‹ Le plateau central nigérianChapitre 10 sur 100 · II. — InMtmmeiits, armeM et outilM néolithiques · texte numérisé non relu

II. — InMtmmeiits, armeM et outilM néolithiques

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La civilisation néolithique qui a laissé des traces nombreuses et variées dans toute l'Afrique occidentale (1), fut particulièrement développée dans les vallées nigériennes.

Si, pour la confection du petit outillage, le silex a été particulièrement employé dans les ateliers de l'Est où il parait avoir été importé des plateaux sahariens ; et si, dans les autres régions soudanaises on a vu se créer et se développer tout un outillage tiré des roches du pays, souvent des

(1) Voir Guinée (grotle du Kakimbon prés de Rotouma), M. Mouth. D' Maclaud (Guinée Porluj5aise)M. Guebhard (ïimbo) M. F. Colin, (l)ubrcka), C"«Moreau, Falcmé (IV E.-T. Ilamy), Bull, du Mus. 1900. Sénégal à N. Diakan, près Rufisque G à 7 kil. N.-E. ; Plateau Mandingue, M. Zeltner ; Mauritanie. M.Arnaud; Sud Saliarien cl Adrar. MM. Fonreau, Flamand, Gauthier, (liiudeau : Somali, Revoil (Revue iVEthfiographie^ 1883), V. Dr Hamy(//M/. du Muséum, 1897).

iieuEs souDAHAis PLANCHE XVI

Pig. 31 . — Grands polissoir>, broyeurs, planq» |0|10).

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limonites ci labradorites ; en revanche, tous les grands instruments que nous allons étudier, ont été fabriqués avec diverses roches dures provenant souvent de régions éloignées. Ces grands instruments, comme nous l'avons déjà fait remarquer, se rencontrent rarement en surface dans les ateliers euxmêmes, à part les meules, les gros broyeurs coniques ou les percuteurs sphériques.

Dans toute l'Afrique occidentale, comme dans la plus grande partie de l'Europe, les instruments polis en u pierre», et surtout les haches, sont regardés comme des objets d'origine céleste. Pour tous les indigènes, même lettrés musulmans, ces instruments sont envoyés par la Divinité pendant les orages dans les coups de foudre et ce sont eux qui ébranchent les arbres et tuent les individus foudroyés.

Par suite de cette origine céleste, tous ces instruments sont précieusement recueillis. Dans le N.-E. du Soudan français, les nomades des tribus Berbères, placent les plus beaux outils ou armes qu'ils découvrent, sur les tombes de leurs parents^ pour imiter peut-être l'usage en cours chez les anciens néolithiques de l'Adrar. Les pièces plus petites sont conservées par les musulmans, comme porte-bonheur, ils s*en servent môme comme objet purificateur pour leurs ablutions avant de faire leurs prières rituelles. Les fétichistes soudanais les considèrent toui>, comme de bons talismans ; ils les placent dans les gris-gris protecteurs, comme signe d'alliance avec la Divinité. Désignés par les termes de « pierre de feu, (1) pierre de fondre, hache d'Allah, flèche d'Amma,

(i) Les Bamharas disent : San-pero-Kouroii (Pierre du coup de tonnerre de la tornade), San = Tornade; père = foudre; Kourou = pierre et Kaba-Kourou (Etonnante pierre). — Les Peuls de Nioro disent : Diambe-

OU môiïle pierre des ancêtres », ces instruments sont placés dans les autels coniques des tribus de la montagne. Les indigènes érigent spécialement avec eux des autels sur lesquels ils offrent des libations en temps de sécheresse pour amener la pluie par principe magique ; enfin ils en placent toujours dans les greniers à mil (1) et dans les semailles, pour faire germer les récoltes en raison de leur affinité avec le feu, générateur de la chaleur fécondante, et avec la pluie bienfaisante.

Dans la belle collection de ces instruments qu'il m'a été possible de rapporter, et qui se trouve aujourd'hui au Musée d'Ethnographie africaine du Trocadéix), la plupart des pièces proviennent des cimetières nigériens, les autres furent récoltées dans les grottes des plateaux « Bandiagara-Hombori », enfin quelques-unes, maison petit nombre, furent découvertes dans les ateliers eux-mêmes.

1** Massues. — Les massues sont certainement les plus grands et les plus curieux instruments de cet outillage de la pierre. Leur longueur varie de 0 m. 50 à 0 m. 70. De forme cylindro-conique, avec poignée, elles sont ornées de bagues circulaires. Seule la plus petite de ces massues (forme de la massue d^Hercule) est parvenue au Trocadéro, les deux autres ayant été détournées en cours de route.

2<> Grandes AacA^^, polies, cylindro-coniques, à coupe circulaire, semblent caractéristiques de la vallée nigérienne vers

Allah (Hache d^Allah). — Les Peuhls du Maçina disent : Diambe-Dioundé (Hache de Tornade). — Les Songlioy disent : Ahcré-Kamou (Pierre d'orage). (Poulo) et Bahna-Tondi (Pierre d'orage) (Songhoï).

{i) Celte coutume se retrouve chez les tribus de la Falémé au Sénégal (capitaine Moreau).

l'Est. De forme « bourrelet » ou « boudin », leur longueur varie de 0 m. 27 à 0 m. 60. Elles sont taillées dans des quartzites, grès noirs ou marbres du Hombori, et généralement très patinées. Une d'elles porte une inscription arabe écrite par un Touareg : « // ny a de dieu que Dieu.., Mohamed.,. ; » une autre, un dessin étoile, gravé à une époque lointaine.

Ces grandes haches cylindriques rappellent les types connus trouvés d'un c6té au Congo belge et de l'autre aux environs d'Alger (E. Cartailhac, Anthropologie, 1905, t. XVI, nM, p. 120).

3® Grandes haches polies à talon ou à rainure d'attache centrale.

4<» Grands polissoirs (broyeurs, casse-téles, planes, bâton cylindriques, etc.).

5* Afasses ovoïdes^ à extrémités effilées, pouvaient être utilisées comme broyeui's, mais quelques-unes portent des traces d'attache dans la partie médiane. Nombreuses dans les ateliers du Tondibi dont les conglomérats gréseux ont été employés pour fabriquer la plupart de ces instruments.

6^ Cônes et pyramides. — Instruments très bien polis, de différentes grandeurs, qui se retrouvent un peu partout dans le Soudan ; et peuvent avoir eu une utilisation cultuelle comme chez les Ilabbés (1)?

6 bis. Disques. — Disques semblables à de jolis galets ronds (et dont plusieurs ne sont que des galets de 0,06 c. de diamètre) tirés de schistes, grès ou marbres ; se trouvent

(i) Les cùncs sont eni()loy(''silaiis les populalions llabhi's ooiniiie figuration du princij>e mAlo de la Divinité. En outre dans la série des « poids emblèmes » servant à peser l'or dans les tribus de la Côte d'Ivoire, on observe de nombreuses figurations de ])yrami(lcs.

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