SUR LES ORIGINES DES POPULATIONS NIGÉRIENNES
CONSIDÉRATIONS (iKNÉRALKS SI:R LK PRÉHïSTORIQUK NORD-AFRICAIN
La connaissance plus approfondie que nous avons acquise pendant ces dernières années, des populations soudanaises, par l'observation de leurs mœurs et coutumes, par le recueil de leurs légendes et traditions, par l'étude de leur langage ; enfin les dernières découvertes archéologiques et la comparaison des monuments préhistoriques trouvés tant au Soudan, au Sahara, en Guinée, qu'en Ethiopie et en Nubie; permettent actuellement de discerner vaguement Torigine de quelques-unes des grandes migrations qui ont amené sur les bords du Niger-Moyen ces divers groupements ethniques de types si différents dont les éléments, plus ou moins métissés et mélangés par les événements politiques, occupent par leurs Clans ou Confédérations notre empire Soudanais.
Les premières traces d'Humanité retrouvées jusqu'A ce jour sur les bords du Niger appartiennent toutes à la période néolithique africaine.
456 QUATRIt:MË lARTIE
Tagant, dans le sud de la ]V{aiiritanie des groupements de pierres levées et des figurines rupestres.
Sur les plateaux éthiopiens la mission du Bourg de Bozas a rencontré des monument lithiques semblables à ceux qui furent élevés sur les bords des grands lacs nigériens ; eniiQ le capitaine Duchemin a découvert en Gambie soit isolés, soit accompagnant des tumuli, des monolithes qui paraissent également avoir une grande analogie avec les précédents (1).
Les petits instruments de l'Age de la pierre polie, récoltés au Somal, en Abyssinie et sur les plateaux éthiopiens par les missions Revoil et du Bourg de Bozas, en ce moment étudiés au laboratoire A^ Anthropologie du Muséum^ présentent également de grandes similitudes de forme et de travail avec les pointes de lances, les couteaux et les lames à dos rabattu de nos ateliers soudanais. Quant àToutillage néolithique récolté dans les ateliers des environs de Timbo (Haute Guinée) par M. l'administrateur P, GuebhardW est exactement semblable à celui des plaines nigériennes.
Les fragments de poteries trouvées dans le désert Somali, dans le Sahara et sur les bords du Niger, sont également de composition et de factures identiques. Elles ont été obtenues, comme M. le docteur Hamy l'a si judicieusement fait
Garoual (Tagant) en Mauritanie marquent l'extension vers le Sud des popualions qui ont orné de leurs des'^ins les rocliers du Sous marocain signalé par le rabbin Mardochée. Ces dessins sont à comparer avec les figures de Niodougou et les dessins de Sanga sur le plateau central de Bandiagara.
(1) Les sépultures sous tumuli, fouillés par le capitaine Duchemin en Gambie présentent de grandes similitudes avec le mode d'inhumation employé de nos jours par les Macagnes, dont M. l'adm. Leprince a donné une élude dans V Anthropologie, XVI, i-1905.
Fin. !18. - Maiiboul .Ir M,'iB(<uen (Tiiual).
l'LAiNCIIi: CXI
Fig. îlli. - Maialioul ili' Zuiiuli h Kimiila, Ti<lik»?ll (Sud AlgOriPti).
— Mii*r[ui:T liu S.mkoiT !■( vm' ilc; Tuiiiboucloii.
dans les cavernes, entourés de tout un mobilier de Tàge de la pierre polie soudanaise.
On peut remarquer que les sépultures retrouvées au milieu des ateliers contiennent égalemient des corps accroupis recouverts par un vase renversé entouré d'un petit cercle de quatre à cinq pierres, couronnant un léger tertre funéraire (1),
La poterie en effet est apparue pendant cette période néolithique; car on en trouve de nombreux fragments mêlés aux cendres des foyers, et ornés d'une décoration variable en creux et en relief.
Cet ^ge de la pierre polie africaine nous a également laissé dans la région lacustre nigérienne quelques curieux monuments mégalithiques. Ce sont ces groupes si caractéristiques de monolithes polis, cylindro-coniques, ornés de sculptures, généralement attribués, par les traditions^ aux Bosos, premiers pécheurs du Grand Fleuve.
Si nous comparons les objets recueillis et les monuments observés dans notre Soudan nigérien, avec ceux retrouvés dans les différentes parties de TAfrique du Nord en ces dernières années, nous sommes obligés de constater d^étonnantes similitudes ; et certains rapprochements paraissent s'imposer à l'esprit. M. Tad ministrate ur Arnaud (2) vient de signaler au
(1) Des sépultures de ce genre ont été trouvées dans la province de Gonstantine. M. Cristy a fouillé en 1863. « ... 14, Cromlechs qui étaient des tombeaux. Le cadavre y avait été déposé dans une position assise, accompagné quelquefois d'anneaux de cuivre ou de fer, de silex travaillés et de fragments de poteries... »
Recueil de notices et mémoires de la Société Archéologique de la province de Constantine, 1863, p. 214.
(È) Bulletin de la Société d'Anthropologie de Paris, 1906, n^ 2.
Les dessins rupestrcs découverts par M. Arnaud aux sources de l'Oued
456 QUATRIKME lAKTIK
Tagant, dans le sud de la Mauritanie des groupements de pierres levées et des figurines rupestres.
Sur les plateaux éthiopiens la mission du Bourg de Rozas a rencontré des monument lithiques semblables à ceux qui furent élevés sur les bords des grands lacs nigériens ; enfin le capitaine Diiclumiiit a découvert en (lambie soit isolés, soit accompagnant des tumuli, des monolithes qui paraissent également avoir une grande analogie avec les précédents (1).
Les petits instruments de l'Age de la pierre polie, récoltés au Somal, en Abyssinie et sur les plateaux éthiopiens par les missions Kevoil et du Bourg de Bozas, en ce moment étudiés au laboratoire A Anthropologie dti Mushim^ présentent également de grandes similitudes de forme et de travail avec les pointes de lances, les couteaux et les lames à dos rabattu de nos ateliers soudanais. Quant AToutillage néolithique récolté dans les ateliers des environs de ïimbo (Haute (îuinée) par M. l'administrateur P. Guebhard'û est exactement semblable à celui des plaines nigériennes.
Les fragments de poteries trouvées dans le désert Somali, dans le Sahara et sur les bords du Niger, sont également de composition et de factures identiques. Klles ont été obtenues, comme M. le docteur Ilamy l'a si judicieusement fait
Garoual (Tagant) en Mauritanie marquent l'extension vers le Sud des popuations qui ont orné de leurs dessins les rochers du Sous marocain signalé par le rabbin Mardochée. Ces dessins sont à comparer avec les figures de Niodougou et les dessins de Sanga sur le plateau central de Bandiagara.
(i) Les sépultures sous tumuli, fouillés par le capitaine Ducbcmin en Gambie présentent de grandes similitudes avec le mode d'inhumation employé de nos jours par les Macagnes, dont M. l'adm. Leprince a donné une élude dans V Anthropologie, XVI, 1-1905.
CONCLUSION io7
observer au musée du Trocadéro, en poussant de la terre dans des nattes faites en feuilles de palmiers Doums {cucifera Thebaïca), Cette métliode est encore employée par les Songhoï, les Sorkos et les primitifs Soudanais de TEst. De même les pointes de flèches soudanaises se rapprochent beaucoup de celles que Ton trouve bien plus au Nord dans les oasis sahariennes.
Quelques-uns des instruments les plus caractéristiques du Néolithique de cette région, restent encore en usage chez certaines populations noires des rives Est du Niger à l'exclusion des derniers conquérants du pays. Ce sont les broyeurs, pilons, cylindres écraseurs (1) et les formes variées des meules dormantes que E. F. Gautier a trouvés si abondamment sur les pentes de TAdrar.
Enfin dans la décoration de Tàge néolithique domine un motif très particulier signalé par M. le docteur Hamy sur les fragments de poteries récoltés au milieu de Toutillage préhistorique de la grotte de Kakimbon à Rotoma près de Konakry (Guinée française). Ce dessin représentant une espèce de digitation inégale et imbriquée en désordre, a été retrouvé dans Tornementation d'une poterie funéraire surmontant une des tombes d*un tumulusdu Yagha(Haut Dahomey), puis sur une des grandes pierres cylindro-coniques du monument lithique de Tondidarou dans la région lacustre nigérienne. Enfin, un motif ornemental analogue a été observe dans des débris de poteries d'un ancien atelier de « noumou » près de Bamako; il figure dans les dessins rupestres de Sanga et reste encore
(1) Les Lol)i, les Gourniankes, écrasent toujours leurs grains sur des mortiers en pierre, v. Dr Ruelle, Anlhropolngiey !.XV, p. G.
460 QUATRIKME PARTFK
SI UVIVANCKS LAISSÉKS DANS CKRTAINKS TIUIU S NKiÉlUKNNKS PAU LKS POIM'LATIUNS PRIMITIVKS
Parmi le métissage extraordiiiairomcnt varié dos différents groupements politiques de notre empire soudanais on retrouve dans certaines castes d'individus et même dans quelques tribus, des survivances de traditions, coutumes, mœurs, industrie, qui semblent devoir nous les faire rattacher aux néolithiques soudanais, et nous autorisent à prendre en considération les légendes, qui attribuent à leurs ancêtres directs la construction de grands monuments mégalithiques nigériens.
Les tribus et les familles ayant de nos jours conservé un très grand nombre de points communs avec les Néolithiques sont réparties sur les bords du Niger, du Sénégal et de leurs affluents. On les retrouve dans toutes les régions montagneuses et boisées du Plateau central Soudanais, du Mossi, de la Guinée, et elles existent également dans tout le Soudan plus ou moins métissées et réduites k l'état de castes industrielles.
Ce sont de grands beaux hommes, de teint très. noir, au prognathisme peu prononcé, caractérisés par des jambes longues. Ils habitent presque tous des huttes rondes, paillottes en forme de ruches, dont la membrure est constituée par des perches flexibles fixées dans le sol et réunies au sommet. (l'est ce genre d'habitation que nous retrouvons a travers
planche: cxii
Fig. m, — Fai;ui]eil'uiio mlkisoM <lu viJlaiti' île Nigara-Motidiii orilOo (le (rupl)i>UK ilc clias»cs. eritics îles uniiiiaui l\i6s par
456 QUATRIt:.\IE lAKTIE
Tagant, dans le sud de la Afauritanie des groupements de pierres levées et des figurines rupestres.
Sur les plateaux éthiopiens la mission du Bourg de Rozas a rencontré des monument lithiques semblables à ceux qui furent élevés sur les bords des grands lacs nigériens ; enfin le capitaine Dttchemin a découvert en Gambie soit isolés, soit accompagnant des tumuli, des monolithes qui paraissent également avoir une grande analogie avec les précédents (1).
Les petits instruments de l'Age de la pierre polie, récoltés au Somal, en Abyssinie et sur les plateaux éthiopiens par les missions Revoit et du Bourg de Bozas, en ce moment étudiés au laboratoire d* Ani/iropo/ogie dit Mifsêum, présentent également de grandes similitudes de forme et de travail avec les pointes de lances, les couteaux et les lames à dos rabattu de nos ateliers soudanais. Quant à l'outillage néolithique récolté dans les ateliers des environs de Timbo (Haute Guinée) par M. l'administrateur P, Gueh/iard ïl est exactement semblable à celui des plaines nigériennes.
Les fragments de poteries trouvées dans le désert Somali, dans le Sahara et sur les bords du Niger, sont également de composition et de factures identiques. Klles ont été obtenues, comme M. le docteur Hamy Ta si judicieusement fait
Garoual (Tagant) en Mauritanie marquent l'extension vers le Sud des popuations qui ont orné de leurs dessins les rochers du Sous marocain signalé par le rabbin Mardochée. Ces dessins sont à comparer avec les figures de Niodougou et les dessins de Sanga sur le plateau central de Bandiagara.
(1) Les sépultures sous tumuli, fouillés par le capitaine Ducbemin en Gambie f)résenlent de grandes similitudes avec le mode d'inhumation employé de nos jours par les Macagnes, dont M. l'adm. Leprince a donné une étude dans Y Anthropologie^ XVI, 1-1905.
D'après Schiopinfurth ces ncolithiques Kthiopiens se rattacheraient aux populations Nubiennes, en particulier aux Bega ou Bedjas (t). Ils seraient venus du Sud et du Sud-Est et auraient habité, avant d'arriver en Egypte, les déserts arabiques et lybiques dont le climat était encore humide.
Ils avaient des instruments en silex et en jaspe, des vases de pierre ; ils connaissaient la poterie, mais toujours ignorèrent Tart de construire des maisons et la confection des briques. Nomades vivant de chasse, ils brûlaient les corps de leurs chefs tandis que ceux des autres personnes étaient enterrés en position fléchie.
De nombreux rapprochements semblent donc s'imposer entre les néolithiques égyptiens et nos néolithiques soudanais et sahariens de la fin du quaternaire ; mais toutes ces présomptions et ces probabilités ne peuvent devenir des certitudes que lorsque dans les ateliers soudanais les études stratigraphiques des gisements et les observations cranométriques des documents découverts établiront l^s corrélations existantes entre ces types humains primitifs et Içs périodes géologiques pendant lesquelles ils vécurent.
(\) Bagas, voir E. T. Elamy (Grotte ileKakimbon), p. 247. — Ces Borgas paraissent ôlre les primitifs néolithiques de Guinée comme les Ba, Ba ou Bobo au Niger et les Béga au Nil, tous ces noms prétentenl de grandes ressemblances .
PLANCUË ex III
Kia. ÏÎ3, - V,H- maison llul>bi> .lu village ilo Ki.ijK..i-
D'après Schioeinfurth ces néolithiques Kthîopiens se rattacheraient aux populations Nubiennes, en particulier aux Bega on Bedjas {l). Ils seraient venus du Sud et du Sud-Est et auraient habité, avant d'arriver en Egypte, les déserts arabiques et lybiqucs dont le climat était encore humide.
Ils avaient des instruments en silex et en jaspe, des vases de pierre ; ils connaissaient la poterie, mais toujours ignorèrent l'art de construire des maisons et la confection des briques. Nomades vivant de chasse, ils brûlaient les corps de leurs chefs tandis que ceux des autres personnes étaient enterrés en position fléchie.
De nombreux rapprochements semblent donc s'imposer entre les néolithiques égyptiens et nos néolithiques soudanais et sahariens de la fin du quaternaire ; mais toutes ces présomptions et ces probabilités ne peuvent devenir des certitudes que lorsque dans les ateliers soudanais les études stratigraphiques des gisements et les observi^tions cranométriques des documents découverts établiront I^s corrélations existantes entre ces types humains primitifs et )çs périodes géologiques pendant lesquelles ils vécurent.
(\) Bagas, voir E. T. Hamy (Grotte deKakimbon), p. 247. — Ces Borgas paraissent ôtre les primitifs néolithiques de Guinée comme les Ba, Ba ou Bobo au Niger et les Béga au Nil, tous ces noms prétentent de grandes ressemblances .
460 QUATRIKMK PARTFK
SI UVIVANCKS LAISSKKS DANS CKRTAINKS TIUIU'S MiiKIUKNNKS PAH l.KS PoPlLATIONS PlUMITIVES
Parmi le métissage extraordiiiairemcnt varié dos différents groupements politiques de notre empire soudanais on retrouve dans certaines castes d'individus et même dans quelques tribus, des survivances de traditions, coutumes, mœurs, industrie, qui semblent devoir nous les faire rattacher aux néolithiques soudanais, et nous autorisent à prendre en considération les légendes, qui attribuent à leurs ancêtres directs la construction de grands monuments mégalithiques nigériens.
Les tribus et les familles ayant de nos jours conservé un très grand nombre de points communs avec les Néolithiques sont réparties sur les bords du Niger, du Sénégal et de leurs affluents. On les retrouve dans toutes les régions montagneuses et boisées du Plateau central Soudanais, du Mossi, de la Guinée, et elles existent également dans tout le Soudan plus ou moins métissées et réduites k Tétat de castes industrielles.
Ce sont de grands beaux hommes, de teint très. noir, au prognalhisme peu prononcé, caractérisés par des jambes longues. Ils habitent presque tous des huttes rondes, paillottes en forme de ruches, dont la membrure est constituée pardes perches flexibles fixées dans le sol et réunies au sommet. C/est 00 ,i;onro d'habitation que nous retrouvons à travers
toute TAfrique de la mer Rouge à l'Atlantique, employée par les Somali, Danakil, les peuples de l'Ethiopie et du Chari (D' Dccorsse) par les Haoussas, les Songhoï, les Mossi, les pêcheurs des grands fleuves soudanais, enfin par certaines castes sénégalaises comme les Laobé, Diawando, ÎN'Dao.
On peut toutefois faire remarquer que dans la boucle nigérienne au contact des populations qui emploient des cases cylindriques en terre surmontées d'un toit conique, des groupements de ces primitifs ont souvent adopté sur leurs ruches ovoïdes, des toits coniques et un léger revêtement intérieur en terre.
Les dialectes de ces descendants des primitifs, appartiennent à des idiomes isolants, avec tendance à la flexion, et parla se rapprochent des langages Ethiopiens.
Ces tribus et ces familles paraissent en général n'avoir pas eu de totem particulier. Cependant parmi la collection des nombreux animaux éponymiques, qu'elles ont été obligées d'accepter successivement en passant sous la dénomination de nouveaux conquérants, nous retrouvons chez presque toutes un poisson ; ce qui montre qu'à une époque lointaine elles ont été englobées dans la confédération «des poissons », dont le clan principal des Mî\ (lamenlin) a doimé un nom à toute une région soudanaise du ÎN.-O. Mandingué (1).
Chasseurs et pêcheurs, ces indigènes se livrent à quelques
(I) Mandé veut dire Nda des Ma ou père des MA : Ce cuUe parait (^Ire un culte plus Clialdéen qu'Egyptien, c'est la représentation d*Anou de Bel chez les Phéniciens. Chez les Carthaj^inois, la famille des Barca avait des poissons sacrés comme totem (Salambo).
L'introduction de ce totem parait revenir aux peuples Sémites. Sumériens que nous verrons apparaître après les llamites primitifs se superposant el se mélangeant à eux.
462 ^(L'ATHlk.\li!: l'AKTlK
cultures mais restent actuellement les seuls à broyer leurs grains avec des pierres sur des meules dormantes et à fabriquer de la poterie ornementée. Tous les hommes portent un bracelet généralement en pierre, passé au bras au-dessus du coude. (Ihez ceux qui ne sont pas trop englobés par des populations musulmanes on trouve les restes d'une religion « spiritualiste ? » culte rendu à des génies locaux sous la protection desquels ils se placent particulièrement et avec qui ils échangent des signes d'alliance. Ils ont des intermédiaires officiels avec ces génies et peuvent devenir propriétaires exclusifs de la protection d'une de ces puissances occultes.
Les cérémonies religieuses consistent surtout à offrir des sacrifices et des libations k ces divinités de puissances variables, avec accompagnement de danses par des jeunes gens masqués.
Ils se livrent h des pratiques de « magie » pour se préserver de la maladie, des sortilèges, et connaître l'avenir.
Enfin, si les hommes sont circoncis, les femmes ne sont jamais excisées. Les relations sexuelles sont très libres, le mariage existe par consentement réciproque, et la polygamie reste généralement admise.
Les morts, excepté dans les groupements islamisés, sont
placés accroupis ou fléchis dans des excavations verticales ou
même dans de grands vases enterrés dans le sol ; Touverture
supérieure de la tombe est fermée par un vase renversé,
entouré d'un petit cercle de 8 à 10 grosses pierres.
Lorsqu'à une époque ancienne, les chefs étaient placés dans une chambre funéraire sous tumuli, le revêtement extérieur du monument servait de cimetière au peuple.
CONCLUSION MMi
Jusqu'à nos jours, on plaçait auprès de chaque mort, les objets nécessaires et utiles pour une nouvelle existence dans un monde lointain, et même on chargeait le mort d'offrandes, de cadeaux et de commissions pour les gens qui l'avaient précédé dans l'autre vie (t).
Mais des idées religieuses et les restes d'une conception philosophique orientale dont l'étude plus complète présenterait un intérêt capital, se trouvent également chez les tribus des primitifs non islamises; toutefois, dans l'état actuel de nos observations, il ne semble pas que ces idées soient absolument personnelles à ces primitifs; elles ont pu être empruntées aux envahisseurs rouges venus du Nord, actuellement musulmans fervents pour la plus grande partie.
Chez ces peuples nous retrouvons les éléments d'un culte astral et f/ivin. Le grand chef religieux et le feu portent le même nom (2;. Dans plusieurs cérémonies on transporte le feu, on lui offre des sacrifices et des libations ; puis chez ces mêmes indigènes la femme, le soleil, et la divinité sont désignés par le même terme (3) ; enfin un culte spécial est rendu au Soleil emblème générateur du feu fécondant et à la lune, honorée comme principe actif, principe mâle, (cette dernière coutume a laissé des traces nombreuses chez les musulmans nigériens et principalement chez les Markas, qui saluent la lune). Au-dessus de ces deux forces divines et
(i) Usa^e ayant cours au Vaglia chez les Songhoi non islamisés vers Tera la Sirba, le Mossi, le Gourma, Lobi.
(2) Au mossi gourma-Tera-Doforobo, le grand prùtre, chef théocratique se désigne par Hougon et Bougon, le feu se dit Rougo.
(3) Chez les Songhoi^ la femme se dit Oueï, féminin Oueïnne et soleil Oueina ?
464 Ol'ATRIKMK PARTIK
les englobant existe la grande divinité toute puissante, Amma, Ammo, Amba, E(erne//r puissance créatrice.
Mais c(.' (jui est encore plus curieux que cette reproduction d<» la triade Thébaiue des forces créatrices, c'est la division des tribus, en màlcs ou femelles, selon le principe divin qu'elles adorent. Cette coutume très répandue dans la Boucle nigérienne est caractérisée par la dénomination des familles (1), la décoration donnée aux monuments, et la forme des autels élevés à la puissance céleste suivant le principe divin adoré par le groupement. Cbaque tribu est en outre dirigée par un cbef théocratique dont le devoir est de prier lui-même la triade divine sur un autel à trois pointes.
Mais les observations et les études de ces conceptions philosophiques, n'ont été jusqu'à ce jour que très imparfaitement recueillies, il serait donc prématuré d'attribuer, comme on Ta dit plus haut, ces idées religieuses ainsi que leur diffusion dans les régions nigériennes, exclusivement aux descendants des primitifs néolithiques. Eu efl'et, si d'après les traditions qu'aucun document n'a encore permis de vérifier, ces Ethiopiens noirs, en colonisant les bords du Niger trouvèrent dans ces régions dos Négrilles et des peuplades sauvages avec (jui elles s'allièrent, nous y voyons aussi les traces nombreuses d'une migration lente et continue d'hommes rouges descendus dès la plus haute antiquité des régions méditerranéennes et venant se mélanger et se superposer aux primitifs
(1) Les Mosschis, la t'emnie se dil Oiicïna, le soleil (Oueïniga, Dieu Oueruic, nucndiga) : les (iourma, la l'emme se dit ugo-tiengo, le soleil (Tiengo, Dieu Tien«,'()). C'est le Dieu féminin que l'on invoque.
Les trihus mAles sont précédées du terme qui signitie mâle Ahr, Har, Sar, iMar, lier, Kar, ainsi on a : llar-Ona, la tribu des Ona mâles, de m^ine llarina Kur-ainba Markas. Sar Kollé et la divinité, Dieu devient pour eux