V. -- PNEUMOTHORAX DE CAUSE INFECTIEUSE
1) Une autre cause anatomique a été invoquée. Les auteurs américains Glaser, Landau, Wilkinson, Gasul et Singer, ont dans ces dernières années, rapporté l'histoire de nouveau-nés chez qui, vers la fin de la troisième semaine, ont été constatés des signes de pneumothorax ayant amené la mort en quelques jours. L’autopsie de ces jeunes malades a révélé de petits foyers de pneumonie lobulaire, de cause infectieuse staphylococcique. Tout récemment, Wilkinson. dans un travail intitulé « Le pneumothorax du nouveauné : relation de trois cas de type infectieux avec coinmentaires de pathogénie sur ce type », publie p: 365, une coupe faite sur un nouveau-né mort à l’âge de trois jours et chez qui, pendant la vie, avait nettement été constaté un pneumothorax. C’est à un faible
grossissement une vue d’un infarctus septique du
poumon. Les alvéoles sont remplis d’exsudats hémorragiques au sein desquels on trouve un grand nombre de staphylocoques. Il s’agit d’une septicémie généralisée produite par le microbe.
Le diagnostic anatomique complet est ainsi formulé.: « Pneumothorax, empyème de la cavité pleurale gauche, communication fistuleuse entre une petite bronche et la cavité pleurale gauche ; infarctus septiques multiples avec formation d’abcès dans les deux poumons ; péricardite fibrineuse récente, endocardite légère d’une valve aortique, dégénérescence parenchymateuse du foie, des reins et du myocarde. Hyperplasie inflammatoire de la rate, œdème et hyperhémie sévère du cerveau ». Le fait primitif est donc une septicémie ayant amené la formation d’abcès métastatiques : l’un d’eux s’est
rompu dans la plèvre, entraînant un pneumothorax. 2) Gasul et Singer (en 1933), écrivent :
Un enfant nous est amené pour la première fois, à l'âge de trois semaines, pour ‘des gémissements et de la fièvre durant depuis cinq heures. Le petit malade est né sans incident et sa mère nota une respiration particulière et des cris depuis le jour où il naquit. Le rythme respiratoire de l'enfant est actuellement de 40 par minute et la respiration est accompagnée de battements des ailes du nez. On distingue un grognement expiratoire. La température rectale est de 103° F (39°9 centigrades). Il y a une hypersonorité de tout le côté droit avec absence de bruit respiratoire, excepté le long du hile où quelques râles crépitants fins sont entendus. Le cœur est déplacé à gauche, une radiographie montre un pneumothorax du côté droit ; bientôt l’état de l'enfant
empire. Une aspiration d’air par ponction du côté droit donne une amélioration temporaire. L’enfant meurt trois jours après le début des symptômes.
A l’autopsie, on trouve un pneumothorax sous tension du côté droit, avec un poumon collabé et un épanchem-nt de 250 cc. de liquide séro-fibrineux occupant la cavité pleurale. Le poumon droit était couver. de membranes fibrineuses et le long du bord postérieur du lobe supérieur était un «abcès souspleural rompu de 7 à 8 millimètres à peu près. »
Gasul et Singer pensent que les symptômes présentés par l’enfant étaient probablement dus à une pneumonie par inhalation de faible importance qui débuita sans doute à la naissance et au lieu de se résoudre se termina par la formation d’un abcès avec rup-
ture sous la cavité pleurale et pneumothorax.
3) Un autre cas, soigneusement observé, et que je vais relater en entier, est raconté par Glaser et Landau, dans un des meilleurs articles publiés sur cette question (Pneumothorax of the Newborn). Cet article contient, outre une remarquable bibliographie, une revue scrupuleuse de la littérature médicale concernant le pneumothorax du nouveau-né jusqu’en 1934 ; voici l’observation :
Le cas observé dans notre service du Genesee Hospital est intéressant en ce que le pneumothorax du nouveauné résulte, dans ce cas, d’une affection que nous avions décrite antérieurement.
Le malade était un garçon venu au monde de façon normale ; il pesait 4 kg. 410 à la naissance. Il n’y a rien de spécial à noter dans le post-partum. Il fut cir-
PARTY, Lie
concis à l’âge de 10 jours et quitta l’hôpital deux jours plus tard, A l’âge de 20 jours, il fut admis à nouveau pour dyspnée, respiration soufflante et parce que son abdomen était gonflé et sensible. L'enfant était très agité, criait et refusait sa nourriture. Les symptômes étaient apparus brusquement le jour précédent. Sa température rectale se trouvait être de 37° 5.
L'examen physique du thorax était difficile à cause d'une respiration bruyante. Le préposé aux admissions fit le diagnostic de broncho-pneumonie et l’on prit une radiographie. Celle-ci révéla un pneumothorax complet du côté gauche avec un déplacement du cœur et des organes du médiasiin vers la droite. Une grande quantité de gaz était répandue dans le tractus intestinal, comme c’est généralement le cas lorsqu'une dyspnée se produit dans la première enfance.
L'intra-dermo-réaction à la tuberculine, (0,001 millipramme) fut négative. L'examen du sang montra :
HEmMOrlobner 2 ee RE EURE Giobüles rougés 22,0... 3.000.900 GIDDUIESADIANCS ME nn 22.400 avec : 76 ‘, de polynucléaires.
L'urine était normale.
La poitrine de l'enfant fut ponctionnée et 75 cc. d’air sous pression enlevés. On remarqua que le piston de la seringue reliée à la cavité pleurale par une aiguille, fut repoussé par à-coups, montrant qu’au niveau de la lésion pulmonaire, se produisait un phénomène de valvule.
La ponction du thorax à intervalles fréquents donna une amélioration temporaire et l’enfant fut placé sous une tente à oxygène. Quatre jours après son admission, une ponction pleurale donna un liquide jaune. Le jour suivant, le liquide était purulent. L'enfant mourut à l’âge de 25 jours. La culture du liquide révéla des staphylocoques.
LÉFEBVRE DES NOËTTES 3
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L’autopsie fut faite par le Docteur Herbert Brown. Les phénomènes pathologiques étaient limités au thorax ; le cœur était déplacé vers la droite et le bord gauche du cœur tombait juste au niveau de la ligne médiane du médiastin. Le poumon droit était un peu écrasé, mais bien aéré, à l'exception des portions postérieures qui présentaient une congestion hypostatique et une bronchopneumonie diffuse. La cavité pleurale gauche contenait un peu d’exsudat épais, purulent, crémeux, qui donna en culture du staphylocoque doré.
Le poumon gauche était complètement collabé et présentait au niveau du hile des îlots de broncho-pneumomie. Un abcès de 3x3 millimètres s’ouvrait sur le côté du lobe inférieur du poumon gauche. La plèvre était là couverte de fibrine et de même la cavité de l’abcès contenait un exsudat purulent analogue à celui de la cavité pleurale et qui était en continuité directe avec elle. 2]
L’étiologie de l’abcès pouvait seulement être supposée. La circoncision avait guéri convenablement et il n’y avait pas de foyer apparent d'infection. Peut-être, comme Gasul et Singer l’ont admis dans leur cas, l’abcès était-il secondaire à une pneumonie par inhalation; pneumonie de forme légère qui commença à la naissance et qui, à cause de la faible virulence des germes, n’avait provoqué aucun symptôme jusqu’à la rupture de l’abcès dans la cavité pleurale.
A cette observation est jointe une photographie de la pièce qui permet de se rendre compte très exactemnt des lésions ci-dessus rapportées.
Milhit J. et Royer de Véricourt, 1934, rapportent
une observation analogue. Voici le résumé qu'ils donnent à la fin de l'article :
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Il s’agit d’un prématuré de cinq semaines, vraisemblablement hérédo-syphilitique, chez lequel s’est développé dans ce court délai un abcès du poumon à staphylocoques, évoluant à bas bruit, sans fièvre et sans causes décelables.
La suppuration pulmonaire s’est révélée par une vomique soudaine et par un pneumothorax resté pur pendant plus d’un mois. Après une tendance spontanée à la régression, contrôlée par les radiographies successives, l’'épanchement aérique a occupé à nouveau un large espace, limité d’abord au sommet, puis subtotal il s’est ensuite transformé en hydro-pneumothorax.