kilomètres, 50660 hoctaros
cnfQuiftMS Monts Intérieurs»
grandes sources; puis la Cure fait comme le Beuvron, elle double FYonne, ou peu s'en faut.
De la Cure à la Seine, TYonne baigne Âuxerre où elle passe du calcaire à la craie ; elle boit le Serein et TArmançon, coule devant Joigny, Villeneuve et Sens, lieu du confluent de la charmante Vanne appauvrie par la soif de Lutèce, et enfin elle se heurte à la rive gauche de la Seine, par 46 mètres d'altitude, à Montereau-faut- Yonne, la bien nommée.
Avant d'unir sa destinée à celle de la Seine elle coule sous un pont célèbre par un crime et par une bataille. Une plaque remémore le crime ; elle porte quatre vers :
En Tan mil quatre cent dix-neuf, Sur ce pont agencé de neuf, Fut meurtri Jehan de Bourgogne, A Montereau y fault TYonne.
Une statue équestre de Napoléon, avec ses mots : c Mes amis, le boulet qui doit me tuer n'est pas encore fondu >, rappelle une victoire inutile en 1814; elle s'élève sur un terre-plein, entre le pont de l'Yonne et celui de la Seine, qui étaient Tenjeû du combat.
Quand ces deux rivières, Yonne et Seine, se choquent, celle des deux qui garde le nom jusqu'à la mer est plus courte en un bassin plus petit, moins visité des pluies ; elle est moins large, moins abondante : car l'Yonne, lorsqu'elle arrive au rendez-vous de Montereau, peut rouler dans son lit de 80 à 100 mètres de largeur, jusqu'à 800, 1 000, i 200 mètres cubes contre les 400, 500, 600 peut-être qui passent dans la Seine, large moyennement de 70 mètres; les eaux ordinaires de l'Yonne (75 mètres cubes) dépassent de 15 mètres cubes (?) ceUes de la Seine; et les 17 mètres cubes (?) de l'étiage icaunien sont très supérieurs aux 10 mètres (?) de l'étiage séquanien.
Ainsi le fleuve que pressent les quais parisiens devrait se nommer Yonne plutôt que Seine : mais celle-ci, sortie des terrains poreux plus que des imperméables, est plus vive, moins irrégulière que la fantasque /cauna. L'avantage éminent de la Seine, cours d'eau tranquille issu des terrains perméables, c'est la modération, l'égalité d'humeur, la transparence des eaux fournies par les calcaires, les craies de Bourgogne et de Champagne; si l'Yonne est plus grande, la Seine est plus belle : exactement, plus jolie.
L'Yonne absorbe l'excès d'eau de 1 088 730 hectares, elle évolue pendant 73 lieues.
Le Plus Beau Royaume Sous le Ciel. chapitrb
A peine dégagée du Morvan, la Cure effleure de sa rire gauche la colline très haute, très dure à gravir et de tous côtés isolée dont la plate-forme porte la vieille et fort historique Vézeiay; c'est dans la basilique de cette ville déchue que vers le milieu du xii<^ siècle saint Bernard prêcha la deuxième croisade ; et, avant que le siècle fût achevé, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion, suivis de hauts seigneurs, y juraient de délivrer par une troisième croisade le tombeau du Christ qui venait de tomber au pouvoir des c félons » Sarrasins.
La Cure frôle des coteaux à vignobles ; elle se cogne à la côte de Chaux, cap calcaire qu'elle contourne ; cette < côte > est percée par les Grottes d'Arcy : dans la plus basse d'entre elles, Tantre des Goulettes, la rivière s'engouffre en partie quand ses eaux sont très hautes, puis reparaît de l'autre côté du promontoire.
Elle atteint l'Yonne au-dessous de Vermenton, à Cravant, par 115 mètres, ayant erré pendant 109 kilomètres, en 127 500 hectares. On lui attribue 1 000 litres c au plus bas du plus bas >, 2 500 en maigre ordinaire, 16 à 17 mètres cubes en belles eaux.
Au bout septentrional en même temps qu'ocxxi riental du trait d'union jurassique d'entre Morvan
MONTS et Vosges, les Faucilles ne se différencient pas FAUCILLES, du platcau de Langres, du côté où elles s'ajus-
UADON tent avec lui, car là elles se composent aussi de lias; tandis que du côté contraire, elles appartiennent à diverses roches du trias jusqu'à leur fin contre le grès des Vosges.
Les Faucilles ne sont point des monts, mais un plateau monotone, de peu de pente, déchiré sur ses rebords — obstacle très facile à franchir, et le nom de Faucilles signifie probablement : les passages, les cols. De vastes bois les couvrent, surtout des sapinières, mais la plus ample d'entre elles, la Forêt de Darney (5 282 hectares) ne comprend guère que hêtres, chênes et charmes.
Les Faucilles donnent à la Saône, au midi, ses premières eaux, alors que sur le versant contraire les ruisseaux coulent vers la Meuse par le Mouzon, ou vers la Moselle par le Madon. Elles séparent donc les deux grands versants d'Atlantique et Méditerranée, et c'est même là leur seule grandeur, tant elles sont, par ailleurs, très mesquines. Un de leurs coteaux, le Ménamont, a 472 mètres, à Vioménil : il domine de 76 mètres, si c'est là dominer, la source de la molle rivière bourguignonne, aussi bien que les premières fontaines du Madon. Le
oRQuiteB Monts Intérieurs.
Mont des Fourches (504 mètres) et le Haut-Mont (501 mètres), dans le voisinage de Lamarche, en sont les deux tètes les plus hautes.
Le Madon ^ commence sur Tun des penchants de cette colline de Vioménil dont un autre versant voit jaillir la Saône. Coulant en moyenne exactement vers le nord, avec replis dont Tun n'a pas moins de 6 kilomètres pour moins de 500 mètres d'isthme, il s'en va lent et bourbeux, sur les argiles, les marnes du trias et du lias, dans le vieux pays de Xaintois ; fertile est son val, parfois gracieux, jamais beau. Ayant passé devant une trentaine de bourgs et villages et devant une ville, Mirecourt , il se confond avec la Moselle à Pont-Saint- Vincent; quand les pluies l'ont accru, il est là comme une petite Ârve en face d'un petit Rhône, et son flot terreux lutte longtemps de couleur avec la Moselle, eau non fangeuse. Il apporte ordinairement, suivant la siccité ou Thumidité des cieux, de 1 à 4 mètres cubes à la seconde.
Dans ledit Xantois se dresse d'un grand élan sur le plateau, et à près de 250 mètres au-dessus des terres boueuses, une de ces collines isolées qui ont majesté de montagne et qui, naturelles acropoles, furent dès les époques les plus reculées, des lieux de refuge en même lemps que de dévotion. Le Coteau de Vaudémont (545 mètres), à deux lieues de la rive gauche du Madon , rappelle les vieux siècles , les vieilles guerres, les vieilles idolâtries; et aussi Rome et le moyen âge : par ses vestiges d'une voie romaine, d'un camp romain, par les formidables débris de la tour romaine de Brunehaut dont un pan de mura conservé 17 mètres d'élévation ; par les ruines du château fort des comtes de Vaudémont ; enfin par son pèlerinage de Sion, fréquenté depuis neuf cent ans et qui succéda sans doute en ère chrétienne à quelque sanctuaire de l'ère gauloise ou de l'ère gallo-romaine.
Au bout des Faucilles, les Vosges et la frontière irréparable, ou tout au moins jusqu'à ce jour et pour longtemps peut-être irréparée.
A chaque heure suffît sa peine; or, nos peines et les peines de tous sont terribles, devant l'énigme des problèmes : l'Asie, les Jaunes, les Noirs, l'empire d'Afrique, l'hégémonie russe, les prétentions avouées des Anglo-Saxons au gouvernement intégral du monde, la lutte sans fin possible des misères contre l'opulence.