kilomètres, 40000 hectares
QUATBiiiiK Petits MontSj Bas Plateaux^ Plaines.
Les Sept i2e«, archipel sans arbres, sans hommes, rompent la mer à une lieue des rouges Roches de Pioumanacli, si fantastiquement entassées, si merveilleusement affouillées, corrodées, érodées, si gauchement, mais si puissamment sculptées qu*on dirait une ruine cyclopéenne sans égale, même en Bretagne, sur le littoral des blocs titaniques.
A 10 kilomètres au sud-ouest des Sept Iles, Enez Meur en breton. Vile Orende en français atteint presque 200 hectares, avec une demi-lieue de long sur 1 200 mètres d'ampleur majeure. 1 200 hommes y vivent sur un bloc de rocher de 34 mètres d'altitude, granit bleu que des centaines de carriers démantibulent ; tronçon par tronçon cette pierre très dure et durable est embarquée sur de petits navires, puis les chemins de fer s'en emparent : du Havre à Bayonne elle a bâti des monuments, des digues, des ponts, des trottoirs. Tout près d'Enez Meur, VJlùt d'Aval serait TAvalon ou TAgalon des romans de la Table Ronde, le lieu du dernier sommeil du grand roi Artus, retenu sur ce rocher par les incantations de la fée Morgane.
Le Ii^^aer ^ natt sur des hauteurs de plus de 300 mètres; il baigne Belle-Isle-en- Terre, coule au bas des ruines du château de Tonquedec, qui est le c Pierrefonds de la Bretagne » ; tout à coup, à partir de Lannion, son cours s'élargit sans que son vallon s'étale, fleuve qui porte, la marée l'aidant, des bateaux de 4 mètres de cale.
Du Léguer au Dossen, grèves à varech de Saint-Michel, puis de Loquirec; petites anses sur la rive déchirée du plateau de Lanmeur, c'est-à-dire Grande Lande, près du pèlerinage ou, comme on dit en Bretagne, du pardon de l'église de Salnt-Jeandu-Doigt, qui possède un index de saint Jean-Baptiste.
Le Dossen apporte à la ville de Morlaix des navires de 400 tonnes. Il se forme, à Morlaix même, de l'union de deux menus torrents, Queffleuth et Jarlot : Morlaix la très charmante, disent ses visiteurs, comme ceux qui n^ont fait que l'entrevoir du haut du viaduc, haut de 58 mètres, qui traverse le val pardessus maisons et rivière, et plus qu'à l'élévation du clocher de l'église. En aval le profond sillon du Dossen s'élargit en un estuaire qui fut jadis un grand fjord, et ses rives, s'écartant jusqu'à 3 500 mètres, forment la baie de Morlaix, qui ne tire certainement pas son nom du latin Mans relaxus, mais bien des deux mots bretons : Mor laës ou le Grand Pertuis.