‹ Le plateau central nigérianChapitre 79 sur 100 · PLANCHE CXIV · texte numérisé non relu

PLANCHE CXIV

tSù. — Lnc muison llabbc-Gara de la rûgioii de Bandingars i'on!<truilu('n briques s^liév s au soleil. l)ao!! la friiic l'ji ligne brixèo sont uniénagûus dos nids |>ourlets birondulk'3 (Tanaas).

CLASCIIE f.XV

noirs en leur apportant une civilisation, une industrie, des arts, un langage et un esprit religieux nouveau se rattachant également aux conceptions orientales et asiatiques.

CONSIDERATIONS Sl'R LES PKI PLES CIVILISATEURS DESCENDl ES DU NORD DIT PEUPLES ROUdES

Tous les documents écrits (1) que nous possédons sur la période protohistorique soudanaise nous parlent de peuplades rouges, cuivrées, établies sur les bords du Niger moyen; confirmant ainsi les récits que nous avaient légués l'antiquité grecque et latine sur les Ethiopiens rouges habitant les régions sahariennes de TOu est africain.

Au commencement de la période historique Tauteur du Tarick-eS' Soudan (p. 8, traduction 0. Hondas) nous parle de Ganna, la capitale de cet empire des Ouakoré, qui avaitétendu sa domination sur toutes les populations noires et rouges du Soudan actuel. Cette ville voisine du Niger (2) était le grand

comme à Tombouctou Har-Koï ou Herkoï, le chef des mâles, divinités masculines. Le grand prêtre des Mosschis adorant le soleil, principe générateur femelle est le Hougo-Ouango. (Le prélrc du feu de la tribu de Oua femelle) et toutes ces tribus femelles se terminent par ngo.

(1) El, Dekri'Yakhout^Ibn-Khaldouny manuscrit rfe Z?e//o et Tarifees-Soudan,

(â) Ganatali était situé à cheval sur un petit marigot à quelques kilomètres (lu Niger près de Banamba ou d'après les indigènes ces ruines sont très visibles. Je n*ai malheureusement pas pu vérifier personnellement les dires de mes indicateurs (35 kil. du nord de Nyamina).

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! centre de la conrédé ration des Oua (1) (Aigle) dans laquelle

toutes les tribus confédérées prirent comme totem un oiseiiu ; coutume qui permet de retrouver facilement de nos jours d'anciens membres de ces groupemenls Oua ciiez les Touaregs, les Maures Senabdjali, les l'oulbéset les noirs pêcheurs.

D'ailleurs les bisforiens nous apprennent que cette confédération formait une triade de tribus, car on avait les Oiia- Kore (les oiseaux blancs), les Oua-Gata, (les oiseaux rouges), et enfin les Oua^bihi (oiseaux noirs) on Gabibi. C'est celte confédération des oiseaux (Oua) qui, avec Ganna comme capitale, supplanta dans le Nord l'ancienne confédération des Poissons (Mandé). Aussi, dans tout le Soudan actuel nigérien, les peuples soumis ou ralliés prirent le titre de Rouge (Ouïe ou Gara) qui est celui de la famille régnante des Anna, dont la capitale est Ga-anna {campement des gens Anna) (2).

Si l'époque de l'immigration de ces Rouges, que nous voyonsainsi établis sur les bordsdu Niger dès la période protohistorique, reste encore inconnue, les légendes des tribus du Plateau central soudanais et celles des Maures de l'Ouest saharien s'accordent pour donner à leur venue dans la région soudanaise une très haute antiquité. Selon les traditions des montagnards soudanais, ce seraient ces envahisseurs qui

(I) Dans les tribus nononkès de la montagne, le cher religieui est salué du (lire Hogon-Oua (aigle des llogon, ainsi que de Har-Hogon Uogon des mAles). Les clieFs de village âgés se nortimenl Anna-gara Homme rouge ou

(t) Le terme Ga signifie (cam|iement des gens de) : il est très employé dans le nord soudanais, partout on trouve des Ga-Koré (campement des blancsj gabibi (campement des noirs). Gagara (campement des rouges), L.es capitales dei Oua s'appelleront î^ouvcnt Ouaga Iprès de Nioro et dans le Mo^ti). Ce fui lonque les Sosos et matinkt- Hrrivèrent que ces peuples ajoutËrent par superl'élalion dou ou dougou qui fait Onagadou et Onagadougou.

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apportèrent sur les bords du Niger Tindiistrie du fer, l'art de construire des maisons en terre, en briques ou en pierres, connaissances qu'ils transmirent avec le titre de « oulé » ou de (( gara » à tontes les tribus do la Boucle qui leur furent souniises. Partout ils essaimèrent dos colonies de pasteurs et de comnierçants que nous rencontrons avec leur langage si spécial dans tout le Soudan, sous les noms de Sonninkés (1), Sarakollès, Ouakorès, Onagara, JNononkés, Haroua Poulo et Markas). Enfin nous pouvons contrôler leur aire d'extension, jalonnée par les tombes à tuyaux de poteries et par ces grands Tumuli de Vhge du fer à cheminée centrale. Monuments funéraires de leurs chefs, qui marquent rextrême limite de leur domination dans le haut Dahomey, la haute Côte d'Ivoire et sur les bords des fleuves de la Séncgambie.

Mais en dehors du Soudan dans tout l'Ouest saharien, le Tagant, le llodh et l'Adrar, ces peuples ont laissé d'autres monuments témoins de leur passage. Sur les crêtes des plateaux et rebords des falaises, M. l'Ad'' Arnaud, de la mission Coppolani, vient de retrouver des (juantités de ruines, de constructions en pierre, que les Beïdhan (Blancs), Maures, Berbères, disent avoir été élevées par les Ga-gara (gens rouges) qui occupaient le pays avant eux. (^es constructeurs chassés de leur territoire par les invasions des Maures, seraient venus occuper les plateaux du Mandiugues qui portent leur nom (le Gangara) vers Kitlia. Ces ruines se retrou-

(1) Les Sonninkés qui ont lait partie de la conlcdération des Sanhadja ou Souna comme heaucoup (légende de Faram) de pi^cheurs du fleuve et de Berbères, Maures vl Touaregs faisaient dans le clan des Oua parlie des blancs, tandis que les Maures Allouchs, les Meschdoufs. les Foulbés, faisaient partie des rouges. Ces derniers avaient auparavant t'ait partie du clan des poissons. Ma^ sous le nom de Gara ma.

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vent sur toutes les hauteurs jusqu'aux limites de la zoae foreslière soudanaise (I) semblables à celles des Nononkés des plateaux de Handiagara.

Dans ces constructions ils avaient mis un véritable art architeclural des plus curieux et d'une originalité pleine d'imprévu. Les constructions de Djenné et de Tombouctou, Tornementation décorative des maisons dans la montagne de Bandiagara, le style des mosquées nigériennes, celles du Touat du Tidikelt (2) et rornemcntation des maisons de Tozeur dans le sud tunisien, montrent une unité de conception architecturale surprenante

Ce sont les restes de cette civilisation que Duveyrier a découvcris a Garama, au Quecir el-Watwat, si semblables aux curieuses ruines du Ksar-elBarca à Tidjikdja au Tagant (Mauritanie) (3).

Avec ces principes architecturaux ils apportèrent l'art du tissage de la laine agrémentée de dessins originaux (Kassa) (4), la fabrication et l'utilisation des métaux, celle des bijoux flligrannés et fondus à cire perdue, dont les modèles de nos jours se retrouvent immuables dans les grands Tumuli, côte à côte avec quelques instruments de Tàge de la pierre, et

(1) I)rE. RueWc, Populations jioiresdu 2* territoire militaire ^ Anthropologie^ t. XV, n" 6.

(2) Voir le n» de V illustration du 28 décembre i90l, n« 3070, p. 4i9. Les photographies du Marabout de Zaouï et Kountah,du Marabout de Mcrageen (Touat) et du Marabout Sebain Salah (in Salah) exactement semblable aux mosquées de Tombouctou de Nyamina. Sansandingou de Kong.

(3) Voir : Dépêche coloniale illustrée, 6° année no 3 ; 15 février 1906, Œuvre de la France en Mauritanie.

(i) Les grands lapis, couvertures en laine fabriquées sur les bords du Niger cl nommées « Tioki .» à (ioundam, Niarunkcctc, se fabriquent idendiquement dans les Ksours du Sud Algérien cl dans la Kabilie.

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des poteries décorées et faites au tour. Ce tour très primitif, il est vrai, n'est eu usage que chez les pôclieurs qui ont été les alliés des « Rouges » : Les Koj'Ofigoi, chez (\m nous retrouvons également l'usage des grands filets (senues) qu'igaorent encore les Sorkos et les pécheurs primitifs de TKst.

Ces peuples ont amené du Nord le bœuf et le cheval barbe avec des troupeaux de chèvres et de moutons. Dans tout le Sahara, dans le Hombori et les grandes plaines, ils ont creusé pour abreuver leurs troupeaux ces admirables puits de plus de 60 mètres souvent, qui servent de temps immémorial avec leur revêtement de pierres.

Ils apportèrent également aux populations soudanaises des conceptions religieuses nouvelles et des principes de philosophie animiste nouveaux ; introduisant un culte des morts consistant en offrandes aux m'\nes des défunts sur leurs tombeaux et sur Tautel de famille où les âmes des ancêtres viennent se reposer avant de se réincarner dans la famille pour perpétuer la race ? Leurs morts sont ensevelis couchés souvent en collectivité, mais non par famille, les gens de même âge ensemble, dans des chambres funéraires placées sous les rochers ou dans des caveaux sous tumuli. Ils orientent les corps différemment suivant le sexe ou la fonction de l'individu, mais ménagent toujours dans le tombeau une communication avec l'extérieur. Les pêcheurs Korongoï placent à la tête du mort un tuyau de poterie ; les Peuhls, souvent des morceaux de bambous creux (1) ; disposition que nous trouvons ménagée dans les grands Tumuli, et qui est desti-

(1) Lieulenant iMoeau, Ae** Races Soudanaises ou Ethnographie des Races du Soudan, p. 20.

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née à pouvoir faire passer des lil):itioiis aux Ames des morts. Cette coutume subsiste encore chez les tribus non islamisées.

Dans les populations Ilabbés, métis d'ailleurs de ces a Ronges», se conserve le culte d'une triade divine avec l'adoration des principes niiYles et femelles, puis les vestiges d'un culte astral semblable à celui de la triade thébainc.

Toutefois ces envahisseurs paraissent avoir également introduit des sacrifices rituels humains sur les rives du Niger, car toutes les chroniques locales des pécheurs liozos les accusent d'avoir fait ensevelir vivantes des jeunes lilles, sous les fondations des villes qu'ils créèrent au Soudan pour en assurer la prospérité (2). Vnc coutume asiatique (3) analogue auiait existé dans les montagnes de Bandiagara, au moment des semailles pour assurer une bonne récolte.

Mais dans la constitution de la famille, et Torganisation politique, on retrouve de grandes similitudes de mœurs avec les Berbères. La femme est toujours considérée comme l'égale de l'homme et d'après les chroniques locales on lui voit souvent jouer un nMe politique. Le mariage se fait par consentement de deux libres volontés, on simule souvent le rapt. Kn général on ne doit pas voir ses beaux-parents et surtout en aucun cas manger en leur pi'ésence. La polygamie n'existe que chez les chefs et n'a di^ naître que tardivement par suite

(1) M. radminislraleur Montcil dans sarnonoîiçraphie do Djenné, à dcinon- Iré que Djenné (comme T(»ml)()ucl()u) «i'aillcurs avait élé fon«lée par des Oiiakoré j^oiis de (laiina, de la famille S(»nna ol non par des Songhoï [ukheiirs dont les Irihiis indépendantes ignorent encore tolaletnent l'arl de construire en terre et viventdans «les huiles.

(2) Monled, monoj^rapliie do Djenno, Ttirir/c i V. Dubois, TomOotcctoula- Mystérieuse.

(3) Coutume babylonienne.

du mélaage des races. Les tribus des villages paraissent avoir formé des confédérations dirii^ées par des djémaa^ où les vieillards avaient la prédominance et le chef religieux le pouvoir exécutif.

Quand on examine attentivement le langage et le genre de vie des différentes tribus de ces « peuples rouges » on peut les classer on deux groupements bien différents. Tout d'abord, il semble qu'une première invasion de ces peuples, déjà formés probablement d'éléments divers, s'est superposée, fondue et mélangée avec les noirs aborigènes. Cette fusion s'est faite dans le nord chez le groupement envahisseur le plus actif, le plus industriel et le plus progressiste. Ce seraient les différents métis de ces sédentaires^ métallurgistes, constructeurs, commerçants, qui habitent actuellement des maisons en terre. La base de leur langage est formée en partie par les idiomes des primitifs noirs fortement impressionnés par les accords phonétiques Peuhls et les radicaux Berbères (ainsi que le démontre Faidherbe (1); leurs tribus sont connues aujourd'hui sous le nom de Gara ou Wa Koré, Garama, Hanné- Hara, Sara-Kolé, Sonninkés, Nonokés, Markas (2) En majeure partie elles furent à une époque lointaine mélangées aux populations et affiliées aux clans des colonies phénicienr nés et carthaginoises du Nord de l'Afrique. Par suite, dans leurs migrations, elles importèrent un grand nombre d'idées et de coutumes phénico-égyptiennes et libyco-berbères.

(1) Général Faidherbe. Grammaire de Langue Poul.

(2) Seuls les Markas quoique se revendiquant Ouagara ou Oua Koré ne parlent plus le Sonninké. Comme on le verra plus loin à la chute de Ganna ils s'étaient alliés au clan des Keïta Malinké, depuis on les nomme souvent Malinkobé dont ils parlent un dialecte, Keïta et Marka sont du clan de la panthère.

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Le second groupement serait celui des tribns pastorales dont la pénétration chez les noirs s'est produite très lentement et de concert avec celle des autres « Gara ». Ces Oulé, Oua, Poulo, Poular, Foulbés,Foulannes, Foufouldés paraissent représenter un type ethnique tout particulier ; c'est rélémenl traditionnaliste, conservaleur et peu perfectible de ces immigrants descendus du iNord. Ces pasteurs formant la fraction pauvre et nomadisante de ces populations rouges^ ont mieux gardé la pureté de leur race et de leur langage si particulier avec ses goures « llomiuian et brute » et ses accords phonétiques. Toutefois même parmi eux on distingue deux types ethniques très diflérents ; d'où l'on peut conclure qu'ils n'étaient qu'un agrégat de plusieurs races superposées et d'origine bien différente, dont les fractions pastorales malgré leur contact continu avec des peuples plus civilisés n'ont jamais pu s'assimiler aucun progrès matériel, et sont toujours restés figés dans le même stade primitif de pasteurs.

Les peuples « Ou )> qui nous apparaissent dans le Nord de l'Afrique au début de la préhistoire, se sont répandus dans tous les pays de pâturages en se mélangeant aux primitifs. Une parlie de leurs tribus, les Foulbés, ont pénétré dans le Soudan par le INord-Ouest, suivant l'opinion de Barth, confirmée par le Tarick es Soudan, qui donne le Sous(l) Tichitt et Chinguitti comme pays originaire d'une fraction de ces Peuhls (2). Confédérés aux Berbères Allouchs et Mcschdoufs et aux Ilara ils ont fait parlie des Sonnadhja après la dissolution du clan des oiseaux (Ouagara). La plus grande partie de ces Ouagara vint pendant la période protohistorique de

(\) Le Sous, pays où s'arn'^leront les Berbères (Belle) au sud du Maroc. (-2) Tarich-eS'Soufiatu Irad. de 0. Iloudas. p. 38 et 28i .

l'empire de Ganna s'établir dans la cuvette lacustre nigérienne ; ils fondèrent avec le concours des pêcheurs noirs une capitale dans Tile de Tekrour sur le Marigot de Diaka qui, à la chute de Ganna, devint le centre de Tinfluence musulmane en pays noir. Depuis, le nom de Tekrour ou Tekoror ou TokoIor(l)a été donné à tous les métis musulmans de Peuhls et de noirs, tandis que les tribus Foulbés qui nomadisaient autour du lac Débo conservaient leur nom de Ouan-Garbès (2).

Mais jusqu'à maintenant, Torigine de ce mouvement de migration, et la composition ethnographique de ces deux peuples, que les Anciens et les Nigériens nomment Ethiopiens rouges, restent encore très obscures, car, ainsi que nous Tavons vu, on trouve des traces de leur passage dans toute l'Afrique du Nord.

Nous pouvons constater seulement qu'ils ont apporté avec eux d'évidentes coutumes et traditions asiatiques, sémites ou Babyloniennes, que M. G. Chatelier avait déji\ signalées dans son livre IJhlam en Afrique occidentale.

Peut-être retrouvera-t-on chez les sédentaires Hara la suite des invasions sémites-sumériennes qui pénétrèrent en Egypte pendant la période préhistorique, apportant les éléments de la civilisation de l'Euphrate, la culture du blé, la domestication du bœuf et du mouton, Tart de préparer les métaux et de faire des briques (3) ; et devra-t-on aussi rechercher

(1) La ville a clé fondée à Tekrour Rundee (île des nénuphars). Tous les pécheurs noirs mangent beaucoup de nénupliars (lotus) fruils ou racines et appellent cette région Tekrou, Tokoror. Pays des nénuphars. Hérodote cite déjà des populations lotophages dans le Nord de l'Afrique.

(2) Ouagara tait au pluriel Ouangarbé.

(3; D"^ Blanckenhorn, Anthropologie, t. XVI, p. 072.

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rorigiiie d'une partie de ces vachers « Ouïe » dans celte suite de mifrrations de peuples pasteurs qui envahirent l'Kgypte 2.300 ans avant notre ère et n'en furent chassés que vers 1700, pour continuer leur marche vers TOuest sons la conduite de leur roi Arclès (1). Kn tout casa Tépoque préhistorique, des léfj'-eiides i;;:recques, romaines et arabes, font arriver c\ rextrémitc orientale du iVlaroc un Hercule et son armée composée de cent peuples divers.

On peut attribuer facilement î\ l'un de ces groupements d'envahisseurs a Roui^es», aux sédentaires industriels venus du Nord, les textes anciens sur les Farnsï ou Phranisi que les premiers chroniqueurs latins nous montrent s'enfonçant de phis en plus vers le Sud.

D'après les 16g:endes, Farès serait le fondateur de Fez, et Salluste nous dit que les fils de Persée ou Perses de l'armée d'Hercule (Pharousii) en se mêlant aux Gétules ont formé la nation des iNumides.

Salluste au chapitre XVIIl de sa guerre de Jugurtha dit encore (|uc les Perses de Tarniée d'Hercule après la mort de celui-ci s'étaient établis dans la région des Syrtesens'abritant sous leur vaisseau renversé et leurs descendants auraient adopté cette disposition pour leurs cases (l) (mapalia). Stra-

({) Voir Maspéro.

(3) Dans les Iraductions arabes rap[)ortées dans le manuscrit de Bello. ces peuples sont appelés Berbères et pendant que l'auteur sijînale une invasion qui suit les côtes de la Méditerranée jusqu'au Maroc s'arrôlant au pays de Soussa, il nous montre une autre allant en Abvssinie et une troisième conquérant l'Air.

(3) On peut retrouver cette forme de navire renversé dans les cases des tribus Ouagar, Ouagarbes du Karimanké ou Karmaga et^dans toute la régioq lacustre.

Tarick-es-Soudariy Trad. 0. Houdas.

bon (XVII, III, 7) parlant, lui, des populations marocaines au commencement do notre ère dit : « Ces peuples sontappelés Maurusii par les Grecs, et Mauri par les Romains et les indigènes ». Plus loin il signale leurs relations avec les Pharusii et les Nigrètes qui habitent au-dessus d'eux dans le voisinage des Klhiopiens occidentaux... « Les Pharusii com- « muniquent à de rares intervalles avec les Marusii. Ils sus- « pendent alors pour la traversée du désert des outres d'eau « sous le ventre de leurs chevaux... Dans le pays des Pha- « rusii on prétend que Tété est la saison des grandes pluies « et que l'hiver est au contrairela saison sèche (XVII, III, 7) ».

Il ressort de ces écrits de l'antiquité, que les anciens distinguaient parfaitement les Maures marocains des Pharusii, des Ethiopiens noirs et des Nigrrtes, noirs Prognathes (Pline, V, I, 17) ; que d'après leurs traditions, des peuplades d'origine asiatique se seraient enfoncées peu à peu dans le , Sahara et qu'au commencement de Tère chrétienne elles étaient déjî\ établies dans la région des pluies équatoriales, sur les bords des grands fleuves du Sénégal et du Niger. Actuellement les provinces qui bordent la rive Nord du lac Débo s'appellent Farimaké ou Pharmagha et les noms et titres de Far, Faram, Fari sont très employés dans toute Ihistoire soudanaise. D'ailleurs ces légendes latines sont en concordance avec la tradition arabe de « Bello » dont le manuscrit rapporté par Clapperton nous dit en parlant des peuples du Sénégal : « les Sarankali du Sénégal (SarakoUes) descendent des Perses » (1).

Malgré tout, le problème des origines et des groupements ethnicpies qui composaient ces rouges reste jusqu'à mainte-

(I) Dcliam et Clapperton.

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l'origine d'une partie île ces vachers « Ouïe » dans cette suite (le migrations de peuples pasteurs qui envahirent l'Kgypte 2.300 ans avant notre ère et n'en furent chassés que vers 1700, pour continuer leur marche vers FOuest sous la conduite de leur roi Arclès (1). Kn tout casîi Tépoque préhistorique, des légendes grecques, romaines et arabes, fout arriver A l'extrémité orientale du Maroc un Hercule et son armée composée de cent peuples divers.

On peut attribuer facilement j\ l'un de ces groupements d'envahisseurs a Rouges», aux sédentaires industriels venus du Nord, les textes anciens sur les Farnsï ou P/irarusï que les premiers chroniqueurs latins nous montrent s'enfonçant de plus en plus vers le Sud.

D'après les légendes, Farès serait le fondateur de Fez, et Salluste nous dit que les fils de Persée ou Perses de l'armée d'Hercule (Pharousii) en se môlant aux Gétules ont formé la nation des Numides.

Salluste au chapitre XVIIl de sa guerre de Jugurtha dit encore que les Perses de Tarmée d'Hercule après la mort de celui-ci s'étaient établis dans la région des Syrtesens'abritant sous leur vaisseau renversé et leurs descendants auraient adopté cette disposition pour leurs cases (l) (mapalia). Stra-

(i) Voir Mas[)éro.

(2) Dans les traduclions arabes rap|)ort6es dans le manuscrit de Bello, ces peuples sont appelés Berbères et pendant que l'auteur signale une invasion qui suit les côtes de la Méditerranée jusqu'au Maroc s'arrôlant au pays de Soussa, il nous montre une autre allant en Abyssinie et une troisième conquérant l'Air.

(3) On peut retrouver cette forme de navire renversé dans les cases des tribus Ouagar, Ouagarbes du Parimanké ou Farmaga et^dans toute la rcgioq lacustre.

Tarick-es-Soudariy Trad. 0. Houdas.

bon (XVII, III, 7) parlant, lui, des populations marocaines au commencement de notre ère dit : « (^es peuples sontappelés Maurusii par les (îrecs, et Maiiri par les Romains et les indiarènes ». Plus loin il sis^nale leurs relations avec les Pliarusii et les i\i£rr(''tes qui habitent au-dessus d'eux dans le voisinage des Ethiopiens occidentaux... « Les IMiarusii com- (( muniquent h de rares intervalles avec les Marusii. Ils sus- « pendent alors pour la traversée du désert des outres d'eau « sous le ventre de leurs chevaux... Dans le pays des Pha- « rusii on prétend que l'été est la saison des grandes pluies « et que l'hiver est au contraire la saison sèche (XVII, III, 7) ».

Il ressort de ces écrits de l'antiquité, que les anciens distinguaient parfaitement les Maures marocains des Pharusii, des Ethiopiens noirs et des NigrMes, noirs Prognathes (Pline, V, I, 17) ; que d'après leurs traditions, des peuplades d'origine asiatique se seraient enfoncées peu à peu dans le Sahara et qu'au commencement de Tère chrétienne elles étaient déjà établies dans la région des pluies étpiatoriales, sur les bords des grands fleuves du Sénégal et du Niger. Actuellement les provinces qui bordent la rive Nord du lac Débo s'appellent Farimaké ou Pharmagha et les noms et titres de Far, Faram, Fari sont très employés dans toute Ihistoire soudanaise. D'ailleurs ces légendes latines sont en concordance avec la tradition arabe de « Bello » dont le manuscrit rapporté par Clapperton nous dit en parlant des peuples du Sénégal : « les Sarankali du Sénégal (Sarakolles) descendent des Perses » (l ).

Malgré tout, le problème des origines et des groupements ethni(|ues qui composaient ces rouges reste jusqu'à mainte-

(1) Dcham et Clapperton.

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naiit très obscur, toujours réduit à des hypothèses fondées sur d'incertaines probabilités, que seules des recherches dans le sud marocain, TAdrar occidental et les Ouasis sahariennes de Mauritanie nous permetlront peut-être d'élucider. Un fait cependant nous reste acquis, c'est l'arrivée au Soudan d'une population nouvelle, qui, en sinfiltraut lentement et en se mélangeant aux noirs éthiopiens, leur a apporté les élémentsde la civilisation méditcrranéeune, phenico-égyptienne, ou lybico-berbère.

Il semblerait encore qu'une indication sur les régions occupées successivement par les tribus de ces peuples cavaliers et pasteurs peut nous être fournie par les dessins rupcstrès si abondants dans la zone saharienne.

En effet, dans la plupart de ces reproductions grossières d'hommes et d'animaux ou d'instruments de travail, emblèmes des tribus et des corporations, nous remarquons beaucoup de cavaliers et de figuration d'autruches, animal totemique des clans des « Oua » pasteurs des régions sahariennes. Or cette ornementation des roches de l'Afrique vient d'être retrouvée dans toute la zone d'extension de ces peuples pasteurs et cavaliers que « Bello » appelle les Berbères.

Le rabbin Mardochée les avait signalés très nombreux dans le SoNS'7mirocain, pays d'origine d'une partie des migrations Foulbès et M. Robert Arnaud a marqué en Mauritanie, selon l'expression de M. le docteur Hamy (1), les étapes les plus méridionales des auteurs de ces décorations rupestres. dont M. Fourcau limitait récemment l'aire géographique au puits

(I) Bulletin de la Société tV Anthropologie de Paris, 1906. n« *2. E. r. Hamy : u PicrrO'i Icvj'os el fij;;urcs ruposires ilu Tagout », p. 100.

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de TajLf'hazi et de Oued-Tidelk dans le Sahara central ; taudis que le lieutenant LuigiTalamonti fixait en Erythrée cette même frontière dans la basse vallée de Basia.

Ces dessins, comme nous l'avons vu, sont comparables à ceux que j'ai signalés, sur les rochers de Niodougou dans la région nigérienne lacustre et sur le plateau de Bandiagara à Sangba ; ils semblent donc jAlonner les étapes de ces pasteurs du clan des oiseaux « Oua » dont les Berbères Foulbès formèrent la majorité, en arrivant au Soudan, alliés aux Gara, (les Oua- Crara) et qui donnèrent dans la suite leur nom aux régions des Gagara : (Tagant). (t)

(1) et. H. Duveyrier « Sculptures antiques de la province marocaine de Sous», découvertes parle rabbin Mardochée (Bull. Soc. de Geogr. 6 sept, t. XII, p. i'29, 1876 : F. Foureau d\Alger au Congo par le Tchad, Paris 1902, vol. in 8, p. 151-156; Conti» Rossini, Carlo. « Documenti per Tarcheologia critrea nella baisa valli del Basia, Roma, R. Ace. di Lincei, 1903, br. in-S, p. 4 5, 10.

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CONSIDKUATIONS SIH LKS KNVAIIISSEUHS BAHBAIIES VKM S 1)1 S.-K. DES RÉGIONS EOUKSTIKHKS

Mais cotte civilisation soudanaise créée par le mélange et le contact dans le Sahara et sur les rives du Niger de plusieurs races humaines bien distinctes, va s'écrouler et disparaître sous les coups répétés d'une série d'invasions de peuple? barbares et (leslrucleurs, ap|)ortant de TKst et du Sud des éléments nouveaux qui vont encore se superposer au métissage déjà si disparate des populatious nigériennes.

Ce sont des hordes de cavaliers composées d'individus de toutes races, pasteurs nomades(l jet trappeurs des forêts venus du Sud-Est formant le grand clan des serpents groupés autour d'une tribu qui les dirige, sous le commandement du Silatigui. La première de ces invasions est celle des Soussous (2), arrivant par le Haoussa et le Ouadaïjeurs dernières conquêtes. Ces barbares en envahissant le Soudan, fondent l'empire des Mossis, et renversent l'empire Ouakoré en détruisant sa capitale Canna (3) vers 1230. Après avoir longtemps séjourné dans la boucle nigérienne, où toutes les tribus ont dû adopter le « Totem » du serpent, ils poussent jusqu'à l'Atlantique où nous les retrouvons sous des noms divers :

(1) (!es pasloriens étaient probahlenient de race Foiilbés plus ou moins ni'His'^és.

('2) Sousous, Soces. Sansan, Sanké, Sara. . le;^ peuples el tribus qui se rallient <^ ce clan des serpents deviennent les so, si, sa. sankara, etc.

(3) Tavick-esSoudan, 0. Houdas.

Soussons de Sierra-Ijccne, Socesde Cazamance, de Gambie et des pays Sérères, enfin Soses ou Si.^soko de la Falémc du Sénégal et du Kassonké. Mais leur tribu principale stationnée sur le plateau Mandingue, réorganise en s'alliant aux « Markas » (t) Tancien empire de Ganna et forme le grand clan des hippopotames (Malinké) avec les anciennes tribus Oua ou Mandés réduites en servage.

Cependant, dès 1430, cette féodalité s'effrite pour donner naissance aux clans du lion dans le Nord-Ouest, de la pan- /Arré* au centre sur les plateaux et de la ht/rne sur le fleuve (Korongoï-Markas), C'est à cette période de désorganisation que correspond la formation, sous les Malinkés Couloubali, du nouveau clan des Barmnanas ou Caïmans, composé d'une masse hétérogène de primitifs prognathes sortis des forêts du Sud. Pendant tout le xvn® et le xvni® siècle, les bandes de ce clan progressent vers le Nord, réduisant en captivité ou en servage les groupements qui ne se rallient pas à leurs confédérations politiques. Il vient échouer au commencement du xix^ siècle aux limites du désert sur le plateau Mandingue. où la conquête européenne les trouve et leur donne le nom de Mandé, quoique beaucoup de ces familles de Bammanas n'aient jamais fait partie des anciens clans du « poisson ». Tous ces envahisseurs parlaient la même langue, dont les idiomes des Soces et des Malinkés méridionaux sont restés purement agglutinants, détaillant bien les assonnances, tandis que les idiomes des Malinkés du Nord et des Bambaras acquéraient au contact des langues Peuhis ou Sonninké une physionomie différente par de nombreuses élisions ou additions euphoniques.

(1) Markas- laraoré.

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Les individus de ces groupements, s'intitulant des Moro Fiug (I) (hommes noirs), avaient une civilisation bien inférienro à celle des populations soudanaises qu'ils soumirent; cap ils ignoraient Tart de fabriquer le fer, les étoffes et même la poterie, etc., et pour la plupart, n'utilisaient que des ustensiles faits avec des fruits de calebasses (courges).

L'art de construire en briques ou en pierres, Tindustrie du tissage et Tusage de pierres meulières pour écraser le grain leur étaient inconnus. Us habitaient des cases cylindriques en terre avec toit conique en paille. La polygamie était la règle de leurs unions, la femme s'obtenait par achat et occupait un rang inférieur dans la famille. Tous, tatoués, portaient de larges incisions et leurs dents étaient souvent limées en pointe.

Partout ils ont établi une forme de gouvernement féodal au pouvoir central très autoritaire et fortement constitué ; la guerre a toujours été pour eux une nécessité et un moyen de gouvernement, pour réduire les vaincus en castes d*ar.tisans industriels ou en faire des esclaves.

Excessivement superstitieux, quoique m'ayant, en fait de religion, qu'un grossier spiritualisme tournant au pur fétichisme, ils vivent toujours dans la crainte des esprits supérieurs et des divinités des vaincus (2) ; et pour conjurer des dangers surnaturels, ils se livrent à toute espèce de sortilège

(1) Ce terme moro ou boro fait au pluriel suivant les idiomes Mori,Moroï, Mosschis, Moriba, Moroïba, Morogoïba, Mossibés.

(2) Les castes asservies ont exploité abondemmenl celte crédulité et ces superstitions, fondant dos associations secrètes (Komaou Naba) et se faisant les prêtres des divinités dont ils gardent entre leurs mains la puissance. Les castes de forgerons ont surtout réussi à s'imposer par leur nama les mêmes figures niasquées qui tigurenl dans les cérémonies cultuelles de la montagne chez les Rouges.

l'LANCIIE CXVI

PLANCHE CXVIl

Fig. i3i. — D^.iii's ilu Tombouclciu f:ar hi |iJac>' du iiiarchi'

IJorlant, l'une la iroiffuiv ilo Tombouitou (uailen'illos).

l'autre la uoilTuro DJenoé |bouli.>Kj,

et de pratique magique daus lesquelles ils ont une confiance

absolue. Ils n^ont que de très vagues et incertaines idées

d'animisme ; leurs cérémonies cultuelles sont toujours tenues

secrètes et consistent en de grossiers sacrifices. Enfin, si les

garçons sont circoncis, les femmes sont toujours excisées très

jeunes. Une constatation curieuse faite depuis longtemps

par un grand nombre d'observateurs, est la présence de

types mongoloïdes dans les familles royales des Keitas et

des Kouloubalis et chez les gens de castes nobles Siso-

kho, qui ont tous appartenu au clan des serpents Sanké.

Raffenel, dans son nouveau voyage au Soudan, dit, page 189,

en parlant d'un de ces chefs : « Sakhe est d'une taille

a élevée, mais d'une extrême maigreur, son visage est

a démesurément long, son œil est bridé et taillé obliquement

(( dans un front bombé comme Tœil des Chinois (j'ai retrouvé

<f depuis chez d autres Kouloubalis ce signe caractéristi-

« que), il a le regard éteint comme celui d'un homme

« adonné à Tivresse, sa couleur est celle des Peuhls...; les

c Kouloubalis sont la caste souveraine des Bambaras du

« Kaarta ». Nombreux sont les observateurs qui ont fait la

différence eutre le type des familles de chef, et le type

populaire. Chez les premiers on remarque, avec quelques

caractères mongoloïdes, le teint rouge clair, la taille élancée,

tandis que le type peuple des tribus Bammanas est trapu,

souvent très prognathe, avec une musculature puissante

jointe à un aspect ramassé.

Actuellement, l'histoire de ces envahisseurs des clans du

serpent, de Thippopotame et du caïman, conduits par des

Sakha ou Sanké, ne nous est connue que par les légendes

orales recueillies sur le plateau central nigérien et par les

les bustes furent trouvés dans les ruines de Tanis, étaient Mongols.

C'est également h cette invasion que Ton peut attribuer une des origines des si nombreux radicaux phonétiques chinois ou annamites observés et recueillis par M. le général Frey dans les dialectes soudanais occidentaux.

D'ailleurs Bello nous dit très explicitement que ces envahisseurs de races diverses, les Berbères, avaient, d'après les traditions, des alliances mongoles: ^< Les Berbères descendent « d^Abraham, quelques-uns prétendent qu'ils sont issus ^e « Japhet et d'autres de (îog et Magog, dont une tribu qui « se trouvait à Gaïroum s'était unie avec les Turcs et les « Tartares... Africus régnait en Yemen et les Berbères... en « Syrie ».

COiNGLUSIONS

Dans le chaos de tribus superposées et métissées que nous

rencontrons dans notre empire soudanais nigérien, il parait

donc exister, d'après les légendes, traditions et documents

scientifiques :

1^ Un fonds de tribus très primitives et de négrilles dont,

sauf dans quelques légendes locales, on ne retrouve plus

actuellement de traces en dehors de la zone forestière :

(I) 1 es Ë^yplicns prchistoriqiies identifiés avec les Annamites, d*après les inscriptions iiiéroglypliiques, par le général H. Frey de V Armée Coloniale^ Hachette 1905.

lu PLANCHE CXVIII

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^jfoj|^)dte|

rig.S33.— Alkkal. Jeune ruiiiitic Targui do.s Kd-llaoïissa N. Kuunder.

Fig. 83*. — Jeune romiiic Targui jnuani, de lu Uioiks (Vi"lun) atiri(ée[iar des leiitnrrs nig(>riennes soinbliibln» aut lentumskatiylesalKëriKnR.

PLANCHE CXIX jeunib rEUUES de ll rèuion d

PJg. iSli. — KoililaJJc. Jliuni.' lilk Maui'c Kounlah.

2® Une couche de peuples noirs peu prognathes^ que les anciens nommaient Ethiopiens noirs, descendants des populations néolithiques soudanaises d'origine hamitique qui ont laissé de nombreuses traces dans tout le Nord africain. Ces peuples sont caractérisés actuellement par l'emploi d'outils

en pierre, et Tusagede la poterie. Ils se livrent à Tagriculture, la chasse et la pêche, habitant des cases de paille en forme de ruche. Les femmes ne sont pas excisées. Tous restent fortement attachés à leur culte spiritualiste et ne donnent que de tièdes musulmans. Morts, ils sont encore enterrés assis, accroupis ou repliés (1 ) ;

3® Toute une série de populations dénommées rouges par les légendes locales et les écrivains anciens, parmi lesquelles nous entrevoyons une juxtaposition de plusieurs éléments ethniques dont Tun, probablement Semites-Sumériens, est représenté par les sédentaires industriels auteurs de la civilisation saharienne et soudanaise, caractérisé par des habitations en terre ou en pierre édifiées avec un sentiment de la décoration très prononcé. Ce groupe reste de préférence industriel et commerçant, quoique bon agriculteur.

L'autre élément se compose des tribus pastorales nombdes, dç civilisation primitive et stationnaire, provenant, selon toute probabilité, des peuples pasteurs que les traditions locales de Bello assimilent aux Berbères.

Les individus non islamisés de ces deux groupes ont introduit au Soudan une philosophie animiste avec le culte des ancêtres, le respect des morts, et la croyance à une triade

(1) Ce genre de sépulture a été signalé par Hérodote pour les Nasamons et se retrouve dans toute l'Afrique du Nord.

QUATHIËIIE PARTIE

divine ; mais dès qu'ils sont convertis à la reli^oo musul mane, ils deviennent tous des prosélytes fervents de l'isla misme ;

4° Nous voyons enfin se superposera ces groupements métis ses toute une série de populations hétérogènes, nègres ppc gnathes, pasteurs et cavaliers nomades, venant du Sud e de l'Est occuper l'Ouest soudanais sous la conduite de famil les d'origine et de type Mongol. Les traditions locales et 1 linguistique font descendre ces familles d'une invasion de pasteurs en Egypte décrite par Bello comme un exode ver le Sud d'une partie des Berbères.

Ils amènent avec eux des bœufs et des chevaux (type Don gola) de l'Afrique orientale, et produisent une forte régi-ee sîon dans la civilisation soudanaise, en méprisant toutes le industries, même celle de la construction, car ils habiten des cases cylindriques en terre à toit conique de paille. II apportent une langue agglutinante et établissent de forte organisations féodales; mais, ignorant tout travail d'art, il: réduisent les primitifs en servage. Polygames, ils introdui sent l'excision chez les femmes qu'ils se procurent parachat Enfin, n'ayant que des idées religieuses simplistes touman au fétichisme, ils restent généralement réfractaires à l'isla' misme.

Toutes ces hypothèses et toutes ces probabilités doiven encore être sérieusement confirmées par une série de recher ches dans la préhistoire, l'archéologie, l'anthropologie et )i linguistique des peuples soudanais et sahariens, vastei champs ouverts k l'activité des explorateurs, des cher cheurs et des savants dont les découvertes et les trouvaille:

permettront sans doute de soulever peu k peu le voile qui recouvre dans ce coin de TAfrique les origines de Thumanité.

Toutefois, on peut conclure, d'après la longue série d'observations et de faits exposés dans cette étude sur les populations nigériennes et soudanaises, que les primitifs négroïdes et les négrilles se sont généralement montrés toujours incapables de créer par eux-mêmes une « société organisée » et de soumettre à des règles leur individualisme intransigeant.

Ces peuplades refoulées peu à }>eu dans les forêts du Sud et de rOuest y végètent encore dans le même stade de sauvagerie qu'aux temps préhistoriques.

Quant aux tribus qui sont parvenues à une organisation sociale embryonnaire, comme les Oumbi, Bobo, Lobi, etc., elles ne le doivent qu'à un métissage continu et une infiltration lente de populations venues de TEst, sachant utiliser la pierre et connaissant la poterie. Elles deviennent alors plus aptes à s'imprégner des idées civilisatrices importées du Nord- Est par des populations contenant des éléments asiatiques.

En effet, il apparaît clairement que nous devons tout Téclat des empires soudanais aux groupements migrateurs et colonisateurs qui ont fait pénétrer, jusqu'aux rives du Niger, en partant des bords de la Méditerranée, avec leur organisation sociale en confédération, leurs arts, leur industrie, leurs conceptions religieuses, et une civilisation pleine d'affinités phénico-égyptiennes et lybico-berbères.

Nous constatons également que les éléments ethniques étrangers, introduits par les populations colonisatrices ou envahissantes du Nord, disparaissent en Nigritie absorbés lentement par de nombreux métissages avec les aborigènes noirs ; et, chaque fois que le fonds des peuples primitifs

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nigrètes est arrivé à prendre une prédominance marquée ou la prépondérance politique, nous voyons la civilisation soudanaise subir une forte régression vers la barbarie.

Cependant, en songeant que dans notre Afrique occidentale française nous trouvons éparpillées dans tous ses vastes territoires de nombreuses colonies d'industriels, de commerçants et d'agriculteurs qui avaient créé Ganna, Djenné, Tombouctou, (iao, villes commerciales si célèbres dans le monde au moyen Age qu'elles excitèrent jusqu'à nos jours la curiosité et Timagination de l'univers, nous devons envisager avec beaucoup d'espoir l'îivenir, persuadés qu'avec le concours de tels auxiliaires nous pourrons continuer à appliquer à la Nigritie le proverbe que l'ancienne opulence développée par ces colonisateurs avait fait naître :

(( Contre la gale du chameau emploie le goudron et contre la misère un voyage au Soudan ».

1906' La Galère (Tliéoule Supérieur)^ A, M.

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