PLANCHE XX
INSTRUMENTS NEOLITHIQUES SOUDANAIS
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^aSSljÊta.
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Fig. 38. — 1, masse-marteau à UHe pomme «le pin ; 2, 3, 4, plats-coupes en pierre (quarlzite) ; 5, bols : 6, grande coupe en pierre (gris) ; 7, 8, moulin à bras (face profil et coupei; 0, instrument indélerminé à trois faces dont une arrondie ; 10, H, 12, plîKjues ornciiienlalc>j ; 13. cône à trois pointes vers la base : 14, parure ou cristal do ru«:tie.
PLANCIIK XXI
Fig. 39. — Hnulin ries Koromi"i ot Gouri[ianki?B forniij .l'un bûli cylinilrique en terre abrite par un chaponu ilo paille el [lorUlnl sur sa plalc-riirnie supérieure de nombreuses nieule?! iloniianlfs liics pour iVrasi'r les céréales.
Fig. 10. — Décortii'agp (rt lirnyngo des pi^r^nles ilan" ■ boii i-hcz Ips SouKons, Malinkrs, Bniimiau»
dures, encastrées dans les grès ; quelques hachettes sont tranchantes aux deux extrémités, à bords à peu près droits et parfois aplatis ; enfin d'autres sont très petites, de forme aplatie ettrapézoïde (1).
13** Belles haches, ciseaux, gouges (9 pièces), en silex rosé, taillées et polies, provenant des ateliers entre Bourrem et Bamba, longueurs variables entre 0 m. 10 et 0 m. 16 ressemblant à des pièces américaines (Mexique).
li^ Pierres à aiguiser. Polissuirs fixes.
Dans plusieurs localités des plateaux de Bandiagara- Hombori on trouve des entablements de roches portant des trous d'usure et des rainures, laissées par de longs polissages.
Actuellement, au-dessus de Douentza et près des carrières de marbre du Hombori, les indigènes polissent encore les bracelets sur les entablements gréseux des plateaux rocheux.
On voit également de nombreuses coupelles sur les roches dures des régions où se font des exploitations métallurgiques. Elles sont formées par Técrasement et le broyage avec de gros blocs sphériques de quartz ou granités, des résidus et scories du haut fourneau, contenant le minerai, dans leur mélange, à la sortie de la coulée.
15^ Foreurs, — Instruments destinés à percer des bracelets, creuser des coupes, etc....
16** Meules dormantes. — Se rencontrent très nombreuses et fréquemment dans tous les vieux emplacements de villages >
(4) Une pièce de cette nature a été déjà signalée par M. de Beaufort dans ses Recherches Ai'c/iéologiqiies CSlém. Soc. des Antiq. de l'Ouest, 1851, p. 490), comme provenant des bords du Sénégal, E. (^arlailhac, Anthropologie, 1905, t. XVI, p. 121.
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et lieux de stationnement des primitifs. Mais ne sont restées en usage que chez les tribus qui se prétondent les descendants des aborigènes, car les envahisseurs Bambaras, Malinkés et Foulbés ne se servent exclusivement que du mortier en bois malgré la présence de ces meules dans les ruines des localités qu'ils occupent; cette même remarque s'applique à l'utilisation de la poterie.
17° Deux moulins à bras. — Ressemblant au catillus des Romains, mais du type de ceux que M. le docteur Verneau a recueillis aux Canaries. Cet instrument est totalement inconnu actuellement dans la région. Il a pu être importé par des émigrants arabes ou par les concpiérants marocains.
18® Vases et récipients en pierre. — Plats, assiette, coupe, bols, petites coupelles, etc.
Deux de ces instruments avaient été récemment ultilisés, comme stèle funéraire dans un cimetière Kountah, aussi portent-ils une inscription, à la louange du défunt. Les nomades accordent aux médications préparées dans ces vases préhistoriques des vertus souveraines ; c'est d'ailleurs leur ressource suprême employée dans les cas désespérés.
19® Bracelets^ grains de colliers ; plaque ornementale^ parures diverses, etc. — Parmi les fragments de bracelets on retrouve les deux types actuellement en usage; la couronne plate noire h bords tranchants (anneau-disque) que portent spécialement les Touareg et les Iterbères, et le bracelet-bourrelet en marbre veiné, parure préférée des indigènes noirs appartenant aux tribus aborigènes, mais qui n'est pas en usage chez les Bambaras, Malinkés, Sosés.
Fig. 41. — Pierres levées de Horibobougou, près de B&mmako.
Fig 41. — Moiiiimenis lUhiques de Tondidarou.
PLAnCHE XXIII
LnmccES 39 bit
III* — Aionoments lithiqoes* Plerrof» levées.
Afenhirs- Anthropoïdes
Les monuments litliiques rencontrés dans la vallée du Niger sont des pierres levées réunies par groupes.
Le groupe le plus connu se trouve érigé entre la route de Bammako à Koulikoro et la voie ferrée, sur les bords du Niger, près du village de Morihabougou à 12 kilomètres de Bammako (fig. -41).
Ce monument se compose de trois grandes pierres frustes, verticales placées à 0 m. 4i> l'une de l'autre à angle droit, formant ainsi trois c^tés d*un rectangle.
La pierre médiane s'élève à 2 m. 70 au-dessus du sol les autres de 1 m. 50 seulement.
Un autre monument semblable existait à une centaine de mètres de là vers le nord-ouest, mais il a été détruit par les travaux du chemin de fer.
Ces monuments anciens se rattachent probablement à ceux formés également de pierres dressées que Ton trouve aujourd'hui encore dans tous les villages habbés, servant d'autel à une « triade divine » et sur lesquelles les indigènes font des libations et des sacrifices (l).
Le fameux rocher do Tapa, près de Koniakary, que signale Ralfanel, est un monument de ce genre.
D'autres groupes de pierres levées existent dans le cercle de Sumpi (Issa-lier). Ils dénotent un travail bien supérieur»
(i) Le capitaine Ti^çoac cile deux groupes de pierres levées (1 m. 00) qu'il a découverts dans la IJouclo du Niger enlre le poste de Yalakala et la mare de Saouga (liull. Société de fièoffratfhie de hochefuri, T. XXV.
40 PHKMIKKK l'AHTIt:
car ils sont formés de monolithes cylindriques et polis ; ornés pour la plupart de sculptures, avec quelques types de figuration humaine se rapprochant vaguement des sculptures des monuments nommés en France « menhirs anthropoïdes ».
Ils n'ont pu être construits que par des hommes connaissant bien le travail de la pierre.
D'autre part, des outils de pierre polie ayant été trouvés en asez grand nombre dans leur voisinage, il parait assez probable que leurs constructeurs vivaient î\ Tépoque néolithique.
Ces monuments, dont plusieurs groupes existent dans la région de Niafunké (l), sont attribués aux pêcheurs Sorkos (Bozos), premiers habitants du pays, au dire des légendes, ou aux « Hommes-Rouges », leurs premiers suzerains.
Le plus curieux de ces groupes est situé à Toudidarou, au pied d'un plateau rocheux dominant le lac Takadji que forment les inondations nigériennes. Il se compose de plusieurs monolithes érigés verticalement de 1 m. 30 à 2 m. 50 polis et taillés en forme de fût de colonne, ornés de dessins linéaires ou sculptés grossièrement en forme de tête liumaine. Toutes ces pierres dressées sont réunies par groupes de 13 à 20, très serrées les unes contre les autres et sans ordre bien apparent.
On a réservé vers la base de chacune d'elles deux protubérences servant à les encastrer dans une sorte de dallage qui s'étend de 0 m. GO à 1 mètre au-dessous du sol.
{{) Il existe encore des monolillicsde ce $;enre à Dabi et fl Nouhnou sur le marigol du lac Takadji. Enfin une autre de ces pierres sert d'enclume aux forgerons de Baba-Denga à 7 kilomètres de Niafunké.
>LANCIIEXXIV
Fig. AS. — Une de» jjterre» .'îCulpléiiA du
nt lie Tûndïdamu.
AHCHKOLOGIK II
Une inscription arabe gravée récemment sur le sommet d'une de ces pierres semble indiquer une idée votive. On lit sur un de ces monolithes :
« Pour les gens de la maison ».
Il faut probablement rapprocher de ces types de monuments nigériens ceux qui viennent d\>tre découverts dans le Hoggar et que M. Flamand a présentés au XIII* (Congrès d'Anthropologie préhistorique de Monaco, comme monolithes à « tête de chotirfte » ; puis ceux que la mission du Bourg de Bozas a rencontrés sur les plateaux éthiopiens ; ot enfin peutêtre toute la série des <( mégalithes » de la Gambie décrits par le capitaine Duchemin (1). Nous devons également y rattacher les alignements de pierres debouts que M. Robert Arnaud, adjoint à la mission Tagant Adrar (1904-1905) a rencontres au lieu dit Zirt-el-Aïch (entre le Ksar-el-Barca et le passage de Dikel dans la barrière du Tagant), ou ceux du même genre des environs d'Aguïet près de la barrière du Tagant, dans TAftout, signalés par le capitaine Payn.
Ces pierres levées sont de grandes dalles de grès de 1 m. 20 de hauteur moyenne sur 1 mètre de large et 0 m. iO d'épaisseur, ressemblant aux autels de Ga-gara (hommes-rouges) du Plateau central nigérien et ne portent aucune trace de signes quelconques. M. le docteur llamy est disposé à rapprocher ces monuments des s'nobs des Denhadja décrits autrefois par Sergent dans les bulletins de la Société d'Anthropologie (2).
(1) Ant/iropolof/ie,i. XVI, nMJ. iî)05.
(2) La (iéographie, t. XIII, ii" \, iîK)(i, 3-i4.
42 PREMIltHE PARTIE