‹ Le plateau central nigérianChapitre 68 sur 100 · L. — liittératuro · texte numérisé non relu

L. — liittératuro

Toutes les populations aoires soudanaises possèdent des légendes et des fables ; mais seules, les populations arabisées ont une littérature écrite à leur disposition.

Comme nous le dit si bien M. Maurice Delafosse dans son étude sur les Libériens et les Ba-oule :

« La légende est l'histoire des peuples qui n'ont pas d'écri- « turc. Le fonds en est constitué par des faits historiques et « vrais qui se transmettent de générations en générations, « mais chaque conteur y met du sien ; puis avec Téloigne- « ment, les faits prennent une allure surnaturelle, et le récit « est devenu légende. Mais toute légende repose sur un « fond de vérité qu'il faut chercher à démêler derrière les « enjolivements et les exagérations qui sont venus s'y sur- « ajouter ».

Aussi sera-t-il intéressant de recueillir et d'étudier toutes ces grandes légendes historiques, qui racontent, comme celle des « Faram », les exploits des grands chefs du Nord, Fondateur de Faram-Koïra (Sare-Faram), et organisateurs des confédérations de pêcheurs Sorkos, Songoï et Bozos (1).

Mais si les légendes sont Thistoire des peuples qui n'ont pas d'écriture, les fables et les proverbes sont leur morale.

(1) C'est probablement h ces Faram ou Far, chefs préhistoriques de populations descendues lentement du Nord, que nous devons la confusion de nom avec h;s Pharaon d'Egypte, à qui on attribue une visite h Hourrem, !e passage dans les défilés des monts de Bandiagara, vers Kiro-Borko. nommé le col de Pharaon, et l'organisation d'une troupe de danseuses et de magiciens tiré de Koukia. Ce titre de Far dont Farmaga est l'origine a été conservé par de hauts dignitaires dans toute l'histoire Soudanaise.

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Nous avons eu au moyeu âge, en France, le roman du renard, les populations nigériennes ont le « Roman du Lièvre », qui personnifie la ruse, la roublardise, le triomphe des petits sur les forts et les puissants.

« Le soir au clair de lune, ou après Tétape autour du feu « qui réchauli'e, chacun à son tour conte les légendes des « temps passés qui inslruisent et font penser, ou les fables « qui font rire et donnent à réfléchir.

« Les narrateurs ont en général un réel talent; ils miment « leur récit d'une façon remarquable, prêtant h chaque perce sonnage un langage et une intonation qui lui sont spécialece ment affectés. Les récits sont émaillcs de couplets, de jeux « de mots, de proverbes et de gauloiseries ; ils constituent de « véritables récréations intellectuelles ».

Ces légendes et fables indigènes présentent toutes un intérêt considérable pour Tétude des coutumes, des mœurs et des traditions soudanaises.

Pour confirmer le mode de formation des groupements et des confédérations, pour expliquer le culte des génies protecteurs, des animaux-emblèmes des familles et des tribus, enfin pour montrer les affinités méditerranéennes de la civilisation nigérienne, Je crois donc devoir donner ici une partie de l'épopée légendaire de Faram, que M. Dupuis-Yakouba voulut bien me recueillir chez les pêcheurs du fleuve des noirs.

Ces légendes ont déjà reçu une aimable hospitalité dans la Revue des Traditions populaires, dirigée par M. Paul Sébillot.

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