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kilomètres.— 2. 28557 hectares

TRoniÉMB Monta Extérieurs.

De FEnchastraye à la mer niçoise, les Alpes

Lxxiv franco-italiennes ne sont point de petites Alpes,

ALPES de mesquins avant-monts s'abaissant en collines

MARI- au moment de mourir sur la plaine littorale.

TIMES Elles sont grande montagne, et montagne

d'audacieuse ascension, très roide, très cassée,

mêlant la forêt au maquis, les pins et les sapins aux bruyères

arborescentes, les hautes pâtures mouillées de neige aux herbes

aromatiques dont un soleil sans nues volatilise les parfums :

ici Savoie, Suisse ou Tirol, là gorges d'Apennins, de Corse, de

Grèce, entre monts marmoréens cassés en promontoires sur le

plus beau des lacs de profond azur.

Au faite international, quelques têtes de roche regardent de plus de 3 000 mètres; mais trois seulement, le Tinibraa (3032 mètres), le Chignon de Rabnons (3 00B) et le Cial&ncias (3011), appartiennent à la France par un de leurs versants, l'occidental qui se verse dans le Var, l'oriental s'inclinant vers le Pô ; toutes trois penchent leurs neiges et lancent leurs éboulis vers le lac de Rabuons, qui sommeille à plus de 2 000 mètres d'altitude. Les autres cimes supérieures à 3 000 mètres le long de la chaîne de divorce ont été laissées en 1860 aux Italiens, qu'on croyait des frères.

Dans l'intérieur, tout à fait en France, le Mounier ou Monnier (2 818 mètres), presque exactement au nord de Puget- Théniers, ville qui a grand'pelne à être seulement bourgade» porte près de son sommet un observatoire des astres, pluies, vents et tempêtes ; tout à l'entour, immense est son cortège de monts, son lumineux espace de terre et de mer; rien de grand ne lui échappe, du Viso à la Corse, à l'île d'Elbe, même à Caprera, l'îlette < garibaldienne » qui se lève devant le littoral de la Sardaigne, à côté des formidables batteries francophobes de la Maddalena. La sierra maritime hérisse encore des pics de 2 000 mètres et plus à moins de 10 lieues au nord de Nice, et des monts de 1 000, 1 200, 1 500 mètres s'élancent dans la banlieue de la fastueuse ville franco-russo-anglo-cosmopolite, quelques-uns au-dessus même de la Méditerranée, derrière Monaco et derrière Menton.

Comme l'a dit Vauban, c'est un gueux et un Lxxv fou que le Var, un extraordinaire écorcheur et ^ équarrisseur de montagnes; à chaque crue il

VAR emporte à la mer des débris dispersés des Alpes maritimes. D'année en année il fait de son lambeau de Sud-Est, vaste de 274 197 hectares, une terre plus ardue, plus rugueuse et raboteuse, mais c'est pour

Le Plus Beau Royaume Sous le Ciel. cbapitm

Taplanir uliimément. Puissant d'ailleurs, car au bout de 28 lieues seulement, il roule 50 mètres cubes en ordinaire portée, près de 18 en étiage, et en crue 5 000 : soit pour les hautes eaux 282 fois le volume des eaux basses.

Tantôt ses rives sont arides, inhumaines, terribles, tantôt gracieuses, avec bois et vergers.

Il voyage de dus en clus, parfois dans le demi-jour ou presque dans les ténèbres.

Entre ces défilés il erre sur les grèves, les alluvions, les sables dont il a fini par emplir les anciens lacs qui retenaient sa course rapide.

Les roches nues d*où ruissellent ses premiers torrents sont de craie inférieure, et craies ou calcaires l'accompagnent jusqu'à Tembouchure, mais ses deux maîtres affluents, Tinée et Vésubie, ont une grande part de leur domaine sur la roche primitive.

Sa fontaine initiale jaillit à 18 kilomètres sud-sud-est de Barcelonnette, à 1800 mètres au-dessus des mers, en amont d'Entraunes, bourg de froidure hivernale dont le nom {inter amnes) veut dire Entre-deux-Eaux.

Descendant très vite, le Var n'est plus qu'à 1 250 mètres devant Entraunes; à 750 mètres devant Guillaumes où tombe la Tnébie^ grand torrent schisteux dont les orages font une boue noire ; à 500 mètres au pont du Gueidan où afflue la Vafre, eau sauvage en 23 500 hectares de monts arides. Peu à peu climat et flore ont changé; des oliviers annoncent la Provence dès qu'on entre dans le bassin d'Entrevaux.

A Puget-Théniers, par moins de 400 mètres, il absorbe la Reudole ou Roudoule, que les crues teignent en rouge; plus bas il accueille un autre dévastateur parfois rouge, parfois jaune, parfois noir, suivant que la trombe s'est déchaînée sur telle ou telle sierra : c'est le Gians, Ciamp ou Champs, à l'issue de gorges terribles ; après quoi, lui arrivent de courts torrents tombés de montagnes presque mortellement blessées, de crue en crue, par la morsure des eaux sauvages ; et puis trois grands tributaires, Tinée, Vésubie, Estéron.

Les clus < horribles > finissent par le Cagnon deTÉchaudan ou de Ciaudan, qui l'emporte en formidabilité sur la plupart des entailles de nos Alpes sud-orientales : il a, ce défilé de l'Angoisse, 200 à 400 mètres d'évidement entre roches, en un remous de monts de 775 à 1 551 mètres; et au fond de l'in-pace, là où la longue prison est le plus étroite et le plus obscure, il y a maints dormants, maints rapides que n'a jamais égayés le soleil. La rainure de l'Échaudan finit au confluent de la Vésubie, et le fleuve court dès lors en vallée, entre des collines

TROuiftiii Monts Extérieurs,

à vignes et oliviers ; on Ty emploie au colmatage, à Tirrigation, pour une part infime de son volume, capable d'entretenir une ample campagne en splendeur toujours renouvelée; mais par malheur la vaste étendue manque parce que la montagne est trop près.

Il se perd dans la Grande Bleue au sud-ouest et près de Nice, en aval d'un pont du chemin de fer de Marseille à la frontière d'Italie.

Très beau torrent presque égal au Var, la grisâtre Tinée ^ lui amène habituellement 16 mètres cubes, avec minimum extrême de 5 et demi, maximum extrême de 1 900. Elle flotte des mélèzes et des sapins coupés dans la forêt de ses sierras de 2000 à 3000 mètres.

Partie du même massif que le Var, elle reçoit des eaux italiennes, plusieurs de ses allluents ayant tout ou partie de leurs cours dans Tultramontain royaume; à 2500 mètres en aval d'Isola, elle devient elle-même limite entre les deux pays pendant 6 kilomètres, la rive droite étant à la France; sur 75 910 hectares de conque, FAusonie en réclame plus de 12 000.

Ce n'est point en pleine lumière, par une de ces vallées où les rivières déroulent de larges anneaux, que la Tinée court au Var; ce torrent de l'incomparablement belle et délicieuse Isola se démène dans des dus solitaires, ici comprimées par des roches résistantes, là par des schistes qui se brisent en éboulis quand la pluie les a pénétrés.

Le confluent, appelé la Mescle, c'est-à-dire le mélange, est par un peu moins de 200 mètres d'altitude, au fond du défilé de l'Échaudan.

La Vésubiej en val splendide, sert de plus en plus d'asile à ceux qu'énerve le climat de la côte.

Elle se forme à Saint-Martin-Lantosque, à moins de 950 mètres, de deux torrents nés en Italie, dans des monts lacustres de plus de 3 000 mètres qu'on déboise en toute hâte, pour la ruine du pays.

Son affluent majeur, la G^rdol&sque naît dans ces mêmes monts stellés de lacs et laquets, dans ce massif du Gelas et du Clapier, le seul des Alpes maritimes qu'illumine au soleil couchant un peu de neige éternelle.

Sans ces laquets de haute altitude, la Vésubie, terriblement penchée, s'écroulerait souvent aussi vite que l'éclair, et plus

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