kilomètres
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cncQuiÈME Monts Intérieurs.
La Madeleine pourrait tout aussi bien que cvi son vis-à-vis d'ouest se nommer les Bois-Noirs,
MONTS au moins les Bois-Sombres, tant sont profondes
DB LA ses forôts de jeunes , de vieux hêtres et de MADBLBiNB quelques autres essences soit à feuilles caduques, soit à sève résineuse, à tenaces aiguilles.
La Pierre du Jour y règne, qui n'a pourtant que 1 165 mètres, au voisinage du haut lieu qu'occupait la chapelle de la Madeleine dont le nom devint celui de toute la chaîne ; ainsi que tant d'autres oratoires solitaires dans la région des vents, des neiges, de la foudre, cet édicule chrétien avait confisqué le culte antérieur d'un dieu général ou d'un génie local.
D'un dôme un peu moins haut, à 3 lieues au nord de la Pierre du Charbonnier (1031 mètres), la vue, vraiment superbe, s'empare mieux qu'à la Pierre du Jour, du morceau de France compris entre le Puy de Dôme et les cimes du Beaujolais.
Donc, la Madeleine demeure partout au-dessous de 1 200 mètres : ainsi de Pierre-sur-Haute au Montoncel, du Montoncel à la Pierre-du-Charbonnier, le dos forézien s'abaisse, et quand la chaîne arrive dans le pays de la Palisse, les porphyres que troue le long tunnel de Saint-Martin-d'Estréaux, sur le chemin de fer de Paris à Lyon par Roanne, n'ont plus guère que 500 mètres de surrection.
La Madeleine s'épanche en torrents à cascatelles vers la rive droite de la Bèbre et dépêche à la rive gauche de la Loire d'assez gros torrents dont le plus long et fort, le mieux muni d'affluents, l'Aix gagne le fleuve à 315 mètres d'altitude, au moment où celui-ci s'apprête à passer de son grand plan de Forez dans le grand plan de Roanne par les couloirs du Saut de Pinay et du Saut du Perron. A l'exemple de l'Ance et duLignon, non moins que de toute autre coulière du granit, du porphyre, ce courant de 14 lieues de vire-voltes, de 43200 hectares de domaine dans les monts de Saint-Just en Chevalet et les collines de Saint-Germain-Laval, se résume par un étiage officiel de 800 litres (l'étiage réel bien moindre) et des crues de 200 à 300 mètres cubes (les expansions extrêmes bien plus puissantes); les belles eaux ordinaires vont à 4 ou à 5 mètres cubes.
Au nord du Pilât, la Cévenne, si l'on veut cvir continuer de nommer ainsi le dos d'entre Atlan- MONTS tique et Mer Intérieure, la Cévenne perd tout DU LTossAis caractère méridional ; ce n'est plus la montagne sèche, ardente, éclairée jusqu'à l'incendie, avec garrigues odorantes ; elle devient septentrionale, avec prairies au lieu de maquis, elle s'abaisse, et
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Le Plus Beau Royaume Sous le Ciel, cbapitbb
jusqu'aux Vosges trois seulement de ses sommets atteignent 1 000 mètres.
Les Monts du Lyonnais interposent leur masse entre le Rhône et la Loire, dans l'ancien département qu'on avait appelé Rhône-et-Loire et qui continuait Saône -et -Loire au midi; ces deux noms voisins étaient en parfaite harmonie, s*appliquant Tun et l'autre à deux pays de grand faite, mais on partagea le Rhône-et-Loire en deux.
Mainte forêt a disparu des monts du Lyonnais, maint village pastoral y est devenu bourg industriel associé à la fortune de Lyon. Mais l'ossature de ces roches est solide; en tant que gneiss, schistes cristallins, granits; elles ne sont point avachies; seulement la lente désagrégation de diverses sortes de granit, de gneiss plus faciles à dissocier que les autres, y a soit éparpillé, soit concentré des c chirats i, ce qu'on appellerait ailleurs des chaos, des entassements de pierres de loin semblables à quelque forteresse, à quelque ville de Titans, effondrée sur son acropole ; les chirats sont comme des Montpellierle- Vieux ou des Bois de Palolive bien moins vastes, beaucoup plus mélancoliques, sans fouillis de buissons, d'arbres et d'arbrisseaux, sans herbes parfumées dont le soleil tire pour le passant une sorte d'ivresse.
Les monts lyonnais s'étendent en plateaux à larges vallons, en croupes herbeuses, en c gores i, terres peu ou point perméables, donc tendant à la tourbe, au marais, dès que la pente leur manque; et ces terres nées de la délitescence des roches anciennes n'ont guère de vertus fécondantes, comme il appert en temps de moisson, devant la pauvre récolte du seigle, de l'avoine, comme le montrent encore mieux les vastes bruyères, les genêts, les taillis et les brousses, les bois de hêtres, de pins sans sauvage vigueur. Ceci pour le haut du Lyonnais, audessus de 600 mètres, là où la pomme de terre et le seigle plus que le blé sustentent le rural peu consolé de sa pauvreté, à l'ouest par le grand spectacle des monts du Forez où se couche leur soleil, à l'orient par l'amphithé&tre des Alpes et la blanche souveraineté du Mont-Blanc. Ce haut du Lyonnais est comme un Limousin avec moins de pluies et sans étangs.
Au-dessous de 600 mètres, les versants s'inclinent^ les torrents ne dorment plus dans le vallon mouillé, ils sautent en cascades dans les défilés, le chêne est dru, le châtaignier, le noyer également, le blé croît, aussi la vigne, les arbres à fruits. Et plus on descend, plus belle est la contrée, l'infertilité passe à la fertilité, puis tout en bas à la luxuriance le long de la Saône et du Rhône quand le Rhône a
aifQuiiMB Monts Intérieurs.
bu la Sa^ne; au bord de ces deux fleuves, le mûrier annonce rapproche du Midi.
A leur tombée sur Saône et Rhône les monts du Lyonnais ne se contentent plus de leurs assises primitives, ils se revêtent des boues glaciaires, des blocs erratiques ici déposés par la moraine frontale de ce grand glacier du Rhône qui, partant des Hautes Alpes du Saint-Gothard, débordait par-dessus le Jura et ne s'arrêtait qu'au delà, au-dessus de la future Lyon après s'être lourdement appesanti sur la future Dombes. Fourvières, Saint-Irénée, Sainte-Foy (320 mètres) chargent de maisons, d'usines, de palais, d'églises l'escarpement et la cime de ces collines terminales, au bas desquelles se déroule, dans Lyon même, la rivière calme que le fleuve inquiet va dévorer. Au nord et tout près, au-dessus de cette même Saône, le MonPd'Or (625 mètres), dont les forts défendent Lyon, est sans doute ainsi appelé du blanc jaune des ci^caires qui le couronnent; il lève de hautes pointes d'où l'on contemple une campagne d'admirable opulence, des vallons gracieux, la Saône ondoyante, le plateau de la Dombes et, par delà plus de cent étangs, la ligne droite tracée dans le ciel par le fronton du Jura, enfîn, derrière le Jura, les Alpes, souvent presque eflacées, parfois très visibles avec neiges éclatantes allumées par le Dieu du jour.
Le culmen des monts du Lyonnais, butte sans nom sur les cartes, à 30 kilomètres au sud-ouest de Lyon, s'élève à 9oO mètres; il avoisine Riverie, village à 800 mètres d'altitude qui contemple de près le Pilat dans toute sa gloire, d'un peu plus loin les croupes du Forez, de très loin la Cévenne, l'Auvergne, d'encore plus loin le Mont-Blanc.
Les torrents que les monts du Lyonnais partagent entre Rhône et Loire se ressemblent tous, sauf grandeurs inégales, par leur faiblesse débonnaire en saison sèche, leur intolérance en grandes pluies ; on a profité de leurs brusques dénivellations dès qu'ils ont quitté le plateau, pour leur imposer les métiers de fileurs, tisseurs, minotiers, scieurs, batteurs de chanvre, etc.
De ceux qui vont vers le Rhône, le plus fort, la Brévenne parcourt 40 kilomètres et 46000 hectares; elle coule dans le bassin houiller de Sainte- Foy-l'Argentière et se verse indirectement dans le fleuve par Turdine, Azergues, et Saône.
La CoisBy le principal des tributaires c lyonnais > de la Loire passe devant l'amphithéâtre escarpé de Saint-Galmier, la ville si renommée pour ses eaux gazeuses ; elle serpente pendant 12 lieues, elle épanche 38 500 hectares.
Le Plus Beau Royaume Sous le Ciel. tsLAvtnm
Ainsi nommés de ce quUls couvrent la concvni trée dont la capitale était Beaujeu, les Monts du
MONTS Be&ujol&is sont des porphyres, des granits, des DU schistes.
BEAUJOLAIS Ils entrent dans la haute région de l'air par le Saint-Rigaud , le Monné, la Roche d'Ajoux, le Tourvéon.
Le SainURigaud, trop bas pour être un roi de Tespace, mais assez haut pour en être un prince, domine tous les monts d'Ajoux, vieux nom des < Alpes beaujolaises i. De ses 1 012 mètres, il entrevoit dans le lointain le casque d'argent du grand suzerain de toutes nos montagnes, le Mont-Blanc; à Tautre bout de Thorizon, il contemple les ondulations du Forez, en une sorte d'azur sombre, une image flottante, indistincte, estompée. Souvent on y grimpe par les obscurités, les ombres et demi-lumières du bois d'Ajoux, qui associe les sapins étroits aux chênes arrondis et aux hêtres. Par ses sentiers d'escalade montent, puis descendent une fois par an, le 15 août, quelques pèlerins (race de moins en moins assidue et nombreuse), braves gens qui sans le savoir sont des ultraconservateurs révérant l'un quelconque des dieux du premier panthéon de l'humanité, un génie local, ou une puissance des airs, ouragans, éclairs ou tonnerres, ou peut-être le père universel des hommes, le divin soleil. Les pierres, débris de murs, épaulements de sol qu'on y distingue encore, ne témoignent point de l'ère aujourid'hui confusément reculée dans le plus noir passé, ni même d'un culte celtique ou d'un oratoire romain ; elles sont la dernière survivance d'un prieuré d'il y a mille ans construit à cette froide hauteur par les moines de Cluny, puis déserté pour la difficulté d'y vivre entre les vents et les neiges.
Le Monné, voisin du Saint-Rigaud, de l'autre côté d'un col de 945 mètres, voit le même c tour du monde >, du Forez au Mont-Blanc, et il le voit presque d'aussi haut, car il a 1 000 mètres juste.
La Roche d'Ajoux, en communauté de nom avec Bois d'Ajoux et Monts d'Ajoux, arrête à 973 mètres son ascension dans l'éther, comme Saint-Rigaud et Monné ; elle plane sur un infini fini, sur Loire et Saône, sur Bresse et Dombes, sur Jura et sur Alpes, sur Madeleine, Bois-Noirs et Forez.
Aux flancs du Tourvéon (819 mètres) roula jadis en bondissant un tonneau d'où sortaient des cris de rage étouffée : le bon peuple c amphitourvéonnaîs > croit encore (ou du moins il raconte) que l'empereur à la barbe fleurie condamna le traître de Roncevaux, l'homme de l'embûche, Ganelon, seigneur du
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ccfQuiiMB Monts Intérieurs.
noble château de Tourvéon, à dégringoler de la tète au pied du mont dans une barrique intérieurement hérissée de clous; et que la barrique, arrivée en coup de foudre au bas de la pente, remonta plus vite encore la pente contraire ; cette forteresse a disparu du sommet du Tourvéon, moins des trous, des reliefs, des fossés, des citernes.
Des prairies supérieures de ce massif du Beaujolais, devenus pastoraux après avoir été du haut en bas sylvestres, ruissellent partout des eaux pures : Grosne de Cluny ; Ardière de Beaujeu, et la très charmante Azergues : ces trois courants courent, on peut le dire, vers la rive droite de la Saône.
La Grosne, faite de plusieurs petites c Gros-
cix nés >, descend du massif du Saint-Rigaud et
GROSNB, gagne la Saône à 13 kilomètres sous Châlon, forte,
ARDiÈRB, à Tordinaire, de 6600 litres, que Tétiage réduit
AZERGUES à 2 500 au bout d'un pèlerinage de 90 kilomètres
en une conque de 120000 hectares. Elle égoutte
les terrains les plus divers, des plus vieux aux plus jeunes,
granits, gneiss, schistes, lias, calcaires, dépôts tertiaires,
détritus modernes.
Sa ville est Cluny, puissance déchue, qui fut souveraine au moyen âge ; aucune abbaye mère ne commanda tant de couvents que son abbaye des Bénédictins, dont deux mille moûtiers dépendirent; < capitale intellectuelle de l'Europe >, ce monastère exubérant versait la doctrine, la science, Fart, les métiers aux quatre coins du monde catholique; il dressait une église romane qui resta la plus grande en chrétienté jusqu'au jour où l'on bâtit Saint-Pierre de Rome.
L' Ardière * a pour principaux mérites de couler, moins à l'air libre que sous une voûte, dans la ville de Beaujeu, puis de passer entre des collines d'où des vins généreux descendent.
VAsergnes part du même massif culminant que la Grosne, mais celle-ci se déroulant vers le nord (un peu est) et celle-là vers le sud (un peu est également), le val d' Azergues est, en même temps qu'aussi vert, bien plus lumineux que celui de Grosne, et par conséquent bien plus beau. C'est un enchantement de suivre les mille et un replis de cette eau pure, vagabonde, incessamment brisée, qui sépare la chaîne proprement dite du Beaujolais (à l'orient), du Chaînon des Hfoiiières (à l'occident), ce dernier formant toit des eaux sur le parcours de la