V. — LES SYMPTOMES DIAGNOSTIC CLINIQUE ET RADIOLOGIQUE
Le pneumothorax du nouveau-né peut être totalement méconnu parce que présentant une symptomatologie tellement réduite que, même un clinicien averti n’y peut songer. Parfois cependant, on peut être orienté vers ce diagnostic par un détour, un symptôme seul occupe tout le champ de la scène clinique. La toux, par exemple. Tidestrôm : (Ein Fall von Spontanpneumothorax bei einem 10 Tage alten Kind, 1925) parle d’un nouveau-né dont la mère avait noté une certaine saillie de la moitié gauche du thorax et qui, peu de jours après, amena son enfant à cause d’une toux, faisant penser à la coqueluche, qui venait de faire son apparition. Et c’est ensuite au cours d’une nouvelle attaque de foux que la cyanose se produisit.
Un enfant, un nouveau-né de huit jours, est examiné par Stein (1928) en raison de vomissements et de stafionnement du poids.
Ou bien encore, chez un enfant qui se développe normalement jusqu’à l’âge de 14 jours, on constate de la cyanose après les cris et l’on conduit lenfant au médecin.
C’est enfin parce qu’elle refuse de téter qu’une enfant est examinée (Danahoë, 1932 : Pneumothorax in a New-
born Infant).
Toux, vomissements, difficultés pour téter ou déglutir peuvent être les premiers signes aussi bien qu'une cyanose et une dyspnée légère apparaissant au moment des crises.
Car les symptômes cardinaux sont la dyspnée et la cyanose. Et c’est ce syndrome plus ou moins accusé que nous allons rencontrer dans les différents types de pneumothorax dans la brève étude symptomatologique qui va suivre.
En lisant attentivement les cas que l’on trouve rapportés par différents médecins allemands, hollandais, suisses, américains, anglais, italiens ou français, il semble que l’on puisse ramener l’affection qui nous occupe à trois types principaux : ces types sont classés suivant l'importance de l’épanchement gazeux.
1°) Le pneumothorax partiel ou « en manteau ».
Cette forme de pneumothorax, dans laquelle une mince couche gazeuse entoure complètement le poumon sans discontinuité a été fort bien étudiée et à plusieurs reprises en Suisse par Hotz. Les symptômes qui attirent l'attention sont bien une dyspnée et une cyanose mais souvent si discrètes que le diagnostic n’est fait qu'après examen aux rayons X. En règle générale, cette forme là ne sera pas grave. Une thérapeutique symptomatique suffira à apaiser l’enfant et il guérira bientôt spontanément, le pneumothorax se résorbant en un temps plus ou moins long.
2°) Le pneumothorax complet.
IT remplit tout un hémithorax, repoussant le cœur et le médiastin du côté opposé. Il donne des signes beaucoup plus évidents. Dyspnée et cyanose sont beaucoup plus marquées.
Le
La dyspnée augmente lors des cris, qui ne sont plus - - plusieurs auteurs le signalent —— des cris sonores comme ceux des autres nouveau-nés, mais des gémissements et des pleurs ; elle augmente lors des mouvemenis et lors des têtées surtout. Son intensité peut cependant varier. La dyspnée survient le plus généralement par crises, se traduit par des mouvements irréguliers, superficiels, rapides, de la cage thoracique, sans tirage marqué ; la respiration affecte un type superficiel, l'excursion thoracique étant très limitée.
La cyanose également et parallèlement, varie d’intensité, accompagnant les crises de dyspnée. Elle prédomine aux extrémités, aux ongles, à la face, aux lèvres ; l’enfant peut être, suivant les degrés, bleuté
ou bleuâtre, bleu violet, cyanique enfin cyanosé.
3°) Le pneumothorax sous tension.
Celui-ci gonfle la plèvre qu’il occupe, « luxe » le cœur et le médiastin dans un hémithorax, donne des troubles de lhématose par insuffisance totale d’un poumon qui est collabé et insuffisance partielle de Pautre qui est comprimé ; par compression du cœur, entin, troubles tels que la vie de l'enfant semble en danger dès les instants les plus prochains.
Le mécanisme de production est le suivant : l'air pénètre dans la plèvre lors de Pinspiration, puis ne peut sortir, une languette de tissu pulmonaire ou pleural s'appliquant sur lorifice et faisant office de vulve, analogue au pneumothorax dit «par soupape» de lPadulte.
La dyspnée est évidente : mouvements respiratoi-