper le plus efficacement le pouvoir de r Allemagne...
« Il faut que la haine pour FAUemand ennemi et barbare soit répandue dans les cœurs de tous, et pour qu'elle s'établisse et pénètre dans Tarmée, il devient nécessaire qu'on explique au soldat les raisons de cette guerre, qu'on lui raconte les offenses que nous ont infligées les Allemands, qu'on lui fasse comprendre les intentions et les projets de l'Allemagne à l'égard des petites nations comme la Belgique, comme la Serbie, comme le Portugal. »
Cette proclamation du ministre de la guerre portugais mérite d'être retenue car elle exprime fort exactement les sentiments généraux qui deviendront ceux des États encore neutres au
fur et à mesure qu'ils « réaliseront » clairement que leur indépendance future est véritablement subordonnée à la défaite intégrale de TAUemagne.
Les lignes ci-dessous résument quelles étaient, dans le plan pangermaniste de 1895, les vues et la tactique adoptées par les Allemands à l'égard des Hollandais.
« Quand nos frères de race bas-allemande auront triomphé de leur frayeur presque puérile de « Tannexion par les Prussiens », ils admettront que l'entrée de la Hollande dans la Grande- Allemagne est avantageuse aux deux parties. D'ailleurs, au sein de la Grande -Allemagne, les Hollandais pourraient conserver dans la mesure raisonnable leurs caractères particuliers.
« Le Royaume des Pays-Bas entrant non seulement dans l'Union douanière allemande, mais encore dans la Confédération pangermaniste avec la plénitude de ses droits, renoncera à entretenir une Hotte indépendante, mais organisera un corps d'armée indépendant, avec des prérogatives analogues à celles de la Bavière, ainsi qu'une armée coloniale. Il restera en possession de ses colonies et pourra même se char-
ger d'administrer la Nouvelle-Guinée et toutes les colonies allemandes du Pacifique.
i( La lanp^ue officielle restera le bas-allemand