kilomètres, 49000 hoctaros
QUATRiiMx Petits MontSj Bas Plateaux^ Plaines»
Scorff et Blavet confondus en un bras de mer vont passer devant Port-Louis, nommé de la sorte en Thonneur de Louis XIII ; cette ville, qui décroît depuis que Lorient grandit, s'appela d'abord Blavet, comme son fleuve, qui tombe aussitôt après dans l'Atlantique.
A Test de l'embouchure du Blavet, le chenal
Lxxni de l'Etel, Entel, Intel, gêné par sa barre, qui est
PRESQU'ILE sable sur roc, conduit à la Baie d'Etel, fjord de
DE 13 kilomètres à chaque instant compliqué de
QUiBERON sous-Qords où d'étroits ruisseaux s'engloutissent; avec ses largeurs fort variables, jusqu'4 près de 4 000 mètres, mais aussi jusqu'à 500 mètres seulement, l'Etel n'a pas beaucoup plus de 4 000 hectares entre vingt lieues de rives très capricieusement découpées ; les improfondeurs et difficultés de son embouchure en font un lieu de barques et non pas de vaisseaux.
Puis on longe le fameux pays des mégalithes dispersés dans la lande derrière de petites dunes, au bord des indentations de la mer, à Erdeven, Plouharnel, Carnac, la Trinité, Locmariaquer.
A Plouharnel s'enracine la Presqu'île de Quiberon, où ne manquent non plus ni dolmens, ni menhirs, ni tombeUes. Un long cordon de sable dont l'isthme n'a que 60 mètres de large unit au continent cette vieille île de granit, qui d'ailleurs fut part intégrante de la terre ferme avant que la mer l'arrachât du rivage de Bretagne : une flèche aréneuse, dite falaise de Quiberon, quoique pas un rocher n'y monte, a recousu ce que les flots avaient déchiré; on vèt de sapins cette sablonnière où fleurit l'œillet des dunes.
Le cordon quiberonnais a 7 ou 8 kilomètres de long, et le bloc de granit 8 ou 10, avec 2 à 3 de travers : la protubérance entière, où virent des ailes de moulins profitant de mamelons dont les plus hauts atteignent 30 mètres, a donc quatre lieues au moins, de son enchaussement dans le sable en Plouharnel jusqu'à sa dernière pointe de roche au delà de Port-Haliguen ; elle protège des vents de nord-ouest et d'ouest la vaste Baie de QuiberoDy mouillage excellent ouvert du seul côté du sud par un bâillement de 18 kilomètres entre le bout de deux chersonèses qui sont, à l'ouest la péninsule effilée de Quiberon, et à Test la presqu'île de Rhuis : dans cette baie débouchent par un estuaire commun la rivière d'Auray et le golfe déversoir du Morbihan.
La baie de Quiberon n'est pas sans brise-lames : des Ilots rompent la mer du sud à bonne distance au large et une Ile
Le Plus Beau Royaume Sous le CieL ceaprhb
casse la mer du sud-ouest : les îlots, Houat et Hœdic, continuent la péninsule de Quiberon vers le sud-est, dans la direction du golfe de la Loire ; File est Belle-Isle.
Tout au long Houat-Enez ou Tlle des Canards sauvages, Koua^, environnée d'écueils, est un débris du granit quiberonnais, auquel elle reste encore unie sous onde par une levée d'écueils, comme aussi les roches sous-marines du plateau du Four la rattachent à la presqu*île du Croisic : tant TAtlantique a par ici dévoré de territoires.
305 insulaires y demeurent sur 281 hectares, ou n*y demeurent guère, quant aux hommes, tous marins. Ce petit peuple des Houatais ou Hois parle la langue qui a nommé le dolmen, le menhir, et c'est tout dernièrement qu'on a commencé d'y apprendre le français à Técole. Gouvernée théocratiquement, rtle dépendait en tout et pour tout de son curé, et jusqu'à ces dernières années cette autorité souveraine craignit l'esprit nouveau, et proscrivit la langue nationale.
Comme Houat n'a jamais vécu de la vie du monde extérieur, qu'elle ne s'est pas c faisandée » à l'exemple du continent d'Europe, les Houatais valent mieux que nous : ils ne connaissent ni crime, ni jalousie, ni procès, ni haine; ils vivent simplement — et simplement, c'est saintement, — ce sont des marins au cœur droit, à la parole sûre, à la main vaillante; les Houataises cultivent le blé, l'avoine, et font tout ce que ne fait pas l'homme ; or ici l'homme vit sur la mer, et souvent il n'en revient pas; il pèche, il navigue, il chavire; et entre temps il chasse le canard sauvage dans les falaises.
Hœdic, pour Houatic, c'est Ttle des Canetons sauvages, moins grande que Houat, et un peu moins hante (25 mètres contre 31).
Qui dit Hœdic, dit Houat : même grande mer, même vent salé qui gonfle généreusement la poitrine ; mais qui dit Hœdicois, ne dit pas tout à fait Houatais; les 366 Hœdicois, plus visités que leurs voisins par les équipages, ont quelque peu perdu de leurs mœurs antiques.
Roche de micaschiste, Bvlle-Iale est séparée
de la grande terre par le détroit sardinifère
Lxxrv appelé le Coureau. Elle a 8 960 hectares en un
BELLE' contour de douze lieues, avec 18 kilomètres de
iSLE long, 4 à 10 de large.
Si petite, c'est après Oleron la saintongealse, et Corse à part, la plus grande de nos îles. Dans quatre bourgs
QUATRiàMB Petits MoTitSj Bos PlateauXy Plaines,
et cent trente hameaux ou écarts 9 836 personnes Tont pour demeure, qui parlent à la fois le français et le breton : cela fait 110 habitants au kilomètre carré; comme sur nos autres roches d'Atlantique, la vie surabonde à Belle-Isle.
Cest un plateau d*une cinquantaine de mètres d*élévation avec maximum de 63, entre falaises de plus ou moins de 40; elle envoie à soixante-quatre criques les ruisselets qui ont gazouillé sur ses pentes nues, entre des coteaux à bruyères, des prairies, des champs de blé, sans un seul grand bois, quoiqu'une de ses landes se nomme la forêt de Bangor.
Parmi ces criques, il y a de bonnes anses, dont deux, le port du Palais et le Port-Sauzon ou Port-Philippe sauvèrent dix mille caboteurs français, pendant les guerres de la République et de TEmpire.
Bien différents ses deux rivages : celui qui regarde la terre ne lutte pas contre une mer terrible, comme la c côte sauvage » ou c côte de fer », qui regarde le grand large; mais Tun et Tautre montent en falaises que la vague a taillées. Grottes, arcades, conques, rochers, obélisques, flots tonnants devant le granit et le schiste, tout cela c'est la Bretagne.
Bretagne aussi le peuple marinier, les pécheurs de sardines, de thons, de homards, les familles où TOcéan prélève la dîme, les hommes francs et sans dol, la lande, les petits bœufs et les petits chevaux, les tumulus, les dolmens et les pierres debout.
Mais c'est une Bretagne clémente en ses petits vallons, plutôt qu'une Bretagne terrible, excepté sur la côte, pendant la tempête homicide.
Une partie des insulaires de Belle-Isle descend de familles de la malheureuse Acadie, lambeau de ce Canada conquis par les Anglais sur les Français. L'Angleterre, qui n'est pas d'humeur accommodante et qui n'a jamais eu de pitié pour les vaincus, fusilla, dispersa, déporta, consomma des milliers d'Acadiens. Parmi ceux qui purent lui échapper, d'aucuns vinrent demander à la mère patrie un lieu où reposer leur tète, parmi lesquels un petit nombre se fixa dans Belle-Isle.
De la pointe de Locmariaquer au bout de la
Lxxv presqu'île de Rhuis, l'ouverture de Port-Navalo,
RIVIÈRE laquelle n'a que 750 mètres, laisse passer les eaux
D'AURAT, réunies de la rivière d'Auray et du golfe de Mor-
MORBiHAN bihan.
La Rivière d'Auray *, dite en son cours supérieur le Loc, reste longtemps un ru n'ayant d'ampleur que