‹ Le Platonisme pendant la Renaissance [microform]Chapitre 64 sur 77 · ES IDEES DE DOM CALMET · texte numérisé non relu

ES IDEES DE DOM CALMET

ï. — Les do\(nées scientifiques dé la Bible.

Pour défendre rin%ralité de Tln/piration des Livres Saints, bon nombre d aWlogistes s'efforçaient hier encore de démontrer l'accord de la cosmogonie sacrée avec les données de la science actuelle\Cet eflfort suppose la foi révélée et orthodoxe en une science\strotiomique, physique et chimique. « On nous reprochVd'avoir deux cosmogonies, Tune sacrée, l'autre profane,l^est un reproche que nous n'acceptons pas... Il n'y a pas cl^ux cosmogonies, il n'y en a qu'une. La Bible n'a pas pour objet de nous apprendre l'Astronomie ni la Géologi^et nous èroj/ons que les auteurs sacrés n* en saoaient qu^ ce que V ok connaissait de leur temps Où voit-on/en effet que relise ait une cosmogonie sacrée opposée à l'autre *. » Le problème de l'accord de la science avec 1^ données bibliques\ne se pose donc plus et nous n'avQ^is plus besoin de « c^s substructions hétérogènes et bizarres agencées au petit Bonheur par les Wisemann, les Bpugand, les Nicolas et les xjettinger *. » L'intégralité dey l'Inspiration de la Bible n'\ plus à se défendre sur un terrain où elle ne faisait d'aHjeurs que reculer pied i pied. Mais une autre question\se pose maintenant : Gomment accorder le caractère divin d\rinspi-

1. Mgr Migdot, L'EvoIationisme religieux, Corre»pondant, 1(1 avril 1897, p. 15 eyie.

2. Abbé Chi. Denis, Esquisse d'une apologie philosophique, Anf\ de Phil. chrétjy août 1897, p. 597.

LjEj

(i2'' article)^ LE PLATONISME EN FUANGE (suite).

Quand on cherche à préciser l'influence exercée par les idées philosophiques sur une période donnée de l'histoire, on se trouve en face d'un contraste assez inattendu.

D'un côté par la nature même des questions qu'elle traite, par le degré de profondeur et d'abstraction des problèmes qu'elle agite, la métaphysique est condamnée à ne s'adresser qu'à une poignée de penseurs : la même remarque s'applique aux sciences qui, de près ou de loin, s'y rattachent. Les profanes (c'est-à-dire en tout temps l'immense majorité des lecteurs) s'en détournent avec un vague effroi. Il semble donc que cantonnée loin de tous les intérêts terrestres, dans la région de l'immuable et du suprasensible, elle doive se résigner, sauf de rares exceptions, à rayonner dans le vide sans provoquer autour d'elle rien qui ressemble à un vibrant écho.

Mais en même temps la philosophie est si bien par sa nature la mère de toutes les connaissances et le centre de tout enseignement que, malgré eux, les grands esprits dans les sphères lesplus différentes en empruntent quelque chose, et alors même qu'ils ne lui permettent pas de les enrôler sous sa bannière, ils ne laissent pas de s'éclairer en quelque mesure à sa lumière. L'histoire de toutes les époques de véritable culture intellectuelle est là pour en témoigner. Publicistes et savants, lettrés et artistes subissent, fût-ce même

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