‹ Le plan pangermaniste démasqué; le redoutable piège berlinois de "la partie nulle."Chapitre 5 sur 29 · III. Pourquoi il a été ignoré · texte numérisé non relu

III. Pourquoi il a été ignoré

Le plan pangermaniste a été établi sur ses bases fondamentales dès 1895 mais, depuis cette date, des événements se sont produits dans le monde qui incitèrent les Pangermanistes à l'augmenter encore.

En 1898, eut lieu Fachoda qui semblait devoir creuser un abîme entre la France et l'Angleterre. En 1905, la Russie dut signer la paix avec le Japon après une longue guerre ayant vidé tous ses magasins militaires et par suite détruit pour longtemps, au profit de TAllemagne, réquilibre des forces en Europe. En 1909, le gouvernement de Vienne, à la faveur de l'ultimatum discret mais formel que celui de Berlin adressa au Tsar, put réaliser Tannexion de la Bosnie et de l'Herzégovine, peuplées presque

totalement de Serbes. Cette mainmise sur un énorme territoire slave constitua un succès considérable pour le germanisme. Le 3 novembre 1910, lors de Tentrevue de Potsdam, le Kaiser obtint du gouvernement du Tsar que la Russie abandonnât toute opposition à l'achëvement du cliemin de fer de Bagdad. L'Angleterre et la France adoptèrent ensuite la même attitude à ce sujet. Le d"' juillet 1911, le Kaiser risqua le « coup d'Agadir ». Celui-ci aboutit au traité franco-allemand du 4 novembre 1911, cédant à FAllemagne 213 000 kilomètres carrés du Congo français, alors que cependant des hypothèques économiques extrêmement lourdes continuaient à peser sur le Maroc en faveur du commerce allemand.

Ces divers événements lésèrent profondément les intérêts de la France, de l'Angleterre et de la Russie, mais ces puissances préféraient consentir les plus pénibles sacrifices plutôt que de prendre l'elfroyable responsabilité de déchaîner une guerre atroce sur l'Europe. Celte attitude fut interprétée bien à tort par les pangermanistes comme une preuve de faiblesse de ces trois puissances et de leur volonté de paix à tout prix. Les pangermanistes en conclurent que Fespoir des réalisations les plus énormes dans un avenir prochain leur était permis. C'est

pourquoi, le plan pan germaniste fondamental de

1895 considérahlement remanié devint le plan de 1911

Ce plan de 1911 (V. la carte p. 39) prévoyait en Europe et en Asie occidentale :

1° L'établissement sous la direction de l'Allemagne d'une vaste confédération de l'Europe centrale devant comprendre :

A r Ouest:

Kilomètres carrés. Population.

La Hollande 38.141 6.114.000

La Belgique 29.451 7.500.000

Le Luxembourg .... 2.586 260.000

La Suisse' 41.324 3.800.000

Les départements du nord de la France, au nord est dune ligne tirée du sud de Belfort à l'embouchure de la

Somme, environ. . . 50.271 5.768.000 Total 161.773 23.442.000

A rEst :

Kilomètres carrés. Population.

La Pologne russe. . . . 127.320 12.467.000 Les Provinces Baltiques :

Esthonie , Livonie ,

Courlande 94.564 2.686.000

Les 3 gouvernements

russes de Kovno, Vil-

na, Grodno 121.840 5.728.000

Total 343.724 20.881.000

' Moins éventuellement les cantons suisses français et italiens à Ijenglobement desquels certains pangermanistes déclarent ne pas tenir.

Au Sud'Est :

Kilomèlres carrés. Population.

L'Autriche-Hongrie K 676.616 50.000.000

Ces trois groupes formant un total général de : 1.482.113 kilomètres carrés et 94.323.000 habitants.

Cette confédération devait ainsi grouper sous rhégémonie immédiate de l'Allemagne :

Kilomètres carrés.

Population.

Empire allemand actuel.

Nouveaux territoires de

la Confédération. . .

Soit au total ....

dont environ 77 millions d'Allemands, et 85 millions de non- Allemands.

2^ La subordination absolue à la Grande Confédération de TEurope centrale de tous les pays des Balkans réduits à Tétat de satellites de Berlin.

Les Etats des Balkans groupent :

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