Ndogom-Hahbrs du Plateau de Bandiagara
Fiançailles, — Les jeunes gens habitant les villages du Plateau de Bandiagara vivent en dehors de leur famille, formant une association avec leurs camarades du môme
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âge. A tour de rôle, aidés par leurs compagnons du clan, ils se bâtissent une maison et se préparent à se mettre en ménage. Tous ont des petites amies de leur âge qui viennent passer la soirée avec eux, échangeant des cadeaux. C*est parmi ces fillettes qu'ils se choisissent leur fiancée. En général, les jeunes gens attendent toujours pour se marier que leurs frères aînés soient déjà installés en ménage ; sans quoi ils devraient leur demander Tautorisation de les précéder dans le mariage.
Lorsque le jeune homme a obtenu le consentement de sa fiancée, il se rend, accompagné d'un ami chez le père de la jeune fille et lui annonce son intention de devenir son gendre. Si le futur beau-père accepte on lui fait un léger cadeau, paquet de bois, gibier ou poissons. Puis on fixe le jour de la cérémonie autant que possible un jour heureux de la lune qui suit la fin des récoltes de janvier. Jusqu'à cette époque le fiancé aidé par les camarades de son clan va travailler au champ de son futur beau-père et prépare vivres et boissons pour la fête. La veille du mariage le jeune homme envoie 500 cauries (1), à la jeune fille pour la faire coiffer et parfumer, puis achète du riz, un mouton et beaucoup de bière de mil, avec le secours de son association. Le jour désigné, les jeunes gens donnent une grande fête à laquelle assiste tout le village excepte les parents de la future. Au milieu des danses les amis du mari enlèvent à ses compagnes, qui la défendent, la fiancée et la conduisent au son du tam-tam au domicile de son époux. Le lendemain matin la nouvelle mariée prend sa cruche et descend à la fontaine ou au
(i) Environ 0,50 centimes.
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puits, pour montrer qu'elle est mariée et se charge des soins du ménage.
Le premier jour heureux qui suit l'enlèvement et le mariage, les nouveaux époux réunissent tous les amis du clan du mari, puis font prier le vieillard le plus âgé du village, VHanna-Gara (1), de venir consacrer le nouvel autel de famille, afin d'attirer la protection céleste sur le nouveau couple. Ce vieillard Hanna-Garay grand'prètre du village, vient s'asseoir revêtu de ses insignes sacerdotaux, à côté du nouvel autel familial, sur lequel a été déposé l'objet choisi par le mari, comme signe d'alliance (2) entre sa nouvelle famille et la divinité.
Le mari sacrifie lui-môme les victimes, poulets et moutons blancs ; il arrose de leur sang l'autel et le signe d'alliance, pendant que le vieillard prie Ammo (3) de leur accorder une nombreuse famille, la richesse et le bonheur. La jeune femme prépare immédiatement un repas avec la viande des victimes, dont le prêtre offre les prémices à la divinité et aux esprits ancestraux qui vont résider autour de Fautel ; et tous festoient en l'honneur des ancêtres et de la continuation de la famille.
(i) Le vieillard le plus A$;é de chaque village Rouge s'appelle » Hanna- Gara » (Le Rouge des Hanncs de Ganna) quelquefois on le nomme Hannana-le Hannes, ou bien s'il est des tribus Kas ou Kar : Kar-Hanna.
(2) Ces signes d'alliance, avec la divinité ou les ancêtres, sont : des pierres, des instruments en silex, des cheveux d'un f?rand-père, quelque chose ayant appartenu à Tanimal tanna ou à un marabout vénéré ou à un grand parent, ou même simplement un papier contenant la parole divine, attaché dans un sachet en cuir, ou formé de boule très serrée enveloppée de toile entourée d'une ficelle.
(3) Ammo ou Amba, nom de la divinité protectrice ; le plus souvent ce protecteur est leur ancêtre (Ndédé) le plus ancien fondateur de la race et c'est lui que l'on invoque pour qu'il s'adresse à la Divinité.
Par celte cérémonie les époux sont liés Tun à l'autre devant leurs ancêtres et se doivent fidélité. Son mari venant à mourir la femme devra garder le deuil un ou deux ans avant de se remarier^ en outre si elle voulait divorcer, elle ne pourrait le faire sans un nouveau sacrifice favorablement accueilli par la divinité.
Après le festin tous les jeunes gens vont saluer le chef de famille du mari et lui anoncer l'entrée d'une belle-fille dans sa parenté : ce vieillard offre en général un cadeau au jeune ménag-e. De là, le nouveau marié se rend seul chez son beaupère et lui porte une offrande pour le remercier de lui avoir accordé sa fille ; en acceptant, le père de la jeune femme doit adresser également un cadeau à sa fille.
3'' — Mariage politique avec fiançailles dès la naissance
Il existe dans toute cette région un autre mode de mariage que Ton peut appeler le mariage politique, car il a généralement pour but d'unir les membres de deux familles impor* tantes, quoique beaucoup de gens en usent pour se procurer la possibilité de prendre une seconde ou une troisième femme lorsque la première est trop jalouse.
Cette coutume matrimoniale parait avoir été importée par les « Gara » du Nord, car on la retrouve avec de légères modifications, dues aux rites locaux, chez les pêcheurs Rouges du Fleuve Korongoï de Mopli, chez tous les Habhés- Ndogom des monts de Bnndiagara et chez quelques tribus des Oumbebcy tandis qu'elle devient plus rare chez les tribus primitives de CEsty vers Mondoro et le fiourma, pour disparaître complètement chez les peuples de la forêt.
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Dans CCS mariages politiques, les fiançailles se font par rintermédiaire des parents, dès la naissance de leur fillette et quelquefois même avant.
Lorsque deux familles ont Tintention de resserrer ou de maintenir leurs liens de parenté, \ la naissance de la première fille, le père court chez son ami lui annoncer cette bonne nouvelle.
Lami en félicitant Theurcux père, lui demande sa fille en mariage pour lui ou Tun de ses enfants; puis (chez les Hambes ( rara) oilre sur Tautel des ancêtres un poulet en sacrifice pour témoigner de son engagement et prier la divinité de réaliser son désir ; il porte ensuite un léger cadeau (1) à la jeune fiancée ; et pendant cette visite, afin de bi<Mi marquer son intention de l'adopter dans sa famille il lui saisit le pied devant son père. Chaque année la famille du jeune homme doit renouveler les petits cadeaux : paquets de bois en hiver, épis de mil à la récolte, montrant ainsi que les familles restent engagées. Lorsqueles fiancés, enfants du même Age, ont grandi, ils travaillent aux champs ensemble dans les lougans de la fillette. Mais dès que celle-ci arrive à la nubilité vers 10 ou 11 ans, le garçon doit se faire agréer, comme mari car la jeune fille toujours indépendante a le droit de le refuser pour prendre un autre amant.
Si l'accord se conclut entre les deux jeunes gens, les cérémonies du mariage se passent comme dans les mariages décrits précédemment.
Chez les Naogoms^ Hambe -Garas ^ le jeune homme, aidé de ses camarades, se bâtit une case, prépare son entrée en
(1) (Paquet de bois ou épis de mil).
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ménage, va cultiver les champs de sa fiancée qui est devenue sa maltresse ; celle-ci, tous les soirs, quitte la chambre des filles dans la maison de son père pour aller passer la soirée chez son futur en lui portant des gâteaux au miel ou du kous-kous. Après les récoltes, pendant l'hiver, les fêtes de Tenlèvement, les visites aux parents, l'installation de Tautel familial se font selon Tusage avec les rites que nous avons décrits.
De même chez les Tot-o^ Tombo ou Oumho^ le jeune homme cherche à se faire agréer, portant toujours un morceau de sel ou de viande dans sa sacoche pendant ses visites à la jeune fille : dès que cette dernière a pris d'elle-même le léger cadeau de son fiancé d'enfance, l'accord est considéré comme conclu. Aussi, en attendant le jour d'hiver où il remmènera chez lui, en la faisant enlever par ses amis, l'homme envoie en cadeau du mil ou du bois à sa future femme, et va l'aider avec ses camarades à cultiver son lougan.
Les fêtes de l'enlèvement et de la conduite de la mariée à la maison de l'époux, chez les Foiilanne, Kri-Hahbés (1), sont toujours suivies, le lendemain matin, par la descente de la mariée au puits pour montrer sa soumission aux charges
(I) Les FouIanncsKri-Habbès sont des tribus Foulbès non islamisées qui firent partie anciennement du clan des Hanncs de Ganna et qui ont conservés les coutumes religieuses et malrimonialcs des « Gara » moins Tenièvement.
L'enlèvement ou simulacre «l'enlèvement existe toujours comme rite matrimonial chez les pêcheurs Bosos et les habitants de Saraféré. Avec M. Tadministraleur Terrier il m'a été donné d'assister au départ d'une jeune mariée pour le village voisin de Si\. Le jeune homme et ses camarades étaient venus chercher la jeune lille en pirogue mais les amies de celle-ci avaient également préparé une pirogue et lorsque l'heure du départ de la jeune fiancée arriva, on simula, une lutte au son des tam-tam pour empêcher le dépari suivi d'une poursuite de la pirogue du jeune homme par celle des jeunes filles du village.
PLANCIIB LXVIII-
^UNCHE LXIX
■Ip à MaiiiiuHi sur le plateau de B&niiiagara.
Uans lus panneaux au-<le$sus de l'entrée se Irouvenl les trophées de chanse du propriétaire.
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du ménage: Les sacrifices à la divinité se font, ordinairement, soit à Tautel de famille avec ÏIIanna-Gara, soit à un temple ou à un sanctuaire de la montagne (1).