V. — Mariage et flançailleN
r Houmbébé
Les coutumes matrimoniales des primitifs de TEst présentent de notable différences avec celles des envahisseurs HambeS'Garay car chez les premiers le mariage n'est qu'une union libre dans toute Tacception du terme, révocable k volonté, et se consommant après un enlèvement sans cérémonies, tandis que les peuples du Nord ont importé avec leur culte* des ancêtres un certain nombre de rites qui en font une véritable union.
Dans les tribus Ongoïha du Dianvelli, lorsqu'un jeune homme désire se marier, il cherche à se faire agréer par la jeune fille qui lui plaît, mémo si cette jeune personne a déjà un amant dans le village.
Dès que l'accord est conclu entre les deux jeunes gens, l'homme enlovo la femme sans prévenir personne et l'em-
mène dans un autre village où il consomme le mariage. Le lendemain^dans la journée, le nouveau mari rentre au village prévenir parents et amis. Aussitôt, on organise un tam-tam^ on tire des coups de fusil, on boit beaucoup de bière de mil, pendant qu'une vieille femme est déléguée pour aller chercher la nouvelle mariée, qu*clle conduit dans la maison de son mari. Si le nouveau couple désire se lier définitivement devant les ancêtres, le premier jour heureux (1) qui suit cette fête le mari invite le vieillard le plus âgé du village k venir sacrifier un poulet sur son hôtel de famille pour demander la fécondité de sa femme.
Ce rite a été importé par les Gara-Habbés (2) ; car à Mondoro^ village habité par des familles Hoiimbébé plus primitives, plus indépendantes, cette bénédiction nuptiale n'existe pas. Aussi, quand un jeune homme veut se marier dans une famille, dont il recherche Talliance, avec une jeune fille qu'il connaît peu,il prie son père d'aller la demander au chef de la c Soukala », et lui fait adresser un petit cadeau de bienvenue pour entrer en relation : ce cadeau consiste généralement en un paquet de bois. Si ralliancc plaît à la jeune fille et aux parents^ le jeune homme enlève sa femme sans fête, sans bruit ; et le mariage est ainsi conclu. Les jeunes gens mariés reçoivent quelquefois, chacun de leurs parents, un cadeau de bestiaux ou de grains pour les aider à se mettre en ménage.
(1) Les jour? de la semaine se divisent en jours heureux et en jours néfastes pendant lesquels il est dangereux d'entreprendre quelque chose. Dans la semaine, il y a généralement deux ou trois jours favorables, mais ils varient selon l'époque de la lune et les constellations, le chef religieux Hogon les tait annoncer.
(3) M. Duboscq, Adr. de Hombori.
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Eq revanche si la femme recherchée en mariage fait partie des connaissances ou des bonnes amies du jeune homme, qu*elle soit veuve, fille ou femme mariée, le jeune Ilombo lui fait simplement la cour en emportant dans sa saccoche un morceau de sel ou un morceau de viande. Lorsque la femme se décide au mariage, elle prend d'elle même le contenu de la saccoche et se rend de nuit, sans aucune fête, chez son fiancé où elle va habiter, après un simulacre d'enlèvement.
En tout cas il est de règle générale qu'un jeune homme a toujours, avec le consentement de la femme, le droit d'enlever une jeune fille que ses parents lui refuseraient ou une jeune femme qui lui plait. (.e rapt devient légal du moment que le couple a pu atteindre la « soukala » du ravisseur ou certains lieux sacrés, résidences reconnues des divinités protectrices.
La femme, comme on vient de le voir, a donc toute liberté pour changer de mari et se faire enlever, mais les enfants nés d'un mariage restent toujours au père.
Malgré cette facilité de mœurs, les indigènes prétendent que leurs femmes sont absolument fidèles et dévouées, tant qu'elles restent avec leur mari, car si elles désiraient un autre homme et que celui-ci les accepte, elles n'auraient aucune raison pour rester chez le premier.