‹ Le plateau central nigérianChapitre 65 sur 100 · PLANCHE XCV · texte numérisé non relu

PLANCHE XCV

Fis. ISS. - Un village HabbO vu du haitl de la falaise :

uu Lias dans la plaine, les ctianipii île culLuius (loiigans)

lilanlOM de gramis arbres.

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plées de Korongoï, a pu recevoir une empreinte égyptienne, mais elle est bien plus généralement orientale, car avec sa prédominance des pleins sur les vides nous la voyons apparaître dans tous les édifices primitifs des premières civilisations sémites, phéniciennes, hébraïques ou méditerranéennes (1).

De nos jours encore, dans le Djerid tunisien, oasis groupées autour de Tancien lac des Tritons, habitées jadis par des populations lybiennes fortement imprégnées de civilisations sémites par les colonies phéniciennes, nous rencontrons à Tozeur de nombreuses maisons h un seul étage construites soit en briques cuites, soit en briques simplement séchées nu soleil. Leur décoration extérieure se compose de colonnades de briques agencées avec une certaine symétrie qui n'est pas dépourvue d'élégance et qui témoigne d'un goût artistique. Ordinairement les briques simulent de petits frontons au-dessus des portes et les motifs architecturaux employés sont identiques à ceux des maisons Habbés.

Dans ce même Sud tunisien (2), on retrouve aussi des tribus montagnardes comme celles des Djebalia et des Matmata, dont les familles sédentaires habitent encore des ksours établis sur des rochers abrupts près des refuges de troglodytes et y cultivent des jardins en terrasses. Ces villages comme ceux de Douïret, de Chenini, de Guermessa, de Béni-

(i) Les t'oiiacles des temples Ilabbcs, avec leur colonnades et leur hauts reliefs rappellent l'archi lecture des monuments sémites primitifs dont l'ouvrage classique de M. Ernest Babelon : .Manuel d* Archéologie Orientale^ Quantin, éditeur, 1883, nous donne plusieurs exemples, p. 169, tig. 122, Fouade de TApadana d'Artaxercès tig. 136, Tombeau de Nacké-Rousiem, p. 209, fïg. 156, Tombeau de Gherdek-Kaïasi.

(2) Voir la maison de Touré.

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Barka, etc., ressemblent à s'y méprendre à nos agglomérations du plateau central nigérien (1).

Mais ces deux régions africaines si éloignées, ayant entre elles tant d'analogies par les mœurs de certaines de leurs tribus, par leurs anciens monuments funéraires et par Tarchitecture de leurs constructions modernes se trouvent reliées à travers le Sahara par toute une série de ruines et d'édifices témoig^nant d'une môme conception architecturale. C'est tout d'abord au pied des massifs sahariens, dans le Sud tunisien, les ruines de Djerma et les vieux ksars démantelés que Duveyrier a rattachés k la civilisation libyco-égyptienne des Garamantes ; Puis vers notre Sud algérien dans les oasis du Figuig, ce sont les motifs décoratifs de la tour de Ras-el*Aln, d'Oudaghir, et les constructions d*El-Abiod, d'El-Malz et de Zenaga. C'est encore plus au Sud dans notre Mauritanie sénégalaise, toute cette série de constructions ruinées^ qui dominent les arêtes rocheuses, et que les Maures-Beïdhannes attribuent aux Ga-Gâra (hommes rouges) et dont les vestiges du Ksar-el-Barka dans l'oasis de Tidjikdja au Tagant nous montrent les archaïques et surprenantes méthodes de construction (2).

Enfin, c'est à travers tout le Sahara et le Soudan, du Figuig

(1) Je rappellerai que dans la partie archéologique de cette étude j'ai également signalé la corrélation existante entre les sépultures dans Haounets et dans dolmens naturels de la Tunisie et les sépultures découvertes dans les monts Hombori et Bandiagara.

(2) Les maisons voûtées à toitures carénées de Matmator, que nous voyons dans les « rliortbr » de Médenine semblent également avoir une origine asia. tique (^ar nous en retrouvons des modèles dans Tarchilecture des primitives civilisations Assvriennc. Monsieur R. Bahelondans son Manuel d*ArchéolO' gieOrientale (Quantin éditeur 1888) donne page 681a reproduction d*un bas relief du musée britannique, tig. 89 « un groupe de maison à voûte et à cou-

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et du Touat jusqu'à Kong en passant par Agadez, Tombouctou et les villes nigériennes cette même répétition de méthode de construction et d'idées architecturales que nous voyons surgir avec tous les minarets des mosquées, tours rectangulaires, ou dômes ovoïdes surélevés : marabout de la Zaovict Kountah, marabout de Méraguen et sanctuaire des Sebain Salah au Tidikelt et au Tonat, tour d'Agadez, minarets des mosquées de Tombouctou, dômes ovoïdes et ornementations coniques des mosquées de Sansanding ou de Kong. Tous ces monuments semblent jalonner, à travers l'Afrique saharienne, la marche des peuples civilisateurs qui, partis des rives de la Méditerranée, vinrent à une époque lointaine organiser le Soudan.

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