PLANCHE XV
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Fig. 29 6w. — Poteries des campements et ateliers soudanais.
une abondance extraordinaire de poteries ornementées de dessins extrêmement variés et originaux, poinçonnés en creux. L'aspect des amas de débris que les indigènes de Koulikoro nomment « de vieux ateliers de Noumous (forgerons) » nous présentent également ce même mélange de fer et poteries avec des instruments en pierre.
Retrouvons-nous là des restes de la période de transition de Tàge de la pierre h l'Age du fer africain ? ou sommes-nous en présence de quelques individus d'une tribu plus civilisée venue du Nord, apportant leur industrie nouvelle au milieu de pêcheurs usant encore de leur outillage de pierre ? Les divers modes de sépultures que Ton observe autour de ces ateliers pourraient le laisser croire ?
Toutefois il est certain que l'usage des instruments en pierre a dû se conserver très longtemps dans la région nigérienne et se prolonger en plein âge du fer. Car dans les grands tumuli nigériens à côté d'une grande variété d'instruments, d'armes et de parures en cuivre ou en fer, on trouve toujours quelques instruments néolithiques. D'ailleurs des écarts profonds dans le degré de civilisation des diverses tribus soudanaises existent encore de nos jours dans une même province malgré des contacts séculaires.
Les campements de cette nature que j'ai pu visiter pendant mon voyage au Niger, sont ceux de Sumpi, de Gourao et de Koulikoro.
Le campement néolithique de Sumpi était placé sur la rive N.-O. du lac, dans le voisinage de deux grands tumuli de l'Age du fer. Au milieu d'une grande quantité d'éclats, mélangés à quelques scories, parmi des meules dormantes, et de petits fragments de poteries ou retrouve tout un maté-
30 PREMIÈIIE PARTIE
piel fait avec les grès de la région, dont les instruments particuliers sont :
Des luasscs-marteaux, à tète en forme de pomme de pin, montées sur un talon cylindrique, instrument retrouvé au Debo et dans les abris sous roclies du plateau Bandiagara- Hombori : des percuteurs, polissoirs, lances, pointes, couteaux, etc., enfin un poinçon-grattoir, très répandu dans toute la région.
La station des pécheurs néolithiques du Debo était placée sur les gradins formés par les strates horizontaux du massif gréseux de Gourao (mont Saint-Henri) vers hi pointe N.-E. de la montagne, dominant une petite anse abritée et boisée du lac.
Sur les assises de grès, on trouve parmi des fonds de cases et de foyers, tout l'outillage néolithique de Tatelier de Sumpi avec quelques scories, des agratfes en fer, quelques hameçons et beaucoup de grains de colliers en argile. La poterie est mal cuite, peu ornementée, cependant on y trouve un genre de coupe supportée par deux ou trois arceaux dont j'ai revu plusieurs échantillons dans les grottes et abris sous roches des monts Bandiagara.
D'après cet aperçu des objets récollés, il semble que nous sommes en présence d'une population pauvre de pécheurs, apparentée ou en relation avec des tribus montagnardes. En outre, la crête du massif rocheux de Gourao méritera, avec les îlots du lac, d'attirer l'attention des futurs archéologues africains, car ils paraissent avoir servi de refuge à une population primitive ; on y voit les restes de gran<ls murs de défense et de nombreux fragments de poteries très grossières. Peut-être y trouvera-t-on également des tombes anciennes.
AHCIIÉOLOGIE âl
3^ Anciens ateliers de Noumous. — Les indigènes du plateau Mandingue et du Ilaut-Nigcr, désignent comme anciens ateliers de Noiimons (forgerons), des amas délritiques formés d'éclats de pierres, do scories, et de laitiers de hauts-fourneaux, mélangés à des fragments de poteries, très décorées par une ornementation ([ui n'est plus en usage aujourd'hui dans les tribus llambaras ou Malinkés occupant la région (l).
J'ai visité les stations de ce genre situées dans le Jardin agronomique de Koulikoro, près du petit mariiiotqui traverse la concession. l\u'tout, mélangées à ces résidus laissés par des indigènes traitant le fer, on retrouve des [joteries, non vernissées il est vrai, mais couvertes d'une ornementation rectiligne obtenue soit par impression de cordelles sur la pâte fraîche, soit par incision, chevronnage, dents de loup, ondulations, ou figures circulaires. La présence parmi ces débris de meules et mortiers, qui ne sont plus en usage dans cette région, avec quelques instruments néolithi([ues, marteaux, poinçons, grattoirs, etc.. (fig. 29, n" 30), mérite d'attirer l'attention. Ce plateau Mandingue a, du reste, possédé son c\ge de la pierre, ainsi que le démontrent les récentes découvertes de M. deZeltner, ex-membre de la mission du Fiourg do Bozas.
Il est à remarquer en outre que dans ce même site noua
(1) L'usage de la poterie décorée et des meules doruiauU;?? en pierre ne s'est conservée que chez les trihus descendunl des ahuri j^^éiios. car les envahisseurs Malinkes, Foulhé, Bainhara n'u>enl, coiihik; iv^'ipienls, à pari quelques vases ^'rossiers, (pie de plais en huis et de ealehas>es (coque de fruit d'une curcuhilacée ; et au lieu d'écraser leurs i;rains avee des meules dormantes en pierre (Hellahs, Goiirmankes. llahhès Tomhi Tomas Kipirsi Songlioï de l'Est), ils hroient leurs céréales dans des mortiers en bois (fig. 39-40).
32 PREMIÈRK PARTIE
nous trouvons en présence de plusieurs modes d'inhumation anciens : Près des ateliers de Noumous, sur les bords du Niger s'élèvent de petits lumuli. {Village de Liberté de la station agronomique. Dépôt de remonte, elc)^ alors que sur les paliers de Taréte montagneuse dominant la vallée, sont érigés des tombeaux en forme de « bazinas » (voir Tombeaux).
Ces divers monuments seraient à étudier, en même temps que les diverses grottes de la montagne qui, au dire des indigènes, auraient servi d'habitation à une époque très reculée.