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de Test à Touest, elles séparent le nord du sud, ou lorsque, allant du sud au nord, elles se lèvent entre un pays de vents de mer et une région de vents continentaux.
Montagne Blanche, Montagne Noire, ce n'est pas ici la nature des roches qui différencie les deux versants contraires, puisque le massif a parfaite homogénéité; la dissemblance, plus exactement le contraste criant entre le penchant méridional et le septentrional n'a d*autre cause que la très inégale répartition des nuées.
Peu de pluies au sud de la Montagne Blanche, sur le Ca2>ardè8 ajusté, par son extrémité sud, aux très lumineuses plaines du Carcasses ou pays de Carcassonne, qui n'est qu'un vignoble immense où le vert des pampres attendrit une terre grise : à Cannes, rien que 732 millimètres d'humidité par an, et 732 millimètres mal distribués, en 69 jours seulement, avec terribles intermèdes, jours, semaines, mois où l'air, du sol à l'éther, n'est qu'un fluide embrasement; aussi connatt-il trop, ce Cabardès, les longues soifs de l'arbre, de l'herbe et des grains, les sols nus, blancs, arides, incendiés de lumière, cuits et recuits de chaleur, les routes aveuglantes, les nuées et tourbillons de poussière, les siroccos après cers ou mistral. demi- Sahara qui n'étonnerait qu'à demi l'Africain.
Mais à Ramondens, au milieu des hêtres vénérables, ~ sur le versant méridional, mais près du faite, à 831 mètres audessus des mers, — le ciel épanche 1667 millimètres de pluie dans l'année : aussi toute la crête du mont, ses premières pentes vers la soulane ou côté du soleil et toute la pente de l'ubac, de 1' c opaque >, ou côté de l'ombre, bref, la Montagne c Noire > par opposition à la c Blanche > s'embellit d'une verdure qui aurait pu lui valoir le nom de Montagne Verte, si commun sur terre ainsi que les deux autres; ces herbages se cachent de l'astre trop rayonnant, en haut sous les hêtres ou près des hêtres, en bas sous les châtaigniers ou près des châtaigniers; tout ce versant exprime à profusion des eaux de torrents rapides, car la pente septentrionale est très dure, tandis que le versant opposé manque de flots pérannuellement abondants sur une déclivité beaucoup moindre.
Le Pic de Nore (1 210 mètres), au sud-est de Mazamet, fileuse, tisseuse et drapière, commande à cette chaîne de 62 kilomètres de longueur, de 85500 hectares de surface, dont on étend souventefois le nom à maints monts et plateaux du voisinage, sur un vaste domaine jusqu'au val du Tarn, en tirant vers le septentrion, par delà les monts de Lacaune. Mais la vraie Montagne Noire est bien celle de Mazamet, du Lampy, de Saint-Ferréol.
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TRoniiMB Monts Intérieurs.
La Montagne Noire se lève sur la grande
XLVU ligne de faîte européenne entre Atlantique et
ESPiNousE Méditerranée, et c'est là sur la majeure partie de
ET MONT leur long déroulement une fonction essentielle DE LACAUNB dcs Cévenues. Cette ligne de divorce se continue par le Saumail et TEspinouse au delà de la haute vallée du Thoré, qui est la rivière du bassin de Mazamet et par delà le Col de la Feuille, qu'emploie la route de Mazamet à Saint-Pons : à 467 mètres seulement d'altitude, ledit col est un de ceux qui échancrent le plus profondément le toit des eaux européennes sur la longue sinuosité de monts, coteaux et plateaux qui commence au passage de Naurouze et finit à la trouée de Belfort; entre Jura et Vosges, à côté de l'Helvète et du Teuton.
Le Saam&il ou Somail (1 093 mètres) se continue au nordest par VEspinouse (1 126 mètres), ainsi désignée d'après les buissons, ronces, épines qui masquent çà et là l'horreur de ses précipices.
Ces deux monts, gneiss et granits, tombent avec une raideur extraordinaire sur les vallées-gorges du Jaur et de l'Orb : des créneaux du Saumail le Bureau s'abat dans la vallée de Saint-Pons, où bondit le susnommé Jaur, par les six chutes vertigineuses du Saut de Vézoles. Entre l'Espinouse et le Çaroux (1 093 mètres), son prolongement vers l'orient, VHéric ou Verdier, né du Plo de Brus (1 100 mètres), bastion détaché du Caroux au nord, se démène en cabrioles fantastiques dans une longue et terrible fissure qui le mène à la rive gauche de l'Orb par une dégringolade éparpillée de près de mille mètres de précipice pour 9 kilomètres à peine en ligne droite. Du Caroux plonge le Torrent d'Arles, cassé par trois superbes cataractes.
Au delà de la Croix de Mounis, le Marcou (1 094 mètres), fait de schistes antiques, sépare aussi les deux mers européennes, ainsi que Saumail et qu'Espinouse ; il fait partie de l'axe divisoire des Cévennes, et non pas le Caroux dont tous les flots s'écroulent dans rOrb ; ce Marcou, puissamment raviné, se distingue par ses houillères de Oraissessac, et ses rochers deVOlme d'où le typhon des hauteurs verse en grande pluie d'impétueuses cascades au fond d'un cirque dont les châtaigniers ne sont pas moins beaux que ceux de la fameuse Castagniccia des Corses.
Vus du midi, Caroux, Espinouse et Saumail, mis à vif par les siècles, semblent extraordinairement hauts, ils sont tout en parois droites et lumineuses, en montées de c Crèvecœur >, en anfractuosités, en brèches, en rugosités, en bouts du monde; c'est l'astre du ciel grec et latin, le soleil méditerranéen, l'étoile incomparable qui les dore et redore, et si durs soient-ils, qui
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les pulvérise à sa chaleur de fournaise trop rarement tempérée par l'ondée rafraîchissante; tandis que sur le versant d*occident, le long de TAgout et de ses tributaires, les Monta de la Salvetat et les Monta de Lacaune se bombent moins en dômes de gneiss, de schiste ou de granit qu'ils ne s'allongent en plateaux où l'hiver est rude, la neige drue et persistante, la pluie surabondante, l'eau partout ruisselante, qui tantôt filtre obscurément dans les sagnes ou prairies marécageuses, tantôt brille en mille filets sur la pente herbeuse inclinée vers la lointaine Garonne. Cette exubérance du plus précieux des éléments de vie (avec le soleil, s'entend) a pour cause une extrême humidité de climat, à quelques petites lieues des cieux d'airain du Bas-Languedoc. Agde, riveraine de la Mer entre terres, non très loin de ces plateaux, ne recueille annuellement que 499 millimètres de pluies et sur les hautes plaines où serpente FAgout, le Salvetat d'Angles en voit tomber 1 511, et Fralsse 1 667 : au delà de trois fois plus, et bien assez pour instaurer, à portée des oliviers, des maquis odorants, des pierrailles calcinées de la c Grèce » ou de la « Judée », une sorte de Limousin plus élevé de 200 à 300 mètres que celui des LemoviceSy plus mouillé et, s'il est possible, plus pastoral encore. Compris entre 700 et 1 000 mètres d'altitude, au pied de monts de 1 100, 1 200, 1 250, même un peu plus, le plateau d'arrière Espinouse et Saumail est avant tout une herbière assidûment tondue par le mouton; en contraste avec le versant de la mer intérieure, brouté à mort au-dessus des olivettes, plus haut encore au-dessus des châtaigneraies, par l'animal de malfaisance extrême, la chèvre, qui détruit d'une dent cruelle, parmi les rocs, entre deux ou trois abtmes, les chênes verts, les arbousiers, les câpriers, les noisetiers sauvages, les fougères, les brandes, les épiniersj les arbustes du maquis et, si l'on n'y veillait, les pousses de la jeune sylve que les forestiers créent, dans le haut des ravins du Jaur, sur 3 000 hectares de Casse-cou.
Herbière en tant que pâture substantielle du lanigère, çà et là sylvestre, par endroits bocagère avec belles frênaies, superbes hétraîes pour le sommeil plutôt que pour la rêverie musicale de ses Tityres, le plateau de Salvetat-Lacaune a droit également au nom de c ségalas » ; impropre au blé faute d'éléments calcaires, il ne se refuse pas au seigle, maigre chevance ; au contraire, la nature de ses terres, délitescence du schiste, du granit, s'y prête; mais rien ici ne vient mieux que les arbres, et certes, ces plaines et leurs monts, sous tant de pluies, sous tant de brumes du soir et du matin, pourront devenir une forêt merveilleuse.
Le dominateur des monts de Lacaune, au sud-est de la
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ville dont ils ont pris le nom, le Roc de Monttdei (1 260 mètres) porte à sa cime depuis 1873 une Vierge de bronze souvent glacée sur son piédestal neigeux ; par les jours d'air translucide on y soupçonne, au midi la Méditerrannée, au nord les monts d*Aubrac.
Les riviérettes c infaillibles > du Plan de Lacaune forment TAgout; les torrents à moitié défaillants des cassures de rebord du Saumail, de l'Espinouse, du Marcou, s'enfuient éperdument vers le fleuve de TOrb.
Sa première lueur d'eau est par près de 1 100 mètres d'altitude, en Espinouse» à 6 lieues XLvm au nord-est de Saint-Pons. Tant de pluie sur AGOUT roche dure arrive en ruisseaux à son lit dur qu'il devient très vite rivière, dans sa descente vers l'ouest. En aval de Brassac, il s'abat par le 8auideLuzièTe3\ puis il s'enfonce, en énormes méandres, dans une entaille très creuse où il gronde et c cascade » ou dort dans des gours ou disparaît presque sous des blocs entassés; le plateau qu'il éventre ici continue à l'ouest ceux de Salvetat- Lacaune ; c'est, dominant les mers de 500 à 700 mètres, le Sidobre, très puissante masse de granit avec formidables écroulements de roches sur le penchant des ravines, surtout à la descente de l'Agout. Celui-ci se tord tellement qu'un de ses replis, le méandre de Roquecourbe, a trois bonnes lieues de boucle pour moins d'une demi-lieue d'isthme. Au-dessous de Burlats, en amont de Castres, fin de la montagne, des vieux schistes comme des granits, et commencement des terres tertiaires, des alluvîons, de la campagne riche mais banale, banale mais riche, en une vallée de quatre à cinq kilomètres de large ; il sert aux industries de Castres; il absorbe à gauche le Thoré, à droite le Dadou.
Le Thoré descend entre la Montagne Noire au midi, le plateau de la Salvetat au septentrion; sa maîtresse ville est Mazamet, sa grande curiosité les Gaunios, son notable affluent l'Am.
On nomme, en patois languedocien, Gaunios ou Gaurrios, des trous, ou, comme on dirait dans l'Ouest, des < Soucis » où les eaux fuient dans le sol ; quatre de ces creux l'avalent entièrement en saison sèche, mais en temps humide, point de lacune, le Thoré coulant également sur la roche et sous la roche; cet accident interrompt le cours du torrent pendant 800 mètres, près du bourg de Caucalières.
L'Arn, long de douze lieues, draine 18000 hectares; c'est un homonyme de l'Arno florentin; il a droit à un rang d'honneur
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Le Plus Beau Royaume Sous le Ciel. cbafitiii
parmi les torrents les plus encaissés du gneiss ou du granit; dans sa gorge austère il ne reflète ni villages, ni hameaux ; à peine çà et là quelque moulin, quelque maison. On n'y noiera que des lambeaux de prairie quand on lui opposera des digues, et que de la sorte on réservera des eaux pour Farrosage des vallées du Thoré, de TAgout, et le service de leurs industries. Mais, ces barrages, on redoute de les entreprendre dans les défilés scabreux, longue thébalde peu éclairée du soleil, point égayée de cultures ; ces couloirs écartent si peu leur double paroi d'encastrement, ils offrent si peu d'espace au déploiement des gours de retenue, qu'il faudrait lever très haut les digues d'obstacle pour obtenir un c léman d'arrosage » capable de centaines de milliers ou de millions de mètres cubes; or, les levées trop c altières » menacent inflniment et indéfiniment les gens d'aval; plus elles ont duré , preuve de construction solide, plus on doit croire qu'elles vont crouler. A quoi l'on peut répondre que le crèvement des murs de contrariété des cours d'eau a toujours pour cause (si la muraille est loyalement cimentée) l'inconsistance du sol où l'empierrement a ses fondations, et sa double emboiture dans les parois riveraines ; et qu'ici dans une masse compacte de roches archi-dures, l'enracinement du barrage est d'avance garanti pour l'avenir. Donc, pas de doute, il y aura quelque jour sur î'Arn, l'Agout, le Dadou, d'autres courants encore de cette c Cévenne » de trame très solide, des réserves, ou rares mais puissantes, ou faibles mais nombreuses, pour accumuler des dizaines de millions de mètres cubes, à l'inestimable avantage des plaines inférieures. Le Thoré, long de 55 kilomètres, égoutte 62 000 hectares dont il reçoit, suivant les libéralités d'en haut, de 1 950 à 9 500 litres, tous excès à part.
Le Dadou ressemble en son val supérieur, au sein de plateaux d'un schiste cristallin, à toute autre rivière de ce genre de roches , par sa prodigieuse tortuosité dans un couloir presque sans vie, car l'homme n'a point trouvé place pour des bourgs dans cet étranglement apte à peine à des moulins. Audessus de Réalmont, la nature change, le Dadou se prélasse en une vallée tertiaire ample, fertile, bien peuplée, où l'eau des gorges d'en haut se souille par son mariage avec des ruisseaux impurs. Il baigne Graulhet et s'unit à l'Agout à 5 kilomètres au nord-ouest de Lavaur, à la fin d'un vagabondage de vingt-cinq lieues en un c royaume » de 85000 hectares qui lui constitue un douaire de 4 mètres cubes en temps normal.
Fortifié de Thoré, de Dadou, l'Agout passe pour augmenter d'un tiers le Tarn quand il le rencontre à 88 mètres près de
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Saint-Sulpice-la-Pointe, en une vaste campagne que des coteaux secs séparent du champ, plus vaste encore et non moins sec, de Toulouse la Garonnaise. Les documents ojffîciels lui font présent de 25 mètres cubes en portée ordinaire, de 7 en étiage, de 1 500, voire 1 800 en grande crue, fournis par un c empire » de 346500 hectares où son cours approche de 190 kilomètres.
On peut dire que tous les terrains ou bien peu s'en faut, des roches les plus primitives aux xLix alluvions les plus modernes, se partagent les ORB 150000 hectares c épongés » par ce fleuve tortueux de 145 kilomètres dont les grande crues centuplent dix fois Fétiage, — s'il roule bien 2 500 mètres cubes en extrême expansion, contre 2 500 litres en bas étiage, avec module de 25 mètres cubes.
Il part des lias, à 600 mètres d'altitude, au rebord méridional du grand causse du Larzac, à trois ou quatre lieues de Lodève; d'abord très rapide en sa descente, il court de cascade en cascade, dans des gorges de granit chaotiques; l'un de ses sauts, le CanelloDy plonge de 10 à 12 mètres près des bains d'Avène.
A Bédarieux, qui tissait pour l'Orient et ne tisse plus de laines aux couleurs voyantes, à Bédarieux le traverse un viaduc de chemin de fer auquel 37 arches concourent. Puis il boit la Mare*, torrent du bassin houiller de Graissessac ; ensuite le Bitoulet qui vient de serpenter dans le vallon de Lamalou, célèbre lieu de bains; puis des torrents que la paroi vive de la Gévenne lance à sa rive droite par des bonds dans des gouffres : tels, tombant du Caroux, le torrent d'Arles; et un peu plus bas FHéric, entre le Caroux et TËspinouse; après quoi il emporte, à droite également, la rivière de Saint-Pons et d'Olargues, le Jaur* qui sort d'une grotte, dans la ville souspréfectorale de Saint-Pons aux platanes splendides. On n'a pas encore reconnu toutes les obscurités, tous les gouffres, les couloirs, les culs-de-sac, les roches, les siphons de cette Caverne dn Jaur; mais on tient le fil d'Ariane, qui est la rivière cryptique elle-même, endormie dans des gours dont l'un n'a pas moins de 19 mètres de profondeur : on l'a remontée jusqu'à 700 mètres de l'arche d'expansion du Jaur, qui s'échappe de l'antre à raison de plusieurs centaines de litres par seconde (tous étiages à part) et parfois de plusieurs milliers.
Un autre affluent de l'Orb, le Vernsioobre, né de la source de Candure, souvent puissante, a montré, le 12 septembre 1875,
1. 38 kilomètrei, 11 646 hectares. -- 3. 30 kilomètres, 31 500 hectares.
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ce que peut faire un torrent de notre Midi méditerranéen; gonflé par une tornade, il monta soudain, de 7 mètres 80 centimètres en quinze minutes, il devint mille fois lui-môme, il noya 105 personnes, il creva et balaya 100 maisons, dans la ville de Saint-Chénian qui, bien que languedocienne, est dans un véritable jardin provençal où Foranger vient en pleine terre; puis le torrent rentra dans son repos.
Avant le phylloxéra, quand la vigne inondée de soleil puisait la fraîcheur sous le sol par de saines racines, nul pays n'était plus orgueilleusement riche que le Bas-Languedoc, et les collines, les plaines de TOrb inférieur avaient part à cette richesse ; alors triomphait Béziera^ d'où Ton voit la mer, et les Biterrois nageaient dans Topulence.
La contrée alla s*appauvrissant en même temps que se flétrissait le vignoble; puis, le phylloxéra vaincu, Topulence revint; Béziers prospère plus que jamais. Au pied de son coteau dentelé de vieilles églises, TOrb coule sous un pont de 17 arches datant du xiii® siècle, et sous un bel aqueduc du canal du Midi qu'abaisse de 25 mètres Tescalier des huit écluses de Fonserannes.
A douze kilomètres sous Béziers TOrb s'achève au grau de Sérignan, dans la mer sans marée et sans profondeur, sur une côte de sable sans caps.
Au midi du mattre afQuent de TOrb, au-dessus
L de la rive droite de ce Jaur commandé à gauche
MONTS par les roides élancements de TEspinouse, s'é-
DU lèvent, non moins roides, les Monts du Miner-
MiNERVois vois OU monts de Pardailhan, prolongement
oriental de la Montagne Noire et spécialement
du Cabardès, versant méridional de ladite Montagne.
Bien sauvages, bien déchirés, très franchement méditerranéens, les monts du Minervois partagent leurs eaux entre le fleuve de TOrb et le fleuve de l'Aude ; ils vont de Saint-Pons (au nord) aux alluvions narbonnaises (au sud). Des schistes antiques, surtout siluriens, en forment la principale masse, et la plus haute crête, qui reconnaît pour pics supérieurs : le M&rcory (800 mètres) à 6 ou 7 kilomètres de Saint-Pons; le Montahuc (658 mètres), qui est le c pic du Nord » de Saint- Chinian ; le Mont d'Olargues (753 mètres) autour duquel tournoient, dans la profondeur, le Jaur au septentrion, et l'Orb à l'orient.
Par ici finit au nord-est cette chaîne, qui est une avantmontagne des Cévennes méridionales plutôt que des Cévennes
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TROisiftiui Monts Intérieurs,
Yéritables; mais elle se continue au delà des gorges de TOrb, avec même contexture et nature, même orientation, jusqu^à TErgue ou Lergue, tributaire droit de l'Hérault ; elle se poursuit dans ce sens par une autre avant-chaîne de la Cévcnne où culmine un d6me de 782 mètres, mais où Ton distingue surtout, bien que beaucoup moins hauts, le Taniaio^ c pic du Midi » de Bédarieux, fort dégagé, très pittoresque; le pic de Viasous (482 mètres), lui aussi de fort belle allure, au sud de la célèbre Mourèze; et la Crète de Saint' Jean d'AuxeUlan^ au nord de ce même village blotti sur un affluent droit du fleuve Hérault, dans le Cirque de Mourèze, en une sorte de fin du monde ayant i 200 mètres de long et de large : là, en chaude lumière, se dressent les soubassements, ruines, tronçons et piliers d'une gigantesque Babel; mais elle n'a presque rien d'humain, cette cité cyclopéenne, rien que les maisons grises d'un humble bourg adossées à des masses grises, et tout en haut, sur un grand roc, des débris du moyen âge; tout le reste de son architecture à grands blocs est une œuvre, voire un chef-d'œuvre de la nature; elle seule a levé ces mégalithes, ces menhirs, ces pyramides et pyramidions, ces pans, ces châteaux, dans un auguste silence, sans autre ouvrier que le temps, par amenuisement et amincissement de la dolomie.
Au midi des monts du Minervois, tout à leur pied, s'étend le Causée de Minerve, qui se butte, au sud-est, à des collines basses, de singulière importance puisqu'elles relient en réalité les Pyrénées aux Cévennes ou, plus exactement, les Avant- Pyrénées des Corbières et du mont d'Alaric aux Avant-Cévennes des bassins de l'Orb et de l'Hérault, au-dessus de la plaine littorale du Bas-Languedoc.
Causse véritablement causse avec tous les attributs de ces blocs fissurés, de ces plans altérés, de ces rocailles grises, de ces terres presque sans terre, sans gazon, sans arbres ; partout des puits naturels, avaloirs des rares eaux de surface, qui sont eaux d'orage et non pas eaux de fontaine; partout des grottes, des cagnons, et çà et là quelque petite < vaucluse » où sort des rochers un flot vif; ou dans le lit même d'un torrent, quelque gour, quelque bouillonnement où réapparaît l'onde absorbée en amont jusqu'à la dernière goutte, par les sables, les graviers, les entonnoirs, les fissures : tel le principal courant du Minervois, la plus qu'inconstante Cesse, feudataire de l'Aude; absolument sèche, pendant des mois et des mois consécutifs, devant Minerve, devant la Caunette, elle rejaillit en abondance au bourg que ce renouveau d'onde a fait nommer Aiguës Vives.
Le Plus Beau Royaume Sous le Ciel. cbapitri
Cette Cesse ^ passe au bas de la rocheuse et pierreuse Minerve dont le Minervois tira son nom : Minerve, ruines tragiques dorées par le Midi flamboyant, sur une falaise, au-dessus du torrent presque toujours vide auquel accourt, ici même, le Brian, plus vide encore, et huit mois sur douze. Site extraordinaire, et d'une rare grandeur, si petite soit ici la montagne, disons le coteau.
Quand les orages ont grondé, la Cesse est magnifique ; elle s'engouffre dans les entrailles d'une colline dont presque aussitôt elle s'échappe pour rentrer bientôt, à toucher Minerve, sous une autre et plus longue voûte où elle pénètre par une grande ouverture; quelque puissantes et tourbillonnantes que soient les crues du torrent, elles ont place dans cette caverne d'outre en outre du mont, longue de 150 mètres, haute de 15; la sortie, large mais basse, est à Minerve même, devant le roc où Simon de Montfort brûla pieusement 160 Albigeois.
Des Avant-Cévennes deBédarieux, entre Orb, Lî Lergue, Hérault, l'arête de VEscandoîgne ou
ESCAN' Escandorgue se détache et s'en va droit vers le
DOLGUB nord jusqu'à son aplatissement sur le Causse du Larzac. Elle part du Mont deBrenaa{tZZ mètres), qui a grande allure, en vertu des 300 mètres de hauteur dont il contemple, de l'Orb à l'Hérault, un singulier pays rouge fait de roches permiennes dont la couleur quelque peu sanglante contraste doublement : avec le lias terne ou gris qui compose la masse de TEscandolgue, et avec le basalte noir qui en est le couronnement — basalte relativement récent puisqu'il date de l'ère pliocène, quand l'homme allait apparaître, ou même avait déjà paru sur le Globe.
Le revêtement volcanique de l'Escandolgue, tout en longueur, les largeurs étant de i 000 à 2 000 mètres seulement, ressemble à une épine dorsale avec nœud de vertèbres ; il est nu, conséquemment plus que sombre en vertu de sa volcanicité ; il s'élève à mesure qu'il s'avance au septentrion, en son profil de 25 kilomètres, jusqu'à sa cime suprême de 866 mètres ; puis il s'achève près de là, par 780 mètres au-dessus des mers, tout à côté des sources de l'Orb, sur la vague expansion du Larzac, qui est un causse, ce qui revient à dire un plateau d'oolithe.
Ce Larzac, si grand d'horizons, si dur de climat, si beau de lumière, interrompt nettement la Cévenne : plateaux de Lacaune et de la Salvetat Marcou et l'Escandolgue et les monts permiens de Lodève, tous ces reliefs viennent mourir