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kilomètres, 93500 hectares

oNQoiteB Monts Intérieurs,

avait probablement que 75 ou 80 au plus, étant donnée la superposition des diverses assises calcaires en cet endroit du pays. Il communique avec une source riveraine de Vignon S la plus longue et la plus abondante des riviérettes dont se compose la Tille, courant fait de plusieurs TiUes, au versant méridional du plateau de Langres.

En approchant de Langres, la Côte d*Or

cxvii change de nom et devient le Plateau de Langres,

PLATBAU mais elle ne change guère de nature, sinon que

DB LANGRBS : le lias, au lieu de Toolithe proprement dite, y

TiLLB ET BÈZE domiuc grandement autour de la ville venteuse,

et, de par son altitude de 473 mètres, parfois glaciale qui a donné son nom au prolongement nord-oriental de la Côte d'Or; ce triste séjour, Langres est le centre d'un camp retranché de 13 lieues de pourtour.

500 mètres au Mont Aigu commandant les premières fontaines de rOurce et couronné des débris d*un camp romain; 512 au Mont Saule, voisin des sources de TAube; 516 au Haut du Secj proche des origines de TAujon, voilà les humbles c supériorités > de ce tronçon d'arête entre le Morvan et les Vosges ; et pourtant BufTon disait du plateau de Langres que c'est la plus haute montagne calcaire de < l'Europe >, ce que prétendant, le grand savant n'était pas moins ignorant que près de là, dans la montagne dijonnaise, les rustres des Chaumes d'Auvenay.

Sans avoir ici puissance diluvienne, la pluie fouette le plateau de Langres, surtout son versant méridional, deux fois plus dru que non loin de là, vers le nord-ouest, les plaines de la Champagne Pouilleuse; Langres en reçoit de 650 à 900 millimètres suivant les années, et Chalindrey de 850 à plus de 1 000. Aussi a-t-elle fortement sculpté en creux le bloc des Lingons, tant son jura que son lias, couverts l'un et l'autre de terres caillouteuses rougies par l'oxyde de fer. C'est donc dans de puissantes entailles que les rus dévalent ici du fatte européen, ceux-ci vers le fleuve de Lutèce par l'Aube et la Marne, ceux-là vers la naissante Meuse qui est le fleuve franco-wallon de Liège, d'autres vers le fleuve de Lyon par d'assez modestes tributaires de la Saône :

Par l'Amance^, riviérette de 1 200 litres dispersée en bras dans de larges prairies et qui a son terme près de Jussey ;

Par le Saôlon ', qui est le cours d'eau de Champlitte, de

1. 53 300 mètres, 37400 hectares. — 3. 40 kilomètres', 45 000 hectares. — 3. 19800 mètres, 41 034 hectares, 1 mètre cabe.

< sà33 >

Le Plus Beau Royaume Sous le Ciel. gbapitrb

Dampierre, et dont sinueuse est la course, belles les prairies avec sources dont la plus forte, le Jalenx, près de Champlitte, est un dormant de 25 mètres de fond ;

Par la Vïn^eanae', courant onduleux qui arrose le pays de Fontaine-Française et qui, en cela pareil au Saôlon, passe du lias à Toolithe; par la Tille, par la Bèze.

La Tille ^ divise son voyage entre des gorges oolithiques et la plaine de Bourgogne, immense campagne où elle coule sur des alluvions anciennes, bien moins en rivière qu*en fossé, par la raison qu*avant son arrivée en plaine, elle s'enfouit, partiellement en hiver, entièrement en été, dans les graviers d'un lit de roches cassées. Près de là s'engouffre un autre ru du plateau de Langres, la Venelle. Sous terre, cette Venelle absorbée et ce que la Tille perd entre Thil-Châtel et Lux s'en vont de çà, de là, en ruisseaux des cavernes, en courants aveugles et sourds, puis ressortent par la source de la Bèze.

La Bèze naît au bourg de Bèze, d'un bouillant, en riviérette de 1 200 à 1 500 litres que de très longues sécheresses peuvent abaisser à 368; et cette riviérette, accrue plus bas d'autres belles fontaines, baigne Mirebeau, s'anastomose en bras sinueux dans la prée marécageuse et va s'abîmer dans la Saône au bout de 30400 mètres en un bassin de 23 400 hectares.

Le plateau de Langres se poursuit à l'occident, moins élevé, sans lias ou à peu près, et tout oolithe, sous le nom de Châtillonnais ; tandis qu'au nord-est, au delà des sources de la Meuse, et sans changer d'abord de nature, il prend la dénomination de Monts Faucilles.

Sur la Seine initiale et ses affluents, l'Ource

cxvm et la Laigne, le plateau très bosselé, très fissuré,

CHATiL' très sylvestre du Cbâtillonnais s'étend aride-

LONNAis : mcut, avcc pente générale vers l'ouest-nord-

LAiGNE, ouRCE oucst. Il cntoure la ville de Châtillon-sur-Seine

où dort, au moment de s'épancher, la Douix, la fontaine la plus abondante du pays, lequel a justement pour caractéristiques, corollairement à la lâcheté de ses calcaires, le passage de la pluie à travers la terre poreuse du plateau blanchâtre, puis, sous ce filtre, la chute des gouttes dans les antres et la naissance de rus de nuit noire égarés de caverne en caverne jusqu'à < l'œil » brillant de la source.

1. 86 200 métros, 70539 hectares; 4500 litres, avec étiage de 330 litres senlemont. — 3. 88 kilomètres, 126 200 hectares, 3 à 5 mètres cubes, avec étiage de seulement 270 litres.

cuiQuiiiiE Monts Intérieurs,

La Doizix de Chàtillon sort des entrailles du Châtillonnais au bas d*un rocher de 30 mètres d'élévation et se verse en une riviérette de 600 litres qui s'unît au bout de 200 mètres à la rive droite de la Seine; ces 600 litres de volume normal se réduisent à 50 au fort de Tété, même elle a tari une fois, une seule, dans l'hiver de 1788, et c'est en raison de cette inconstance saisonnière, de cette défaillance possible, que Paris a renoncé à s'en emparer par un aqueduc.

Le nom de Lassais, qui précéda celui de Châtillonnais, latiscencis pa{)us, était venu de Latiscum, bourgade galloromaine; il est tombé dans l'oubli, ou du moins il ne distingue plus une région, mais un mont, en réalité simple colline, lo mont Lassois (307 mètres), grand de sa solitude, et qui s'élance à 110 mètres au-dessus de la rive gauche de la Seine, à une lieue et demie au nord-ouest de Châtillon ; l'ère où Rome latinisa les Gaulois quant à la langue ne s'y manifeste plus par de grandes ruines visibles, mais du sol de Latiscum on a maintes fois exhumé des débris du temps c impérial >.

Lassois ou Châtillonnais, les villages non blottis dans les creux y souffrent hivernalement du froid, moins par l'effet de l'altitude, qui ne dépasse pas 250 mètres en moyenne, que par le conflit des vents qui vont de l'aurore au couchant et du couchant à l'aurore. Les ruraux n'y sauraient engranger de belles moissons, car le sol n'y vaut guère, mais ils coupent des trèfles, sainfoins et luzernes, ils élèvent des moutons de bonne laine, ils plantent des sapins au plus mauvais de leurs terres, et surtout ils bûcheronnent dans plus de 50 000 hectares de sylves non résineuses, domaniales ou non, desquelles la plus ample, la Porét de Cbâtillon réclame 8721 hectares à elle seule.

Le pays de Duesmois et le pays deia Montagne font partie du Châtillonnais, celui-ci le long de l'Ource, celui-là le long de la Laigne, premiers affluents notables de la Seine supérieure.

La Laigne est triple : Laigne d'en haut, Laigne < enfouie >, Laigne d'en bas. Un ruisseau naît près de Baigneux-les-Juifs et s'engouffre en un puits de l'oolithe, dans l'aride contrée qui justifie le nom de Coulmier-le-Sec ; c'est la Laigne supérieure, longue de 4 lieues.

 5 lieues au nord-ouest de la perte, à 120 mètres plus bas, la Laigne enfouie revient à la lumière dans le bourg de Laigne, par une font puissante.

La Laigne inférieure roule 2 mètres cubes en bonnes eaux, 387 litres en étiage ordinaire. Elle atteint la rive gauche de la Seine, par 150 mètres d'altitude, à 6 kilomètres au sud de Bar,

Le Plus Beau Royaume Sous le CieL ghapites

au bout d'un cours de plus de 65 kilomètres jusqu'à Forigine de la Laigne d'en haut, en un c ressort > de 51 779 hectares.

VOurce natt du plateau de Langres, au pied du Mont Aigu; belles, nombreuses sont les fontaines dont la dote d'oolithe, à Tombre des grandes forêts, mais telle est la discontinuité des roches de son lit, si fréquentes ses lacunes, qu'elle laisse filtrer ou tomber et fuir presque autant d'eau qu'elle en reçoit. N'ayant frôlé que deux bourgs cantonaux, Recey, Essoyes, elle s'unit à la rive droite de la Seine à 1 800 mètres en amont de Bar, par un peu plus de 140 mètres. Le fleuve en retire 727 litres en étiage, 3 500 en débit coutumier recueillis en un voyage de 25 lieues, en un domaine de 79 746 hectares.

Au nord-est le Châtillonnais devient le Bassigny, qui lui ressemble exactement en tout, aux cxïx deux rives de la Meuse chaumontoise. De l'un BAssiGNY à l'autre, dans l'un et dans l'autre, car il n'y a pas de limite naturelle entre ces deux contrées, de grandes forêts ondulent au-dessus de l'Aubette, de l'Aube, de l'Aujon : telles les deux Sylves d'Arc et de Cbâteauvill&in, qui se touchent , vastes ensemble de 17000 hectares, autant que Tocéan d'arbres ondulant sur les grès autour de Fontainebleau.

A l'ouest, au sud-ouest, d'autres oolithes cxx montent ou descendent ou se déroulent plateooLiTHES DE ment; région très sèche, comme il en est plus BOURGOGNE : d'unc OU ccttc Bourgoguc qu'il a plu à Shakes- YONNE peare de traiter d' c aquatique >. Ces calcaires se ET CURE poursuivent, par delà l'Armançon, le Serein, INFÉRIEURES jusqu'à la rencontre des deux rivières morvandelles Yonne et Cure.

Sortie des lias couchés en avant des dômes primitifs du Morvan, l'Y^onne, forte de 1700 litres, se double presque à Clamecy, du fait du Beuvron ^ qui en apporte 1 400. Riviérette de l'oolithe, onde tranquille, constante, le Beuvron de Clamecy (il y a nombre d'autres Beuvrons en France) ne se confond pas tout de suite dans le lit commun, avec l'eau moins pure du torrent c morvandiau >.

En aval de Clamecy, les roches jurassiques font rapidement de l'Yonne une belle rivière, tant elles épanchent de

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