XXVI. — ArtM et industries
Les Habbés ne sont pas plus spécialement forgerons, potiers ou tisseurs de profession qu'ils ne sont pêcheurs, chasseurs ou agriculteurs, mais occasionnellement pendant la saison sèche ils exercent tour à tour chacun de ces métiers.
Ils font preuve d'un véritable goût artistique dans l'architecture de leurs constructions et dans l'ornementation de leurs monuments par des sculptures sur bois et des modelages en haut-reliefs, et se montrent des plus habiles dans la fabrication de leurs masques, qui ne manquent pas d'expression. Ils se dévoilent surtout ouvriers experts et délicats dans leurs
pôle, qui rappelle ces constrnctions. » Nous retrouvons chez les Habbés ces mômes constructions voûtées et a coupole ovoïdes dans les ruines curieuses conservées, les j;rotlcs du ravin ds Laoura Touré à 15 kij. de Douentza.
3<)8 . THOISIKMK l'AHTIK
étonnants bijoux fondus à cire perdue ou fabriqués au filigrane.
Si tous les Habbés organisent par villages des expéditions vers les gisements mimers pour retirer le minerai et le préparer en lingots suivant la méthode catalane, ils ne fabriquent toutefois dans leurs familles que quelques instruments courants, laissant à certains individus le soin de se spécialiser dans les travaux délicats, la réparation des armes, et la confection des bijoux.
A ces individus libres viennent s'ajouter des familles d*artisans, chassés de la plaine par les envahisseurs, les Sama- Segou^ les Dions et les Nottmous, parents et alliés des Xoronj'oi' pêcheurs.
Les bijoux filigranes cuivre, argent ou or des Habbés sont du même genre que ceux fabriqués par tous les forgerons noirs et semblables aux parures du trésor d*Âmadhou (1), que conserve le ministère des colonies.
Ce travail au filigrane a été pratiqué dès la plus haute antiquité, dans tout le bassin oriental de la méditerranée, puis importé en Espagne par les Maures et en Italie parles Vénitiens.
Quant aux bijoux fondus à la cire perdue, (bracelets, bagues, manche de canne, poids emblèmes, animaux, clochettes), ils sont surtout connus en Europe par une série de figurines du même genre rapportées de la côte d'Ivoire, et servant de poids à peser Tor. (]es figurines représentent les animaux totems et les emblèmes des diverses familles Nda ;
(1) Au ministère des (iolonies ; bijoux capluréf^ h Ligon après ia prise de celle ville.
PLANCHE XCVIll
. if--—,.
Kig. 1111. — Conptrut: Irons llabliéa, (Types ilivLTS^. ig. lui. — Motifs dùcoratifs do iiorlea d'unirée o( d'aulcl du feu.
Emblèmes de la Triade divine.
ig. 1113, — Dr 1^0 rai ion dus Koris-Koris à mil cl panneau décoralit dans un vvstibulo de maison Ilnlibii (Hauts rdicfs). Fig. 1!I4. — SigncEi. embl^nii'S, marques do r
planche: xcix
HABBÉS 369
elles seraient donc très intéressantes à étudier pour Tethnographic de ces populations.
Dans cette industrie métallurgique les forgerons indigènes sont arrivés à une perfection étonnante, que Ton ne pouvait attendre du grossier outillage dont ils disposaient.
La poterie, contrairement à ce qui se passe dans la vallée nigérienne, est fabriquée, sur le plateau Habbés, indifféremment par les hommes et par les femmes.
Modelée en forme variable, depuis les grandes jarres destinées à contenir la provision d'eau du ménage, jusqu'aux minces coupelles où Ton place le gris-gris de famille, elle est cuite en tas, à la volée, après avoir séché h Tombre. Quelquesuns de ces vases, ainsi que les pipes, sont ornés de dessins linéaires grossiers, puis vernissés avec une mixture obtenue en brovant les fruits et Técorce d'un arbuste nommé sounsoun^i.
La terre est broyée, pétrie, et modelée sur une natte ou une peau ; toutefois j'ai vu souvent employer, comme chez les Korongol du Niger, un tour primitif formé par une cuvette de terre à fond très arrondi, et mis en mouvement à la main.
Plusieurs formes de ces poteries présentées sur les marchés de la montagne, rappellent, en plus grossier il est vrai, le type des poteries desTumuli.
Le tissage des étoffes de laine ou de coton est une des industries les plus développées chez les montagnards Habbés. Elle est réservée aux hommes, et chaque famille possède son métier, il n'est même pas rare de voir certains chefs Hogons tisser leurs vêtements.
Les Habbés lissent des étoffes unies ou en couleurs, teignant
870 TROISifeMK PARTIE
eux-mêmes les échevaux filés par les femmes, ou les pièces fabriquées. Leurs procédés de teinture et les produits végétaux sont ceux en usage chez toutes les populations noires. Les cotonnades qu'ils fabriquent spécialement sont des pagnes à bordures rouges « sanfiti » et à grandes rayures blanches, semblables aux pagnes de Segou, qu'ils font vendre sur tous les marchés nigériens.
Mais ils tissent surtout des lainages remarquables, ces a kassas » de laine blanche, comportant en leur milieu un dessin noir très archaïque, qui servent de vêtements préférés aux bergers Foulbés ; ils confectionnent également comme dans le Tioki et TAharani près de Goundam. ces belles draperies, à dessins variés noirs, sur fond bleu et rouge, tentures que les peuples berbères algériens fabriquent à peu près semblables dans leurs villages de Kabylie et du grand Atlas.
Pendant les heures chaudes du jour, en saison sèche, lorsque les jeunes gens chassent, font du commerce, ou se livrent à une industrie plus pénible, les femmes, dans leurs maisons, égrènent le coton et le filent, puis préparent du savon ou des pains d'indigo, tandis que les hommes âgés, sous les abris des places publiques, se livrent, en causant, à une multitude de petits travaux : ouvrages de vannerie, confection de corbeilles, ou de chapeaux, fabrication d'instruments divers, et "^ tannage des peaux.
En effet, ils savent habilement préparer les peaux en les tannant soit avec le noyau du raisin soudanais (Cissus Ampelocinus) soit avec le fruit de lacacia vereck Ces cuirs assouplis, puis colorés, servent k fabriquerions ces menus objets
HABHÉS 371
qui, clans les antres régions soudanaises (1), restent une industrie exclusivement réservée aux gens de caste : les Gara-sa ou Sivnké.
La caste des griots, ou chanteurs-musiciens attachés à la personne des chefs, n'existant pas chez les Habbés, ce sont les jeunes gens des associations qui accompagnent les chefs religieux en jouant du tambour, de la trompe, du sifflet et de la flûte pendant les cérémonies religieuses ; ce sont eux également qui se dévouent à tour de rôle pour faire danser, le soir, filles et garçons au clair de lune. Ils se réunissent souvent en nombre pour jouer en deux parties des airs qui ne man(|uent pas d'un charme barbare mais dans lesquels la phrase musicale très courte se répète indéfiniment sans grande variante. Dans ces montagnes, <\ part les trompes, les flûtes, les sifflets et divers tambours, je ne me souviens pas avoir remarqué d'instruments à corde ni de balafon, pourtant répandus dans les plaines de l'Ouest soudanais.
Les danses des jeunes gens le soir au clair de lune ne resremblont nullement aux danses funéraires qui doivent mimer les événements marquants de l'existence du défunt, ni aux danses sacrées des fêtes religieuses qui sont rythmées, cadencées et exécutées avec ensemble par tous les jeunes gens.
La jeunesse des deux sexes prend part à ces fêtes de nuit. Un garçon et une jeune fille se poursuivent tour à tour en pirouettant aux sons du tam-tam (tambourin et flûte), dans un cercle de femmes frappant des mains en cadence et en chantant en cœur de longues mélopées tantôt gaies, tantôt tristes.
(1) Voir les cIcHails donnés sur ces iiulnslries par le D' Uuelle dans son Elude (les populations noires de la Boucle, Anthropologie, t. XV, n© 6, pp. (;9-2-H9:i
eux-mêmes les échevaux filés par les femmes, ou les pièces fabriquées. Leurs procédés de teinture et les produits végétaux sont ceux en usage chez toutes les populations noires. Les cotonnades qu'ils fabriquent spécialement sont des pagnes à bordures rouges c sanfiti » et à grandes rayures blanches, semblables aux pagnes de Segou, qu'ils font vendre sur tous les marchés nigériens.
Mais ils tissent surtout des lainages remarquables, ces
a kassas » de laine blanche, comportant en leur milieu un
dessin noir très archaïque, qui servent de vêtements préférés
aux bergers Foulbés ; ils confectionnent également comme
dans le Tioki et TAharani près de Goundam ces belles dra-
\ peries, à dessins variés noirs, sur fond bleu et rouge, tentu-
' res que les peuples berbères algériens fabriquent à peu près
' semblables dans leurs villages de Kabylie et du grand
Atlas.
Pendant les heures chaudes du jour, en saison sèche, lors- ! que les jeunes gens chassent, font du commerce, ou se livrent
à une industrie plus pénible, les femmes, dans leurs maisons, [ égrènent le coton et le filent, puis préparent du savon ou des
' pains d'indigo, tandis que les hommes âgés, sous les abris des
' places publiques, se livrent, en causant, à une multitude de
^ petits travaux : ouvrages de vannerie, confection de cor-
* beilles, ou de chapeaux, fabrication d'instruments divers, et
' X tannage des peaux.
En effet, ils savent habilement préparer les peaux en les tannant soit avec le noyau du raisin soudanais {Cùstis Ampelocintis) soit avec le fruit de l'acacia vereck Ces cuirs assouplis, puis colorés, servent h fabriquer tous ces menus objets
Kij^. 1117. — l'OnliPur' Uo/i>s liu Bani
Fig. lus. — POirhcuni Sorko» ayant harponnO un liijipopulitmu.
I^. l»i. — IV-c^benr Soi<ko-K»riii)^ul.
HABBËS 373
nent leurs fusils ou leurs flèches que lorsqu'ils craignent une attaque ou entreprennent un voyage.
Les fillett(?s sont nues jus(|u'à Vdge de 8 à 10 ans, moment où elles adoptent le cosfume des femnies : un pagne très court ne dépassant pas les genoux et un chAlc (sanfiti) dans lequel elles se drapent le haut du corps ; les boubous flottants n'étant en usage que dans les villes.
Les cheveux sont tressés et coiffés en cimier de casque que prolonge sur la nuque un catogan et sur les cùtés des cadenettes. Dans cette coiflure sont disposés des perles, des bijoux de cuivre, d'argent ou d'or.
Cependant peu d'entre elles arrivent à lutter avantageusement avec la coquetterie des femmes Foulanes-Kri-IIabbés de la région dont la coiffure est un grand cimier tout scintillant d'opales de grenats et d'agathe. Toutes les femmes Foulbcs adorent d'ailleurs les pierreries, Tambre, les bracelets de cuivre forgé ou fondu, énormes, qu'elles portent aux poignets aux bras et aux chevilles.
Les femmes Habbés portent bien ces mêmes bracelets de chevilles et de poignets, mais ceux des bras sont le plus souvent des cercles de bois superposés les uns sur les autres au-dessus des coudes.
Leurs boucles d'oreilles (1) se composent de trois ou quatre cercles de métal fixés tout autour du lobe de l'oreille; comme à Tombouctou elles portent également une bague ouvragée accrochée <\ une narine ou à la cloison du nez, et même dans
(I) Les boucles d'orcilles, portées h Goiindam, Tombouclou cl dans la région lacustre nigérienne, rappellent exactement les pendants d'oreilles phéniciens reproduit par M. E. Bahclon dans son Manuel d'Archéologie Orientale, p. 310, art phénicien et cypriote.
les monts Tingué au-dessus de Bamba la lèvre inférieure est souvent ornée d'une bague lisse d'or onde cuivre doré.
Arrivés à l'Age de 40 ans, aussi bien chez les Habbés que chez les Berbères et les Sorkos les hommes abdiquent toute prétention à Télégauce. Ils se font raser complètement la tête, adoptent les grands boubous flottants, abandonnent leurs colliers et bracelets, ne conservant que les bagues, et enfin échangent leurs armes contre le bâton sculpté du vieillard respectable, membre du Conseil des anciens.
Cependant tous portent au bras au-dessus du coude un bracelet en marbre de Ilombori ; cette parure inconnue des gens de l'Ouest a été adoptée par toutes les populations' de la région Nord, Sorkos et Bosos, Gabibi, Markas, gens de Tombouctou et de Djenné et même par les Touaregs et les Maures. Ces populations d'origines ditlërentes ont aussi toutes adopté le même tatouage dit des « fils de Tombouctou » consistant en trois petits points bleus placés sur le front à la naissance du nez et répétés aux coins des yeux sur chaque tempe. Nous sommes tentés de voir dans ces coutumes les signes de reconnaissance liant les membres d'une ancienne confédération ; et ce qui semblerait confirmer cette hypothèse c'est de voir les populations Habbés abandonner peu à peu les mutilations ethniques récemment imposées par des peuples conquérants, rfont l'influence a disparu depuis notre arrivée. C'est ainsi que dans le Sud se perd Tusage de limer les dents en pointes, importé par les Mossi-Samos et que dans la plaine lacustre les trois grandes cicatrices, insignes imposés par les Couloubali ne sont plus appliquées dans les tribus non Bambaras.
III. — CoHmo^raphie. DiviHionw du temps, Saisonw. IVuniération.
Les facultés intellectuelles de ces populations Gara paraissent assez développées ; leur imagination est vive et leur langage imagé.
La mémoire surtout parait très intense, car ils conservent toute leur vie le souvenir de leurs parents morts, des événements importants auxquels ils ont assisté, et leurs vieil-
lards racontent avec fidélité les légendes et les lointaines traditions. Toutefois leur intelligence semble ne devoir que tardivement aborder les questions abstraites. Avant de bien connaître leur langue très complexe, basée sur le Sarrakolle, il nous sera d^ailleurs très difficile de nous faire une idée exacte de leurs connaissances métaphysiques et des conceptions qu'ils se sont faites de la cosmographie mondiale.
En efl'ct chez les Habbés, il existe des notions d'espace, un système d'organisation céleste, une connaissance de la marche de certains astres et une division du temps ; mais ces idées nous apparaissent confuses, variables suivant les individus et surtout très imprécises. Elles nous sont, en outre, très imparfaitement transmises par des interprètes incompétents.
Voici les quelques vagues notions qu'il m'a été permis de recueillir pendant mon séjour dans les tribus du plateau nigérien.
Le monde, d'après un vieillard deBankassi, se composerait de sept régions célestes et de sept régions terrestres portées sur le dos d'un bœuf. Parmi les quelques constellations conpues qui peuplent les cieux et servent aux prédictions des
376 TROISIÈME PAHTIE
Hogons, se trouvent un groupe d'étoiles brillantes nommées « aialfa » (1) sur le fleuve et <c Touleï diangon » dans la montagne, dont Tapparition est attendue avec beaucoup d'anxiété par tout le peuple. Car lorsque ces astres lumineux surgissent vers l'Est pendant la lune de « Goura-Keou » (mois de juillet) on peut se préparera la fête des semailles,
l'hivernage suivant toujours l'ascension de celte constellation dans le ciel.
L'étoile polaire est également connue d'un grand nombre de vieillards qui la dénomment « dénia siggi », ou « siggihire » ou même « gangui ». C'est, disent ils, la colonne qui soutient le toit de l'univers en s'inclinant légèrement tous les trente ans ; aussi lorsque cette colonne s'écroulera ce sera la fin du monde.
Les éclipses de soleil se produiraient^ d*après les mêmes vieillards, lorsque le soleil rencontre sur sa route la lune et la saisit. C'est alors un signe de grande joie car les humains* assistent à la rencontre des principes mâle et femelle de la divinité qui engendrent les forces de l'univers
Sur le fleuve au contraire les populations sont persuadées . que les éclipses sont dues à un animal, un chat, qui cherche à dévorer Tastre céleste. Aussi pour eflfrayer cet animal on se livre à un infernal tam-tam, accompagné de coups de fusil, de cris, de pilage d'eau dans un mortier h broyer le grain, jusqu'à ce que le phénomène céleste ait pris fin.
La division du temps est faite d'après l'évolution lunaire et le mois porte le nom de la lune Keo (KeoukioU'ého'Oh'Ohéoha),
(i) Ce sont, je crois, les Pléiades.
HABBÉS 377
Ce mois lunaire comporte cinq semaines de six jours. Les jours de la semaine ne reçoivent pas de noms particuliers, ils sont désignés dans chaque canton par le nom du village dont le marché se tient ce jour là. Sur ces six jours, cinq sont dus au travail ou à la communauté. Chacun dispose du sixième & son gré : c'est le « Repos » .
Les Habbés différencient parfaitement la journée de 24 heures (loiigonlé) du jour proprement dit « fiale » pu « igiùdia » (lumière).
Les différentes divisions de la journée sont : Lougoule : la journée.
V le matin : aga ou ibéoro en Mossi.
Iguidia, 5 h. du matin, la lumière.
Iguidia-Boula ou Aganon-Dimbé de Le jour J 8 à 10 h.
Iguidia \ 2^ midi : Iguidia dindin ou naletigue ou
oueïdinga.
3° après-midi : 2 h. Iguidia tohe guele.
4 h. Daganou ou Digna.
La nuit se nomme suivant les régions Nianga, Yanga ou loungo au Mossi ; elle comprend :
i^ le crépuscule: 3 h. Nonon lougousson.
6 h. Nounouleij.
2*^ la soirée :9 h. Dayadie.
, .. \ ^^ minuit : Nians^atara ou disrue tan^a.
La nuit 1 o o o
/ 4<* le chant du coq : 3 h. Koko, Kauke, Kouni. Si le coq chante avant ce moment c*est l'indice qu'une fillette est allée retrouver son bon ami.
\ o<* Taubc : 4 h. Aga yougou.
378 TROISIÈME PARTIK
L'année lunaire se compose de douze lunes qui sont numérotées : l""* lune, ohe ti ; 2^ lune, ohe beij, etc., de même les jours se dénomment : le 1®'' jour de la lune, oha lougoule ti ; le 2« jour de la lune, oha lougoule leij,etc...
Dans certaines provinces plusieurs de ces mois ont reçu des dénominations locales, ainsi les mois de la saison sèche s'appellent : les pieds chauds ou lunes du sable brûlant ; le mois des tornades sèches : la lune de ferme ta bouche ; le mois des semailles : la lune où il faut activer le travail ; le mois des grandes fêtes : la lune des ventres pleins, etc., etc.
Ces mois sont groupés en saison de deux manières dififérentes selon que les travaux des champs ou les phénomènes athmosphériques ont été pris comme base de la division. En général Tannée commence à la lune qui suit la récolte du petit mil, c'est-à-dire vers décembre.
La division des saisons d'après les travaux des champs comprend :
1^ Les lunes de repos : décembre à juin ; 2® Les lunes de semailles : juin à septembre ; 3® Les lunes de récoltes : septembre à décembre.
D'après les phénomènes athmosphériques les saisons sont :
Niouniou, Nioubouleg, Hieme,
1* Le froid < Janvier
Février Mars
2° La chaleur l Avril
Mai
selon les dialectes indigènes.
Ilogou, Nounou bene clisso ou Nanouma.
IIARBËÇ 379
( Juin 3° Les pluies < Juillet Dog-ondo ou Guinga.
( Août Septembre
4^ Le calme ou les récolte s
Octobre Paragoro.
Novembre
Les songhoï de Tombouctou et de Djeime divisent les saisons h peu près de la même manière.
iS novembre : Foufou, le froid ; l^^ février: Fata Fata ; 5 avril : Koron, la chaleur ; 3 juin : Kcydia, riiivernage.
Quoique ces indigènes connaissent les points cardinaux et les utilisent c|ueIc|uefois [)our se diriger dans leurs voyages ils ne leur ont jamais donné de nom particulier.
Dans chaque région ces positions astronomiques prennent le nom du pays des populations ou des royaumes qui se trouvent dans leur direction.
C'est ainsi qu'au village de Boumbou (fiondo).
Le Nord est désigné par Tombo-daka : dans la direction des monts Tombo.
Le Sud est désigné par Modio-daka : dans la direction des Mossis.
L'Est est désigné par Dian-daka : du côté d'où vient la pluie vers le village de Dian-kabo.
L'Ouest est désigné par Tingue-daka : vers le pays de Tingue.
Nuntdranon. — Les Ilabbés savent compter jusqu'au million et emploient un système décimal semblable à celui en usage chez les Sarrakole elles Foulbés soudanais.
Voici dans les dillerents dialectes de la région cette numération, (jui n'est jamais écrite, (les indigènes ignorant les
TROISIKMK PARTI K
chiffres se servent seulement dans leur calcul de lignes tracées sur le sol.
fa
fl m
fl
fa
-^ 3J3 C 3— 5;— rt
t- r.= -a -3 3 = 5? =c:a :2ii L^
tr.
rc-/:3^T oS)
o2sJcJCCC.-3.2P
J il 1 1 1 1 1 |l 1
'si
Songhoï Tomltouctou
1 1 il 1 1 1 1 1 II 1 1
5iî* ^g?« 3