kilomètrM, «3700 hectam
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cubes derrière |Un mur de 65 mètres, à 2 500 mètres en amont d'Arles, en un fantastique abîme.
Cet abtme, sur un affluent de gauche du fleuve, c'est la Fissure de la Pou, entre une paroi de granit et une paroi de calcaire séparées de 15 à 20 mètres à leur cime, de 5, de 3, de 2, même de 1 mètre seulement au niveau du torrent, dans une profondeur de 400 mètres; à 500 ou 600 pieds au-dessus de la Fou un arbre désaccroché de la roche n'est point tombé dans le précipice : retenu par la paroi contraire, c'est un pont, ou ce serait un pont si l'on pouvait l'atteindre et si l'on osait passer.
Entré en vallée par sa rive droite, le Tech frôle de sa gauche les Aspresy région de collines en effet très ftpres, sèches, raboteuses, mais très vinifères, et d'un vin de feu grâce au soleil catalan; puis tout à fait en plaine, il coule à 1 500 mètres au sud d'Elne, qui se nomma du nom essentiellement basque d'//!therri ou la Ville Neuve.
Qu'engloutit le Tech en Méditerranée, à son embouchure à quatre lieues au sud-est de Perpignan, sur une plage sablonneuse? Tantôt presque rien, quand le fleuve est consommé par la terre, consumé par le soleil; tantôt un flot immense, quand le fils du Canigou et des Albères « juge la contrée » : alors le Tech n'a pas assez de ses 100 mètres de grèves. Vraiment saigné à outrance, il entre dans le flot, non comme un fleuve, ni même comme une rivière, mais comme un « oued » arabe; pas comme une eau, mais comme un sable.
A moins de 7 kilomètres au nord de l'em- CLV bouchure de 1' c Oued Tech > et avant d'arriver ÉTANG à celle de l' c Oued Tèt >, que suit c l'Oued- Agly », DB SAINT- un grau verse à la « Grande Tasse > un étang NAZAïKB littoral, qui est, en partant d'Espagne, la première des grandes nappes non creuses qui accompagnent notre rivage de Roussillon, puis de Languedoc.
Cet étang où s'épancha peut-être autrefois le Tech, c'est VÉtang de Ssint-Nasairej dit aussi l'étang du Canet. Qu'il ait jadis ou non confisqué le Tech, il eut certainement une étendue supérieure aux 1 190 hectares que lui font sa longueur de 4500 mètres, son ampleur de 1500 à 2500. Parallèle à la Méditerranée, séparé d'elle par un cordon de sable de 200 à 600 mètres de large, il n'a point de profondeur; palustre, insalubre sous un soleil évocateur de miasmes, il serait bon de le dessécher. Entreprise compliquée, vu que l'étang reçoit un torrent de 7 à 8 lieues venu des Aspres, région quelque peu anhydre, étant l'une de celles dont les herbes aromatiques dénoncent la siccité de climat.
QUATuàm MonU Extérieurs.
Ge torrent est le Béarty dont on peut dire que tout son bassin de 16(X)0 hectares ne renferme pas autant de gazon qu'un seul courtil normand. Dans les Aspres une vraie prairie serait un scandale.
Il n'est point et il ne sera jamais démontré que le nom de Réart répond aux mots latins rimes aridus^ ruisseau sec, torrent aride; mais il arrive souvent qu'il n'y a pas une goutte d'eau dans son lit de 60 mètres de grève : alors l'étang de Saint-Nazaire a tendance à devenir terre palustre en attendant d'être terre ferme; le « soleil de Perpignan > aurait bientôt fait d'en pomper toute la substance; que tout au contraire, des flots sauvages couvrent en un clin d'œil les 180 pieds de cailloux du Réart, l'étang a tendance à devenir un grand lac jaune : alors le grau jette un petit fleuve en mer, parfois même plusieurs graus s'ouvrent dans le lido, tandis qu'en notable sécheresse, quand l'étang baisse et baisse toujours, la Méditerranée perce l'arène et ravive à son tour le Saint-Nazaire.
A une lieue au nord-nord-est de l'étang de Saint-Nazaire, près des bains du Canet, la Tèt s'évanouit en mer à travers sables et galets, sur une plage déserte.
Dans le bassin de la Tét^ vaste de 155 000 hectares, le granit et autres roches primitives où CLVi trône le géant Canigou, dominent par tout le haut TÈT pays, alors que le bas de la vallée appartient aux terrains modernes et à des alluvions très plantureuses dès qu'on les arrose. Elle commence en un cirque de montagnes où l'empire est au Puy de Prigue, sur le très lacustre plateau du Garlitte.
ËUe y unit les émissaires de laquets qui se comblent lentement, non pareils à l'un. d'entre eux, au lac des Barres, qui se vida par soudaine rupture au ix* siècle et lança dans la vaUée, jusqu'à la mer, un torrent mortel.
Son cours supérieur est une suite de c Plans > marécageux, lits d'anciens lacs; des ressauts séparent ces Plans : de l'un d'eux le torrent tombe en un bond de 25 mètres; d'un autre il descend dans le Pl^n de la Bouillonse, froid palus, eaux verdàtres, joncs, roseaux, plantes lacustres sur plus de 100 hectares où l'on projette d'arrêter 20 390 000 mètres cubes pour les irrigations de la Tèt inférieure. Plus bas, au-dessous de la cascade du Trou de la Cheminée, le Pla des Abellans ou Plan des Noisetiers pourrait retenir 3150000 mètres. Un autre vieux lac, celui qui s'écroula sur le val après avoir forcé la digue d'une antique moraine, c'est le Plan des Barres, cirque de prairies : là, par 1 660 mètres, premiers champs de la vallée.
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Ayant passé au pied de Montlouis, place murée à 1 600 métrés d'altitude, la Tét descend si vite en étroitures qu'à 5 ou 6 kUomètres en aval, à Fontpédrouse, elle n'est plus qu'à 960 métrés. Elle coule devant les bains des Graus d'OleUe» devant Olette, devant Villefranche de Gonflent, ville de marbre rouge.
Les montagnes étant fort déchiquetées, les vallons sont innombrables, les rus aussi, et le fleuve en reçoit à chaque pas.
A Prades on n'est plus qu'à 315 métrés. Prades, c'est c prairies >, et en effet cette conque jadis lacustre est c prairiale » parce que merveilleusement arrosée; et riante, féconde, au pied du Ganigou colossal.
A la conque de Prades succède celle de Vinça; après quoi la Tét arrive dans la plaine du Roussillon, sillonnée par ses canaux et canalicules, sans lesquels ce jardin serait un steppe, par le trop d'ardeur du soleil; nombreux y sont les bourgs, les uns au bord du fleuve, les autres sur tel ou tel canal. Par grand malheur, la Tét n'a pas assez d'onde en été pour toutes ses c huertas > et < vegas >, et souvent le colon de plus d'un territoire soupire après Teau vivifiante.
A sa sortie de la montagne, elle ne transmet à la plaine, ou pour parler comme les gens du Perpignannais, au Aivaral, que 7500 litres en volume normal et 1 400 en étiage : minimum affligeant quand on le compare au non moins affligeant maximum de crues subites.
Au-dessous de la vieille Perpignan, place de guerre, elle s'avance vers la mer en longeant de sa rive gauche la plaine de la Salanque, distraite de la Méditerranée par de longs siècles de colmatage. Avant de s'engloutir, elle coule au pied de Gastel-Rossello ou Gastel-Roussillon où une tour de 20 mètres et une église romane marquent l'emplacement de l'antique Ruscino dont le Roussillon tira son nom; là aussi s'arrêtait l'ancien rivage; l'embouchure, qu'obstruent en été cailloux et sables, est voisine des bains du Ganet, sur la plage déserte, fbneste aux navires.
A 7 kilomètres au nord de la Tét finit le
CLVii fleuve Agly, sur la rive importueuse de Saint-
ÉTANG Laurent du Barcarès; après quoi le lido sépare
DB LBUCATB : dc Is mcr le vaste étang de Leucate ou étang de
FONT DAME Salscs; ce lido n'a rien de très antique, géologi-
BT quement parlant : avant que la Méditerranée, se
FONTBSTBAMBR diminuant elle-même, l'eût formé des sables
qu'elle jetait contre le continent elle se brisait ici contre un îlot; et au sud-ouest de cet tlot, contre la Pyrénée des Gorbières.
QQàTniiiiB Monta Extérieurs.
C'est donc elle qui a réuni à la terre ferme cet îlot, devenu le promontoire de Leucate (72 mètres); elle qui a séparé de son flot Tétang que nous appelons Etang de Leucate; et cet étang autrefois creux n'est plus qu'une mare de nulle profondeur avec feutrage d'herbes entrelacées, sorte de prairie flottante, infinitésimale c mer de sargasses » ; sous ce c feutre » vivent, innombrablement, des poissons qu'on pèche dans des bateaux plats.
Des graus vont de l'étang à la mer, ou de la mer à l'étang, suivant caprices de vague ou vent, à travers le bourrelet des sables, qui est long de 3 lieues, large de 300 ou 400 mètres à 1 500 ou 2 000. Le plus souvent ils sont obstrués, et alors le Leucate se dessèche à son aise : à cette évaporation et aux sources salées de Font Dame et de Font Estramer, il doit d'être plus chargé d'amertume que la Méditerranée même.
Font Dame et Font Estramer jaillissent de falaises crayeuses qui se rattachent aux Corbières. Ce ne sont pas des sources banales, mais bien deux des grand'fonts de France.
Font Dame, gour profond ceinturé d'herbes palustres, de roseaux, de joncs, émet un torrent de 1 500 litres d'ordinaire portée, de 500 aux eaux les plus basses, de 9 mètres cubes en forte expansion.
Font Estramer jaillit en mille surgeons parmi les roseaux par 6 mètres cubes en crue, 1 000 litres en volume normal, 300 au plus bas étiage : d'où, pour les deux, un flot minimum de 800 litres, un flot coutumier de 2 500, un flot extraordinaire de 15 000.
D'où viennent ces jets puissants, eaux salées qui valurent à la ville de Salses, leur voisine au sud-ouest, son nom de Salsulœl Des rus qui s'engouffrent dans les fissures du bassin fermé d'Opoul ; et sans doute et surtout des pertes du fleuve Agly et de son affluent le Verdouble : car le bassin d'Opoul ne saurait suffire à l'éternité des vaucluses de l'étang de Leucate.
Ces deux fonts quelque peu thermales naissent et meurent inutiles; limpides, mais chargées de sel, elles n'irriguent pas, et tout ce qu'elles irrigueraient périrait, flétri par l'&creté minérale. Il faut réprouver comme insensé le projet qu'on avait conçu de les élever assez haut pour arroser au sud, en avant de l'Agly et au delà de l'Agly, les vastes campagnes de la Salanque, cette plaine roussillonnaise, naturellement très féconde, mais naturellement aussi très sèche, qui s'étend au nord du fleuve de la Tét derrière le lido méditerranéen. D'ailleurs, en les haussant par une digue, on les aurait diminuées; peut-être même les aurait-on perdues : car dans un pays fêlure,
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dès que Ton contrarie récoulement d*uiie onde, elle prend sonvent et parfois tout entière un nouveau chemin dans la roche. Dans le moment présent Tétang de Leucate a 8 000 hectares, dont 5 540 toujours sous Teau.
A Fabri de la falaise de Leucate, nom grec qui signifie le Blanc (promontoire), le Oolié de ïa Pr^nqui^ garé des vents du sud, est une espèce d* c anse du Repos > sur le littoral agité; Riquet avait projeté d*y finir son canal des Deux Mers et sans trop de peine, par des fonds de 6 à 10 mètres, on y créerait un port, le meilleur possible entre les criques des Âlbères et les calanques des monts de Marseille — meilleur qu*Agde, meilleur que la Nouvelle, meilleur que Cette, si coûteux pour la France.
Le golfe de la Franqui reçoit le déversoir de V Etang deU Palme, mare sans profondeur de i 000 à i 200 hectares née de la mer comme le Leucate, par Teffort de la Méditerranée qui, laissant au pied des Corbières une petite partie d'elle-même, s'en divisa par un cordon de sables.
L'étang de Sigean, l'étang de Gruissan, son
CLvm voisin, et d'autres plus petits, voilà ce qui reste ÉTANGS d'un golfe comblé par l'Aude. DB SIGEAN Ce golfe, le Rubresus ou Ruhreneis des Romains
ET DE bordait Narbonne, la fière Narbo Martius Decu- GRUISSAN manorum, qui devait la fin de son nom sonore à ses colons, les vétérans de la dixième légion, phalange aimée de César dont elle fut, pour ainsi dire, la trentedeuxième demi brigade. De ses eaux s'élançaient des fies devenues les monts de la Clape, depuis que le vieux Narbôn, appelé plus tard Atax, puis Aude, souda ces roches au continent par 20000 hectares d'alluvions.
Les Monts de la Clape, faits de craie, se nomment ainsi du mot méridional clapaz ou c traînée de pierres ». Ils ne dépassent pas 214 mètres, mais d'allure hardie, taillés, bouleversés, déchiquetés, ils ont la majesté de l'isolement, entre la mer, une plaine et le fleuve de l'Aude : icelui, après avoir comblé les flots au sud-ouest du massif, coule maintenant au nord, et n'ayant plus de golfe à remblayer, commence à s'épanouir en delta.
VBtang de Sigean ou étang de Bages dort au pied des Corbières.
Une étroite langue de terre le divise de l'étang de Gruissan; sur cette terre, ce sable, courent les trains du chemin de fer de Narbonne en Espagne et naviguent les quelques bateaux da canal de la Roubine, dérivation narbonnaise de l'Aude.
QUAimiia Monta Extérieurs.
4 350 hectares en 15 kilomètres de long, 1 200 à 5 500 mètres de lai^, c'est retendue de ce lac dont on extrait du sel.
A son flot amer se mêlent entre temps les eaux d'un torrent des Gorbières, la Berre ^
L'étang de Sigean s'ouvre en mer par le grau de la Nouvelle, régularisé en un chenal navigable de 4 mètres de profondeur; ce canal aide la Nouvelle en son humble commerce, surtout avec l'Algérie et termine la Roubine de Narbonne, venue de la ville romaine qui eut 60000 ftmes, sinon 100000, quand elle régnait en Narbonnaise.
V Etang de Orniasanj 2 500 hectares qu'on parle de dessécher, communique avec le flot vivant par deux passages, le grau de la Vieille Nouvelle au midi et le grau du Grazel au nord, divertis l'un de l'autre par l'île de Saint-Martin; celle-ci, moitié roche de craie (70 mètres), moitié sables plats, fut jadis, en tant que roche, part intégrale du massif de la Clape; quant au sable il lui vint de la mer.
Du Grau du Grazel à la bouche de l'Aude, c'est une plage aréneuse imperceptiblement cintrée, tout au pied des monts de la Clape; entre roc et mer, des sables, des lagunes, des restes d'étangs devenus palus; pas une crique; au large, des barques de pécheurs; la solitude, sans autres humains que des douaniers, et, dans la saison, quelques baigneurs sur une plage indulgente aux enfants, aux femmes, à tous ceux qui nagent « comme du plomb > : on y va loin sans perdre pied.
Au delà de l'Aude, fleuve pyrénéen, c'est l'Orb, fleuve cévenol que suivent Hérault et Vidourle. Ainsi l'on arrive au Rhône, fleuve alpin : sur ce lido lagunier, à la racine des Cévennes, la mer brasse les eaux des Alpes avec celles des Pyrénées.
De l'une à l'autre montagne, de celle que le soleil hispanofrançais illumine de Fontarabie à Port-Vendres à celle que les neiges encombrent de Bâle à Venise, la courbe du golfe du Lion fut suivie de tout temps, à quelque distance à l'intérieur, sur le sol ferme de la plaine ou du coteau, près de la lisière des marais littoraux, jadis immenses au gré du Rhône. Par là passèrent les aventuriers, les voyageurs, les armées, les hordes, en route de la presqu'fle ausonienne à l'ibérienne, ou de celle-ci à cellelà, ou de l'Ibérie vers le centre de l'Europe, ou de ce centre à ribérie. Ces hommes d'autrefois marchèrent d'abord sur les sentiers embrouillés de l'ère « effroyablement > archaïque, puis sur des chemins très avares en ponts, ensuite sur les grandes voies dallées dont Rome sillonna son empire qui, à la différence de celui des Espagnols et des Anglais, voyait se coucher le