‹ Le plus ancien manuscrit du Miroir de Saint AugustinChapitre 3 sur 3 · LX. Parvulos emendandos instanter · texte numérisé non relu

LX. Parvulos emendandos instanter

LXI. Sanctorum conversationi et tractui adherendum. LXII. Non accipiendas usuras.

LXIII. Quod negotiator mendacio exuî non possit. LXIV. Duplicia pondéra non habenda ^ .

1. Sancti Aurelii ÀugusUni operum omnium supplemetUum, éd. Hieronymus Vignier, t. I, p. 525-534.

Le rapprochement qui vient d'être fait démontre jusqu'à l'évidence que les fragments analysés par dom Rivet d'après le ms. 10 de Fleuri appartenaient à un exemplaire du Spéculum de saint Augustin. Nous pouvons donc maintenant affirmer que les feuillets, au nombre de douze ou environ, qui manquent aujourd'hui dans le ms. 16 d'Orléans, étaient un morceau d'un exemplaire du Spéculum de saint Augustin et qu'on y trouvait notamment les chapitres xxix-xxxn et lvu-lxiv de cet ouvrage.

Ceci posé, retournons au ms. 16 de Libri. Le second des morceaux dont il se compose consiste en treize feuillets, qui, suivant M. le docteur Hort*, renferment tout ou partie des chapitres xxvii-xxxn et lvh-lxhi du Spéculum de saint Augustin.

N'est-il pas évident que ces treize feuillets sont ceux qui manquent au ms. 16 d'Orléans ? Les critiques qui ont l'habitude des textes du moyen âge ne sauraient conserver à cet égard le moindre doute.

Je n'insisterai donc pas davantage sur une identification qui me semble incontestable, et je me bornerai à résumer en peu de mots les points que je crois avoir mis hors de discussion.

L Le second morceau du ms. 16 de Libri consiste en treize feuillets d'un très ancien exemplaire du Spéculum de saint Augustin.

IL Ces treize feuillets se trouvaient reliés au xviii® siècle dans le ms. 10 de la bibliothèque de Fleuri-sur-Loire.

IIL Ils ont été utilisés par dom Sabatier pour son édition des anciennes versions latines de la Bible.

IV. Dom Rivet les a analysés dans Y Histoire littéraire de la France j sans y reconnaître un traité de saint Augustin et en supposant fort arbitrairement que c'était un écrit composé en Gaule au commencement du vi® siècle.

V. Ces feuillets étaient encore en place en 1796, quand l'abbé Carré dressa un inventaire des manuscrits de Fleuri et qu'il compta 44 feuillets au ms. nMO.

1. Voici les termes mêmes de la lettre qae M. le docteur Hort a bien youla m'écrire le 25 juillet dernier : « ... Unfortunately the 13 leaves contain only ce. |27], [281, ['^l 30, 31, [32], [56], 57, 58, 59, 60,61, 62, [63j . They are deri- Yed from three quaternions, being the last leaf but two in one quaternion (this leaf is now bound up last), the three ouler sheets of the next quaternion, and the three inner sheets of a much later quaternion (the first extant leaf of this quaternion is now bound up last but one). »

VI. Ils devaient encoï^e s'y trouver en 1820, quand Tabbé Septier assigna le n® 16 au manuscrit précédemment coté 10 et nota qu'il se composait de 44 pages (c'est-à-dire 44 feuillets).

Telles sont les observations que j'ai cru devoir vous présenter sur un des plus précieux morceaux dont votre bibliothèque d'Orléans a été dépouillée. La communication vous en était bien due : c'est, en effet, chez vous, c'est grâce à vous et à vos amis, que j'ai recueilli des notes suflSsantes pour établir l'origine du plus ancien exemplaire connu du Spéculum de saint Augustin, et pour confirmer la judicieuse hypothèse du docteur Hort sur le caractère de la seconde pièce du ms. 16 de Libri.

Voilà bien et dûment restitué à l'histoire littéraire de Saint- Benoît-sur-Loire un morceau de littérature ecclésiastique que les fraudes de Libri semblaient avoir rendu méconnaissable. Je m'applaudis, mon cher confrère et ami, de pouvoir placer cette restitution sous vos auspices et d'avoir ainsi l'occasion de vous exprimer publiquement mes sentiments de haute considération et d'affectueux dévouement.

Léopold Delisle.

ik ^ Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupblby-Gouvkrneur.

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